L'affaire d'Outreau, survenue en 2000, a marqué la France comme l'un des plus grands naufrages judiciaires de son histoire. Au cœur de cette affaire se trouvent les enfants Delay, dont le témoignage initial a déclenché une série d'événements aux conséquences désastreuses. Cet article explore ce que sont devenus ces enfants, victimes de violences et d'agressions sexuelles, et comment leur vie a été irrémédiablement affectée par cette affaire.

Le point de départ : les accusations des enfants Delay

En 2000, à Outreau, quatre enfants Delay ont confié à leur assistante maternelle avoir subi des violences sexuelles de la part de leurs parents, Myriam Badaoui et Thierry Delay. L’enquête a révélé que ces enfants auraient également été victimes d'abus de la part de voisins et d’autres adultes, leurs parents les faisant tourner dans des réseaux pédophiles. Leur cauchemar a duré au moins quatre ans.

Lors du premier procès, en 2004, les parents, les voisins (qui avaient reconnu les faits) et six autres personnes ont été condamnés. Cependant, lors du procès en appel en 2005, Myriam Badaoui a innocenté les six autres adultes (avant de se rétracter). La parole des enfants a été remise en question, apparaissant comme vague et contradictoire. On a parlé de fausses allégations, opposant la parole des enfants à celle des adultes. Finalement, les six personnes condamnées en première instance ont toutes été acquittées.

Victimes reconnues, mais peu entendues

Au terme de l’affaire Outreau, le drame et le scandale qui ont secoué la France résident dans cette terrible tragédie : des adultes ont été accusés à tort par des enfants ! Pourtant, dans cette histoire, ces douze enfants ont bien été reconnus victimes de viols, d’agressions sexuelles et de corruption de mineurs. D’ailleurs, ils ont été indemnisés à hauteur de 30 000 € chacun.

À titre de comparaison, les adultes acquittés ont reçu jusqu’à 1 million d’euros par personne à l’issue des négociations entre leurs avocats et la chancellerie. Comme l'a souligné l'une des victimes : « On n’a jamais menti, ça je préfère encore le dire. Beaucoup de personnes nous ont traités de menteurs, nous ont abimé la santé et nous ont rabaissé plus bas que terre. Les choses qui ont été dites ne s’inventent pas. Les dessins et les versions qu’on donnait, il y a beaucoup de choses qui ne peuvent pas s’inventer. J’ai été reconnu victime, mais pas entendu. Pas suffisamment. Ne serait-ce que quand on compare la modique somme qu’on a touchée par rapport à ce que les acquittés ont touché, c’est invraisemblable. »

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Les conséquences judiciaires et sociétales

En septembre 2018, un rapport officiel a montré l’évolution des condamnations des violences sexuelles entre 1994 et 2016. À la fin du second procès Outreau en 2005, la courbe des condamnations s'est effondrée. Il y a eu un avant et un après Outreau dans le monde judiciaire. Les magistrats ont été traumatisés par ce fiasco et la condamnation populaire. Au lieu de réagir et de chercher les solutions à cette déroute et à toutes les failles révélées, c’est la sidération qui les a gagnés. Tout est devenu confus et la seule croyance qui s’est installée durablement, est que des adultes sont accusés à tort par des enfants.

En 2003, un rapport de l’ONU indiquait que dans notre pays les violences sexuelles sont NIÉES de manière SYSTÉMIQUE ! L’enquête met en lumière une silenciation des victimes propre à la France. Les sévices sexuels contre des enfants ne sont pas plus courant en France qu’ailleurs, pourtant beaucoup de professionnels continuent de nier l’existence et l’ampleur de ce phénomène. Dans les pays alentours, les condamnations progressent. En France, elles régressent.

Le parcours chaotique de Chérif Delay

Chérif Delay, l’une des victimes de viols du procès d’Outreau, a connu un parcours particulièrement difficile. En mars 2022, il a comparu devant le tribunal correctionnel de Versailles pour avoir violenté trois de ses compagnes lors de crises de rage et de jalousie. Son lourd passé est au cœur de cette problématique.

« C’est le résultat d’un parcours de vie et de l’abandon surtout », a déclaré Chérif Delay, 33 ans, lors de son procès pour violences conjugales commises sur trois jeunes femmes entre 2016 et 2022 à Chatou, à Sens (Yonne) et à Marmande (Lot-et-Garonne). Il a été condamné à une peine de cinq ans de prison ferme. La procureure de la République a requis le même nombre d’années, soulignant que « la justice a tout tenté avec cet homme pour éviter la récidive ». Elle estime qu’il faut, aujourd’hui, « le sanctionner et protéger la société ».

Entre 1997 et 2000, dès l’âge de 5 ans, Chérif a été violé par sa mère, Myriam Badaoui, et son beau-père, Thierry Delay. Lors du procès de Daniel Legrand, il a témoigné des horreurs qu’il a subies dans l’appartement de ses parents, à Outreau : la cassette porno offerte à Noël alors qu’il avait 5 ans, le viol par son beau-père, Thierry Delay, qui le contraint à reproduire les positions du film, sa mère, Myriam Badaoui, qui débarque en faisant "l'hélicoptère avec une ceinture godemiché". "On m'a forcé à faire l'amour avec ma mère", a-t-il raconté.

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Aux violences sexuelles s'ajoutent les violences physiques et psychologiques : les "coups de ceinture" de ce beau-père, qui le reconnaît mais lui interdit de l'appeler papa, qui le rebaptise Kevin parce que Chérif "ça fait bougnoule", qui l'exclut de la fratrie, lui fait "manger un jour ses excréments" parce qu'il n'a pas la même couleur que lui. Chérif Delay est né du mariage forcé de sa mère avec un cousin en Algérie. Elle était enceinte de lui quand elle est rentrée à Boulogne-sur-Mer.

Sur les faits qui occupent la cour d'assises des mineurs d'Ille-et-Vilaine, où Daniel Legrand est jugé pour viols et agressions sexuelles sur les quatre enfants Delay lorsqu'il était mineur, Chérif Delay assure d'abord que l'accusé "était présent mais en tant que victime". Puis qu'il l'a agressé une fois, des "attouchements sexuels". Il situe les évènements autour de la Coupe du monde 1998 et décrit "une scène", des "flashs". Une "partouze" dans sa chambre où il est attaché et violé. Daniel Legrand fils serait là, Daniel Legrand père aussi, qui regarderait, passif. Ce dernier, acquitté en 2004, est mort en 2012.

Après les deux procès, Chérif Delay s'enferme dans "le déni", ne veut plus de "son statut de victime" ni de "menteur". Après une vie d'errance, faite de foyers, d'alcool, de rue, de séjours en hôpital psychiatrique ou en prison, il fuit en Afrique pendant trois ans. "Puis les cauchemars sont revenus." Début 2013, il va jusqu'à s'accuser du meurtre d'une fillette à la fin des années 1990, qu'il aurait commis sous la menace d'acquittés d'Outreau. "Les médecins m'ont dit que j'avais pu confondre mes cauchemars avec la réalité", explique-t-il à la cour. Comment s'en étonner lorsque l'on sait que Chérif et ses frères ont été abreuvés de films pornographiques et d'horreur pendant toute leur enfance ? Myriam Badaoui l'avait elle-même confié au juge Burgaud : "Regarder des cassettes tous les jours, ça rend fou."

"Quel horrible gâchis que votre vie à vous et celle de vos frères", a compatit Hugues Vigier, l'un des avocats de Daniel Legrand. "Je ne suis pas d'accord avec tout ce que vous dites, mais je vois en vous, comme dans mon client, un jeune homme 'fracassé', poursuit la défense. Votre souffrance, elle transpire, monsieur." La fin de la déposition de Chérif est un cri : "Ça fait dix ans bordel de merde, dix ans que j'attends ça, sanglote-t-il. Je souhaite à personne la vie que j'ai eue." Avant de regagner la prison, "le seul endroit où [il est] bien, [sa] maison", il étreint ses frères, tout aussi cabossés.

Les autres enfants Delay : Dimitri et Jonathan

Comme Chérif, ses frères Dimitri et Jonathan ont également témoigné lors du procès de Daniel Legrand. Cependant, leurs témoignages ont parfois été contradictoires.

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Lors du procès de Daniel Legrand à Rennes, Chérif Delay, le grand frère, est revenu sur ses accusations de viol envers l’infirmière. C’est une histoire de cartable dans la cour de récréation, à l’école primaire de Samer (Pas-de-Calais). Le petit Dimitri a chahuté la petite Céline, et la maman, Catherine L., a dû en parler au maître : ça fait plusieurs fois que sa fille se plaint du même gamin. Elle le connaît de vue : un petit blond aux yeux bleus-vert.

Quelques semaines après, la police vient chercher Catherine L., infirmière : Dimitri, 8 ans et son frère Chérif, 10 ans, l’accusent de les avoir violés. C’est le 5 mars 2002, à 14 heures. Pour elle, l’affaire du cartable est devenue l’affaire d’Outreau.

Treize ans plus tard, le cartable, les deux frères et l’infirmière vont secouer la cour d’assises des mineurs à Rennes, où, depuis deux semaines, se juge le procès « Outreau 3 ». Revoilà donc Catherine L., 53 ans, appelée à témoigner devant la cour ce 1er juin 2015. Tandis qu’elle est debout à la barre, deux personnes se trouvent à un mètre derrière elle sur le banc des parties civiles : Dimitri et Chérif. Ses deux petits accusateurs ont aujourd’hui 23 et 26 ans. Catherine L. ne les a pas reconnus. Elle a en mémoire un petit garçon qui a dénoncé ses parents pour lui avoir « fait des manières », comme à ses trois frères, depuis qu’ils ont été placés en famille d’accueil à Samer, en 2000. A l’époque, les enfants Delay continuent d’ailleurs à livrer régulièrement des noms, par listes entières, à leurs assistantes maternelles. Cela a commencé par des gens d’Outreau, leurs anciens voisins à la Tour du Renard, un quartier HLM. Il est situé à 10 km de Samer, pas plus, mais cela semble très loin, un autre monde. De mois en mois pourtant, les enfants ne s’arrêtent pas, et élargissent ce cercle de plus en plus : la presse parle de réseau pédophile international et, à Samer même, un huissier et sa femme sont arrêtés dans leur manoir. Leur fils est dans la classe de Dimitri.

Lors de ce procès, Chérif Delay est revenu sur l’une de leurs accusations. Le magistrat continue : « Pourquoi l’avez vous fait ? Vous vous rendez compte de l’impact ? » Le garçon répond d’une voix calme : « Je ne me rappelle même plus pourquoi. Maintenant j’ai grandi, je sais le bien et le mal. » Il ne dit plus rien. Puis : « Je suis désolé, je vous demande pardon. » L’infirmière se retourne. « Ça me touche beaucoup », dit-elle. C’est maintenant au tour de Dimitri de se lever. Elle n’ose pas le regarder, les yeux fixés devant elle, se raccrochant à ceux du président. « Vous devez dire la vérité », explique le magistrat à Dimitri.

Lui : « Je ne reviendrai pas sur mes déclarations ». Le président le relance : « Vous avez entendu votre frère ? » Dimitri Delay ne bronche pas : « C’est ce qu’il dit, pas moi. » La première ligne de fracture vient de se dessiner entre les quatre frères, jusque-là soudés.

Un peu plus tard, Dimitri est à nouveau auditionné à l’audience. « Quand je suis arrivé à Samer, c’était un choc pour moi. J’avais des souvenirs, des cauchemars, une haine. » Dimitri mangeait alors avec les mains, couvrait les murs de sa chambre d’excréments. Il avait peur du noir, peur des hommes, peur de tout. Le président relit les listes de noms, par dizaines, de ceux qu’il a accusés à l’époque. Dimitri Delay se souvient de certains. Pas de tous. Il dit qu’il ne sait plus.

Les parents Delay : Myriam Badaoui et Thierry Delay

Myriam Badaoui et Thierry Delay, les parents des enfants Delay, ont également connu des destins marqués par l'affaire Outreau.

A eux deux Myriam Badaoui et Thierry Delay ont eux sept enfants. De son premier mari algérien, Myriam a eu deux enfants : une fille et Cherif. Au moment du divorce, l’aînée reste vivre avec son père, elle ne reverra plus sa mère et son frère qui émigrent en France. Myriam rencontre alors Thierry Delay, lui-même déjà père de deux enfants, dont la petite Emeline. Dimitri, l’aîné du couple naît le 18 septembre 1992. Cherif a alors deux ans. Très vite, il est rebaptisé : désormais, ce sera “Kevin”, moins maghrébin selon Thierry Delay qui vient d'épouser Myriam Badaoui. Mais le changement de prénom n’apaise guère les relations entre le beau-père et le fils qu’il a pourtant adopté. Régulièrement traité de “bougnoule”, il mange seul à l’écart de la famille. Puis, pour “sauver son couple”, Myriam décide de réclamer son placement. L’enfant de cinq ans ne revient plus que les week-ends dans l'appartement de la Tour du renard à Outreau. Pour Noël 1996, en guise de cadeau, il reçoit de Thierry une cassette vidéo : un film porno. Cherif, alias Kevin, a alors six ans. Les viols de son beau-père débutent ce jour-là. Entretemps, la famille s’est encore agrandie. Jonathan, le 23 mai 1994, puis Dylan, le 8 août 1996 sont nés. Tous vont être victimes des viols de leurs parents. Quant à Emeline, elle ne passe que quinze jours par an chez son père et, contrairement aux affirmations de Dimitri et Jonathan, elle déclare n’avoir jamais été victime. La psychologue, Marie-Christine Gryson-Dejehansart, qui examinera tous les enfants d’Outreau, confirme qu’elle ne présente aucun signe de nature victimologique.

Myriam Badaoui et Thierry Delay ont reconnu - au cours de l’instruction pour l’un, lors du premier procès pour l’autre - les agissements dénoncés par leurs enfants. Tout comme un couple de voisin : Aurélie Grenon et David Delplanque. En définitive, ce seront les quatre seuls condamnés d’Outreau. En revanche, douze enfants - dont les quatre fils Delay - seront reconnus victimes et indemnisés à ce titre par la justice.

Condamnée à 15 ans de prison, Myriam Badaoui est libérée en septembre 2011 de la prison de Rennes, après avoir purgé la moitié de sa peine. Malgré un suivi socio-judiciaire de dix ans, cette mère incestueuse est de nouveau condamnée, huit ans plus tard, pour "vol" et "falsification de chèques". De son côté, Thierry Delay, père alcoolique, incestueux et violent, est condamné à 20 ans de prison pour viols sur ses fils. Thierry Delay, qui a purgé une peine de prison de quinze ans, principal accusé, a de nouveau été condamné en 2020 à deux ans de prison pour des faits d’agression sexuelle et de harcèlement. L’accusatrice d’Outreau, Myriam Badaoui est elle aussi retournée en prison.

Les acquittés d'Outreau : une vie brisée

L'affaire d'Outreau a également eu des conséquences dévastatrices sur les personnes accusées à tort. Les acquittés ont vu leur vie brisée, leur réputation ruinée et ont dû lutter pour se reconstruire après des années de détention et de suspicion.

Alain Marécaux est un ancien huissier, dont le calvaire judiciaire et la vie brisée avait été résumée dans le film Présumé coupable. C’est en participant à l’écriture de ce film, tiré de son livre, que le père de famille a tenté de se reconstruire, après plusieurs tentatives de suicide en prison. Avant de retrouver une charge d’huissier de justice à Calais, puis à Dunkerque. Il dit avoir maintenant définitivement tourné la page.

Autre personnage emblématique de cette affaire, Roseline Godard, acquittée en 2004 et surnommée "la boulangère". Elle avait pris la tête d’un comité soutien aux accusés du deuxième procès. Elle a ensuite repris le chemin de la faculté, pour suivre des études de droit, qu’elle a dû arrêter en raison d’un accident. Le droit c’est aussi devenu le domaine de Karine Duchochois, chroniqueuse sur France Info. Elle a dû, comme les autres jeunes parents embarqués dans cette affaire, renouer le lien avec son fils, qui lui avait été retiré lors de sa mise en examen.

Un retour à la vie de famille toutefois chaotique pour Franck et Sandrine Lavier, qui avaient été séparés de leurs deux nourrissons, Carla et Lilian, lors de leur interpellation en 2001. Restés éloignés de leurs enfants pendant quatre ans, notamment durant leur trois ans de détention, ils ont refait parler d’eux en 2012, condamnés à des peines de sursis pour "violences habituelles".

L’abbé Dominique Wiel, le prêtre-ouvrier, est retourné vivre à Outreau, dans une barre HLM du quartier du Renard. Celui qui a passé deux ans derrière les barreaux est aujourd’hui bénévole au Secours catholique qui vient en aide au migrant à Calais. Il a longtemps participé à des conférences sur l’affaire Outreau et le milieu carcéral. L’abbé Weil a également été sollicité pour animer une "formation aux faits divers" destinée aux journalistes de France 3, à Paris.

L'impact sur le système judiciaire

L'affaire d'Outreau a eu un impact profond sur le système judiciaire français. Elle a mis en lumière les failles de l'instruction et a conduit à des réformes visant à éviter de telles erreurs à l'avenir.

Fabrice Burgaud, qui avait principalement mené l’instruction, a concentré nombre de critiques pour son rôle dans l’affaire Outreau. Il est auditionné en 2006 par les parlementaires dans le cadre d’une commission d’enquête pour faire la lumière sur le fiasco judiciaire. En découlera l’inscription dans la loi du principe de la collégialité de l’instruction, censé éviter qu’un seul juge ne mène une enquête de telle ampleur. Ils seraient, en principe, trois à gérer une affaire. Le Conseil supérieur de la magistrature, saisi en 2007 par l’ancien ministre de la Justice Pascal Clément, lui inflige, au printemps 2009, une « réprimande » avec « inscription au dossier ». Fabrice Burgaud rejoint en 2011 la Cour de cassation, comme auditeur.

D’autres acteurs judiciaires ont continué leur carrière. Fabienne Roy-Nansion, avocate de David Delplanque, a depuis défendu Fabienne Kabou, mère infanticide. Frank Berton, qui défendait Daniel Legrand en 2004, 2005 et 2015, a également assuré la défense de Christophe Naudin, dans l’affaire Air Cocaïne. Il était, jusqu’en 2021, le conseil de Salah Abdeslam. Ce n’est donc pas le ténor du Nord qui a donc défendu le terroriste lors des attentats du 13-Novembre. Enfin, l’un d’entre eux, Éric Dupond-Moretti, qui défendait Roselyne Godard, la « boulangère », a acquis une notoriété nationale en 2004 lors du premier procès. Avocat médiatique, surnommé « Acquittator », il défendra, par la suite, Yvan Colonna, Abdelkader Merah ou encore Karim Benzema, avant de devenir, en 2020, garde des Sceaux.

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