La famille Fontanarosa est un nom qui résonne avec autorité dans le monde artistique, particulièrement en France. Au cœur de cette famille se trouvent Annette et Lucien, deux peintres parisiens reconnus du XXe siècle, et leurs enfants, dont Frédérique, pianiste, Renaud, violoncelliste, et Patrice, le violoniste, sujet de cet article.
Patrice Fontanarosa : Une Légende Vivante du Violon
Aujourd'hui âgé de 82 ans, Patrice Fontanarosa est considéré comme une légende vivante du violon. Il est l'un des plus illustres représentants français de cet instrument. Sa carrière l'a mené à être membre pendant de nombreuses années de l'Orchestre de l'Opéra de Paris, où il a mesuré l'importance capitale de l'art lyrique dans la musique. Il a aussi été violon-solo des Virtuosi di Roma, puis Super-Soliste de l'Orchestre National de France.
Parallèlement à ces activités orchestrales, Patrice Fontanarosa parcourt le monde avec son précieux violon, un magnifique instrument de Jean-Baptiste Vuillaume, pour partager la musique qu'il aime. Il interprète les chefs-d'œuvre du répertoire en compagnie de partenaires exceptionnels et des meilleurs orchestres. Il a également enregistré de nombreux CD pour de grandes compagnies de disques, dont certains ont été récompensés par des prix prestigieux.
L'Enseignement : Une Vocation
L'enseignement occupe une place importante dans la vie de Patrice Fontanarosa. Il a été professeur de violon au Conservatoire National Supérieur de Paris et a plus récemment ouvert une classe de perfectionnement à la Schola Cantorum de Paris. En tant qu'ancien professeur au CNSM de Paris, Fontanarosa porte un regard attentif sur la nouvelle génération de musiciens. Il se compare à "un jardinier qui aurait des terres fertiles à ensemencer. C'est un peu prétentieux de dire ça, mais mon rôle est de les mettre en face de tout ce qu'ils peuvent faire et de leur permettre de réaliser ça, de ne pas perdre confiance."
Une Musique Accessible à Tous
Depuis les années 1980, Patrice Fontanarosa propose des spectacles qui dépoussièrent le répertoire classique et le rendent accessible au grand public, hors des salles de concert traditionnelles. Il exhorte : « Qui mieux que la musique peut faire vibrer les cœurs ? S'ils en ont envie, nul besoin de s'y connaître, il suffit de se laisser porter. Artiste, ta raison d'être ne se justifie que par ta capacité à faire aimer ».
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Avec « Le Violon et le merveilleux », lui et sa pianiste de fille, Stéphanie, invitent le public à un parcours musical inspiré des contes et légendes, sur les traces de célèbres musiciens tels que Schumann, Berlioz, Saint-Saëns et Debussy.
L'Art de Transmettre le Bonheur
Patrice Fontanarosa est un musicien du bonheur. Toutes ses déclarations l’attestent, tous ses actes le prouvent. Ce désir de transmettre ce qu’il ressent de fort et de beau n’est pas gratuit.
Lucien Fontanarosa : Le Père, un Artiste Peintre Reconnu
Lucien Joseph Fontanarosa, le père de Patrice, est né le 19 décembre à Paris. Son enfance est partagée entre Paris et Padoue, et ses séjours en Vénétie auront une influence sur son œuvre. Attiré par le dessin dès son jeune âge, on pouvait le voir, âgé de douze ou treize ans, passer ses dimanches à crayonner dans les rues de Paris, sur les quais, en banlieue. Il avait l’impression d’avoir toujours dessiné.
Dans la « toilette » de coton noir qui enveloppe les costumes qu’il a pour mission de remettre aux clients paternels, il glisse un carnet de croquis. Pour Lucien Fontanarosa, ce furent là des années merveilleuses : « Elles ont beaucoup contribué à ce que se fortifiât chez moi ce goût que je ressentais, très jeune, et presque instinctivement, pour les arts. Ses parents ne s’opposent pas à son désir de dessiner et de peindre, mais lui conseillent d’apprendre un métier. Il entre à l’Ecole Estienne à Paris, à l’atelier de dessin lithographique. Un prix obtenu à cette école lui permet de faire un voyage en Tunisie en 1931.
Sorti d’Estienne, ses parents ne font pas obstacle à son désir de se consacrer à la peinture et lui accordent un an d’essai, à la condition d’entrer à l’Ecole Nationale des Beaux-Arts. Il travaille de plus en plus, suit les cours du soir de l’Ecole des Arts Appliqués, travaille au Musée du Louvre, au Jardin des Plantes et dans la rue; il installe son premier atelier dans une boutique désaffectée et y travaille seul. Les toiles cubistes le mettent sur la voie. Il entre comme élève libre dans l’atelier de Lucien Simon à l’Ecole Nationale des Beaux-Arts, atelier où l’on travaille en toute liberté; le climat lui convient, et il fait, en même temps, connaissance de jeunes élèves qui deviendront pour la plupart, d’excellents peintres (Hambourg, Rohner…). Il partage dès lors son temps entre les cours de l’Ecole des Beaux-Arts et son atelier. Son atelier se trouve, maintenant, au n° 6 de la rue Asseline dans le 14ème arrondissement. Pour la première fois il expose, à la Société Nationale des Beaux-Arts, un Nu dans l’atelier. Quoique la fréquentation des cours de l’atelier Simon soit toujours assidue, il travaille en grande partie seul.
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Il expose au Salon de la Société Nationale des Beaux-Arts Les Musiciens. Il obtient une bourse de voyage de l’Etat et part pour l’Espagne en novembre; il y découvre les relations existant entre les peintres espagnols et les Vénitiens qu’il ne cesse d’aimer particulièrement et d’étudier. Premier achat de l’Etat. En juillet 1936, il obtient le Premier Grand Prix ex-æquo avec son ami Jean Pinet, disparu prématurément. D’août à octobre 1936, accompagné d’Annette Faive, il retourne au Maroc, fait escale à Casablanca, puis s’installe à Rabat d’où il fait de fréquents voyages dans le sud. Ses toiles de l’époque accordent une grande place à la lumière de ce pays qui le fascine, et aux scènes de la vie quotidienne. Il fait une exposition particulière à Rabat et il vend une toile au musée de cette ville.
En janvier, il part pour la Villa Médicis où il séjournera jusqu’en mars 1939. Il occupera l’atelier d’Ingres. Il fait la connaissance d’André Greck, sculpteur, qui, à cette occasion, réalise son buste, en bronze. C’est également à Rome qu’il fait la connaissance d’André Gide, pour qui il fera plus tard des illustrations. Lucien Fontanarosa expose ses oeuvres exécutées en Italie au Musée de l’Orangerie. L’Etat lui commande la décoration d’une des quatre entrées du Pavillon de l’Eau à Liège (Belgique). Il exécute ce travail en compagnie d’une autre artiste peintre, Annette Faive, avec qui il vient de se marier à Rome lors d’un séjour de mai à juin.
A la guerre, il est mobilisé dans l’infanterie, ce qui ne l’empêche pas de participer à des expositions de groupe à l’étranger. Le Musée de Sofia lui achète une toile. A l’occasion de l’exposition des travaux exécutés à Rome, qui a lieu à l’Orangerie, il fait la connaissance d’Edouard Vuillard dont il recevra maints conseils. Il obtient le Prix Gillot-Dar. En janvier 1940, Edouard Vuillard dit de son oeuvre : « (…) On peut se laisser aller franchement à la joie de la louange devant les peintures de Fontanarosa.
L’Etat lui commande une fresque pour la salle du conseil des professeurs du Lycée de Saint-Maur et lui achète la composition intitulée Le Brabant, qui orne la Caisse Nationale du Crédit Agricole. Décoration de l’amphithéâtre Richelieu à la Faculté des Lettres de Poitiers sur le thème du siège de la Rochelle (décoration disparue ou détruite après les travaux de réfection de cette Faculté). Lucien Fontanarosa fait la connaissance de Monsieur Jean Aubecq, qui en qualité de collectionneur, lui achète plusieurs toiles et se lie d’amitié avec lui. Vente à l’Etat des Chevaux pour la Mairie de Château-Gontier.
De retour de captivité, son ami Jacques Ratier crée la Galerie Chardin au 36 rue de Seine à Paris, et dès lors, ils ne cesseront de travailler ensemble. Il réalise une décoration pour la Salle des fêtes de la Mairie de Saint-Germain en Laye (pour des raisons financières, cette décoration ne sera jamais installée et est conservée par le Fonds National d’Art Contemporain). Les Editions Gasnier lui commandent les illustrations de l’Empreinte du Dieu de Maxence Van der Meersch qu’il exécuta en lithographies, en noir. Il devient membre du jury à l’Ecole Nationale Supérieure des Beaux-Arts. Il est, tour à tour, nommé membre du jury au concours de Rome (peinture) et professeur à l’Académie américaine de Fontainebleau. M. Lucien Fontanarosa décide de ne plus exposer dans les grands Salons pendant quelques temps. Il fait sa première exposition particulière à la Galerie Chardin. L’Etat lui achète le Pichet d’étain et une Nature Morte pour le Ministère des Finances. Désormais il passera tous ses étés à Fontainebleau, partageant son travail entre sa peinture et ses cours à l’Académie américaine. Achat de l’Etat du tableau Fleurs pour la Chancellerie de la Légion d’Honneur.
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Deuxième exposition particulière à Paris à la Galerie Chardin. Il illustre L’Immoraliste dans la série des Récits, Romans, Soties d’André Gide en compagnie de Derain, Dufy, Van Dongen, Christian Bérard, Clavé, etc… pour la N.R.F. Il participe à l’exposition de la Peinture contemporaine au Pavillon de Marsan avec une toile intitulée La Répétition. Après une exposition particulière à Lyon, il voyage en Toscane. Il illustre pour la N.R.F. Décoration de la Chapelle de l’Hôpital Saint-Camille à Bry sur Marne. Décoration pour le compte de l’Etat du réfectoire du Lycée de Nogent le Rotrou. Une de ses toiles figure dans une exposition d’art français en Pologne. Membre du jury au concours de Rome (peinture). Il illustre pour la N.R.F. L’amant de Lady Chatterley de H.D. Lucien Fontanarosa est invité au Salon des Peintres Témoins de leur Temps, où il expose La Chasse. Sur le thème de la Musique, il présente un ensemble de compositions lors de sa troisième exposition particulière à la Galerie Chardin à Paris. Lucien Fontanarosa est élu membre de l’Institut à l’Académie des Beaux-Arts. Invité au Salon des Peintres Témoins de leur Temps, il expose la toile intitulée Le Bonheur. Il illustre pour la N.R.F. Il entreprend un voyage à Londres à l’occasion de son exposition à la Galerie Marlborough. Il illustre le Moulin de la Sourdine de Marcel Aymé pour la N.R.F.
En plusieurs années la Galerie Chardin s’est assurée le concours de peintres tels que Paul Charlot, Claude Schurr, Marzelle, du sculpteur Volti, du céramiste Henry Plisson; non seulement Lucien Fontanarosa a approuvé ce choix, mais il contribue, avec ses camarades, à créer une atmosphère unique d’estime et d’amitié. L’artiste exécute pour les Peintres Témoins de leur Temps une grande composition : Le Boxeur, et figure au Salon des Tuileries. Au mois de juin il présente à la Galerie Chardin sa quatrième exposition particulière. Il fait l’acquisition d’une propriété dans le Var, à La Cadière d’Azur, région qu’il avait découverte dans les années 30-40. Il y installe un atelier où il travaillera désormais régulièrement. Il figure au Salon des Peintres Témoins de leur Temps avec Le Chantier, œuvre qui retient longuement l’attention de la Critique et du public. Une toile intitulée Danseuse est achetée par le Musée de Bougie (Béjaia - Algérie). Il exécute successivement la décoration pour l’appartement « Roussillon » du paquebot France et une décoration pour l’Ecole Estienne à Paris. Il illustre Poussière de Rosamund Lehmann et Colas Breugnon de Romain Rolland. A la fin du mois de mai, le Conseil Municipal de la Ville de Paris lui remet le Grand Prix de Peinture de la Ville de Paris.
Fidèle exposant du Salon des Peintres Témoins de leur Temps, Lucien Fontanarosa envoie à ce Salon Le Pont de l’autoroute de Marseille. En mai, il présente sa cinquième exposition particulière à la Galerie Chardin. Pour la première fois depuis vingt cinq ans, Venise figure dans cet ensemble. Cette manifestation connaît un succès considérable, tant auprès du public français qu’étranger. Il illustre Rebecca de Daphné du Maurier, Noé de Jean Giono puis Tartarin de Tarascon de Daudet. Au mois de janvier, la Galerie Chardin organise, avec la Palm Beach Galleries, une importante exposition de Lucien Fontanarosa en Floride. Là encore le succès remporté se situe bien au-delà de tout pronostic. Au mois de mai, pour son vingtième anniversaire, la Galerie Chardin propose au public l’exposition « Joie de vivre », où il est représenté par dix œuvres remarquables. Il figure également dans une exposition organisée au Musée de Munich avec sept tableaux. Cette exposition s’intitule « Peinture contemporaine française ». La presse allemande lui consacre des articles enthousiastes. Nous le retrouvons aussi à la Galerie Roger Dulac à Paris avec L’Art et la médecine. Il illustre pour la N.R.F. Les Raisins de la colère de John Steinbeck, et La Guerre des boutons de Louis Pergaud. Il exécute la décoration d’un plafond pour le Lycée de l’Ouest à Nice, devenu le Lycée Honoré d’Estienne d’Orves, sur le thème « La fête marine ». Il décore ensuite le Collège technique de Châtellerault, puis, pour les P.T.T., il achève une importante décoration pour le Salon de la Philatélie (installée ensuite à la Poste Centrale de Mâcon).
Il participe à une exposition de groupe à Nice au Palais de la Méditerranée avec Carzou, Bret, Goerg, Limouse, Cavaillès, Brayer. Une dizaine de pastels sont exposés à la Galerie Chardin dans un ensemble intitulé « L’eau et le feu » avec les autres artistes de la Galerie. Lucien Fontanarosa décore de quatre panneaux (les quatre saisons) le groupe scolaire de la rue Ampère à Paris dans le 17ème arrondissement. Il illustre Pour qui sonne le Glas d’Ernest Hemingway. Une importante Galerie japonaise présente les œuvres de Lucien Fontanarosa à Osaka. De Dostoïevski, Lucien Fontanarosa illustre Crime et Châtiment, puis ce sera La Chanson de Ronsard que l’on verra aux Peintres Témoins de leur Temps. Depuis une dizaine d’années, la Galerie Léandro de Genève présente en permanence les œuvres de Lucien Fontanarosa. Au début de l’année, Lucien Fontanarosa expose aux Peintres Témoins de leur Temps Les Guerilleros. En février les Grands Magasins du Printemps à Paris consacrent tout le troisième étage à une très importante exposition d’art contemporain qui recevra 150 000 visiteurs. Lucien Fontanarosa figure dans cette manifestation où deux de ses toiles seront vendues. Cette exposition prévue pour le mois de juin accapare la majeure partie de son temps. Cette manifestation est très attendue du public, la précédente exposition remontant à 1962. En février, il est à nouveau invité par les Grands Magasins du Printemps.
Lucien Fontanarosa expose aux Peintres Témoins de leur Temps Le Rêve où il représente son épouse, Annette Faive, entourée d’instruments de musique, symbole de cette exceptionnelle famille d’artistes. En cette nouvelle année, il est à l’honneur aux Peintres Témoins de leur Temps. Il réalise l’affiche de cette exposition La Salute à Venise ainsi que Le Gondolier pour la couverture du catalogue. Il expose avec le sculpteur Volti à la Galerie Verrière à Lyon. Aux Peintres Témoins de leur Temps, il présente une œuvre subtile, tendre et généreuse, Le Portrait d’Annette , son épouse. Aux Peintres Témoins de leur Temps, avec Le Luthier, Lucien Fontanarosa témoigne de la noblesse, du prestige et des qualités de cette profession pour laquelle il a une profonde estime. Ce Salon lui décerne le Grand Prix 1973.
Le Palais de la Méditerranée à Nice présente, de juin à septembre, cent-cinquante œuvres de Lucien Fontanarosa, de 1934 à 1973, ce qui constitue sa première rétrospective. Le succès de cette exposition est à la mesure de sa qualité. Cette année, son envoi aux Peintres Témoins de leur Temps a pour sujet Dominique aux Melons d’eau, remarquable par sa lumière, sa poésie intimiste. Il travaille à la préparation de son exposition personnelle qui doit avoir lieu à Paris au printemps 1976. Mais à la fin du mois de mars son état de santé nécessite une hospitalisation et une intervention chirurgicale. Il décède, quelques jours plus tard, le dimanche 27 avril.
Le Trio Fontanarosa
Patrice Fontanarosa a brillé au sein du Trio Fontanarosa, le bien nommé, avec sa sœur Frédérique au piano et son frère Renaud au violoncelle. Cet ensemble familial a marqué le paysage musical par son talent et sa complicité.
Toujours Actif sur Scène
À 82 ans, Patrice Fontanarosa est toujours sous les feux de la rampe. Deux concerts fin juin - un hommage à Menuhin au festival Les Etoiles du Classique et un passage à l’Olympia avec Nemanja Radulović - témoignent de sa vitalité artistique.
Il confie : "C'est difficile, nous confie Patrice Fontanarosa. Parce que c'est une drogue, quand même. Et puis c'est un idéal de vie. Rompre ça, c'est un peu compliqué. D'ailleurs, je n'y arrive pas très bien. Travailler des heures l'instrument pour monter une belle pièce, ça ne se justifie que si elle va être écoutée. Mais ça reste passionnant, parce que malgré tout rien ne se finit musicalement, il y a toujours des choses qui évoluent, on est en appétit tout le temps. Ce que j'aime dans le fait de vieillir, c'est qu'on ne perd pas du tout l'intensité de la musique, contrairement à la forme physique qui diminue. On sent vraiment qu'au niveau de la puissance, des doigtés, on perd. Il n'y a pas les mêmes implications physiques que pour un sportif de haut niveau mais c'est similaire quand on est violoniste, il faut entretenir la main, il faut entretenir les réflexes. Mais évidemment, l'expérience sert beaucoup, et on dépense moins d'énergie inutile, donc on se fatigue moins."
Bach : Une Toilette de l'Âme
"Je ne peux pas me lever le matin sans penser qu'il va falloir refaire quelques heures de violon", poursuit Patrice Fontanarosa. Et parmi les compositeurs qu'il visite quotidiennement, figure en bonne place Jean-Sébastien Bach. "C'est une sorte de toilette sur le plan émotionnel. Une toilette de l'âme aussi. L'âme du violon, et l'âme tout court des humains." Le dernier album de Patrice Fontanarosa était d'ailleurs consacré aux Sonates et Partitas de Bach. Un monument de la musique, auquel il s'est attaqué à l'âge de 75 ans : "Ce sont les limites de la vie qui m'ont amené à prendre cette décision. Car avec les chefs-d'œuvre, ce n'est jamais assez bien, on n'est jamais assez prêt. Et du reste, maintenant, quand j'entends cet enregistrement-là je me dis que j'aurais dû attendre encore un peu !"
L'Héritage de Yehudi Menuhin
Patrice Fontanarosa participera, aux côtés de sept autres violonistes, à une grande soirée en hommage à Yehudi Menuhin. Un concert exceptionnel dirigé par le fils du violoniste légendaire Jeremy Menuhin. "Menuhin est l'idéal d'artiste que j'aurais aimé être. Quand il arrivait sur scène, il était comme une sorte de messie." Patrice Fontanarosa souligne que son envergure se situait non seulement sur le plan violonistique, mais aussi philosophique : "Son attitude en tant qu'être humain était magnifique, elle est à la mesure de ce qu'il a donné avec sa musique, c'est-à-dire générosité, tolérance et toutes ces choses qui sont tellement importantes." Des qualités qu'il avait pu observer lors de leurs rencontres.
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