L'omniprésence des écrans dans la vie moderne a profondément transformé les habitudes, y compris celles des plus jeunes. L'utilisation des écrans s’est imposée dans nos vies quotidiennes, y compris dès le plus jeune âge. Or, une exposition excessive aux écrans, en particulier chez les enfants et les adolescents, peut avoir des conséquences importantes sur leur santé physique, mentale et sociale. Face à cette réalité, il est crucial de comprendre les risques potentiels et d'adopter des stratégies éclairées pour protéger le bien-être des enfants. Cet article explore les recommandations des pédiatres concernant l'utilisation des écrans par les enfants, en mettant en lumière les effets délétères de la surexposition numérique et les mesures à prendre pour un usage plus sain et équilibré.
Les Effets Négatifs de la Surexposition aux Écrans
Le rapport « Enfants et écrans. À la recherche du temps perdu », remis en avril 2024 à la demande du Président de la République, met en lumière les nombreux effets délétères de la surexposition numérique. Les conséquences physiques sont bien documentées : l’usage excessif d’écrans dégrade la qualité et la quantité de sommeil, diminue l’activité physique, favorise la prise de poids et peut entraîner des troubles visuels, comme la myopie. Chez les tout-petits, l’utilisation d’écrans perturbe aussi les moments d’interaction avec les adultes.
Sur le plan psychologique, les risques sont également majeurs. Une surexposition aux écrans et à des contenus inappropriés peut entraîner des risques pour la santé mentale et physique des mineurs. Comme nous l’explique le Dr Henry, cela provient des caractéristiques intrinsèques de l’écran que sont le contraste, la luminosité et le mouvement de l’image mais aussi par le contenu qu’ils diffusent et les émotions que ce contenu engendre. Avec les réseaux sociaux, une part grandissante de nos interactions passe par les écrans.
Recommandations par Tranche d'Âge
Afin de minimiser les risques associés à l'utilisation des écrans, les pédiatres ont établi des recommandations spécifiques pour chaque tranche d'âge :
Avant 3 ans : Pas d'écran
Lire aussi: Éviter les arnaques liées à l'allaitement sur Facebook
Avant 3 ans : pas d’écran, même en bruit de fond. L’attention de l’enfant doit se construire dans l’interaction avec son environnement réel et avec les adultes qui prennent soin de lui. Les activités sur écrans ne conviennent pas aux enfants de moins de 6 ans : elles altèrent durablement leurs capacités intellectuelles, leur vision et leur sommeil. La Société Française de Santé Publique (SFSP) relaie le texte de recommandations du Dr Servane Mouton et du Pr Amine Benyamina, co-Président.e.s de la Commission « Les activités sur écrans ne conviennent pas aux enfants de moins de 6 ans : elles altèrent durablement leurs capacités intellectuelles ». Chaque jour les pédiatres, médecins généralistes, pédopsychiatres, neuropédiatres, les orthophonistes,psychomotricien-ne-s, ergothérapeutes, et les enseignants de maternelle et de cours préparatoire constatent les dégâts produits par une exposition régulière aux écrans avant l’entrée à l’école primaire : retard de langage, troubles de l’attention, de la mémorisation, agitation motrice… En effet, les six premières années de vie sont à ce titre fondamentales. L’enfant explore son milieu en sollicitant tous ses sens, tout son corps, guidé par les figures parentales bienveillantes et attentives. Les apprentissages sont alors particulièrement nombreux sur le plan moteur, sensoriel et intellectuel. Or les écrans quelle qu’en soit la forme (télévision, tablette, téléphone) ne répondent pas aux besoins de l’enfant. Pire, ils entravent et altèrent la construction de son cerveau.
Entre 3 et 6 ans : Usage Exceptionnel et Accompagné
Entre 3 et 6 ans : l’usage des écrans doit rester exceptionnel, limité à des contenus de qualité éducative, toujours accompagné par un adulte et dans un cadre bien défini. Les activités sur écran sont trop pauvres, réduisant le centre d’intérêt et le champ de vision de l’enfant à quelques centimètres carrés, ne lui mettant à disposition qu’une succession d’images en deux dimensions et de sons enregistrés, sans rationalité ou logique communicative et sensorielle, bien loin de la richesse des interactions naturelles qu’offre la « vraie vie ».
De 6 à 11 ans : Accompagnement Parental Renforcé
De 6 à 11 ans : les enfants peuvent progressivement utiliser des outils numériques, à condition que l’accompagnement parental soit renforcé. Les parents sont invités à fixer des règles d’usage, à rester vigilants sur le temps d’écran, les contenus visionnés et à encourager les pauses régulières.
Lire aussi: Textes inspirants annonce grossesse
À partir de 11 ans : Introduction Progressive de l'Autonomie
A partir de 11 ans : les enfants pourraient être dotés d’un téléphone sans accès à internet, ce dernier jouant un rôle important dans l’exercice de l’autonomie.
Avant 13 ans : Smartphone Déconseillé
Avant 13 ans : il est fortement déconseillé de confier un smartphone connecté à Internet à un enfant. Cela l’expose à des risques pour lesquels il n’a ni la maturité, ni les outils de régulation nécessaires.
Avant 15 ans : Absence de Réseaux Sociaux
Lire aussi: Galerie Commerciale Crêches-sur-Saône
Avant 15 ans : les enfants ne devraient pas avoir accès aux réseaux sociaux.
Mesures Gouvernementales et Initiatives Éducatives
L’État agit aussi en amont, avec une stratégie fondée sur le développement des compétences psychosociales. Ces dernières permettent aux enfants et adolescents de mieux gérer leurs émotions, de résister à la pression sociale en ligne, et de faire preuve d’esprit critique face aux contenus numériques. L’école est également un lieu de sensibilisation. Un programme de certification des compétences numériques a été généralisé à toutes les classes de 6e depuis 2024. Il inclut une sensibilisation dès le CM1 et la remise d’un "passeport internet" pour mieux comprendre les outils numériques et leurs risques. Des campagnes de communication, notamment autour des 1000 premiers jours, rappellent l’importance des interactions humaines pour le développement du jeune enfant et cherchent à faire prendre conscience aux parents du temps passé sur leurs écrans en présence de leurs jeunes enfants.
Dans les lieux d’accueil de la petite enfance, l’usage des écrans est désormais interdit pour les enfants de moins de 3 ans, conformément à la charte de l’accueil du jeune enfant modifiée par arrêté ministériel le 02 juillet 2025. Cette mesure vise à garantir un environnement favorable au développement et à éviter l’installation précoce d’habitudes numériques.
Ressources et Soutien aux Familles
Pour permettre aux familles de s’informer, de poser leurs questions et de trouver des repères fiables, le gouvernement a lancé en 2021 la plateforme jeprotegemonenfant.gouv.fr. Ce portail propose des fiches pratiques, des conseils adaptés à chaque âge et des outils concrets pour encadrer les usages numériques à la maison. Des actions sont également menées au niveau européen. Si vous vous sentez démunis, ne pas hésiter à consulter un professionnel de la santé ou se référer aux recommandations des spécialistes de la pédiatrie. Plusieurs recommandations à l’attention des familles et des médecins ont été publiées par le Groupe de pédiatrie Générale (membre de la Société française de pédiatrie).
Conseils Pratiques pour les Parents
- Faire l'inventaire des écrans et de leur utilisation : Il est utile de faire l’inventaire des écrans et de leur utilisation par les enfants mais aussi par les parents.
- S'intéresser à l'usage des écrans par les enfants : Pour le docteur Henry, il est important de s’intéresser à l’usage qu’ont nos enfants des écrans. C’est un espace que les parents doivent pouvoir explorer.
- Privilégier les espaces de vie collectifs : Notamment l’intérêt de placer les écrans dans les espaces de vie collectifs plutôt que dans sa chambre. En effet, la proximité de l’écran permet de garder un œil sur ce que fait l’enfant et d’éviter, par exemple, que celui-ci ne se retrouve exposé à des contenus non-adaptés. Il a l’avantage d’encourager le partage et les échanges.
- Fixer des limites de temps et des moments sans écran : Il est important de fixer et de préciser le temps autorisé mais aussi de prévoir des moments sans aucun écran. « Certains temps et lieux doivent être sanctuarisés : matin, repas, sommeil, école (en dehors des outils d’apprentissage), salles de sport, phases de jeux collectifs. C’est vrai pour les enfants et aussi pour les adultes
- Être un modèle : « Le propre rapport des parents eux-mêmes aux écrans est par ailleurs essentiel dans l’exemplarité qu’il représente pour les enfants ».
Comprendre les Avantages Potentiels des Écrans
Comme nous le souligne, à juste titre, le Dr Henry, les écrans attirent énormément l’attention. Beaucoup de parents témoignent que parfois, ils « profitent » de cette caractéristique. Sur cette question, il pense qu’il est important de déculpabiliser les parents. Qu’on profite que son enfant soit devant la télé pour passer un coup de fil important ou pour boucler un rapport lui semble naturel. L’important ici renvoie à d’autres questions, telles que : À quelle fréquence cela arrive-t-il ? Combien de temps ? Quel programme est visionné par l’enfant et est-ce en adéquation avec son âge ?
Toujours, selon le Dr Henry, on peut parfois, tirer un parti bénéfique des écrans et de leur capacité à attirer énormément notre attention. Dans certaines situations, les écrans seront des alliés indéniables des parents pour pouvoir réguler le comportement de leur enfant ou utiliser des outils difficiles à mettre en place par ailleurs. Il mentionne également les techniques de neurofeedback qui sont un autre bon exemple. Elles visent à aider les enfants, ayant un trouble attentionnel, à contrôler et stimuler leur attention. En utilisant un écran et un jeu vidéo, notamment. En analysant, en temps réel, les ondes du cerveau créées par les processus attentionnels, on peut en quelque sorte essayer de « rééduquer » ces processus cérébraux, pour être encore plus attentifs.
Le Rôle Crucial des Interactions et de l'Environnement
S’il repose en partie sur des facteurs génétiques, le neurodéveloppement résulte surtout d’un savant mélange d’observations et d’interactions riches et variées avec l’environnement. Lorsque les mots manquent, les réseaux cérébraux du langage se construisent mal, faisant peser une réelle menace sur le développement ultérieur. Or un enfant dans les premières années de sa vie subit l’environnement proposé par l’adulte, très souvent pour le meilleur mais parfois pour le pire. Alors qu’il n’est pas encore en capacité de comprendre par lui-même ce qui est bon ou néfaste pour lui, cet environnement familier devrait répondre à ses besoins d’exploration, de découverte et de sécurité pour lui permettre de s’épanouir harmonieusement. Protégeons-le. Posons nos smartphones et éteignons la télévision pendant les moments partagés, les jeux, les repas.
tags: #facebook #les #ecrans #et #les #enfants
