Introduction

La notion d'espaces verts PMA (Personnes à Mobilité Réduite) implique une réflexion approfondie sur l'accessibilité et l'inclusion dans la conception et l'aménagement des espaces publics. Il s'agit de créer des environnements extérieurs qui soient non seulement esthétiques et écologiques, mais aussi utilisables et sécurisés par tous, quels que soient leurs capacités physiques. Cet article explore les différents aspects de cette définition, en s'appuyant sur les prescriptions techniques et les considérations d'urbanisme transitoire.

Qualité des sols et revêtements

La qualité du sol est un facteur déterminant pour l'accessibilité des espaces verts. Un sol meuble, glissant ou non stabilisé représente un danger pour les personnes se déplaçant avec des cannes, un déambulateur ou en fauteuil roulant. Il est donc essentiel de choisir des revêtements adaptés, en tenant compte des conditions météorologiques locales (pluviométrie, enneigement, verglas, etc.).

Prescriptions techniques :

  • Le sol ne doit pas être meuble.
  • Le revêtement ne doit pas être glissant et ne doit pas comporter d’obstacles.
  • Le profil en long doit présenter une pente la plus faible possible et comporter un minimum de ressauts.
  • La pente transversale doit être la plus faible possible.
  • Les dénivellations importantes doivent être franchies par un plan incliné respectant des caractéristiques minimales définies par arrêté.
  • Le profil en travers doit avoir une largeur suffisante et être dégagé de tout obstacle.
  • Le mobilier urbain doit être aisément détectable par les personnes aveugles ou malvoyantes.
  • Des cheminements praticables, sans obstacle pour la roue, la canne ou le pied, doivent être aménagés.
  • Les trottoirs et zones piétonnes comportant des « bateaux » doivent avoir des ressauts aux bords arrondis ou chanfreinés.
  • Les passages pour piétons doivent être clairement identifiés par un contraste visuel et un repérage tactile.
  • Des bandes d’éveil de vigilance doivent être implantées au droit des traversées pour piétons.
  • La signalétique et les systèmes d’information doivent être accessibles.

Gestion des pentes

Les pentes représentent un défi majeur en matière d'accessibilité. Bien que l'accessibilité totale puisse être limitée dans les zones à fort dénivelé, il est impératif de mettre en œuvre des solutions pour faciliter l'autonomie des personnes ayant différents types de handicaps.

Prescriptions techniques :

  • La pente doit être inférieure à 5 %.
  • Lorsque la pente dépasse 4 %, un palier de repos doit être aménagé en haut et en bas de chaque plan incliné, ainsi que tous les 10 mètres en cheminement continu.
  • Un garde-corps est obligatoire le long de toute rupture de niveau de plus de 0,40 mètre de hauteur.
  • En cas d’impossibilité technique, une pente de cheminement supérieure à 5 % est tolérée, jusqu’à 8 % sur une longueur inférieure ou égale à 2 mètres et jusqu’à 12 % sur une longueur inférieure ou égale à 0,50 mètre.

Il est recommandé d'éviter les rambardes souples (cordes, chaînes), car elles sont difficiles à détecter pour les personnes aveugles et peuvent être dangereuses pour les enfants.

Paliers de repos

Les paliers de repos sont essentiels pour permettre aux personnes en fauteuil roulant, aux personnes à motricité réduite et aux personnes âgées de se reposer entre deux plans inclinés.

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Prescriptions techniques :

  • Les paliers de repos doivent être horizontaux et ménager un espace rectangulaire de 1,20 mètre par 1,40 mètre, hors obstacle éventuel.

Il est conseillé d'augmenter les dimensions de cet espace pour un confort accru. Le dévers des paliers doit être inférieur ou égal à 2 %, tout en assurant un bon écoulement des eaux pluviales.

Profil en travers

Le profil en travers définit la conception de la voirie en fonction des différents usagers. Les piétons doivent être positionnés au contact des espaces riverains, sur les trottoirs.

Prescriptions techniques :

  • En cheminement courant, le dévers doit être inférieur ou égal à 2 %.
  • La largeur minimale du cheminement doit être de 1,40 mètre libre de mobilier ou de tout obstacle éventuel (réduite à 1,20 mètre en l’absence de mur ou d’obstacle).

Un dévers supérieur à 2 % rend difficile le déplacement pour de nombreux usagers (personnes en fauteuil roulant, avec un déambulateur, âgées, avec des bagages à roulettes, etc.) et peut être dangereux pour les enfants.

Gestion des ressauts

Il est préférable de limiter au maximum les ressauts, tout en assurant l'évacuation des eaux pluviales.

Prescriptions techniques :

  • Les ressauts sur les cheminements et au droit des traversées pour piétons doivent être à bords arrondis ou munis de chanfreins.
  • La hauteur des ressauts est au maximum de 2 centimètres (4 centimètres avec chanfrein « à un pour trois »).
  • La distance minimale entre deux ressauts successifs est de 2,50 mètres.
  • Les pentes comportant plusieurs ressauts successifs, dits « pas d’âne », sont interdites.

En ce qui concerne les entrées charretières, une hauteur de ressaut supérieure à 5 centimètres est recommandée pour être détectable par les Personnes Aveugles ou Malvoyantes (PAM).

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Trous et fentes

La présence de trous et de fentes dans le sol (grilles d'arbres, bouches de ventilation, regards d'évacuation des eaux pluviales, etc.) doit être gérée avec attention.

Prescriptions techniques :

  • Les trous ou fentes dans le sol doivent avoir un diamètre ou une largeur inférieurs à 2 centimètres.

Au-delà de cette dimension, il existe un risque pour les utilisateurs de cannes blanches et les personnes se déplaçant avec des cannes. Les fentes supérieures à 2 centimètres peuvent également être un obstacle pour les fauteuils roulants et les déambulateurs.

Escaliers

Les escaliers représentent un risque de chute pour de nombreux usagers. Leur détection est donc essentielle.

Prescriptions techniques :

  • La largeur minimale d’un escalier est de 1,20 mètre (1,30 mètre avec un mur d’un seul côté, 1,40 mètre entre deux murs).
  • La hauteur maximale des marches est de 16 centimètres.
  • La largeur minimale du giron des marches est de 28 centimètres.
  • Le nez des première et dernière marches doit être visible, avec un contraste visuel d'au moins 5 centimètres de largeur.
  • Tout escalier de trois marches ou plus doit comporter une main courante de chaque côté (et une main courante intermédiaire pour les escaliers de plus de 4,20 mètres de largeur).
  • Chaque main courante doit dépasser les première et dernière marches de chaque volée d’une largeur au moins égale au giron.
  • La main courante doit être positionnée à une hauteur comprise entre 0,80 mètre et 1 mètre.

Il est recommandé de proscrire les escaliers à claire voie et les marches fuyantes.

Mobilier urbain : Bornes et poteaux

Les bornes et poteaux, souvent utilisés pour délimiter des espaces, ne doivent pas devenir un obstacle pour les personnes malvoyantes.

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Prescriptions techniques :

  • Les bornes et poteaux situés sur les cheminements doivent comporter une partie contrastée (bande d’au moins 10 centimètres de hauteur) apposée sur le pourtour du support ou sur chacune de ses faces, à une hauteur comprise entre 1,20 mètre et 1,40 mètre (adaptée pour les bornes et poteaux de hauteur inférieure ou égale à 1,30 mètre).

Urbanisme transitoire et réappropriation des espaces publics

L'urbanisme transitoire joue un rôle important dans la réactivation de la vie locale et la réappropriation des espaces publics par les habitants. Il s'agit d'utiliser temporairement des terrains vacants pour des activités bénéficiant au quartier, ou de tester des usages pour favoriser une meilleure appropriation des espaces publics.

Exemples d'actions :

  • Mise à disposition provisoire de terrains vacants.
  • Expérimentation de fontaines mobiles pour se rafraîchir durant les fortes chaleurs.
  • Aménagements provisoires pour répondre aux besoins exprimés par les habitants (ex : rue aux enfants).
  • Création de nouveaux lieux de vie sur d'anciens terrains (ex : espace SALUT).

Développement durable et Agenda 2030

La conception des espaces verts PMA s'inscrit dans une démarche de développement durable, en accord avec l'Agenda 2030 et les Objectifs de Développement Durable (ODD). Cela implique :

  • La prise en compte de la biodiversité (choix d'espèces adaptées).
  • La perméabilité des sols et la gestion des eaux de pluie.
  • La conception bioclimatique des bâtiments (limitation des besoins en chauffage et rafraîchissement).
  • L'utilisation de sources d'énergie renouvelable (ex : géothermie).

Les pays riches doivent veiller à ce que leurs stratégies de développement durable ne créent pas de difficultés supplémentaires pour les Pays les Moins Avancés (PMA).

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