L'une des plus grandes angoisses pour une femme durant une grossesse est de faire une fausse couche et de perdre l’enfant qu’elle porte. La fausse couche est une complication fréquente de la grossesse, survenant dans environ 20% des grossesses avant 24 semaines de gestation. Cet article vise à explorer le lien entre le stress et le risque de fausse couche, en s'appuyant sur des études récentes et des conseils de professionnels.
Qu'est-ce qu'une Fausse Couche ?
Une fausse couche se définit par l’expulsion spontanée d’un embryon ou d’un fœtus avant la 22e semaine d’aménorrhée, qui constitue le seuil de viabilité en France. On distingue la fausse couche précoce, qui survient avant la 14e semaine, et la fausse couche tardive, entre la 14e et la 22e semaine d’aménorrhée. La prévalence des formes précoces est élevée, touchant 12 à 24 % des grossesses. En moyenne, une femme sur deux est confrontée à une fausse couche dans sa vie, selon les chiffres du Collège national des gynécologues et obstétriciens français (CNGOF).
Les Causes des Fausses Couches
Les causes des fausses couches sont nombreuses. Très souvent, les fausses couches sont le résultat d'anomalies chromosomiques chez le fœtus en développement. Pour les fausses couches précoces, on peut citer :
- Un âge maternel ou paternel supérieur à 35 ans.
- Des problèmes de réplication du matériel génétique de l’embryon.
- La consommation de tabac, d’alcool.
- Une exposition aux radiations.
- Une béance du col, qui ne fait plus office de verrou de l’utérus.
Si le traitement médical des fausses couches est désormais bien connu, leurs conséquences psychologiques le sont moins.
Le Stress et le Risque de Fausse Couche : Ce que Dit la Science
Une étude publiée en 2017 dans la revue Scientific Reports démontre le lien entre stress et fausse couche. Une nouvelle étude, parue dans la revue Scientific Reports, révèle que le stress pourrait augmenter de 42% le risque de fausse couche. Pour leur étude, les chercheurs se sont penchés sur des recherches déjà menées auparavant concernant les causes de fausses couches et ont procédé à une méta-analyse. Parmi les 1978 recherches, seules 8 ont pu être déterminantes pour évaluer l’impact du stress psychologiques chez les femmes enceintes.
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Les chercheurs ont observé que le risque de fausse couche était plus élevé chez les femmes ayant souffert de stress au début de leur grossesse, que ce soit des traumatismes émotionnels, des problèmes sociaux, d'argent, ou de couple, une charge trop importante de travail et des changements importants dans la situation personnelle (divorce, décès) ainsi que des fausses-couches antérieures.
Le stress psychologique peut influencer le bien-être de chacun en augmentant le niveau d'hormones de stress qui circulent dans le corps. Ces réponses physiologiques affectent parfois les systèmes vasculaires, immunitaires et métaboliques. Par conséquent, l'expérience du stress varie non seulement par les ressources internes et les expériences passées d'un individu, mais aussi par les situations actuelles et le degré de soutien social et matériel qui leur est fourni.
Le Dr Brenda Todd, professeur au Département de Psychologie de la City, University of London, a déclaré : « Alors que les anomalies chromosomiques sous-tendent de nombreux cas d’avortement précoce, les résultats de cette méta-analyse soutiennent l’idée qu'un haut niveau de stress psychologique avant et pendant la grossesse est également associé à une fausse couche. Les résultats actuels montrent que ces facteurs psychologiques pourraient augmenter le risque d'environ 42%. »
Comment Gérer le Stress Pendant la Grossesse ?
Nous avons tous tendance à nous sentir parfois stressé et le stress psychologique peut influencer notre bien-être. L’anxiété peut signifier que l’on ne s’occupe pas aussi bien de soi qu’on le devrait, ce qui peut nuire à notre santé en général et compromettre celle d'un bébé à naître. Il est donc crucial de gérer le stress pendant la grossesse. Voici quelques conseils :
- Parlez-en : En cas d’épisode de stress, faites part de votre état émotionnel à une personne de votre entourage. Vous pouvez consulter un médecin ou un psychologue.
- Respirez : La respiration est une principale échappatoire. Prenez une grande inspiration en gonflant le ventre et le thorax, mettez les mains derrière votre tête et, en retenant votre respiration, étirez-vous au maximum en fermant les yeux. Puis relâchez en soufflant lentement et en relâchant doucement vos bras.
- Acceptez : Accordez-vous un vrai temps de réflexion. D’abord sur ce que vous aviez envisagé comme maternité, puis établissez un constat sur votre parcours avec ses forces et ses faiblesses.
- Entourez-vous bien : S’il est trop difficile de parler de votre vécu ou de partager votre parcours, acceptez de laisser passer des invitations, de ne pas voir autant vos amis plutôt que de vous ajouter un stress supplémentaire.
- Activités physiques adaptées : Conserver une activité physique est important pendant la grossesse. Il vous faudra probablement l’adapter et cela semble plutôt censé de penser que ce n’est pas le moment de préparer un marathon si vous n’êtes pas sportive à la base.
- Relaxation et visualisation : Écoutez, pendant un moment de relaxation, une musique apaisante avant l’examen, visualisez un lieu de réconfort pour vous, un lieu rassurant et assimilez cette musique à ce moment agréable. Pendant l’examen repensez à cette musique et à ce moment pour vous permettre d’être la plus détendue possible.
Les Conséquences Psychologiques de la Fausse Couche et l'Importance du Soutien
Les conséquences psychologiques de la fausse couche dépendent de divers paramètres : accès à l’information, niveau de reconnaissance par les soignants de la perte vécue, insatisfaction quant à l’accompagnement prodigué, ou encore soutien social reçu, notamment par le partenaire. Des études prospectives ont révélé l’existence de symptômes dépressifs et majoritairement anxieux 13 mois après une fausse couche.
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Le trouble de l’adaptation survient lorsqu’une personne a du mal à s’ajuster à un évènement de vie éprouvant. Les résultats montrent que les personnes ayant vécu une fausse couche présentent le même niveau de difficultés psychologiques que celles ayant vécu un autre évènement de vie stressant. Il est donc essentiel de proposer un soutien psychologique adapté.
Concrètement, il s’agirait de proposer des consultations ou des ateliers en groupes au cours desquels les couples seraient informés sur les émotions (colère, tristesse, stress) qu’ils peuvent ressentir suite à cet évènement. Lors de l’évaluation psychologique, questionner le patient sur la façon dont la fausse couche vient s’inscrire dans son parcours et son projet de vie peut également permettre de dégager d’autres thématiques de travail. Envisager la fausse couche comme un trouble de l’adaptation permet aussi de proposer des thérapies structurées sur les souvenirs douloureux de l’évènement, telles que la thérapie narrative.
Initiatives et Perspectives d'Avenir
Fréquentes, les fausses couches sont parfois banalisées par l’entourage et les soignants. Un texte prévoit la mise en place d’un « parcours interruption spontanée de grossesse », associant médecins, sages-femmes et psychologues, hospitaliers et libéraux, afin d’améliorer le suivi médical et psychologique des personnes confrontées à une fausse couche, à partir du 1er septembre 2024. Ladite prise en charge consiste notamment en un accès facilité à un suivi psychologique, pouvant se faire via le programme Mon Soutien Psy (dans ce cas, sages-femmes et médecins peuvent prescrire des séances).
Parallèlement à cette évolution législative, les recherches sur les difficultés d’adaptation à la suite de la fausse couche doivent se poursuivre. Cette analyse souligne la nécessité d'inclure dans les soins prénataux de routine une évaluation psychologique structurée au début de la grossesse, suggèrent les auteurs.
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