L'épreuve de contraction de texte est un exercice clé du bac de français, évaluant la capacité à synthétiser et reformuler un texte de manière concise tout en conservant fidèlement la pensée de l'auteur. Cet article propose un guide détaillé et des exemples corrigés pour maîtriser cette compétence essentielle.

La contraction de texte au bac de français

La contraction de texte consiste à réécrire un texte de manière plus brève, en respectant un nombre de mots imposé, tout en retenant les informations essentielles. Au bac de français, cet exercice est particulièrement important, car il évalue la compréhension du texte, la capacité à identifier les idées principales et secondaires, ainsi que la maîtrise de la langue française.

Réforme du bac et EAF

La réforme du baccalauréat, mise en œuvre à partir de 2020 avec les Épreuves Anticipées de Français (EAF), a modifié les modalités de l'examen. Le nouveau bac comprend quatre objets d'étude, et l'écrit comporte un commentaire ou une dissertation. Le coefficient attribué à cette épreuve a également changé.

Méthodologie de la contraction de texte

La contraction de texte au bac de français est souvent liée aux œuvres et aux parcours préconisés pour l'objet d'étude argumentatif des séries technologiques. La méthodologie implique de lire attentivement le texte original, d'identifier la thèse de l'auteur, de repérer les arguments principaux et secondaires, et de reformuler ces idées de manière concise et fidèle.

Exemple corrigé : L'animal de fiction

Voici un exemple de contraction de texte basé sur un extrait de Janick Auberger, « Entre l’écrit et l’image, l’animal de fiction, un homme travesti ? », Contre-Jour, no 13, automne 2007.

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Texte original (768 mots):

L’animal fictif, le héros des fables, des contes et des recueils d’illustrations peut prendre divers aspects : par le zoomorphisme, un homme peut avoir des traits animaux, il peut être possédé par l’animal, réagir comme l’animal ; et par l’anthropomorphisme, un animal peut être humanisé, parler comme l’homme. Ce dernier cas de figure est connu depuis l’Antiquité et ne choque pas. Le zoomorphisme, lui, est beaucoup plus troublant. L’homme occidental accepte mal d’avoir de l’animal en lui, tant la religion que la philosophie ont largement concouru à lui interdire cette « déchéance ». Voyons l’un et l’autre, l’homme animalisé puis l’animal humanisé.

Quand l’homme est complètement animalisé, il a pu être, dans la tradition, le résultat d’une métamorphose, le plus souvent punitive : Les Métamorphoses d’Ovide, ou celles de la mythologie grecque, voient souvent un être humain animalisé par une divinité jalouse (le chasseur Actéon transformé en cerf par Artémis, ou Arachné devenue araignée…). Évidemment, les auteurs jouent avec la métaphore : ce ne sont pas de vrais animaux, l’histoire naturelle et la réalité de l’animal n’y gagnent rien, mais les tendances de l’individu s’y voient travesties efficacement, permettant à l’homme de mieux se connaître…

Dans les contes pour enfants, la transformation est généralement achevée quand l’histoire commence, c’est le héros qui, depuis le début, est animalisé. Mais la métamorphose n’est heureusement pas définitive : le héros reprendra généralement sa morphologie humaine lorsqu’il aura triomphé de son apparence et aura gagné l’amour de son ou sa partenaire, comme La Belle et la Bête de Mme Leprince de Beaumont (1756). Mais ce passage de l’homme à l’animal n’est pas le plus facile à représenter. Il est plus difficile à accepter en tout cas que l’inverse, l’animal anthropomorphisé. Presque toujours, la métamorphose de l’homme devenu animal est une régression, une chute. Il est rare que le monde animal soit idéalisé. Les poètes se reconnaissent parfois en lui (Baudelaire dans « L’Albatros » ou dans « Le Chat »). Mais ce jugement est peu fréquent et il est ambigu : la femme-chatte de Baudelaire est dangereuse et volontiers fourbe, et l’Albatros est un prince incompris et déchu, un perdant. Plus sûrement, quand l’homme suit ses seules passions, il s’animalise.

L’anthropomorphisme est plus inoffensif que le zoomorphisme. Les animaux pensent, parlent comme des êtres humains, et tout leur comportement est un comportement humain. En fait, il semble bien que l’animal parle de l’homme et non de lui-même ; il n’est plus qu’un prête-nom, un prétexte à connaître l’humain. Les fables et les contes ont usé et abusé de ces animaux-prétextes, cachant sous la fiction une morale bien lisible. L’essentiel pour l’écrivain ou le fabuliste est de renvoyer au monde familier pour éclairer une pensée abstraite. Il est vrai que ces fictions se sont adressées d’abord aux adultes et continueront longtemps à le faire : les fabliaux du Moyen Âge en sont un bon exemple, le Roman de Renart également. Goupil, Ysengrin, Brun et les autres sont de merveilleux personnages dont les aventures peuvent faire rire un enfant, mais ils servent aussi à critiquer les mœurs et la société des hommes.

Les Fables de La Fontaine, inspirées d’Ésope et de Phèdre, avant d’être récupérées dans des éditions pour la jeunesse, étaient aussi une façon de critiquer le siècle de Louis XIV. Dans ces cas-là, il est clair que les animaux ne sont que prétextes, ils agissent comme des humains, mais avec plus de liberté d’action encore, puisque leur animalité leur permet de dépasser certaines limites que l’humain ne saurait franchir.

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Le procédé qui consiste à passer par l’animal pour viser l’homme est un procédé de style qui apporte décalage et distanciation, légèreté et humour à une analyse qui, autrement, serait peut-être plus austère : une fable de La Fontaine paraît plus légère qu’un caractère de La Bruyère, et l’animal y est pour beaucoup, même si la morale est la même.

L’écrivain, le conteur, le dessinateur, le cinéaste ont la liberté absolue de faire de l’animal absolument ce qu’ils veulent, à des fins ludiques, démonstratives ou esthétiques. L’animal est matériau pur de leur création, et au moins ils ne se cachent pas pour en jouer. Pour notre plus grand plaisir… Mais force est de constater que cela ne semble pas avoir changé le regard posé sur les rapports entre les hommes et les animaux.

Contraction de texte (192 mots +/- 10%):

La fiction littéraire ou la BD recourent souvent à l’animal par anthropomorphisme pour humaniser la bête ou par zoomorphisme qui animalise l’homme, mais la culture occidentale (religions et philosophie) refuse cet abaissement.

Dans l’Antiquité, la métamorphose de l’homme en bête résultait de la punition d’une divinité jalouse. Ce changement n’est (50 mots) qu’une apparence permettant à l’homme de mieux connaître sa nature profonde. Dans les contes, le héros redevient homme quand, malgré son aspect, il inspire de l’amour. Cette animalisation est toujours une faillite sauf chez quelques poètes comme Baudelaire, car elle est le signe d’un avilissement par les passions.

En revanche, (100 mots) l’humanisation de l’animal ne détériore pas l’image humaine : l’animal s’exprime, raisonne et se comporte comme un homme. Le récit animalier nous donne une leçon de sagesse : Il est adressé d’abord aux adultes en leur proposant une satire de la société comme dans les fabliaux médiévaux ou le Roman (150 mots) de Renart ou les Fables de La Fontaine. L’emploi de l’animal comme substitut donne plus de liberté aux propos ou aux comportements, plus d’agrément au récit.

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L’artiste joue de cet habillage bestial pour amuser, enseigner, émerveiller, mais cette fiction n’a pas modifié notre relation au monde animal.

(Nombre total de mots : 185)

Exemple corrigé : La lente et difficile reconnaissance du génie créatif féminin

Voici un autre exemple de contraction de texte basé sur un extrait d’Isabelle Gras, « Et pourtant, elles créent ! », L’Éléphant, no 17, janvier 2017.

Texte original (772 mots):

« Comment les femmes auraient-elles jamais eu du génie alors que toute possibilité d’accomplir une œuvre géniale - ou même une œuvre tout court - leur était refusée ? », s’interroge Simone de Beauvoir dans Le Deuxième Sexe. Comprendre pourquoi la création intellectuelle et artistique a si longtemps constitué un plafond de verre1 pour les femmes implique de s’attarder sur les fondements de la société patriarcale. Le patriarcat, qui repose sur la puissance de l’autorité paternelle, instaure une différenciation des rôles masculins et féminins très marquée, comme l’a analysé l’anthropologue Françoise Héritier. Conformément à cette division sexuelle, les hommes investissent les sphères sociales et politiques alors que la sphère privée et le foyer familial relèvent des femmes. Dès lors, la création de l’esprit devient un attribut exclusivement masculin, symbole de transcendance2. La femme étant considérée uniquement à l’aune3 de sa fonction reproductrice, elle n’a pas à se préoccuper de la fécondité de l’esprit.

Cette répartition sexuée des créations intellectuelles et charnelles participe ainsi à la pérennisation4 du système patriarcal. Il faut cependant noter qu’en France, sous l’Ancien Régime, la question de la création féminine se pose avant tout sous l’angle de l’appartenance à l’ordre social. Ainsi, une créatrice issue de l’aristocratie est socialement tolérée si elle se cantonne à l’amateurisme et ne prétend pas égaler le génie masculin. Les « femmes savantes » suscitent des sentiments ambivalents, comme Molière l’a montré de manière magistrale.

C’est à partir du XIXe siècle qu’on assiste à un durcissement de la représentation de genre qui consacre l’idée d’une absence de génie féminin. Face au poids des valeurs misogynes, « tout génie qui naît femme est perdu pour l’humanité », selon les mots de Stendhal. La création féminine est jugée aussi inutile que dangereuse, théorie appuyée par des travaux médicaux visant à démontrer l’infériorité congénitale5 des femmes. Conformément aux stéréotypes sexués, seuls les hommes ont des prédispositions naturelles à être des génies, les femmes sont quant à elles cantonnées au rôle de muse, objet passif de la création. Pour une femme, écrire et participer à l’aventure de la pensée ont longtemps constitué un acte de subversion6.

En analysant l’évolution de la figure de l’artiste dans La Poétique du mâle, Michelle Coquillat, professeure de littérature, montre comment la création littéraire a ainsi été le terrain d’exercice privilégié de la domination masculine. Jusqu’à la fin du XVIIIe siècle, l’acte de création fait référence à la création divine : l’homme a un pouvoir démiurgique7 de création ex nihilo8. […]

Être publiée est un acte délicat pour une femme car, en rendant ses textes visibles, elle transgresse l’exigence d’humilité que lui impose la société. À l’instar de Marie d’Agoult, qui publie sous le nom de Daniel Stern, combien de femmes préféreront franchir ce pas en choisissant un pseudonyme masculin ou l’anonymat ? Au-delà des contraintes imposées, quelques-unes sont parvenues à s’affirmer comme créatrices, à l’instar des artistes peintres Rosa Bonheur ou Berthe Morisot. Et même si, aux funérailles de George Sand, Hugo déclare : « Je pleure une morte et je salue une immortelle », le mythe de l’infériorité féminine reste solidement ancré dans la société du XIXe siècle. Les frères Goncourt estiment d’ailleurs qu’« il n’y a pas de femmes de génie : lorsqu’elles sont des génies, elles sont des hommes ». Investir le territoire de la création ne peut donc se faire qu’en renonçant à une supposée nature féminine car les critères de légitimation restent masculins. Pour contrer cette hostilité, Anna de Noailles fonde en 1904 le prix littéraire Femina, dont le jury réunit des femmes de lettres.

Comme Rimbaud l’annonçait de manière prophétique : « Ces poètes seront ! Quand sera brisé l’infini servage de la femme, quand elle vivra pour elle et par elle, […] elle sera poète, elle aussi ! » Au XXe siècle, l’étau du code civil se desserre et va permettre aux femmes de s’émanciper sur le plan juridique, politique, économique et social. Simone de Beauvoir encourage les femmes à conquérir leur autonomie et à bousculer l’ordre symbolique. C’est à cette condition qu’elles pourront s’affirmer en tant que créatrices. Colette, Marguerite Duras, Marguerite Yourcenar et Nathalie Sarraute se distinguent parmi les auteurs de la Pléiade du XXe siècle. Les femmes accèdent enfin à la reconnaissance de leur création. En 1981, lors de son discours de réception, Yourcenar, première femme à entrer à l’Académie française, tient à rendre hommage à la « troupe invisible de femmes » qui auraient dû recevoir cet honneur avant elle.

Contraction de texte (193 mots +/- 10%):

Pendant longtemps, les femmes n’ont pu produire des œuvres artistiques à cause du patriarcat qui, fondé sur l’autorité paternelle, a imposé une différenciation sexuée des rôles sociaux : Aux hommes, la société et la politique ; aux femmes, le confinement au foyer. L’activité intellectuelle est réservée aux hommes ; la (50 mots) femme, simple matrice, est réduite à son corps.

Cette affectation sexuée des créations intellectuelles et charnelles a conforté le système patriarcal. Cependant, sous l’Ancien Régime, les œuvres féminines étaient admises pour les femmes aristocrates, tant qu’elles étaient un passe-temps et ne concurrençaient pas l’hégémonie masculine.

Au XIXe siècle, la société (100 mots) nie les talents féminins. Leurs productions sont même jugées transgressives selon des théories scientifiques alléguant l’infériorité atavique féminine. Le génie créatif est masculin. La femme doit rester une inspiratrice passive.

La création littéraire est ainsi restée un apanage masculin. Jusqu’à la fin du XVIIIe siècle, publier ses écrits est pour (150 mots) une femme défier l’ordre social. Si quelques-unes s’affirment malgré les obstacles, elles restent mésestimées.

Au XXe siècle, l’évolution du code civil assure l’émancipation féminine. Sous l’impulsion de Simone de Beauvoir, les femmes artistes revendiquent leur autonomie créatrice, si bien que plusieurs d’entre elles, comme Colette, Duras, Yourcenar et Sarraute, sont reconnues.

(Nombre total de mots : 192)

Conseils pour réussir la contraction de texte

  1. Lecture attentive: Lisez attentivement le texte original pour bien comprendre le propos de l'auteur.
  2. Identification des idées principales: Repérez la thèse de l'auteur et les arguments clés qui la soutiennent. Soulignez ou notez ces éléments.
  3. Structure du texte: Analysez la structure du texte pour comprendre comment les idées sont organisées et liées entre elles.
  4. Reformulation concise: Reformulez les idées principales avec vos propres mots, en utilisant des phrases courtes et simples.
  5. Suppression des exemples: Évitez de reprendre les exemples illustratifs, sauf s'ils sont essentiels à la compréhension du texte.
  6. Respect du nombre de mots: Veillez à respecter le nombre de mots imposé, en utilisant un repère tous les 50 mots pour faciliter le comptage.
  7. Fidélité à l'auteur: Restez fidèle à la pensée de l'auteur, sans ajouter de commentaires personnels ni modifier le sens du texte.
  8. Révision: Relisez attentivement votre contraction de texte pour vérifier qu'elle est claire, concise et fidèle au texte original.

Autres exemples de textes à contracter

Voici d'autres exemples de textes que vous pouvez utiliser pour vous entraîner à la contraction de texte :

  • Texte sur la liberté d'expression et la légitimité de la parole.
  • Texte sur l'égalité des chances et la justice sociale.
  • Texte sur l'image de la femme dans les magazines féminins.
  • Texte argumentatif sur la peine de mort.

En vous exerçant régulièrement avec ces exemples et en appliquant la méthodologie appropriée, vous serez bien préparé pour réussir l'épreuve de contraction de texte au bac de français.

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