Joséphine de Beauharnais, née Marie-Joseph-Rose Tascher de La Pagerie, a marqué l'histoire de France, non seulement en tant qu'épouse de Napoléon Bonaparte, mais aussi en tant que mère d'Eugène et Hortense de Beauharnais. Cet article explore la vie de Joséphine, son héritage familial, et le destin exceptionnel de ses enfants, qui ont joué un rôle significatif dans l'Empire et au-delà.

L'Enfance et le Mariage de Joséphine de Beauharnais

Marie-Joseph-Rose Tascher de La Pagerie est née le 23 juin 1763 aux Trois-Îlets, en Martinique, dans une famille de colons européens (Békés) installée aux Antilles depuis environ un demi-siècle. Son enfance se déroule dans l'habitation familiale, initialement nommée "petite Guinée". Surnommée "Yéyette", elle est baptisée le 27 juillet dans l'église des Trois-Îlets. Ses parrain et marraine sont ses grands-parents paternels, Gaspard de Tascher de La Pagerie et Marie-Françoise Boureau de La Chevalerie.

En août 1779, elle est appelée en France par sa tante Renaudin, qui a organisé son mariage avec Alexandre de Beauharnais, né le 28 mai 1760 à Fort Royal (Fort-de-France), en Martinique. Le mariage a lieu le 13 décembre 1779 à Noisy-le-Grand.

Le Premier Mariage et la Naissance d'Eugène et Hortense

De son union avec Alexandre de Beauharnais naissent deux enfants : Eugène, en septembre 1781, et Hortense, en avril 1783. Cependant, le mariage est tumultueux. Alexandre se montre violent et infidèle, dilapidant la fortune familiale. En 1785, Joséphine obtient la séparation.

En 1788, elle retourne en Martinique avec sa fille Hortense, retrouvant avec plaisir le cadre de son enfance. Toutefois, une violente révolte d'esclaves la contraint à quitter l'île précipitamment. Elle ne reverra plus ses parents. Pendant ce temps, Alexandre de Beauharnais, en France, est membre puis président des Jacobins et général en 1792. Il est arrêté en mars 1794, suivi de près par Joséphine, qui le rejoint en prison en avril. Alexandre est guillotiné le 23 juillet 1794. Joséphine, libérée le 6 août, se retrouve veuve, sans ressources, et avec deux enfants à charge.

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La Rencontre avec Bonaparte et l'Ascension Impériale

Veuve et sans argent, Joséphine rencontre le jeune général Napoléon Bonaparte par l'intermédiaire de Madame Tallien et de Barras. Séduit par son charme, Bonaparte l'épouse civilement le 9 mars 1796. Pour lui plaire, Marie Josèphe Rose devient Joséphine.

La carrière de Joséphine suit dès lors celle de Napoléon. Elle devient une figure de la société parisienne, et son destin bascule avec l'ascension de son mari. En août 1802, un plébiscite établit le Consulat à vie, une étape importante vers l'identification de la République à Bonaparte.

Malgré les menaces de répudiation dues à sa conduite parfois frivole, Napoléon l'associe à son élévation et la couronne impératrice en 1804. Elle partage le trône avec lui pendant cinq années, mais ne pouvant lui donner l'héritier tant attendu, elle doit se résoudre à accepter en 1809 le divorce par consentement mutuel.

La Retraite à la Malmaison et les Dernières Années

Après le divorce, Joséphine se retire dans son château de la Malmaison, acheté en 1799. Le Trésor continue de lui verser deux millions chaque année. Elle partage son temps entre des voyages, l'accroissement de ses collections, et sa passion pour la botanique. Elle se rapproche de ses petits-enfants, qu'elle accueille l'été à Malmaison. A la chute de Napoléon en 1814, elle se rapproche des Alliés, en particulier du tsar Alexandre Ier.

Joséphine de Beauharnais décède en 1814.

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Eugène de Beauharnais : Vice-Roi d'Italie

Né en 1781, Eugène de Beauharnais devient aide de camp de Bonaparte en 1797. Il participe aux campagnes d'Égypte et de Marengo, et suit une brillante carrière militaire. Il est nommé vice-roi d'Italie, une tâche qu'il assume avec dévouement et compétence, malgré la surveillance de l'Empereur.

Couvert de gloire pendant la campagne de Russie, sa fidélité à Napoléon lui vaut le respect de tous. Après Waterloo, il se réfugie à Munich, où son beau-père le nomme duc de Leuchtenberg. Il se consacre alors à ses propriétés. Resté le confident et l'ami sincère de sa sœur Hortense, il lui rend visite dans sa retraite d'Arenenberg. Il meurt prématurément à Munich en 1824.

L'une de ses filles, Joséphine de Leuchtenberg, épouse Oscar Bernadotte, prince royal de Suède, qui règne de 1844 à 1859.

Eugène de Beauharnais est un exemple de loyauté et de compétence, ayant servi Napoléon avec distinction et ayant laissé une marque positive en tant que vice-roi d'Italie. Sa devise, "Honneur et fidélité", reflète parfaitement son caractère.

Hortense de Beauharnais : Reine de Hollande et Artiste

Née en 1783, Hortense reçoit une éducation soignée dans les salons parisiens fréquentés par sa mère, ainsi que chez Madame Campan à Saint-Germain, où elle se forme aux arts d'agrément (dessin, peinture, musique, théâtre). Très proche de sa mère, elle reste en bonne entente avec son beau-père, Napoléon, qui arrange son mariage avec Louis Bonaparte.

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Louis est nommé roi de Hollande en 1806, et ils s'établissent à La Haye. Cependant, en 1810, il est contraint d'abdiquer et fuit en Bohême. Napoléon donne à Hortense le titre de reine, et elle possède alors sa propre Maison ainsi qu'un hôtel à Paris et un château à Saint-Leu.

Partageant son temps entre ses enfants et de nombreux voyages, elle se consacre au dessin, à la peinture et à la musique. Après Waterloo, elle doit fuir la France et finit par trouver asile à Arenenberg en Suisse, où elle restera de 1817 à 1837, date de sa mort.

Hortense de Beauharnais est une figure complexe et attachante, à la fois reine, artiste et mère. Son exil et sa vie à Arenenberg témoignent de sa résilience et de sa capacité à trouver un sens à sa vie malgré les bouleversements politiques et personnels.

L'Héritage Familial de Joséphine : Les Ancêtres

L'histoire de Joséphine est également liée à celle de ses ancêtres, dont les racines remontent au Pays de Caux. Son père, Joseph Gaspard Tascher de la Pagerie, né le 5 juillet 1735 au Carbet, en Martinique, était écuyer, chevalier seigneur de La Pagerie, chevalier de la Dauphine (1752), lieutenant des canonniers bombardiers de la Côte (1757), capitaine de dragons, et chevalier de Saint-Louis.

En 1766, un cyclone ravage le domaine de la Pagerie, détruisant la maison d'habitation en bois. C'est dans cette demeure de fortune que Marie Rose vécut jusqu'à son entrée chez les dames de la Providence à Fort-Royal.

Son grand-père, Gaspard Joseph Tascher de la Pagerie, est originaire du Loir-et-Cher, où il est né le 15 septembre 1705 à Saint-Mandé. Capitaine de Dragons dans la Milice de Sainte-Lucie, il s'installe en Martinique vers 1726 pour y faire fortune dans le commerce du sucre. Il épouse Marie Françoise Boureau de la Chevalerie le 10 août 1734 au Carbet.

L'ascendance de Joséphine révèle des liens avec des familles nobles de Normandie, notamment la famille Dyel de Graville, dont un membre, Jacques Dyel du Parquet, fut gouverneur et lieutenant général de la Martinique.

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