Isild Le Besco, née le 22 novembre 1982, est une figure marquante du cinéma français, à la fois actrice, réalisatrice et écrivaine. Son parcours est marqué par une exploration constante de l'identité féminine, des dynamiques familiales complexes et d'un engagement profond envers des causes sociales et éducatives alternatives.

Une artiste précoce et polyvalente

Issue d'une famille artistique, Isild Le Besco est la fille de l'actrice et journaliste Catherine Belkhodja. Sa mère a souhaité faire d'elle et de sa sœur, Maïwenn Le Besco, des stars de cinéma. Un pari réussi, puisqu'elles sont toutes deux devenues à la fois actrices et réalisatrices. Isild a fait ses débuts au cinéma à l'âge de 13 ans dans un court métrage d'Emmanuel Bercot. Elle s'est fait connaître grâce à son rôle dans le film Sade de Benoît Jacquot, où elle joue aux côtés de Daniel Auteuil. Pour ce film, ainsi que pour Roberto Succo, elle est nommée Meilleur Espoir Féminin aux Césars. En 2003, elle réalise son premier film, Demi-Tarif, ce qui complète sa carrière d'actrice.

Tout en elle respire la création. Cette hypersensible née dans une famille bohème, métissée, où les névroses explosent régulièrement, observe, ressent, s'imprègne pour partager, dans ses œuvres, ses angoisses, ses émotions, ses joies. Des bribes de son âme, parfois. « Etre actrice, c'est donner du vivant. Faire un film, écrire, dessiner, c'est la même chose, une émotion qui résonne en nous », dit-elle avec un filet de douceur dans la voix.

Exploration de l'identité féminine et des dynamiques familiales

Dans son travail, Isild Le Besco s'interroge souvent sur le déterminisme féminin. Elle se demande pourquoi « une femme est inconsciemment programmée pour être tout pour tout le monde, créant une dépendance absolue pour se sentir aimée et appréciée par les hommes et les femmes ». Cette réflexion se retrouve notamment dans son film La Belle Occasion, où elle explore les thèmes de l'émancipation et du recentrage.

Son livre, S'aimer quand même, un recueil de nouvelles qu'elle a elle-même illustré, peut se lire comme un roman dont le fil serait la construction chaotique de son identité féminine. S'aimer quand même, c'est à la fois s'aimer malgré tout, s'aimer contre soi, avec soi, contre l'autre, avec l'autre. Accepter son corps aussi, le regard des autres et vivre, enfin, portée par un « sentiment exacerbé de liberté ».

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Comme sa sœur Maïwenn, elle puise dans son matériau familial pour nourrir son art. « Ce livre est l'histoire de ma rupture avec ma vie d'avant, mes liens d'avant. Les liens du père, de la mère, les liens des frères et sœurs », explique-t-elle. Elle consacre deux chapitres aux rapports entre sœurs, dont l'un est une véritable déclaration d'amour, où elle imagine offrir un rôle à sa grande sœur. Dans l'autre, plus rageur, elle interroge leur relation, la nature de « cet amour organique ». « Le désaccord qu'il y a entre elle et moi, écrit-elle, ce n'est pas seulement la mésentente de deux sœurs. C'est plus que ça. C'est le fait de ne pouvoir s'accorder avec quelqu'un qu'on est censé aimer.

Engagements et prise de position

Isild Le Besco est une artiste engagée, qui n'hésite pas à prendre position sur des sujets qui lui tiennent à cœur. Elle s'intéresse notamment aux pédagogies alternatives et aimerait que ses fils deviennent citoyens de l'École démocratique, un lieu hors contrat, sans contraintes ni sanctions, où les programmes sont à la carte et la notion de classe d'âge supprimée.

Elle se veut veggie et, bien que la conviction soit sincère, elle a l’esprit assez sautillant pour battre la campagne en chevauchant un surréalisme moqueur.

Récemment, elle a publié le livre Dire vrai, un récit autobiographique où elle revient sur son enfance, sa relation toxique avec le père de ses enfants et l'emprise qu'elle dit avoir subie de la part du cinéaste Benoît Jacquot, avec qui elle a tourné plusieurs films. Elle y décrit comment elle était un « terrain de maltraitances » en raison de ses manques matériels et affectifs. Elle y trace une continuité entre son enfance, ses débuts dans le cinéma français, la relation de sa sœur aînée, l'actrice et réalisatrice Maïwenn, avec le metteur en scène et producteur Luc Besson, la prédation exercée sur elle par le cinéaste Benoît Jacquot, l'histoire avec le père de ses enfants et le fait qu'aujourd'hui elle en ressorte broyée mais portée par la nécessité d'écrire pour se reconstruire.

Lors de la sortie de son livre, elle a déclaré sur le plateau de Quotidien : « Plus que de moi et de mon histoire, je suis là pour parler des femmes, de celles qui ne parlent pas, de celles qui ne sont pas blanches, de celles qui ne vivent pas en France. » Elle précise enfin ne pas vouloir porter plainte, n'ayant pas confiance en la réelle évolution de l'institution judiciaire, au-delà de quelques affaires médiatiques.

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Une vie personnelle marquée par les épreuves

La vie d'Isild Le Besco a été marquée par des épreuves et des défis. Elle a grandi dans une famille bohème, où elle a été confrontée à des difficultés matérielles et affectives. Elle a également vécu des relations complexes, notamment avec sa sœur Maïwenn et avec des figures masculines influentes dans sa vie.

Séparée du père de ses deux petits garçons, elle s'inquiète de les voir bientôt engloutis par le monstre éducatif et formatés par un système qu'elle ne porte pas dans son cœur. Décrocheuse, elle a pris la tangente vers des enclaves aménagées pour les danseuses novices ou les artistes débutantes. Elle a mis un moment à se convaincre que ses difficultés en orthographe ne l'empêchaient pas d'écrire.

Malgré ces épreuves, Isild Le Besco a su trouver sa voie et s'épanouir en tant qu'artiste et femme engagée. Elle a voyagé, partant seule au loin ou s'installant avec ses enfants à Sarajevo. Elle a bivouaqué de longs mois dans la ville martyre redevenue une grosse bourgade à la lenteur harmonieuse, aux ciels vifs et grandioses et aux montagnes toutes proches où il fait bon aller skier. Elle a continué à dessiner, à écrire, à filmer. Et a commencé à se soucier d'elle, d'abord. A se prendre en charge elle-même, enfin.

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