Avant de décider de faire reproduire votre chienne, il est crucial de bien réfléchir aux raisons qui motivent cette décision. Contrairement à une idée reçue, une chienne n’a pas intrinsèquement « besoin » de donner naissance à une portée au cours de sa vie. Si l'intention est de garder un chiot, il faut s'assurer de pouvoir facilement faire adopter les autres. Il est également important de noter qu'une chienne ne peut pas facilement se reproduire dès ses premières chaleurs.
Âge approprié pour la reproduction
Les premières chaleurs surviennent généralement entre l’âge de 6 et 12 mois, voire plus tard chez les chiennes de grandes races. Cependant, il est essentiel que la chienne ait atteint son plein développement physique avant de se reproduire. Les chiennes très jeunes ont tendance à avoir des portées plus petites que les chiennes plus âgées. De même, il est préférable d’attendre que le chien ait au moins 2 voire 3 ans pour planifier un accouplement. Bien que la ménopause n’existe pas chez la chienne, sa fertilité diminue avec l’âge. Après 6-7 ans, la chienne risque de rester vide ou d'avoir une portée de taille réduite.
Sélection de l'étalon et contrat
Avant de planifier la saillie d’une chienne, il est impératif de trouver l’étalon idéal. Pour que les chiots à naître puissent être vendus comme des chiots de race, les deux parents doivent posséder un pedigree. Il est fortement conseillé que les propriétaires établissent un contrat écrit avant d’organiser la rencontre des chiens. Ce contrat doit préciser les engagements du possesseur de l’étalon à faire saillir la lice par l’étalon prévu. Il arrive parfois, notamment dans les élevages, qu’une chienne soit saillie accidentellement par un autre chien.
Il est important de définir les conditions financières : si la saillie a eu lieu dans de bonnes conditions et que la chienne n’est pas pleine, le propriétaire de la chienne doit-il régler le montant de la saillie au propriétaire de l’étalon ? Si oui, quand le choisira-t-il ? Qui prend en charge les frais de transport du chiot ? Que se passera-t-il s’il n’y a qu’un chiot vivant dans la portée ou si le chiot choisi décède avant la livraison ?
Planification de la saillie et suivi du cycle sexuel
La plupart des accouplements non suivis de gestation sont dus à un mauvais choix de la date de saillie. Les chaleurs des chiennes ont lieu deux fois par an. Dès l'apparition d'écoulements sanguins à la commissure inférieure de la vulve et un gonflement de celle-ci, les chaleurs ont commencé. La chienne attire les mâles, mais elle n’est en principe fécondable que lorsque les pertes vulvaires deviennent blanchâtres, ce qui se produit en moyenne vers le 12e-13e jour des chaleurs. Chez la chienne, les cellules sexuelles femelles (les ovocytes) ne sont fécondables que 1 à 2 jours après l’ovulation.
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La chronologie du cycle sexuel varie considérablement : 30 à 40 % des chiennes n’ovuleraient pas dans la fourchette habituelle de 10 à 15 jours après le début des chaleurs ! De plus, la plupart des chiennes commencent à accepter l’accouplement 2 jours avant l’ovulation, c’est-à-dire 4 à 5 jours avant leur période fécondante.
Frottis vaginaux et dosages hormonaux
Les cellules de l’épithélium vaginal se modifient sous l’action des hormones sécrétées par la chienne pendant ses chaleurs. Des frottis vaginaux répétés sont donc utiles pour identifier la phase du cycle sexuel où se trouve la chienne. Les dosages hormonaux sont plus onéreux mais plus fiables que les frottis pour déterminer le moment de l’ovulation. En pratique, c’est la progestérone qui est la plus souvent dosée. Une autre hormone, la LH, peut aussi être dosée : l’ovulation se produit en moyenne 24 à 96 heures après le pic de sécrétion. Chez la chienne, l’ovulation peut aussi être détectée en observant par échographie l’évolution du nombre et de la taille des follicules ovariens.
Déroulement de la saillie
Il est important de laisser les chiens libres de faire connaissance sans intervenir : il ne faut jamais forcer l’accouplement ! Il suffit de surveiller les chiens à distance. Après le chevauchement, le chien se retourne à 180 ° et les deux chiens restent ainsi « collés » pendant en moyenne 15 minutes, mais cela peut parfois durer près d’une heure ! Cette phase est indispensable à la réussite de la saillie : le chien continue d’éjaculer et des contractions vaginales se déclenchent chez la chienne, qui favorisent la fécondation.
Après la saillie et jusqu’à la fin des chaleurs, il est crucial de ne pas laisser votre chienne sans surveillance, même dans un jardin clôturé : les chiens mâles se laissent difficilement décourager et votre chienne elle-même aura tendance à fuguer.
Pour les chiens de race, un certificat de saillie signé par les propriétaires des deux chiens doit être adressé à la SCC dans les 8 semaines suivant l’accouplement. Ce document doit contenir les informations suivantes : noms et numéros d’enregistrement de l’étalon et de la lice, noms et adresses des propriétaires des deux chiens et date de la saillie.
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Facteurs influençant la réussite de la saillie
Parmi les facteurs qui influencent la réussite de la saillie, il existe des facteurs inhérents aux chiens eux-mêmes (race, âge, fertilité individuelle), mais le suivi des chaleurs de la chienne et le nombre de saillies sont des paramètres très importants à considérer. L’usage veut que ce soit en général la chienne qui aille au lieu de résidence de l’étalon pour que ce dernier conserve intacte sa libido ! Rien n’empêche cependant de faire l’inverse. Environ 60 % des saillies infructueuses dans l’espèce canine seraient dues à une date de saillie mal choisie (en dehors de la période de fertilité), 30 % seraient liées à des troubles de la fertilité chez la femelle et 10 % à des troubles de la fertilité du mâle.
Alternatives à l'accouplement naturel
L’insémination artificielle consiste à déposer le sperme directement dans les voies génitales de la femelle, sans accouplement naturel. Lorsqu’une femelle présente des difficultés à s’accoupler ou à mener une gestation à terme, un examen de fertilité peut être nécessaire. L’évaluation de la fertilité du mâle passe par un prélèvement de sperme, qui peut être facilité par la présence d’une femelle en chaleur (mais ce n’est pas indispensable).
Gestion de la gestation
La progestérone est une hormone clé dans le cycle reproductif. Son dosage répété sur plusieurs jours permet de déterminer avec précision la fenêtre fertile. En cas d’accouplement accidentel, un avortement médical peut être proposé, sous stricte supervision vétérinaire.
Diagnostic de gestation
Différents types d'examens sont habituellement possibles pour confirmer la gestation. La gestation chez la chienne présente la propriété singulière de n'offrir qu'une possibilité de diagnostic assez tardif par rapport à la comparaison qu'on peut en faire chez la femme.
L’échographie abdominale est la méthode la plus précise pour détecter la gestation précocement. Elle peut être réalisée dès 21 à 25 jours post-ovulation. Elle permet non seulement de confirmer la présence des embryons, mais aussi d’observer le rythme cardiaque des fœtus, signe certain de viabilité. La radiographie peut être utilisée plus tardivement, généralement à partir de la 6e semaine, quand les os des fœtus commencent à se calcifier. Une radiographie de l’abdomen de la chienne permet de dénombrer les fœtus, en comptant les colonnes vertébrales et les boîtes crâniennes. Le comptage du nombre de fœtus par échographie est possible, mais peu fiable (60 % d’erreur en moyenne, généralement par sous-estimation du nombre), surtout si la chienne est de grande taille et la portée nombreuse. À l’échographie, les battements de cœur des fœtus sont visibles dès le 24e jour de gestation et leurs mouvements à partir du 28e jour.
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Évaluation du nombre de fœtus : une radiographie peut être réalisée à partir de 45 à 50 jours de gestation, lorsque les squelettes commencent à se calcifier.
Durée de la gestation et estimation de la date de mise bas
Chez le chien, le déroulement de la gestation est habituellement décrit par rapport à la date de l'ovulation. Par la suite J0 fera référence au jour de l'ovulation et les différentes dates seront notées sous la forme J0 + (un nombre de jour). Plusieurs approches permettent d'estimer la date d'ovulation. Des examens médicaux (frottis vaginaux, dosages sanguins d'hormones) réalisés dès la découverte du début des chaleurs permettent de déterminer, en général au jour près, le jour de l'ovulation. En cas de présentation répétée du mâle à la femelle, si la femelle refuse l'accouplement dans un premier temps puis l'accepte, le premier jour où la femelle accepte l'accouplement correspond en moyenne à la période J0 - 5 jours et J0 + 6 jours. Si le changement de comportement n'est pas noté et que la femelle accepte systématiquement le mâle, il est difficile de faire des prévisions, les spermatozoides pouvant garder un pouvoir fécondant plus d'une semaine. Chez la chienne, l'intervalle entre l'ovulation et la mise bas est de 62 à 64 jours. Il peut arriver que la mise bas ait lieu 24 heures avant ou après cet intervalle sans que cela soit pathologique. En revanche, une mise bas avant le 61ème jour ou après le 65ème jour est anormale.
Pour estimer la date de la mise-bas avec le maximum de précision, il est préférable de prendre comme point de départ de la gestation le jour de l’ovulation. La méthode la plus fiable pour connaître avec précision la date de l’ovulation est le dosage de la progestéronémie (quantité de progestérone dans le sang) réalisé au moment des chaleurs de la chienne. En revanche, si l’on prend comme point de départ de la gestation le jour de la saillie fécondante, la durée de la gestation est comprise entre 57 et 70 jours. En effet, les ovocytes expulsés par les ovaires ne deviennent des ovules fécondables qu’après 48 à 96 heures de maturation dans les trompes utérines. De plus, les spermatozoïdes peuvent survivre plusieurs jours dans les voies génitales. Si ni la date de l’ovulation, ni la date de la saillie ne sont connues, il est possible d’estimer le nombre de jours restants avant la mise-bas en fonction des mesures du diamètre des cavités chorioniques (ICC) en début de gestation ou du diamètre bipariétal (BPD) en fin de gestation.
Suivi vétérinaire pendant la gestation
À l’occasion de cette visite, le vétérinaire note le poids de la chienne et son état corporel, sa température, ses fréquences cardiaque et respiratoire. Il vérifie la date des dernières vaccinations et vermifugations et se renseigne sur les antécédents médicaux de la chienne : a-t-elle eu des soucis de santé et prend-elle actuellement un traitement ?
Alimentation de la chienne gestante
Une chienne gestante a des besoins nutritionnels particuliers : le développement et la croissance des petits dans l’utérus requièrent de l’énergie et certains nutriments sont indispensables afin d’optimiser le bon déroulement de sa gestation. Chez les chiennes de petites et moyennes races, un aliment d’entretien de très bonne qualité peut être distribué jusqu’à la 5e semaine de la gestation, sans en augmenter les quantités. Chez les chiennes de grandes races et de races géantes, le changement alimentaire vers un aliment plus concentré en énergie peut être pratiqué plus tôt, voire dès le début de la gestation. Le suivi du poids et surtout de l’état corporel de la chienne gestante est essentiel : la maigreur et l’obésité sont des facteurs de risque importants. Une perte de poids chez la chienne gestante peut induire des complications (avortements, chiots de faible poids à la naissance, chiots mort-nés, etc.) et/ou être le signe d’une maladie sous-jacente ou d’une sous-alimentation. Inversement, l’obésité induit des difficultés lors de la mise-bas (des dépôts de graisse dans la filière pelvienne bloquent le passage des chiots). L’idéal est de peser la chienne une fois par semaine et de reporter son poids sur un graphique. Théoriquement, les chiennes doivent être vaccinées avant la saillie.
Préparation de la mise bas
La caisse de mise bas doit être placée à l'abri des courant d'air, dans un endroit facile à surveiller et à chauffer. La caisse de mise bas ne doit pas présenter d'éléments risquant de blesser les chiots et doit avoir des bords d'une hauteur suffisante pour empêcher les chiots de sortir.
Surveillance de la mise bas
Pendant le travail, restez calme et observez à distance. Les chiennes sont souvent capables de gérer la mise bas seules. Si la chienne éprouve des difficultés à mettre bas ou si un chiot est coincé, appelez immédiatement un vétérinaire. Assurez-vous que les chiots tètent correctement et restent au chaud. Planifiez une visite chez le vétérinaire après la mise bas pour s'assurer que la mère et les chiots se portent bien. La surveillance de la température constitue un indicateur précieux pour anticiper la mise-bas. Pour un suivi optimal, mesurez la température rectale 3 à 4 fois par jour durant la dernière semaine de gestation.
La mise-bas d'une chienne s'étend sur une période de 6 à 36 heures selon la race et le nombre de chiots attendus. L'expulsion de chaque chiot prend entre 15 minutes et 2 heures. La majorité des chiennes s'accordent une pause de 30 minutes après la naissance de quelques petits. Si la mise-bas ne se déroule pas correctement, appelez un vétérinaire en urgence. Saignements excessifs : Un saignement excessif avant, pendant ou après la mise bas peut être un signe de problème. Chiot bloqué : Si un chiot est visible depuis plus de 10-15 minutes sans progrès, cela peut nécessiter une intervention. Dans certains cas, une intervention chirurgicale (césarienne) peut être envisagée.
Maladies et précautions
L'Herpes virose est une maladie infectieuse qui peut provoquer des avortements ou de la mortalité chez les chiots. Il est possible de continuer à protéger la chienne contre les infestations par les parasites internes (vers) et externes (tiques, puces, gales ) au cours de la gestation. Cette protection évite une contamination des petits par contact pour les parasites externes et par voie placentaire, lactée ou fécale pour les parasites internes.
Cycle sexuel de la chienne en détail
Les chaleurs de la chienne correspondent à la période de son cycle sexuel pendant laquelle l’ovulation, et donc l’accouplement et la saillie par un chien mâle, sont possibles. Les chaleurs de la chienne se caractérisent par des pertes de sang vulvaires et par des modifications anatomiques, physiologiques et comportementales. A partir de l’âge de la puberté et donc des premières chaleurs, le cycle sexuel d’une chienne peut durer toute sa vie : Il n’y a pas de ménopause chez la chienne. Lorsqu’une chienne est en chaleurs, elle peut être saillie par un chien mâle et donc être fécondée. L’ovulation se déclenche pendant les chaleurs qui se manifestent par des pertes de sang d’origine vaginale.
Phases du cycle sexuel
- Pro-œstrus: Correspond au début des chaleurs pendant laquelle la chienne n’accepte pas encore la saillie par un chien mâle. On peut noter que les pertes vulvaires sont importantes pendant cette période et que la vulve de la chienne est gonflée. Cette phase dure le plus souvent entre 7 et 10 jours, mais des variations individuelles importantes sont possibles.
- Œstrus: C’est la phase durant laquelle se produit l’ovulation, rendant alors la fécondation possible. Les pertes sanguines diminuent, puis disparaissent. La femelle accepte l’accouplement. Cette phase dure généralement moins de 10 jours mais sa longueur peut varier significativement. L’ovulation survient en moyenne 2 jours après le début de la phase d’œstrus, soit 10-15 jours après le début des chaleurs.
- Metœstrus: Correspond à la période de gestation qui dure en moyenne 63 jours chez la chienne. Les pertes vulvaires s’arrêtent progressivement et la vulve reprend un aspect normal.
- Anœstrus: C’est une période de repos sexuel d’environ 5 mois. En cas de gestation, les chaleurs réapparaissent généralement 2-3 mois après la mise bas. La durée moyenne du cycle complet est de l’ordre de 180 jours et la plupart des chiennes présentent 2 cycles complets par an, et par conséquent, des chaleurs tous les 6 mois.
Chaleurs anormales
- Chaleurs silencieuses : Ce sont des chaleurs pendant lesquelles les signes cliniques sont très discrets (vulve peu gonflée, pertes sanguines en petite quantité voire absentes).
- Chaleurs fractionnées : Les chaleurs stoppent brutalement sans que l’ovulation ait lieu puis reprennent quelques temps après.
- Chaleurs de durées anormalement longues : Certains troubles hormonaux (hyperoestrogénisme) ou anatomiques (kyste ovarien) peuvent provoquer des chaleurs de durées anormalement longues.
Gestion des chaleurs
En moyenne, une chienne a ses chaleurs 2 fois par an avec généralement un intervalle de 5 à 6 mois entre 2 cycles. La chienne n’a pas de ménopause et a donc ses chaleurs toute sa vie. Cependant, certaines chiennes peuvent avoir des intervalles de chaleurs plus longs ou plus rapprochés. Le plus important est de bien vérifier la régularité des cycles.
Options pour gérer les chaleurs
- Traitements hormonaux : Des traitements à base d’hormones permettent de repousser les chaleurs d’une chienne.
- Injections : Votre vétérinaire décidera du meilleur moment pour pratiquer ces injections d’hormones, en fonction de la date des précédentes chaleurs de votre chienne. Il est recommandé d’effectuer ce traitement après les premières chaleurs et d’éviter de faire ces injections trop fréquemment (risque de tumeurs ou d’infection génitale).
- Pilules : Il est fortement déconseillé d’utiliser ces médicaments qui peuvent se donner en dehors ou au début des chaleurs pour les stopper ou les reporter.
- Stérilisation chirurgicale : La stérilisation chirurgicale permet d’éliminer de façon définitive les chaleurs d’une chienne. C’est le meilleur moyen de ne pas la faire reproduire. L’ovariectomie (ablation des ovaires) ou l’ovario-hystérectomie (éxérese des ovaires et de l’utérus) peuvent se pratiquer à n’importe quel âge, bien qu’il est conseillé de pratiquer cette intervention le plus tôt possible afin de limiter les risques de cancers ou d’infections génitales.
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