L'allaitement maternel, un voyage à la fois naturel et complexe, est souvent enveloppé de mythes et d'idées fausses qui peuvent semer le doute et l'anxiété chez les parents. Ces idées reçues, alimentées par une méconnaissance du fonctionnement de l'allaitement et une formation insuffisante des professionnels de santé, peuvent compromettre le bon déroulement de l'allaitement et conduire à des sevrages précoces et non désirés.
En tant que Lact’aidantes, il est fréquent d'entendre des mamans exprimer des inquiétudes telles que : « Je n’ai plus de lait ou il n’est pas assez nourrissant car mon bébé tète tout le temps », « Je n’ai plus de lait car j’ai les seins mous », ou encore « Je reprends le travail alors je voudrai sevrer mon bébé car on m’a dit que je ne pourrai plus allaiter en travaillant ». Ces préoccupations, souvent basées sur des informations erronées, peuvent transformer une expérience merveilleuse en une source de stress inutile.
L'association l'Allaitement Tout Un Art s'est donné pour mission de dissiper ces mythes et d'offrir aux parents une information fiable et complète, afin qu'ils puissent aborder l'allaitement avec confiance et sérénité. Car, avant tout, le plus important est de se faire confiance et de faire confiance à son bébé. Plus une maman sera avisée, renseignée, documentée, plus l’allaitement sera facile.
Mythes et Réalités de l'Allaitement Maternel
"Je n'ai pas assez de lait"
FAUX ! La grande majorité des femmes produisent plus de lait que nécessaire. En effet, la surabondance de lait est fréquente. La plupart des bébés qui grossissent lentement ou qui perdent du poids le font, non pas parce que la mère ne produit pas assez de lait, mais parce qu’ils n’arrivent pas à boire le lait disponible. La raison la plus fréquente est que le bébé ne prend pas le sein convenablement. C’est pourquoi il est si important que quelqu’un de compétent montre à la mère, dès le premier jour, comment mettre correctement au sein son enfant.
"L'allaitement doit être douloureux"
FAUX ! Bien qu’une certaine sensibilité soit relativement fréquente pendant les quelques premiers jours, cela ne doit pas durer et surtout ne doit pas être au point que la mère appréhende le moment de la tétée. Toute douleur pénible est anormale et est presque toujours due à une mauvaise prise au sein. Il ne faudrait jamais négliger une douleur au sein qui ne s’améliorerait pas au bout de 3 à 4 jours ou durerait plus de 5 ou 6 jours. Une nouvelle douleur après une période où tout va bien peut être due à une candidose des mamelons. Limiter la durée des tétées ne prévient pas les douleurs. Interrompre l’allaitement pour permettre aux mamelons de guérir devrait être fait en dernier recours seulement.
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"Mon bébé ne reçoit pas assez de lait au sein"
FAUX ! On a souvent cette impression parce que le bébé ne prend pas le sein correctement et par conséquent ne reçoit pas le lait disponible. Lorsqu’il y a peu de lait (comme c’est le cas normalement durant les premiers jours), le bébé doit prendre correctement le sein pour obtenir du lait. C’est ce qui entraîne des réflexions du genre : « il est resté au sein plus de deux heures et pourtant il avait encore faim quand je l’ai retiré. » S’il ne tète pas correctement, le bébé est incapable de boire le premier lait de la mère que l’on appelle le colostrum. Toute personne qui vous suggère d’exprimer votre lait pour savoir quelle quantité de colostrum vous produisez ne comprend rien à l’allaitement ; ignorez-la poliment.
"Il faut limiter la durée des tétées à 10-20 minutes par sein"
FAUX ! Cependant on doit faire une distinction entre «être au sein» et «boire au sein». Si un bébé boit vraiment pendant plus de 15 à 20 minutes du premier côté, il se peut qu’il n’ait aucune envie de prendre le deuxième sein. S’il ne boit qu’une minute au premier sein, puis qu’il commence à mâchouiller ou qu’il s’endort, puis recommence de l’autre côté, il ne prendra jamais assez de lait, quel que soit le temps que dure la tétée. Le bébé tètera mieux et plus longtemps s’il prend le sein correctement. Il peut aussi être aidé à téter plus longtemps si la mère comprime le sein pour que le lait continue à s’écouler, quand le bébé n’avale plus de lui-même (voir l’article La compression du sein). Il est évident que l’idée selon laquelle «le bébé boit 90% du lait dans les 10 premières minutes de tétée» est aussi complètement fausse.
"Un bébé allaité peut être perturbé par le biberon"
FAUX! Cependant, le bébé n’est pas confus, mais plutôt il sait exactement ce qu’il veut. Un bébé qui reçoit un débit lent au sein et ensuite un débit rapide à la bouteille, comprendra l’astuce très rapidement. Un bébé qui n’a eu que le sein pendant les 3 à 4 premiers mois refusera probablement de prendre un biberon. Certains bébés préfèrent un sein à l’autre. Les bébés nourris au biberon préfèrent souvent une sorte de tétine à une autre. Bref, il est courant que le bébé manifeste une préférence en la matière. La seule question est avec quelle rapidité il manifestera cette préférence. Dans certains cas, elle sera nette avec seulement un ou deux biberons. Un bébé qui a des difficultés à prendre le sein peut ne jamais avoir reçu de biberons, mais introduire une tétine en pareil cas améliorera rarement la situation et l’aggravera souvent. PAS toujours vrai. Certains bébés se débrouilleront bien avec les deux. Un biberon occasionnel, quand l’allaitement va bien, ne posera pas de problème pour certains.
"L'allaitement est difficile"
FAUX ! Ou plutôt cela devrait être Faux. Cependant l’allaitement est souvent rendu difficile par le fait que beaucoup de femmes ne reçoivent pas l’aide dont elles auraient besoin pour bien démarrer l’allaitement. Un mauvais démarrage peut évidemment rendre l’allaitement difficile. Mais on peut aussi surmonter les difficultés d’un mauvais démarrage. L’allaitement est souvent plus difficile au début à cause d’un mauvais démarrage mais généralement il devient plus facile par la suite. Certes, allaiter est un acte naturel mais il n’est pas forcément inné. Traditionnellement, c’est en observant les femmes qui allaitent que les jeunes filles pourront apprendre à reproduire les mêmes gestes. Dans notre société, où la culture du biberon est encore dominante et où l’allaitement est un acte souvent peu visible voire caché, les jeunes mamans n’ont que très rarement vu « de près » une autre mère donner le sein. Mais, si vous n’avez pas eu la chance d’assister à des tétées, ne vous inquiétez pas ! Et pour être certaine de recevoir de bons conseils, vous pouvez vous rapprocher d’un professionnel de santé formé en allaitement maternel.
"Si mes seins sont mous, je n'ai plus de lait"
FAUX ! Les seins n’ont pas besoin de sembler pleins pour produire bien assez de lait. Il est normal que les seins d’une femme qui allaite soient souples étant donné que son corps s’adapte à la demande du bébé. Ceci peut se produire soudainement et aussi tôt que 2 semaines après la naissance et même parfois plus tôt. Les seins ne sont jamais « vides », et ils produisent du lait pendant que le bébé tète. Est-ce que le bébé reçoit du lait au sein? C’est ce qui est important, et non la sensation d’avoir les seins pleins ou pas.
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"Je ne peux pas allaiter si je reprends le travail"
FAUX ! Il est tout à fait possible de continuer l’allaitement tout en travaillant. Quand votre bébé est avec vous, l’allaitement se passe à la demande. Quand il est gardé il est tout à fait possible de tirer votre lait afin que votre bébé profite de votre lait en votre absence. La location d’un tire-lait est remboursée par la sécutité sociale Française. Il vous faut une ordonnance de la part de votre médecin ou gynécologue ou sage femme. Ensuite, vous pouvez le louer en pharmacie (attention aux dépassement de tarifs par rapport à la séucrité sociale), ou sur des sites internet de location de Tire lait. D’autre part, la loi Française protège les salariées qui allaitent : « Une salariée peut allaiter son enfant (ou tirer son lait) durant les heures de travail, pendant 1 an à compter de la naissance de l’enfant. Elle bénéficie dans ce cas d’une réduction de son temps de travail d’une heure par jour répartie à raison de 30 minutes le matin et de 30 minutes l’après-midi. Les temps de pause ne sont pas rémunérés (sauf dispositions conventionnelles contraires). Cette période d’allaitement est réduite à 20 minutes si l’employeur met à disposition de la salariée un local dédié à l’allaitement, qui peut être situé à l’intérieur ou à proximité des locaux affectés au travail. L’entreprise qui emploie plus de 100 salariées peut être mise en demeure d’installer dans son établissement (ou à proximité) un tel local.
"Si je suis absente, mon bébé a besoin d'un autre type de lait"
FAUX ! Trois ou quatre bonnes tétées sur 24 heures avec en plus une alimentation solide variée donnent au bébé tout ce dont il a besoin sur le plan nutritionnel, et il n’a donc pas besoin d’un autre type de lait quand vous êtes absente. Bien sur, les aliments solides peuvent être mélangés avec du lait exprimé, ou un autre lait, mais ce n’est pas nécessaire. Certains bébés ne vont de toute façon pas vouloir prendre du lait de leur maman pendant son abscence.
"Les médecins sont des experts en allaitement"
FAUX ! Bien sûr, il y a des exceptions. Toutefois, très peu de médecins formés en Amérique du Nord et en Europe occidentale ont appris quoi que ce soit sur l’allaitement pendant leurs études. Encore moins ont appris ensuite comment aider pratiquement une mère à bien démarrer son allaitement, puis à le poursuivre dans des conditions optimales. L’essentiel de l’information qu’obtiennent les médecins en exercice en matière d’alimentation infantile provient des fabricants de lait artificiel (représentants des ventes et publicités).
"Les pédiatres sont des experts en allaitement"
FAUX ! Bien sûr, il y a des exceptions. Toutefois, pendant leurs études spécialisées (résidence), la plupart des pédiatres n’ont reçu aucun enseignement formel sur l’allaitement, et le peu qu’ils auront éventuellement entendu ici et là sera généralement faux.
"Ma production de lait a soudainement baissé"
FAUX ! Si c’est possible, ce doit être très rare. En dehors de légères variations en fonction du moment de la journée, le volume de la sécrétion lactée ne change pas subitement. Certaines situations peuvent donner à penser à la mère que sa sécrétion lactée a brusquement baissé :
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- Le bébé réclame plus souvent; la soi-disant « poussée de croissance ». S’il semble ne pas avoir assez de lait, quelques jours de tétées plus fréquentes ramèneront les choses à la normale. Essayer la compression du sein pendant que le bébé tète (voir article La compression du sein)
- Le comportement du bébé est différent. Vers 5 à 6 semaines environ, certains bébés qui s’endormaient au sein lorsque le flot de lait diminuait commencent plutôt à s’agiter et à pleurer. Le lait n’a pas disparu, c’est le bébé qui a changé. Essayer de comprimer le sein pour permettre au bébé d’obtenir plus de lait. Voir la rubrique Clips du Dr Jack Newman pour des vidéos démontrant la mise au sein, comment savoir que le bébé reçoit du lait, et comment faire la compression.
- Les seins de la mère sont plus souples et semblent moins « pleins ». C’est une évolution normale après quelques semaines d’allaitement; la mère n’a plus les seins engorgés, ni même pleins. Tant que le bébé boit du lait pendant la tétée, il est inutile de se faire du souci (voir article Mon bébé prend-il assez de lait ?).
- Le bébé tète moins bien. Cela est souvent dû au fait qu’il a reçu des biberons ou qu’on lui donne une sucette; il a appris un mode de succion inadéquat au sein.
La prise de contraceptifs oraux peut abaisser la sécrétion lactée. En pareil cas, envisagez de cesser les contraceptifs oraux ou de prendre ceux contenant uniquement un progestatif et encore, cela peut avoir des effets quand même. Ou changer de méthode contraceptive. D’autres médicaments qui peuvent diminuer la production lactée sont la pseudoéphédrine (Sudafed), certains antihistaminiques, et probablement les diurétiques.
Si le bébé semble réellement ne pas recevoir assez de lait, demandez de l’aide, mais n’introduisez pas des biberons de complément qui ne feront qu’empirer les choses. Si des compléments sont absolument nécessaires, le bébé peut les recevoir à l’aide d’un DAL pendant la tétée ; cela n’interfère pas avec l’allaitement. On peut faire beaucoup avant de songer à donner des compléments de lait. Obtenez de l’aide.
"La quantité de lait exprimée indique ma production réelle"
FAUX ! La quantité de lait qui peut être exprimée dépend de nombreux facteurs, y compris le degré de stress de la mère. Le bébé qui tète correctement peut obtenir bien plus de lait que sa mère ne peut en exprimer. L’expression du lait peut seulement vous aider à savoir quelle quantité de lait vous pouvez exprimer. Certaines femmes produisent beaucoup, avec parfois un lait qui sort en jet du sein, et pourtant ne vont rien tirer au tire lait.
"Je ne sais pas si mon bébé boit assez de lait"
VRAI ET FAUX ! Il n’existe pas de moyen facile de mesurer la quantité exacte de lait que boit le bébé, mais cela ne veut pas dire que vous ne pouvez pas savoir s’il en boit assez ou pas. Le meilleur moyen de savoir est de s’assurer que le bébé tète bien (type de succion bouche grande ouverte - pause bouche fermée) pendant plusieurs minutes à chaque tétée. Il est également important de vérifier le nombre de couches bien mouillées par 24h. D’autres moyens permettent aussi de savoir si le bébé boit assez de lait (voir l’article Mon bébé prend-il assez de lait?).
"Les coliques sont dues au fait que le bébé tète trop souvent"
FAUX ! Il est vrai que le bébé allaité qui a des « coliques » prend souvent beaucoup de poids et parfois est souvent au sein. Mais les coliques sont le plus souvent dues non au fait que le bébé tète souvent, mais au fait qu’il ne reçoit pas suffisamment de lait de fin de tétée, riche en gras. Typiquement, le bébé tète bien au début, et puis s’endort vite au sein ou tète, mais ne boit pas. Après un certain temps, la mère le change de côté, et la même chose se reproduit. Ainsi le bébé qui ne reçoit que le lait relativement faible en gras tétera souvent. Et s’il ne prend que du lait relativement faible en gras, il peut aussi avoir des coliques, beaucoup de gaz, des selles aqueuses et explosives, et il pleurera beaucoup. La mère peut rendre les tétées plus efficaces en s’assurant que le bébé tète suffisamment longtemps au premier sein pour qu’il boive davantage de lait riche en gras. Elle peut aussi comprimer le sein avec la main quand le bébé tète mais n’avale plus (voir les articles sur les coliques, et sur la compression du sein).
"L'allaitement est une contrainte pour la mère"
FAUX ! Mais cela dépend de la façon dont vous l’envisagez. Un bébé peut être allaité n’importe où, n’importe quand, et c’est en cela que l’allaitement libère la mère. Pas besoin de traîner avec soi des biberons et des boîtes de lait. Pas besoin de trouver un endroit où faire chauffer le lait. Pas besoin de s’inquiéter de la stérilisation. Pas besoin de se demander comment va votre bébé, puisqu’il est avec vous.
"Après un certain temps, le lait n'est plus nourrissant"
FAUX ! Le lait est aussi bon qu’avant. Ce n’est pas du lait en bouteille! Une relactation est toujours possible, même après avoir pris des médicaments pour stoper la montée de lait. Quoique l’on puisse vous dire, chères mamans, retenez que votre lait maternel sera TOUJOURS parfaitement adapté aux besoins de votre enfant. Il contient tout ce dont il a besoin pour bien grandir. Cependant, comme pour tout, il est possible d’améliorer sa qualité grâce à une alimentation riche et variée. Si votre bébé ne prend pas assez de poids, ne remettez pas en cause la qualité de votre lait mais plutôt la quantité qui peut être insuffisante. Peut-être que bébé n’arrive pas ou ne sait pas téter comme il le devrait, auquel cas faites appel à un professionnel spécialiste. Peut-être que vous êtes dans un de ces fameux pics de croissance ou jours de pointe. La meilleure des solutions dans la plupart des cas et de « stimuler la demande » (et donc votre lactation) en mettant bébé le plus souvent au sein.
"Le lait artificiel est aussi bon que le lait maternel"
FAUX ! La même affirmation a été faite en 1900 et même avant. Les laits actuels ne ressemblent au lait maternel qu’en apparence seulement. La moindre correction apportée à une déficience du lait artificiel est l’occasion d…
"L'allaitement abîme les seins"
FAUX. L’allaitement n’abîme pas les seins : en réalité, ce sont surtout la grossesse, l’âge ou même le tabagisme qui sont des facteurs de risques liés à une diminution d’élasticité de la peau et notamment celle de la poitrine. En effet, les seins ont tendance à changer de texture avec le temps (ils deviennent plus mous) et après une grossesse (que vous ayez allaité ou non), il peut se produire une fonte glandulaire avec diminution du volume des seins. Il faudra cependant porter un bon soutien-gorge pendant l’allaitement qui soutient sans comprimer et faire attention à ce que vos seins ne changent pas brutalement de volume afin de ne pas avoir de vergetures qui risqueraient d’être définitives. On peut empêcher ces variations brutales de volume en évitant autant que possible les engorgements et les sevrages trop brusques. Allaiter n’entraînera pas davantage de vergetures que la grossesse. Hydrater et masser la peau très régulièrement peut aider à limiter l’apparition de ces marques jugées disgracieuses - qui, d’ailleurs, souvent, s’estompent voire disparaissent totalement quelques mois après l’accouchement ou la fin de l’allaitement.
"L'allaitement est uniquement l'affaire de la mère"
VRAI ET FAUX. FAUX. Si vous êtes deux, le co-parent a un rôle essentiel à jouer ! Il peut même être la clé d’un allaitement réussi. En discutant ensemble, vous trouverez chacun votre place pour qu’il puisse se sentir tout autant investi. Il peut notamment stimuler un peu bébé pendant qu’il tète, afin de le maintenir éveillé et qu’il prenne mieux le sein. Il pourra tout autant câliner, bercer, chouchouter son bébé et prendre en charge les soins : changes, bains, etc. On ne le dit pas assez mais le rôle du second parent est essentiel, que sa compagne allaite ou pas ! Il peut même être la clé d’un allaitement réussi… ou non. Le rôle du second parent est essentiel, que sa compagne allaite ou pas ! Il peut même être la clé d’un allaitement réussi… ou non. Aviez-vous vu que nous avions dédié une section de notre blog au second-parent et à l’entourage des mamans ?
"Seules les femmes avec une poitrine généreuse peuvent allaiter"
FAUX. Petite ou grosse poitrine, peu importe : toutes les femmes (ou presque) peuvent allaiter et produire la quantité de lait nécessaire à leur bébé pour bien grandir ! Seulement, le nombre de tétées pourra varier d’une femme à l’autre. Une femme dotée d’une petite poitrine ou particulièrement mince produira moins (voire pas du tout) de lait C’est faux également. La quantité de lait produite n’est pas liée à la taille des seins ou à notre IMC… Moins de 2% des femmes seulement ne produisent pas ou très peu de lait. Il s’agit de cas pathologiques tels que l’hypoplasie. Impossible si j’ai une petite poitrine : FAUX ! Une poitrine volumineuse dépend davantage d’une masse importante de tissu adipeux que d’un nombre élevé de lobes et d’alvéoles (qui sécrètent le lait). Donc la quantité de lait dépendra de votre capacité de stockage, mais pas du tout de la taille de vos seins. et la présence de graisse (en petite ou grande quantité) dans les seins. Ce qu’il faut savoir c’est que l’important pour pouvoir allaiter, c’est d’avoir une glande mammaire fonctionnelle, peu importe sa taille. Rare exception : les femmes qui présentent une hypoplasie de la glande mammaire (à savoir une insuffisance de tissu glandulaire). Cela ne les empêche pas d’allaiter pour autant même si certaines ne parviendront jamais à nourrir exclusivement leur bébé avec leur lait.
"Il faut manger pour deux quand on allaite"
Contrairement à la grossesse, le fait d’allaiter ne demande pas forcément un régime alimentaire particulier. Bien entendu, il est recommandé d’avoir une alimentation équilibrée et diversifiée, comme à n’importe quelle étape de sa vie. Une femme qui a un régime alimentaire déséquilibré sera plus sujette à des excès de fatigue et à un surpoids ou des carences. Pour autant, la nature étant bien faite, son lait sera toujours adapté aux besoins nutritionnels de son bébé. Si la mère a des carences, son organisme fournira ce qui manque grâce aux réserves constituées pendant la grossesse ou antérieurement… mais au détriment de la maman. En revanche, l’alcool et le café fort sont plutôt déconseillés quand on allaite (notamment quand les tétées sont encore très fréquentes). Ils peuvent être autorisés mais dans des seuils raisonnables. Vous êtes obligée de manger équilibré : VRAI … Votre organisme va puiser dans vos réserves pour avoir un lait d’une excellente qualité. Donc peu importe votre alimentation, il répondra toujours aux besoins nutritionnels de bébé. Donc pas de panique si vous craquez ! Cependant, l’alcool reste strictement interdit ! Un point important à connaître: la teneur du lait maternel en acides gras essentiels (Oméga 3 et 6) dépend de votre propre consommation.
"Je ne peux pas prendre de médicaments si j'allaite"
Il est important de le savoir (voire même de le dire à certains médecins non informés), de nombreux médicaments n’ont aucun effet négatif pendant l’allaitement. En effet, la plupart ne passe pas dans le lait maternel ou s’y retrouve en quantités trop faibles pour avoir une incidence sur le bébé. Bon à savoir : il existe aussi un large choix de solutions thérapeutiques compatibles avec l’allaitement.
"Allaiter est toujours douloureux"
Tous les professionnels de l’allaitement s’accordent à dire qu’allaiter son enfant au sein ne devrait pas provoquer de douleurs. Lors du début de l’allaitement, il est possible que la maman ressente une sensation désagréable, parfois inconfortable. Allaiter est le plus souvent douloureux pour la maman Le temps de la mise en route et au moment de la montée de lait, les seins peuvent en effet être inconfortables voire douloureux, mais c’est loin d’être systématique. Et les crevasses sont tout sauf une fatalité. Elles sont le plus souvent liées à la position de tétée du bébé qui n’ouvre pas suffisamment la bouche ou ne place pas sa langue comme il le faudrait. Au début, vous allez peut-être avoir un peu mal mais ça n’arrive pas à chaque fois. Ensuite, l’allaitement ne doit pas faire mal. Si c’est le cas et que vous avez des crevasses, c’est qu’il y a sûrement un problème de positionnement du bébé. Vous pouvez alors demander l’avis d’un pro de santé, un(e) sage-femme ou un(e) conseiller(e) en lactation. Bébé doit déglutir une fois sur 2 ou 3. Pour la position : vous pouvez vous installer soit en "madone", il faut que la tête, le cou et le dos de bébé soit alignés. Soit en "ballon de rugby" avec bébé sur le côté, sous votre bras. L’important c’est que vous soyez à l’aise et bien assise. À noter : juste après l'accouchement, vous pouvez aussi avoir des contractions utérines pendant l’allaitement.
"L'allaitement fatigue énormément"
C’est fatiguant : FAUX️… Ce n’est pas l’acte en lui-même qui fatigue mais le fait de devoir répondre aux besoins de bébé à n’importe quelle heure. N'hésitez pas à demander de l'aide au papa ! Pour ne pas que ce soit toujours vous qui vous réveillez, vous pouvez tirer votre lait pour qu'il donne le biberon. Et sachez que pendant l’allaitement, vous sécrétez des endorphines qui vont vous procurer une agréable sensation de bien-être !
"Il faut attendre 3h entre chaque tétée"
FAUX !
"On ne peut pas allaiter dans des lieux publics"
FAUX ! Malheureusement il y a encore des gens pour juger mais vous avez tout à fait le droit de le faire et vous n’avez certainement pas à vous sentir gênée. Si vous avez un peu peur, commencez par allaiter dans un endroit qui vous est agréable. Et si vous êtes pudique, il existe des vêtements qui vous permettent un allaitement en toute discrétion et en toute intimité. Et vous pouvez également couvrir votre bébé au sein en toute sécurité avec un lange ou un foulard.
"Allaiter exclue papa"
FAUX ! Même si l’allaitement crée un lien maman/bébé exceptionnel, papa compte aussi, vous pouvez l'aider à s'intégrer à cet échange ! Il va vous accompagner, aménager un environnement apaisant, vous regarder faire, vous apporter à manger, prendre le relai sur les tâches comme la toilette.
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