La fausse couche, un événement douloureux et souvent tu, touche une femme sur quatre en France. Cet article vise à informer sur la fausse couche silencieuse, ses causes, ses symptômes et les options d'accompagnement disponibles.

La réalité de la fausse couche : un tabou à briser

La fausse couche est un tabou persistant, une souffrance invisible. Souvent reléguée au silence, la fausse couche touche pourtant une femme sur quatre en France. Selon une récente étude menée par Qare et Ipsos, 9 femmes sur 10 souhaitent un meilleur soutien médical et psychologique. Cet événement, qui touche 200 000 femmes par an en France, a des répercussions aussi bien physiques que psychologiques, affectant non seulement la santé mentale mais aussi la vie de couple, la sexualité, et le désir d’enfant. Près de 9 femmes sur 10 ayant vécu une fausse couche rapportent des répercussions significatives sur leur santé mentale. En plus des impacts émotionnels, 55 % des femmes affirment que cela a affecté leur relation de couple, tandis que 40 % ressentent un impact au travail.

Malgré l’ampleur des répercussions, 91 % des femmes concernées n’ont bénéficié d’aucun accompagnement psychologique. Cette absence de soutien aggrave la douleur, laissant de nombreuses personnes démunies. De premières actions ont été mises en place en ce sens. En 2024, la possibilité de bénéficier d’un arrêt de travail sans délai de carence a été instaurée. Chez Qare nous oeuvrons pour une prise en charge plus complète des femmes ayant vécu une fausse couche.

Environ 15 à 20 % des grossesses se terminent par une fausse couche. Chaque année, ce sont près de 23 millions de fausses couches qui se produisent dans le Monde, selon la revue médicale The Lancet. Sur toutes les grossesses, environ 15 % seront impactées. Le risque de grossesse augmente naturellement avec l’âge : entre 25 et 29 ans, il est d'approximativement 10 %. Il grimpe ensuite jusqu'à 53 % chez les femmes de 45 ans et plus. Une fausse couche est l'interruption soudaine et involontaire d'une grossesse avant que le fœtus ne soit suffisamment développé pour survivre en dehors de l'utérus.

Types de fausses couches

Il existe différents types de fausses couches, notamment :

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  • Fausse couche précoce : Elle se produit généralement au cours des 14 premières semaines de grossesse.
  • Fausse couche isolée : La fausse couche ne survient qu’une seule fois.
  • Fausse couche répétée : On parle de fausse couche à répétition lorsque la femme est âgée de moins de 40 ans et a fait trois fausses couches consécutives avant la 14ᵉ semaine de grossesse avec le même partenaire.
  • Fausse couche incomplète : Le col est ouvert mais tout ou partie du fœtus reste dans l’utérus.
  • Fausse couche septique : Une infection de l’utérus cause la fausse couche.
  • Fausse couche par mort in utero : Le fœtus meurt dans l’utérus de la maman. C’est une fausse couche tardive (après 20 semaines de grossesse).
  • Fausse couche biochimique ou fausse couche silencieuse est la plus courante : la grossesse biochimique est une grossesse détectée très tôt par test urinaire ou par prise de sang (beta hCG) mais qui n’est pas visible à l’échographie.
  • Fausse couche oeuf clair ou grossesse anembryonnaire : cette grossesse n’est pas viable car il n’y a pas d’embryon dans le sac gestationnel (appelé oeuf). Ce type de grossesse est généralement découvert au moment de la première échographie de grossesse : il n’y a pas d’embryon ni de battement cardiaque.
  • Fausse couche liée au groupe sanguin : une incompatibilité de rhésus entre la mère de rhésus négatif (O-, A-…) et le fœtus de rhésus positif (O+,A+…). En cas de saignement ou de fausse couche, des antigènes du fœtus peuvent passer dans le sang de la maman et le corps de la mère fabrique alors des anticorps anti-rhésus. Cette incompatibilité entre les groupes sanguins est connue pour les conséquences sur les grossesses ultérieures ou le bébé à naître.
  • Fausse couche sous contraception : généralement, il s’agit d’une fausse couche de type biochimique. La femme enceinte se rend compte par un test de grossesse qu’elle était enceinte, tout en prenant la pilule ou en ayant un stérilet.

Qu'est-ce qu'une fausse couche silencieuse ?

Une fausse couche silencieuse, également appelée fausse couche retenue ou avortement manqué, a lieu lorsque la grossesse s’arrête sans signes d’expulsion spontanée et immédiate de l’embryon ou du fœtus. De là l’origine du nom de ce type de fausse couche spontanée, car l’expulsion de l’embryon ou du fœtus a lieu des jours ou des semaines après. Ce type de fausse couche spontanée ne peut être totalement confirmé qu’à l’aide d’une échographie ou d’une analyse de la hCG (hormone gonadotrophine chorionique humaine).

Dans le cas d'une fausse couche silencieuse, le fœtus cesse de vivre, mais le corps de la femme ne manifeste aucun des symptômes habituels. Le fœtus sans vie reste niché dans l'utérus, tandis que le placenta continue de produire des hormones et d'envoyer des signaux de grossesse pendant les premiers jours. Ces signaux s'estompent progressivement avec le temps en raison des taux d'hormones qui diminuent. Ce qui rend la fausse couche silencieuse particulièrement dévastatrice, c'est que la plupart des femmes ne la soupçonnent pas. Lors d'une fausse couche, l'activité cardiaque du fœtus s'arrête.

Causes possibles d'une fausse couche silencieuse

Plusieurs facteurs peuvent contribuer à une fausse couche silencieuse :

  • Anomalies chromosomiques : Selon le VIDAL, 60 % des cas de fausses couches sont provoqués par une anomalie embryonnaire. Cette cause survient plus fréquemment au 1ᵉʳ trimestre de grossesse.
  • Facteurs liés à la santé de la mère : En dehors des facteurs liés à l'embryon, la santé de la mère joue aussi un rôle crucial dans le déroulement d'une grossesse. Certaines conditions médicales préexistantes peuvent augmenter le risque de fausse couche. En effet, les maladies chroniques comme le diabète, l'hypertension artérielle et les maladies auto-immunes, peuvent influencer le bon déroulement de la grossesse et augmenter la probabilité de fausse couche. Les infections maternelles, notamment la toxoplasmose, la listériose et la rubéole, peuvent aussi être à l'origine de fausses couches, tout comme les maladies sexuellement transmissibles non traitées.
  • Âge avancé : comme dans le cas d’une grossesse après 40 ans. Si vous êtes enceinte à 35 ans, le taux de risque de fausses couches est de 20%, 40% à 40 ans et 80% au-delà de 45 ans (contre 9% à 20 ans).
  • Anémie gestationnelle : l’anémie durant la grossesse est un trouble relativement habituel qui peut affecter négativement la grossesse et l’accouchement, mais aussi le fœtus ou le nouveau-né.
  • Infection des voies urinaires (IVU) : étant donné qu’il y a davantage de sang dans les reins et que la capacité de la vessie est plus réduite, l’urine peut retourner vers l’urètre, ce qui peut contribuer au développement d’infections des voies urinaires pendant la grossesse.
  • Incompatibilité de rhésus : une incompatibilité de rhésus entre la mère de rhésus négatif (O-, A-…) et le fœtus de rhésus positif (O+,A+…). En cas de saignement ou de fausse couche, des antigènes du fœtus peuvent passer dans le sang de la maman et le corps de la mère fabrique alors des anticorps anti-rhésus. Cette incompatibilité entre les groupes sanguins est connue pour les conséquences sur les grossesses ultérieures ou le bébé à naître.
  • Facteurs liés au mode de vie : L'hygiène de vie de la future mère joue un rôle crucial dans le risque de fausse couche. En premier lieu, l'utilisation de médicaments sans avis médical peut augmenter le risque de fausse couche. Il est donc recommandé de discuter de tout traitement médicamenteux avec un professionnel de la santé pendant la grossesse. Certains compléments alimentaires contenant des plantes médicinales ou des huiles essentielles peuvent s'avérer préjudiciables durant la grossesse. Pour éviter cela, MEDADOM vous invite à ne pas en prendre sans l’accord de votre médecin. Enfin, la consommation de drogues, d'alcool, de café en excès et de tabac doit être évitée pendant toute la durée de la grossesse.

Même si ces facteurs prédisposent à une fausse couche silencieuse, cela ne signifie pas qu’il y aura toujours une fausse couche.

Symptômes discrets et diagnostic

Les symptômes d’une fausse couche silencieuse peuvent varier et, très souvent, ils ne se manifestent pas de la même manière que ceux des fausses couches spontanées. Ceci est dû à un fait essentiel : l’embryon n’est pas expulsé du corps de la femme. Dans un certain sens, le corps agit comme si la grossesse était encore en cours. Il est improbable que ce type de fausse couche spontanée provoque un saignement ou une douleur intense, parfois seuls des symptômes très légers font leur apparition.

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Dans certains cas, notamment lors d’une fausse couche silencieuse, aucun symptôme n’est perceptible : l’arrêt du développement embryonnaire est alors découvert de manière fortuite lors d’une échographie. Cela signifie que le diagnostic de la fausse couche silencieuse se révèle d’une manière particulière, normalement durant une visite chez le médecin et grâce à une échographie. Souvent, les symptômes de la grossesse persistent même si le fœtus n'est plus en vie.

  • Fin des signes de grossesse : Lorsque la femme perçoit les signes sympathiques de grossesse, cela indique que sa gestation est en pleine évolution. Aux trois premiers mois, ces signes doivent être palpables et sentis. Au cas où la femme constate l'atténuation de ces signes, la fausse couche est probablement imminente. Les seins se dégonflent et les nausées s'arrêtent soudainement. L'échographie définira si le fœtus est en bonne santé ou si la fausse couche est certifiée.
  • Absence d’activités cardiaques : Lors d'une échographie, le médecin examine les battements du cœur de l’œuf. Si les activités cardiaques sont absentes, la femme a donc perdu son bébé même si les signes avant-coureurs d’une fausse couche n’ont pas été observés.

Prise en charge médicale et options de traitement

Si une femme ressent les symptômes d’une fausse couche silencieuse, il est fondamental qu’elle sollicite une prise en charge médicale afin d’établir un diagnostic adéquat et le traitement nécessaire.

La gestion de la fausse couche silencieuse peut varier en fonction de la situation et des préférences de la femme.

  • Attendre : dans de nombreux cas, si la grossesse n’évolue pas, le corps de la femme expulse naturellement le tissu fœtal quelques jours ou semaines après. Lors d'une fausse couche précoce et non compliquée, l’attente surveillée est recommandée afin de laisser le temps au corps de gérer naturellement l’expulsion. Cette approche nécessite un suivi médical régulier pour s’assurer qu’aucune complication ne survient, comme une infection ou des saignements prolongés.
  • Médicaments : Une prise en charge médicamenteuse peut également être proposée, souvent avec du misoprostol, qui permet de provoquer les contractions utérines et ainsi favoriser l’évacuation du tissu gestationnel.
  • Dilatation et curetage : si le corps n’expulse pas naturellement tout le tissu fœtal, un curetage peut être fait. Il s’agit d’un procédé médical au cours duquel le col de l’utérus est dilaté et les tissus qui se trouvent dans l’utérus sont retirés. Dans d’autres cas, notamment si la fausse couche est tardive ou si les saignements sont abondants, la patiente est anémiée ou si le traitement médicamenteux a échoué, une évacuation chirurgicale par aspiration (aussi appelée curetage) peut être nécessaire.

Quelle que soit la méthode choisie, un suivi médical est indispensable pour vérifier que la fausse couche est bien terminée et écarter tout risque de complication.

Soutien psychologique et deuil périnatal

La fausse couche silencieuse est, pour la femme et son partenaire, une expérience difficile du point de vue psychologique. La perte d'une grossesse est une expérience déchirante et émotionnelle qui peut laisser les parents désemparés et vulnérables. Heureusement, il existe des professionnels de santé qualifiés et des dispositions légales pour accompagner les couples confrontés à une interruption spontanée de grossesse.

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La gestion des émotions après une fausse couche est une étape essentielle, bien que souvent négligée. Ce type de perte, même lorsqu’elle survient très tôt dans la grossesse, peut provoquer un véritable bouleversement psychologique pour la femme et son/sa partenaire. Tristesse, culpabilité, colère, frustration, ou sentiment d'injustice : les émotions sont multiples et varient d'une personne à l'autre. Il est important de comprendre que chaque personne réagit différemment, et qu’aucune émotion n’est illégitime.

  • Accompagnement psychologique : L'une des mesures les plus importantes de cette nouvelle loi est de favoriser l'accès à l'accompagnement par un psychologue. Parler à un psychologue peut vous aider à mieux comprendre et à surmonter les émotions complexes qui accompagnent une fausse couche. Un accompagnement psychologique peut être nécessaire pour aider à mettre des mots sur la douleur, traverser le deuil et se reconstruire. Parler à un professionnel de santé, à un psychologue ou à un groupe de parole peut offrir un espace d’écoute bienveillant.
  • Groupes de soutien : En plus de consulter un psychologue et de discuter avec votre médecin, il peut être extrêmement bénéfique de rechercher des groupes de soutien spécifiquement dédiés aux personnes confrontées à une fausse couche. Qu’ils soient présents près de chez vous ou sur les réseaux en ligne, vous pourrez y partager vos expériences, vos émotions et recevoir le soutien de personnes qui ont vécu des situations similaires.
  • Arrêt maladie et deuil périnatal : Depuis janvier 2024, vous avez droit à un arrêt maladie sans jour de carence pour arrêt naturel de grossesse et un suivi psychologique remboursé (Mon parcours Psy).

Après une fausse couche : perspectives et conseils

Après avoir vécu une fausse couche, de nombreuses personnes se demandent s'il est préférable d'attendre avant de tenter une nouvelle grossesse. En général, il est recommandé d'attendre environ deux mois. Cette période permet de s'assurer que tout a été correctement évacué de l'utérus, réduisant ainsi le risque de complications infectieuses.

Il est recommandé de vous sentir prête physiquement et psychologiquement avant de reprendre une activité sexuelle et de retenter un projet bébé. Pour reprendre les rapports sexuels, votre médecin vous donnera son accord et/ou un délai qui lui semble approprié à votre cas. En règle générale, il est conseillé d’attendre 2 semaines après une fausse couche pour éviter les infections et pour favoriser la cicatrisation de l’utérus et du col. Ce délai permet de diminuer les complications après une fausse couche. Parfois il est conseillé de reprendre le projet bébé uniquement après le retour des règles post fausse couche (4-6 semaines).

Comment réduire le risque de fausse couche ?

Il est important de rappeler que le stress, l'exercice physique ou le fait de soulever des objets lourds ne peuvent pas provoquer une fausse couche. Il n'est pas non plus possible de provoquer une fausse couche en prenant l'avion.

Cependant, lorsque vous attendez un enfant, vous pouvez mettre en place certaines choses pour prendre soin de vous le mieux possible, telles que :

  • Adopter un régime alimentaire nutritif et varié
  • Faire de l'exercice régulièrement
  • Vous reposer en cas de fatigue
  • Éviter de fumer, de boire de l'alcool ou de consommer de la drogue
  • Faire preuve de prudence avec les médicaments et consulter votre sage-femme ou votre médecin si vous devez en prendre
  • Prendre un supplément d'acide folique, car il peut avoir un effet protecteur et réduire le risque de malformations chez l'embryon.

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