La viabilité de l'ovule humain est un facteur déterminant dans la fertilité féminine. Comprendre la durée de vie de l'ovule et les facteurs qui l'affectent est essentiel pour les couples qui cherchent à concevoir, ainsi que pour ceux qui souhaitent éviter une grossesse. Cet article explore la durée de vie de l'ovule, les facteurs qui influencent sa viabilité et les implications pour la fertilité.
Durée de vie de l'ovule
L'ovule, également appelé ovocyte, a une durée de vie relativement courte une fois libéré par l'ovaire lors de l'ovulation. En général, un ovule non fécondé survit pendant environ 12 à 24 heures après son expulsion de l'ovaire. Pendant cette période, il peut être fécondé par un spermatozoïde s'il y a eu un rapport sexuel pendant cette fenêtre de temps. Si l'ovule n'est pas fécondé pendant cette période, il se désintègre et est éliminé par le corps.
La période fertile chez la femme est déterminée par l'ovulation. Elle débute 3 à 5 jours avant l'ovulation et se termine 1 jour ou 2 après. Cette durée est très variable.
Facteurs affectant la viabilité de l'ovule
Plusieurs facteurs peuvent influencer la viabilité de l'ovule, notamment :
- L'âge de la femme : La fertilité féminine est considérée comme étant maximale aux alentours de 25 ans. Au-delà, elle commence à chuter progressivement et s'effondre vers 38 ans. Après 42 ans, les chances de grossesse sont minimes. A 45 ans, les grossesses spontanées sont exceptionnelles. En effet, le risque que les ovocytes présentent un nombre anormal de chromosomes et des mutations génétiques augmente avec l'âge. L'âge a donc des effets délétères sur l'ensemble de l'appareil reproducteur féminin : qualité ovocytaire, production hormonale, maturation de l'endomètre, immunotolérance et fonction placentaire sont altérées.
- La qualité de l'ovocyte : Les faibles chances de grossesse chez les femmes âgées de plus de 40 ans sont associées à une altération de la qualité des ovocytes. En effet, le risque que les ovocytes présentent un nombre anormal de chromosomes et des mutations génétiques augmente avec l'âge.
- Le corps jaune de la phase lutéale : Après l'ovulation, le corps jaune assure une production de progestérone au cours de la phase lutéale.
- Le processus de prolifération cellulaire : L'âge de la femme ralentit le processus de prolifération cellulaire. Cela est associé à une hausse de la sénescence cellulaire (perte des fonctions des cellules). Ce phénomène est responsable d'une diminution de l'épaisseur de l'endomètre, ce qui va inévitablement impacter la fertilité féminine.
- La réponse immunitaire et inflammatoire : Avec l'âge, la fertilité notamment la réponse immunitaire et inflammatoire de l'organisme est perturbée. Pourtant, elle joue un rôle fondamental au cours de la grossesse, le corps de la mère devant s'adapter à l'implantation.
- La fonction hormonale : La mise en place de la fonction hormonale (notamment la production d'œstrogènes et de progestérone) est retardée dans les placentas de femmes plus âgées.
Implications pour la fertilité
La courte durée de vie de l'ovule et les facteurs qui affectent sa viabilité ont des implications importantes pour la fertilité. Pour les couples qui cherchent à concevoir, il est essentiel de comprendre le cycle menstruel de la femme et de déterminer le moment de l'ovulation. Les rapports sexuels doivent avoir lieu pendant la période fertile, c'est-à-dire quelques jours avant l'ovulation et le jour de l'ovulation, afin d'augmenter les chances de fécondation.
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Pour les femmes qui ont des difficultés à concevoir, il existe des traitements de fertilité qui peuvent aider à améliorer la qualité des ovocytes et à augmenter les chances de grossesse. Ces traitements peuvent inclure des médicaments pour stimuler l'ovulation, une fécondation in vitro (FIV) ou une insémination artificielle.
La survie des spermatozoïdes
Les spermatozoïdes jouent un rôle important dans la fécondation. Les spermatozoïdes sont des gamètes mâles qui sont fabriqués dans les tubules séminifères, eux-mêmes situés dans les testicules.
Les spermatozoïdes sont stockés dans les testicules. En cas d’éjaculation, ils vont remonter par les canaux déférents jusqu’aux vésicules séminales. Là, ils se mélangent au liquide prostatique et au liquide séminal qui vont diluer les spermatozoïdes. Pendant qu’ils rejoignent cette zone prostatique, ils finissent leur maturation et acquièrent leur mobilité. Lors de l’éjaculation, ils sont déposés par le méat urinaire à l’entrée du col de l’utérus de la femme.
Quand l’homme éjacule, ses spermatozoïdes peuvent survivre dans les voies génitales de la femme entre 2 et 5 jours. En moyenne, c’est trois jours, mais certains meurent très précocement et d’autres, au contraire, survivent plus longtemps. Leur durée de survie dépend de plusieurs facteurs comme leur vitalité, leur morphologie, leur mobilité… Elle fluctue aussi en fonction de la femme. Si elle a de la fièvre, les spermatozoïdes vont moins bien se porter. Si elle a une infection vaginale, les microbes peuvent altérer leur qualité.
La survie des spermatozoïdes dépend aussi de la période des rapports sexuels. « Au moment de l’ovulation, au niveau du col de l’utérus, la femme sécrète une glaire cervicale qui va favoriser la durée de vie des spermatozoïdes. Si on est en dehors de cette fenêtre d’ovulation, les spermatozoïdes vont être dans un milieu un peu plus hostile et vont mourir plus vite », commente le Dr Bohbot.
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Si l'ovule n'est viable que pendant 24 heures environ, les spermatozoïdes peuvent rester actifs jusqu'à cinq jours. La « période de fertilité » totale, si l'on prend en compte la durée de vie des spermatozoïdes et de l'ovule, est d'environ six jours.
Superfécondation hétéropaternelle
Donner naissance à des jumeaux nés de pères différents est un événement rare. Il s’agit de ce que les spécialistes en biologie de la reproduction appellent une « superfécondation hétéropaternelle », phénomène au cours duquel un second ovocyte est expulsé lors d’un même cycle menstruel. Si pendant ce laps de temps une femme a des rapports sexuels avec deux hommes différents, il est possible qu’un spermatozoïde provenant de chaque partenaire sexuel féconde un ovocyte, avec pour conséquence une grossesse gémellaire. Cela est possible car les gamètes mâles peuvent survivre jusqu’à cinq jours dans les voies génitales féminines. Dans ce cas, les jumeaux dizygotes proviennent donc de deux ovocytes fécondés par des spermatozoïdes ne provenant pas du même géniteur.
À ce jour, on ne dénombre que dix-neuf cas de superfécondation hétéropaternelle rapportés dans la littérature médicale internationale, indiquent Fernanda Mogollón, William Usaquén et leurs collègues du groupe de génétique et d’identification des populations de l’Université nationale de Colombie. Selon ces chercheurs, ce nombre est probablement sous-estimé. Il devrait augmenter du fait de l’accès plus fréquent aux outils de la biologie moléculaire et de l’augmentation des demandes de tests de paternité.
Jumeaux semi-identiques
On décrit classiquement deux types de jumeaux : les dizygotes et les monozygotes. Les premiers proviennent de deux ovules fécondés par deux spermatozoïdes différents. Les dizygotes sont donc des « faux jumeaux ». Les monozygotes résultent de la division d’un ovule fécondé par un seul spermatozoïde. Ce processus conduit à deux embryons génétiquement identiques, ce que l’on appelle des « vrais jumeaux ».
Il peut arriver très exceptionnellement que l’ovule soit fécondé par deux spermatozoïdes différents. Après la double fécondation, l’œuf s’est retrouvé, outre son jeu de 23 chromosomes, avec deux autres jeux de 23 chromosomes provenant des deux gamètes mâles. L’œuf contenait donc trois jeux de 23 chromosomes, un provenant de la mère et deux issus du père. Selon les auteurs, seules les cellules qui se sont développées à partir du matériel génétique des deux parents (cellules biparentales) ont été intégrées dans le processus ayant conduit à la gémellité. Les cellules uniparentales, contenant le matériel génétique des deux spermatozoïdes mais aucune contribution maternelle, se sont probablement arrêtées de se diviser. Dans ces embryons gémellaires, certaines cellules contiennent les chromosomes paternels provenant du premier spermatozoïde, tandis que d’autres cellules contiennent des chromosomes paternels provenant du deuxième spermatozoïde. Ces jumeaux n’ont donc pas un ADN identique d’origine paternel. Fécondation de l’ovule par deux spermatozoïdes, survie d’une répartition inégale des deux jeux génétiques d’origine paternel dans différentes cellules de l’embryon au stade précoce (blastomères chimériques), avant division de l’œuf et formation de deux embryons gémellaires semi-identiques (sesquizygosis).
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Les chercheurs indiquent que ces embryons gémellaires partagent 100 % des gènes maternels mais n’ont en commun que 77,7 % d’ADN paternel. Les deux jumeaux sont donc génétiquement identiques pour leur mère mais diffèrent pour ce qui concerne la composition en ADN hérité de leur père.
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