L'affaire Menendez, marquée par le meurtre de José et Mary Louise Menendez à Beverly Hills en 1989 par leurs fils Lyle et Erik, continue de susciter l'intérêt du public et de soulever des questions complexes sur la justice, les abus et la perception des victimes. Trente-cinq ans après les faits, cette affaire refait surface grâce à une mini-série Netflix très populaire. Les deux frères, qui avaient choqué l’Amérique avec le meurtre de leurs parents, comptent bien rester sur le devant de la scène médiatique.
Une Affaire Médiatique et Choquante
L'assassinat de José et Mary Louise Menendez par leurs enfants, Lyle et Erik, dans leur maison huppée de Beverly Hills en 1989, avait fait l’objet d’une véritable frénésie médiatique aux Etats-Unis. Pour la première fois outre-Atlantique, un procès avait été retransmis quotidiennement à la télévision. Les États-Unis n’avaient pas encore connu le procès du footballeur américain O.J. Simpson qui s’est depuis imposé, avec ses caméras dans la salle d’audience, comme le «procès du siècle». Rapidement, le comportement des deux enfants du couple, Erik et Lyle Menendez, alors âgés de 18 et 21 ans, intrigue. Trois Rolex, une Porsche Carrera, un restaurant, un coach de tennis à 50 000 dollars l’année… Ces héritiers d’une fortune estimée à 14 millions de dollars mènent grand train quelques mois après la mort de leurs parents. Alors, à qui profite le crime ?
Condamnation et Vie Carcérale
Accusés d’avoir assassiné leurs parents pour l’argent - 14 millions de dollars -, Lyle et Erik Menendez, âgés de 21 et 18 ans au moment des faits, n’avaient pas été condamnés en première instance : le jury avait échoué à atteindre l’unanimité nécessaire pour rendre un verdict. En 1996, un second procès avait abouti à leur condamnation à la perpétuité incompressible, pour meurtre avec préméditation, après que le juge eut refusé d’examiner de nombreux éléments relatifs aux accusations de violences sexuelles.
On pourrait croire qu’une peine de prison à vie signe aussi la fin de toute intimité. Mais pour Lyle et Erik Menendez, condamnés en 1996 pour l’assassinat de leurs parents, c’est derrière les barreaux que leur vie sentimentale a commencé. Une histoire d’amour à huis clos, surveillée, sans contact physique - mais étonnamment durable.
Lyle Menendez a été le premier à capter l’attention du public. À peine incarcéré, il reçoit des centaines de lettres de soutien. Parmi elles, celle d’Anna Eriksson, mannequin suédoise, qui l’épousera en 1996. Trois ans plus tard, elle demande le divorce, après avoir découvert que Lyle échangeait aussi avec d’autres femmes. Mais il ne reste pas seul longtemps : en 2003, il épouse Rebecca Sneed, une ancienne journaliste devenue avocate, toujours à ses côtés aujourd’hui.
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Erik Menendez et sa Famille de Cœur
Mais c’est l’histoire d’Erik et Tammi Menendez qui a marqué les esprits. Erik Menendez, aujourd’hui âgé d’une cinquantaine d’années, a trouvé l’amour en prison. En 1999, il épouse Tammi Ruth Saccoman, une femme qu’il a rencontrée par correspondance. Tammi, mère d’une petite fille prénommée Talia, commence à lui écrire en 1993 après avoir vu son procès à la télévision. Ce qui commence comme une simple correspondance se transforme en une relation profonde, inébranlable. En 1999, ils se marient dans le parloir de la prison de Folsom. À l’époque, Tammi traverse une période tragique : elle découvre que son mari abuse de sa fille adolescente, Talia. L’homme se suicide en 1996, laissant derrière lui une famille brisée. Isolée, Tammi écrit à Erik. Non pas par fascination morbide, mais parce qu’elle reconnaît, dans ses mots, une douleur qui fait écho à la sienne.
La correspondance devient un refuge. Puis un attachement. Puis un amour. En 1999, ils se marient dans la chapelle de la prison de Folsom, sans contact physique, sous surveillance. Erik n’a jamais rencontré physiquement Talia en dehors du cadre carcéral, mais celle-ci le considère comme son père. Elle l’appelle "papa", le défend publiquement, et milite activement pour sa libération. Tammi a deux filles issues de son précédent mariage. Et si Erik n’est pas leur père biologique, Talia, l’aînée, ne fait pas de distinction. Pour elle, Erik est « son vrai père », confie-t-elle sur sa page Instagram.
Les Souvenirs de Talia
« Je croyais que c’était juste normal. Je pensais que mon père vivait dans un grand manoir gris en béton, avec ses gardes du corps et ses amis. » Pour la jeune fille qu’elle était, la prison n’était pas un lieu de détention, mais plutôt un endroit où elle retrouvait son père, malgré les circonstances difficiles. Sa mère, Tammi, a toujours été honnête avec elle, expliquant dès son plus jeune âge qu’Erik avait « fait quelque chose de mal » qui l’empêchait de rentrer à la maison.
Pourtant, malgré ces obstacles, les visites à la prison sont parmi les souvenirs d’enfance préférés de Talia. Elle décrit ces moments avec une certaine tendresse, notamment les jeux qu’elle partageait avec Erik et ses compagnons de cellule. Lui rendre visite fait partie de mes souvenirs d'enfance préférés. Mon père était plus un père que la plupart des gens dans le monde réel. Je me souviens des gardes qui nous permettaient d'apporter mes devoirs (jusqu'à 10 pages) et de mon père qui m'aidait à chaque visite. Malheureusement, maintenant, ils ne le permettent plus. J'avais l'habitude de jouer à des jeux de société avec mon père et ses compagnons de cellule qui étaient également en visite… à l'époque, on pouvait parler aux autres détenus qui étaient dans la salle de visite. Je me souviens qu'à Pleasant Valley… nous avions cet espace extérieur avec des tables en béton entourées d'herbe et mon père réunissait tous les gars et leurs filles et nous jouions tous au football ou au football… à des jeux de cartes… etc. N'oublions pas la nourriture glamour dans un distributeur automatique que je pensais être GOURMET quand j'étais enfant ! Tout ce que je sais… c'est grâce à mon père et je ne changerais rien…
Nouvelle Demande de Grâce et Réexamen du Cas
Après une demande de libération conditionnelle formulée la semaine passée, Erik et Lyle Menendez, condamnés à la prison à perpétuité pour les meurtres de leurs parents à Beverly Hills en 1989, demandent à être graciés. Forts du succès de Monstres : l’histoire de Lyle et Erik Menendez qui relate comment leur procès et la façon dont ils avaient à l’époque expliqué leur geste par des viols subis pendant des années par leur père, les frères demandent désormais à être graciés. La demande a été formulée auprès du gouverneur de Californie, a fait savoir mercredi 30 octobre le procureur de Los Angeles, George Gascon, fervent défenseur de Lyle et Erik Menendez, «qui purgent actuellement des peines de prison à vie sans possibilité de libération conditionnelle».
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Jeudi dernier, le procureur avait déjà demandé à un juge de réexaminer la condamnation des Menendez, ce qui pourrait les rendre éligibles à une libération conditionnelle. «Je pense que souvent, pour des raisons culturelles, nous ne croyons pas les victimes d’agressions sexuelles, qu’il s’agisse de femmes ou d’hommes», avait déploré le procureur, admettant également que son bureau avait reçu de nombreuses sollicitations ayant poussé ses services à réexaminer le cas des deux frères. Une audience a été fixée au 11 décembre pour examiner la requête.
L'Affaire Menendez et l'Ère #MeToo
En plus de la mini-série inspirée de faits réels Monstres : l’histoire de Lyle et Erik Menendez, Netflix a également diffusé un documentaire sur l’affaire, suscitant une mobilisation en ligne pour la libération des frères dans un monde où le mouvement #MeToo a changé la perception de la parole des victimes d’agressions sexuelles. Dans cette ère post MeToo, où la parole se libère, ce fait divers est rapidement élevé au rang de fait de société. « Ces frères auraient-ils écopé de la même peine de nos jours ? », interrogent les internautes. Dès lors, les deux hommes deviennent - presque malgré eux - des figures de la lutte contre les violences sexuelles sur les mineurs. En 2024, la série Monstres. L’histoire de Lyle et Erik Menendez de Ryan Murphy, ainsi qu’un documentaire produit par Netflix, relancent également l’intérêt pour cette affaire. La star de la télé-réalité Kim Kardashian rend visite aux deux frères en prison. En parallèle, les avocats d’Erik et Lyle soumettent à la justice de nouvelles preuves attestant, selon eux, des dires des deux frères : une lettre écrite avant le drame par Erik à son cousin, et le témoignage d’un membre de boys band produit par José Menendez, accusant ce dernier de l’avoir violé.
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