Les bébés passent une grande partie de leur temps à dormir, en particulier au cours des premiers mois de leur vie. En moyenne, ils consacrent environ 16 heures par jour au sommeil, réparties en périodes continues de 3 à 4 heures. Une question fréquemment posée est de savoir si les bébés rêvent pendant ces périodes de sommeil. En réalité, l'activité onirique des nourrissons est très prononcée ; certains scientifiques estiment même que le fœtus a des images mentales in utero.

Preuves de l'activité onirique chez les bébés

Dès les premiers mois de leur vie, les bébés sont capables de rêver grâce au développement de leurs cinq sens. Il suffit d'observer leur visage pendant qu'ils dorment : on peut voir des mimiques adorables, des sourires, des moues et des froncements de sourcils traverser leur visage. Ces diverses manifestations physiques témoignent d'un sommeil rempli de rêves. Près de 50 à 60 % de leur temps de sommeil est consacré aux rêves, ce qui est rendu évident pour les parents par ces nombreuses mimiques.

Le sommeil des bébés est divisé en plusieurs phases, comme celui des adultes. C'est pendant la phase de "sommeil agité" que leur repos devient intense. Pendant cette phase, les yeux bougent sous les paupières closes et les doigts s'agitent.

Importance des rêves pour le développement de bébé

Le rêve est important pour le développement de bébé, car il permet de maintenir une activité cérébrale constante, même pendant le sommeil. De plus, il renforce les processus de mémorisation, trie les nombreuses expériences vécues pendant l'éveil et les assimile.

Contenu des rêves des bébés

La question de savoir de quoi sont faits les rêves des bébés est complexe. Chez les adultes, les rêves sont généralement basés sur des événements vécus lors des journées précédentes. Cependant, la mémoire ne se développe qu'à partir de 3 ou 4 ans, âge auquel les enfants peuvent se souvenir de leurs rêves. Par conséquent, les scientifiques pensent que les rêves des bébés sont plutôt rudimentaires, étant donné que le développement de leur cerveau n'est pas encore achevé.

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Les activités les plus courantes de la journée, comme les biberons, les jeux et les câlins, se retrouvent probablement dans les rêves des bébés. À ce stade, les rêves sont dépourvus de toute pensée symbolique et sont basés sur des stimuli physiques et sensoriels (images, sons, odeurs) expérimentés pendant l'éveil. Il n'y a généralement qu'une seule scène ou action.

Certains scientifiques affirment que l'imagination des bébés se développe dès l'âge de 18 mois, ce qui permet de complexifier les rêves, tout en les gardant relativement statiques. Cependant, l'acquisition du langage est essentielle pour que l'enfant puisse se souvenir de son activité onirique et la raconter. On constate alors que ces rêves mettent le plus souvent en scène des animaux.

Il faut attendre l'âge de 6 ou 7 ans pour que les rêves ressemblent à ceux des adultes. C'est à cet âge que le dormeur s'implique émotionnellement et physiquement dans ses rêves.

Développement de la vie onirique

La vie onirique du bébé est présente dès sa naissance, mais elle se développe, grandit et se complexifie en même temps que l'enfant. Même rudimentaires, les rêves restent fondamentaux pour aider le psychisme à récupérer et à se développer de manière harmonieuse, en revivant les situations les plus marquantes de la journée.

Études scientifiques sur la conscience chez les nourrissons

Des recherches européennes ont révélé que les nourrissons ont une conscience de leur environnement similaire à celle des adultes dès l'âge de cinq mois. Pour détecter cet état de conscience, les chercheurs ont observé l'activité neuronale de 80 bébés âgés de cinq, douze et quinze mois à l'aide d'un électro-encéphalogramme (EEG). L'EEG mesurait le temps des réponses électriques de leur cerveau lorsqu'on leur montrait des images de visages plus ou moins longuement.

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Chez les adultes, des recherches ont montré que le cerveau réagit en deux temps à la perception d'un événement extérieur. La première réaction, non consciente, se produit dans les 200 à 300 millisecondes et s'accompagne d'une activité neuronale qui s'accroît avec la durée de présentation des objets perçus. La seconde étape, consciente, commence après 300 millisecondes et se manifeste par une signature électrique spécifique du cerveau.

Les chercheurs ont observé la même réponse tardive chez tous les groupes d'âge de nourrissons, confirmant ainsi la "signature neuronale de l'état de conscience". Cependant, chez les bébés, cette réponse est beaucoup plus tardive, ne se manifestant qu'après au moins une seconde chez les enfants les plus jeunes.

Ces résultats suggèrent que les mécanismes cérébraux de la conscience de perception sont présents très tôt chez les nourrissons, mais qu'ils sont relativement lents. Cette réaction consciente s'accélère ensuite progressivement au cours de leur développement. Ces travaux offrent également un marqueur potentiel pour évaluer la capacité de perception de personnes malades ou accidentées incapables de communiquer verbalement. De plus, ils pourraient aider les médecins à mieux comprendre la perception de la douleur et les effets de l'anesthésie chez les bébés, qui sont encore mal cernés.

Souvenirs de la petite enfance

Des psychologues américains ont apporté la preuve que l'être humain a toujours des souvenirs de sa petite enfance. Bien qu'il soit normalement impossible de se souvenir clairement des détails de notre vie de nourrisson ou d'enfant en bas âge, ces souvenirs existent bel et bien. Les psychologues parlent "d'amnésie infantile" pour décrire ce phénomène mystérieux.

Des chercheurs ont montré que des souvenirs sont gravés dans le cerveau des enfants dès l'âge d'un an. Ils ont utilisé l'IRM pour observer l'activité neuronale des bébés lorsqu'ils regardaient des images. Ils ont constaté que les enfants s'attardaient plus longtemps sur les images et qu'ils affichaient une forte activité neuronale au niveau de la partie postérieure de l'hippocampe, une zone du cerveau considérée comme le siège de la mémoire autobiographique.

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Ces souvenirs sont probablement encore présents dans les cerveaux adultes, mais pour une raison inconnue, on ne parvient pas à y accéder consciemment. Il est possible de les raviver techniquement, comme cela a été réalisé chez des souris de laboratoire. Cependant, il est éthiquement impossible de reproduire ces techniques invasives chez l'humain.

Il reste à savoir si ces souvenirs cachés, joyeux ou douloureux, peuvent avoir une influence sur le comportement de notre vie.

Développement de la vision chez les nouveau-nés

La vision est un processus complexe qui nécessite plusieurs étapes. Chez le nouveau-né, ce sont les deux dernières étapes qui posent le plus de problèmes : la qualité du signal électrique transmis au cerveau et l'interprétation qui est faite de ce signal.

Contrairement à ce qu'on lit souvent, la deuxième étape de mise au point est innée. Cependant, les nouveau-nés n'ont pas un bon contrôle des muscles ciliaires qui permettent au cristallin de faire cette mise au point. Ils vont mettre environ 2 mois à maîtriser finement ce jeu de contraction musculaire.

Une étude a permis de mesurer l'acuité visuelle des bébés et des tout-petits. Au cours du premier mois, les bébés ont une acuité visuelle de 2/10 sur l'échelle Monoyer. Cela signifie qu'ils sont capables de voir les deux premières lignes de ce test optométrique. Même à 2/10, les nouveau-nés disposent d'un univers visuel riche et sont capables de voir les yeux, les lèvres, le nez et les sourires dès la naissance.

Deux problèmes limitent la capacité des nouveau-nés à bien distinguer les détails : l'immaturité du cerveau et l'immaturité de la fovéa, une zone de la rétine spécialisée dans la vision des détails.

Les nouveau-nés sont attirés de manière réflexe vers les formes et les figures présentant de hauts contrastes, comme le noir et le blanc. Ils perçoivent également les couleurs et peuvent distinguer un objet rouge d'un objet vert lorsqu'ils sont bien éclairés.

Bouger les yeux pour bien voir est essentiel, mais cela demande une coordination que les nouveau-nés ne maîtrisent pas à la naissance. Ils vont s'entraîner pendant au moins 8 semaines avant de parvenir à transmettre la même image tout en suivant les objets qui bougent. L'immaturité de la coordination oculaire les empêche très probablement d'avoir une vision en 3D à la naissance.

Conscience perceptive chez les bébés

Les bébés sont-ils conscients de ce qu'ils voient, de ce qu'ils entendent, de ce qu'ils sentent ? On le pense, car ils interagissent avec leur environnement. Cependant, leur incapacité à décrire verbalement leurs expériences rend la confirmation difficile.

Les neuroscientifiques cherchent à déterminer quand la conscience se manifeste en recherchant des "marqueurs cérébraux" de la perception consciente. Un de ces marqueurs est une onde lente tardive visible sur l'électroencéphalogramme mesuré sur le cortex occipito-temporal lorsqu'on montre une photographie de visage au sujet assez longtemps pour entraîner une perception consciente.

Des chercheurs ont détecté toutes les étapes de la perception observées chez l'adulte, et en particulier l'onde lente tardive, chez des nourrissons âgés de 5, 12 et 15 mois. Selon S. Kouider, ils pourraient même l'être plus tôt, peut-être dès l'âge de deux mois.

La perception consciente devient de plus en plus rapide à mesure que le bébé grandit, car elle requiert de multiples interactions entre des aires cérébrales distantes. La conscience s'inscrit dans un "espace neuronal global" et n'est pas localisée dans une aire cérébrale particulière.

Il est important de noter que ces recherches se sont intéressées uniquement à la conscience perceptive. D'autres composantes de la conscience, comme la conscience de soi, apparaissent plus tardivement.

Sourires spontanés pendant le sommeil

Dès la naissance et jusqu'à 3 mois, les bébés bougent et sourient spontanément dans leur sommeil. Sont-ils en plein rêve ou alors déjà en train d'imiter leurs parents ?

Le sommeil des nouveau-nés comporte un état de sommeil dit "agité", qui est l'équivalent du sommeil paradoxal des adultes. Pendant le sommeil agité, les bras et les jambes du bébé sont secoués de soubresauts et son visage exprime différentes émotions. Il arrive même qu'il pleure pendant quelques secondes.

Des études ont montré que les sourires spontanés ont lieu en majorité pendant le sommeil agité, lorsque les yeux effectuent des mouvements rapides sous les paupières. Cela va dans le sens de l'hypothèse selon laquelle le sommeil agité est le moment où le nouveau-né met en place des comportements innés, qui font partie du bagage génétique transmis par les parents.

Étude du rêve chez l'adulte

Le rêve est une activité mentale qui se produit pendant le sommeil. Le souvenir de rêve varie beaucoup d'un dormeur à l'autre. Le rêve comprend plusieurs phases : une production sensorielle (visuelle, auditive, olfactive, tactile…) qui est mise en mémoire et transformée pour devenir un récit.

L'étude du rêve avec des méthodes scientifiques est récente et indissociable de l'étude du sommeil. La découverte du sommeil paradoxal dans les années 50 a été une étape majeure de la recherche sur les rêves.

On a longtemps pensé que le sommeil paradoxal était le contenant du rêve, car les personnes réveillées pendant le sommeil paradoxal rapportent un souvenir de rêve dans 80 à 90% des cas. Cependant, les études ont montré que nous avons la capacité de rêver durant toute la nuit, mais que nos rêves n'ont pas la même intensité ni la même nature au cours des différents stades du sommeil.

Lors du sommeil lent, ce sont surtout des pensées qui viennent à l'esprit ou des rêves factuels, peu imaginatifs, plus proches des préoccupations quotidiennes que de constructions fantasmagoriques.

Le contenu des rêves varie en fonction du sexe, de l'âge et de la culture des populations étudiées. Les hommes relatent plus souvent que les femmes des scènes d'agression physique ou rêvent de scènes en extérieur et mettent souvent en présence des interactions sociales. Les femmes rapportent davantage des rêves en lien avec leur intérieur ou des lieux familiers.

De tous temps, le phénomène du rêve a passionné et donné lieu à des interprétations ou des théories en fonction des cultures, des croyances ou des connaissances du moment.

Comment se souvenir de ses rêves

Il est possible de s'entraîner à se souvenir de ses rêves. Il suffit de s'interroger au réveil, en se posant la question « est-ce que j'ai rêvé ? », et de noter ce dont on se souvient sur un petit carnet posé sur sa table de nuit.

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