Introduction

En pédiatrie, les exanthèmes représentent un motif de consultation fréquent. Ces éruptions cutanées, souvent accompagnées de fièvre, peuvent être le signe de diverses affections, allant d'infections virales bénignes à des pathologies plus sévères. Cet article vise à fournir un référentiel complet sur les exanthèmes en pédiatrie, en abordant les causes, les symptômes, le diagnostic et la prise en charge des principales affections exanthématiques rencontrées en pratique clinique. Il s'appuie sur les recommandations de bonne pratique des sociétés savantes et de la Haute Autorité de Santé (HAS), ainsi que sur les données issues des référentiels des collèges d'enseignants.

Pathologies courantes en pédiatrie

En médecine générale pédiatrique, certaines pathologies sont fréquemment rencontrées, notamment :

  • Acné
  • Adénopathie cervicale chronique
  • Asthme de l'enfant
  • Bronchiolite aiguë du nourrisson
  • Diarrhée aiguë

La gestion de ces conditions nécessite une attention particulière et une approche adaptée à l'âge et à l'état de l'enfant.

Importance de la prévention en pédiatrie

La prévention joue un rôle essentiel en pédiatrie. Le calendrier vaccinal, remis à jour chaque année, et le dépistage de la surdité chez l'enfant sont des éléments cruciaux à intégrer dans la pratique générale. D'autres préoccupations, telles que la communication d'informations médicales d'un mineur et la gestion de la douleur abdominale fonctionnelle récurrente, nécessitent également une approche spécifique.

La Roséole Infantile (Exanthème Subit ou Sixième Maladie)

Description et Épidémiologie

La roséole infantile, également connue sous le nom d’exanthème subit ou de sixième maladie, est une maladie virale fréquente chez les enfants de moins de 3 ans. Elle touche principalement les petits entre 6 mois et 3 ans. Dans 90 % des cas, elle survient avant l’âge de 2 ans. La roséole est causée par le virus herpès humain de type 6, très contagieux. Si ce dernier ne touche que rarement les adultes, c’est parce que l’on produit des anticorps contre ce virus. Cependant, lorsqu’elle touche les adultes, la roséole peut provoquer des complications dangereuses comme la méningite, l’encéphalite ou l’hépatite.

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Mode de transmission du virus

La roséole est une maladie contagieuse. Le virus se transmet le plus souvent par contact aérien indirect, via les sécrétions de la gorge et du nez. En effet, lorsque l’enfant parle, tousse ou éternue, il peut transmettre des gouttelettes à ses camarades. Le virus se transmet également par contact direct avec de la salive infectée, ou encore par voie cutanée. La période de contagion s’étend de quelques jours avant l’apparition des symptômes, jusqu’à la disparition des éruptions cutanées.

Symptômes et Signes

La roséole se manifeste par une forte fièvre (39°- 40°) après une période d’incubation de 5 à 15 jours. Elle apparaît brutalement et persiste durant 3 jours, sans diminuer. Elle peut être isolée ou accompagnée de symptômes digestifs (perte d’appétit, diarrhée), ou d’une irritabilité. Les ganglions se gonflent à ce moment.

Une fois que la fièvre s’arrête, une éruption cutanée apparaît. Elle se manifeste par des petites taches rosées ou rouges, en léger relief. Ces éruptions font généralement 5 millimètres de diamètres chacune. Les éruptions apparaissent surtout au niveau du thorax, du ventre, ainsi qu’au niveau des hanches et des épaules. Le visage peut aussi être touché. Plus rarement, les boutons apparaissent sur les bras et les jambes. Contrairement à la varicelle, l’éruption cutanée ne gratte pas l’enfant. D’ailleurs, cette dernière peut durer seulement quelques heures. C’est la raison pour laquelle on l’appelle exanthème subit.

Diagnostic

La roséole peut être diagnostiquée par un médecin traitant ou un pédiatre, lors d’un examen clinique. Le médecin va ausculter le patient, observer la forme et la taille des lésions cutanées, palper le patient et poser des questions à ce dernier. Un interrogatoire permet notamment d’écarter les autres causes de la fièvre. Aucun acte d’imagerie n’est nécessaire pour diagnostiquer la roséole. Par ailleurs, en cas de doute ou de complications suspectées, le médecin va prescrire des tests sanguins pour confirmer, ou non, le diagnostic clinique.

Traitement

En premier lieu, lorsque cela est possible, il vaut mieux retirer l’enfant de la crèche ou de l’école. La roséole étant une infection virale très contagieuse, il est important d’éviter de contaminer les autres enfants. Il est très important de bien hydrater son enfant et que celui-ci se repose. Hydratation et repos sont la clef pour que l’enfant reprenne des forces. En cas de fièvre, l’utilisation de paracétamol peut être recommandée. Cependant, il ne faut pas dépasser la dose prescrite par votre pédiatre. La prise d’antibiotiques est inutile pour traiter la roséole puisqu’il s’agit d’une infection virale et non bactérienne.

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Complications

Chez l’enfant, la maladie est bénigne et ne présente pas de complications sérieuses. Cependant, on peut noter des complications possibles dans de rares cas :

  • Des convulsions fébriles associées à la fièvre durant les premiers jours de la maladie.
  • Des infections opportunistes lorsque le système immunitaire est affaibli.

Contrairement à l’enfant, la roséole peut entraîner des complications graves chez l’adulte telles que :

  • La méningite, infection des méninges.
  • L’encéphalite, infection du cerveau.
  • L’hépatite, inflammation du foie.

Cependant, les risques potentiels de complications restent extrêmement rares. C’est pourquoi il est important de consulter un médecin en téléconsultation, ou en consultation physique, dès l’apparition des symptômes.

Prévention

Les mesures préventives sont en premier lieu indispensables pour éviter de se faire contaminer ou pour éviter de transmettre la roséole. Pour ce faire, il est important de mettre en place des gestes d’hygiène :

  • Se laver les mains régulièrement.
  • Utiliser des mouchoirs à usage unique et les jeter immédiatement.
  • Nettoyer son nez avec du sérum physiologique.
  • Nettoyer les jouets des enfants s’ils ont été utilisés par un enfant malade.
  • Éviter le contact avec les enfants qui présentent des symptômes.
  • Aérer sa maison au moins 20 minutes par jour.

Suivi Post-Roséole

Une fois que votre enfant a contracté la roséole, il est important de surveiller les signes de rétablissement complet. En effet, il est important de rester vigilant pour éviter de passer à côté de séquelles potentielles. En tant que parent, vous devez vous assurer que tous les symptômes de la roséole aient disparu, en particulier la fièvre et l’éruption cutanée. Il est donc important de veiller au rétablissement complet de son enfant. Si les symptômes persistent après l’apparition des lésions cutanées, il est important de prendre rendez-vous rapidement.

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Informations pour les Éducateurs et les Crèches

Gérer un enfant atteint de roséole dans un environnement éducatif nécessite des mesures spécifiques pour assurer la santé et la sécurité des enfants, ainsi que du personnel et des parents. Il est recommandé d'isoler l'enfant atteint de roséole jusqu'à ce que les symptômes aient complètement disparu pour éviter la propagation de l'infection. Les éducateurs devraient informer les parents de la situation et demander des mises à jour sur la santé de l'enfant. Les parents doivent également être avertis de l'importance de signaler toute complication potentielle. Renforcer les mesures d'hygiène, y compris le lavage fréquent des mains, le nettoyage régulier des surfaces et des jouets, afin de réduire le risque de transmission de la maladie à d'autres enfants.

En collectivité, il est important de mettre en place des protocoles de prévention de la propagation en milieu collectif :

  • Hygiène régulière des mains : il est important d’encourager le lavage des mains auprès des enfants et du personnel.
  • Nettoyer les surfaces : il est important d’assurer le nettoyage fréquent des surfaces touchées fréquemment par les enfants (jouets, poignées de portes, chaises, etc).
  • Informer les parents, le personnel et les enfants sur la roséole.

Autres Causes d'Exanthèmes chez l'Enfant

Les causes des exanthèmes de l’enfant sont variées mais principalement représentées par les causes infectieuses, virales notamment. Il est important de distinguer les différentes causes pour une prise en charge adaptée.

Exanthèmes d'origine médicamenteuse

Plaident en faveur d’une cause médicamenteuse : la notion d’introduction médicamenteuse une dizaine de jours auparavant, l’association avec un prurit, l’hyperéosinophilie et le caractère polymorphe de l’éruption. L’exanthème maculo-papuleux constitue la forme la plus fréquente de toxidermie dans les 21 jours. La présentation clinique est assez polymorphe, constituée de macules et de papules pouvant confluer. On décrit classiquement une prédominance au niveau du tronc. La prise en charge repose principalement sur l’arrêt du médicament imputable et sur un traitement symptomatique. Attention à ne pas méconnaître les signes de gravité d’une toxidermie : atteinte muqueuse, étendue de l’éruption, présence d’un décollement cutané, œdème du visage, douleur cutanée, altération de l’état général et atteinte multisystémique (drug reaction with eosinophilia and systemic symptoms, syndrome DRESS).

Rougeole

Cette infection est due à un Morbillivirus, et survient au printemps et à l’automne. La transmission se fait par voie aérienne (toux, éternuements et sécrétions nasales). Elle débute par la triade des 3C : cough (toux), coryza (rhinite) et conjonctivite. Cette triade s’associe à une fièvre élevée et à un énanthème pathognomonique mais fugace (« signe de Köplik ») qui est constitué de papules blanchâtres sur fond érythémateux au niveau de la muqueuse jugale. L’éruption cutanée se manifeste en moyenne deux à quatre jours après le début des signes généraux, d’abord en rétro-auriculaire, à la lisière des cheveux et au niveau du front avec une diffusion crânio-caudale. Le signe de Köplik disparaît dans les quarante-huit premières heures de l’exanthème. La rougeole est une maladie à déclaration obligatoire.

Mononucléose Infectieuse (MNI)

Infection due au virus d’Epstein-Barr (EBV), elle touche principalement les adolescents et les jeunes adultes. Ce virus infecte presque la totalité de la population mondiale. La transmission se fait via les gouttelettes de salive ou les sécrétions génitales. La durée d’incubation est de quatre à six semaines. Les signes associés sont la fièvre, une asthénie parfois handicapante, une angine érythémato-pultacée, des adénopathies cervicales et une splénomégalie. L’exanthème est inconstant en l’absence d’antibiothérapie, il survient entre le 4e et le 15e jour de l’infection et atteint préférentiellement les membres et le tronc. L’exanthème peut avoir des présentations cliniques variées (morbilliforme, roséoliforme ou scarlatiniforme). Le bilan biologique met en évidence un syndrome mononucléosique, défini par une hyperlymphocytose associée à une augmentation du nombre de grands lymphocytes hyperbasophiles (plus de 10 %). Il faut connaître le « rash à l’ampicilline », qui survient quasi constamment en cas de prise concomitante d’amoxicilline et fait souvent conclure, à tort, à une allergie à cette molécule.

Rubéole

Infection due au togavirus, son incubation est de quatorze à vingt et un jours. Les symptômes initiaux chez l’enfant sont principalement une fièvre et des myalgies, suivi d’une éruption débutant au visage et se diffusant au reste du corps en une journée, parallèlement à la diminution de la fièvre. Classiquement, les paumes, les plantes et le cuir chevelu sont épargnés. La résolution est spontanée en soixante-douze heures. Les signes associés sont principalement représentés par des macules rosées du palais mou et de l’oropharynx (taches de Forchheimer), ainsi que des adénopathies douloureuses.

Scarlatine

Infection due au streptocoque bêta-hémolytique du groupe A, son incubation dure entre deux et quatre jours. La contagiosité est de trois semaines en l’absence de traitement, quarante-huit heures après l’introduction d’une antibiothérapie adaptée. L’éruption débute un à deux jours après le début de la fièvre. Son extension est céphalo-caudale au niveau du tronc et des extrémités ; les paumes et les plantes sont épargnées. L’énanthème est constitué d’un pharynx rouge écarlate, d’une langue saburrale avec desquamation secondaire à partir de la pointe (« langue framboisée »). Le traitement consiste en une antibiothérapie par amoxicilline.

Maladie de Kawasaki

Cette infection virale survient classiquement chez l’enfant de 5 à 15 ans. L’incubation dure quatorze jours en moyenne. L’exanthème débute au visage, avec un aspect souffleté des joues caractéristique. La régression de l’éruption est spontanée, en dix à quinze jours. Des résurgences sont possibles en cas d’exposition solaire, d’exercice physique, de bain ou de changement de température. Le tableau débute par une infection à S. pyogenes. présence d’adénopathies. La complication principale est coronarienne, avec formation d’anévrismes.

Syndrome de Choc Toxique Staphylococcique (SCTS)

Affection due à un staphylocoque sécréteur d’une toxine TSST1, son incubation est de quarante-huit heures environ. Contrairement à la scarlatine classique, l’angine est absente du tableau clinique. L’exanthème débute en zone péri-orificielle et dans les plis, puis évolue vers une desquamation. Le traitement est une antibiothérapie par oxacilline.

Syndrome d’Ébouillure Staphylococcique (SSSS)

L’exanthème survient trois jours après le début de l’infection. Il est accompagné d’une altération de l’état général et de douleurs cutanées. L’atteinte prédomine initialement au niveau des grands plis et dans les régions péri-orificielles. Contrairement au syndrome de Lyell (toxidermie médicamenteuse bulleuse grave), il n’y a habituellement pas d’atteinte muqueuse. Le traitement repose sur une antibiothérapie. Il s’agit d’une forme sévère de scarlatine staphylococcique associant un début brutal avec fièvre, des signes digestifs et un état de choc avec risque de défaillance multiviscérale. L’éruption est associée à un œdème palmo-plantaire.

Erythrodermie

Une érythrodermie est une atteinte érythémato-squameuse de la totalité ou de la quasi-totalité de la surface cutanée, d’évolution prolongée (plusieurs semaines, sauf pour les érythrodermies congénitales). L’orientation étiologique dépend de l’âge de survenue, des antécédents familiaux et de la présence de lésions dermatologiques précédant l’érythrodermie. Une forme majeure d’érythème toxique du nourrisson est possible. Elle survient entre la 24e et la 72e heure de vie et se caractérise par un érythème pouvant devenir pustuleux secondairement. On observe classiquement un respect du cuir chevelu, des paumes et des plantes. Le « bébé collodion » est une forme clinique d’ichtyose héréditaire. L’érythrodermie de Leiner-Moussous est l’évolution érythrodermique d’une dermite séborrhéique du nouveau-né. Elle est habituellement précédée d’une atteinte localisée classique de dermite séborrhéique au niveau du visage et du cuir chevelu, avec généralisation secondaire. Les érythrodermies peuvent survenir dans un contexte de déficit immunitaire. La dermatite atopique est de loin la plus commune des érythrodermies en pédiatrie. Les arguments en faveur d’un eczéma sont les antécédents familiaux, une atteinte initiale des joues, des plis de flexion, la présence d’un prurit majeur avec retentissement sur le sommeil, la présence d’un suintement.

Orientation Diagnostique Face à un Exanthème

L’exanthème est un érythème cutané d’apparition brutale et souvent transitoire, ± accompagné d’un énanthème (atteinte des muqueuses). Cette définition englobe les éruptions vésiculeuses et l’urticaire, mais l’érythème passe alors au second plan. Elle exclue le purpura (le purpura n’est pas un érythème). Elle est vague concernant l’érythrodermie (érythème cutané grave évoluant depuis 6 semaines), le pityriasis rosé de Gilbert (éruption subaigüe qui dure) et les infections cutanées localisées (erysipèle…). Il est essentiel d'éliminer en premier lieu une urgence.

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