Il est légitime de se demander pourquoi certains enfants semblent bouger tout le temps. Est-ce simplement un excès d'énergie, un comportement normal lié à l'âge, ou existe-t-il une cause sous-jacente ? Cet article explore les différentes raisons pour lesquelles un enfant peut être constamment en mouvement, en mettant en lumière le Trouble Déficit de l’Attention avec ou sans Hyperactivité (TDAH), les réflexes archaïques non intégrés, et d'autres facteurs possibles.
Introduction
De nos jours, de plus en plus de parents se trouvent confrontés à un enfant qui bouge beaucoup et qui a du mal à gérer ses émotions. Ce comportement est fréquent et en rapport avec leur développement. Face à cette situation, il est normal de ressentir de l’inquiétude et des interrogations. Il est important de comprendre les causes possibles de cette agitation afin d'accompagner au mieux l'enfant vers un épanouissement optimal.
Hyperactivité, TDAH ou Simple Excès d'Énergie ?
Certains enfants semblent avoir une énergie inépuisable. Ils bougent constamment, même dans des moments où la tranquillité est attendue, comme en classe ou lors des repas. Dans la plupart des cas, cela peut refléter un besoin naturel de mouvement pour favoriser leur développement. L’enfant turbulent est un petit être qui bouge sans cesse et veut découvrir son environnement. Il pose de nombreuses questions aux personnes qui l’entourent et cherche toujours à apprendre de nouvelles choses. Pour tout apprendre, il faut sans cesse expérimenter. Les enfants au comportement turbulent font preuve d’une grande créativité et d’une imagination débordante. Notons cependant qu’ils partent toujours d’une bonne intention. Le grand dynamisme est certainement l’une des caractéristiques essentielles de l’enfant turbulent. Son agitation est assez importante et peut devenir incontrôlable, à certains moments. Il est parfois difficile de canaliser son énergie. L’enfant donne l’impression d’être à la fois une tornade et une pile électrique. Sauter sur le lit des parents dès le réveil, faire le pitre, crier, se défouler… l’enfant turbulent ressent un grand besoin d’extériorisation ! Il ne tient pas en place et est très impulsif.
Le TDAH, ou trouble du déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité, est un diagnostic posé lorsqu’un enfant présente des difficultés persistantes à se concentrer, à rester calme ou à suivre les règles. Appelée TDAH (Trouble du déficit de l’attention avec hyperactivité), elle concernerait 3 à 5 % des enfants d’âge scolaire dans notre pays, un à deux par classe, soit 400 000 âgés de 4 à 18 ans. Il s’agit en fait d’un dysfonctionnement de la dopamine, un neurotransmetteur du cerveau agissant sur la concentration, l’attention et la motricité. En général, plus l’enfant grandit et plus l’agitation motrice diminue, même si les difficultés peuvent persister chez les adultes. Le TDAH est défini à partir de différents symptômes que sont le déficit de l’attention, l’hyperactivité motrice et l’impulsivité. Cependant, il est essentiel de prendre en compte d’autres facteurs avant d’arriver à cette conclusion. Une évaluation complète, intégrant l’environnement de l’enfant et ses habitudes, est nécessaire pour éviter un diagnostic précipité.
Le TDAH plus fréquent chez les garçons. Le TDAH survient plus souvent chez les garçons que chez les filles, mais avec des caractéristiques un peu différentes.
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Le TDAH avant l’âge de 5 ans. Le diagnostic de TDAH est plus difficile à ces âges. En effet, cela s’explique par l’immaturité du cerveau du jeune enfant et notamment ses capacités de concentration et de gestion de ses comportements. Ces dernières ne commencent à être suffisamment matures qu’entre 6-7 ans. Impossible donc de parler de TDAH avant que le cerveau n’ait la capacité d’être «raisonnable» comme nous l’employons communément.
Symptômes du TDAH
Dans le TDAH, trois types de symptômes peuvent se manifester : l’inattention, l’impulsivité et l’hyperactivité. Ils peuvent être variables d’un enfant à l’autre. Parfois, un symptôme prédomine ou est absent. Par exemple, il existe des formes de TDAH sans hyperactivité où prévaut l’inattention et d’autres où l’hyperactivité et l’impulsivité sont majoritaires.
L’inattention ou déficit d’attention. L’inattention est au cœur du trouble. C’est le symptôme général qu’on retrouve chez tous les enfants (et adultes TDAH). C’est une difficulté qui persiste tout au long du développement d’un individu. Les enfants auront du mal à rester concentré sur une tâche donnée et une fois commencé ils auront beaucoup de mal à la terminer. Ils seront, de plus, très distraits par n’importe quel stimulus. Par exemple lorsque vous jouez avec votre enfant, vous pouvez voir qu’il passe rapidement d’une activité à une autre sans jamais vraiment faire preuve de persévérance dans l’une d’elles. Avec un TDAH, les enfants auront beaucoup de mal à garder une routine (par exemple, la routine d’avant dodo : mettre son pyjama, se laver les dents, faire pipi, se coucher). Il n’automatise pas ces comportements.
Une forte impulsivité. Chez les enfants, cette impulsivité est plutôt motrice et cognitive. Par exemple, dès que quelque chose leur plait, ils vont l’arracher des mains d’un autre, s’ils connaissent la réponse ils vont répondre spontanément sans lever le doigt, sur les 5 consignes ils vont peut-être en lire 2 et faire la même chose aux autres exercices même si ce n’est pas ce qui est demandé. C’est en classe où cela posera le plus de problème et le plus gênant. L’enfant répond donc trop vite aux sollicitations et agit avant de réfléchir aux consignes et aux conséquences de ses actes. Il coupe souvent la parole et ne sait pas attendre. Il intervient donc tout le temps sans faire attention aux autres autours.
L’hyperactivité. Ce symptôme est facultatif pour diagnostiquer un TDAH pour les raisons évoquées en introduction. Certains enfants la présentent, d’autres non. Elle peut être le syndrome principal ou au contraire n’être que légère voire absente. De plus en grandissant, les enfants hyperactifs trouvent des prétextes pour bouger (aller faire les courses, se lever remplir la carafe d’eau 3 fois…) et s’adapter à leurs symptômes. Comme ils s’améliorent, cela ne dérange plus tellement. Les enfants TDAH avec hyperactivité auront du mal à rester assis et pourront se lever à n’importe quel moment, même en classe où la règle est de rester assis. Ils auront du mal à tenir en place, se tortillent, jouent avec leurs mains, avec des stylos, font tomber leur trousse, leurs classeurs etc. S’ils restent assis, ils compensent leur besoin de bouger par des petits bruits par exemple avec la bouche ou avec le matériel qu’il trouve à proximité.
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Impacts du TDAH dans le Quotidien
Comme dit précédemment, le TDAH gêne l’enfant et les autres. Ce trouble impacte donc fortement la vie sociale, familiale et scolaire de l’enfant. C’est souvent à l’âge scolaire, que ce trouble se révèle gênant. Les difficultés sont alors nombreuses : résultats instables, retard dans les apprentissages avec parfois comme résultat un redoublement, avertissements de conduite pouvant aller jusqu’à des exclusions.
Au niveau social, l’enfant TDAH peut être mis à l’écart dans les groupes d’amis ou à l’inverse avoir plusieurs amis mais ne jamais être invité aux anniversaires. L’enfant se sent alors dévalorisé et développe une mauvaise estime de lui-même. Il y a un risque de découragement, puisque l’enfant fait tout ce qu’il peut pour se contrôler, rester concentré, etc, mais cela est plus fort que lui. Il se sent donc impuissant face aux efforts qu’il fait mais qui ne fonctionnent pas. Les autres le blâment, le grondent le punissent et cela augmente les effets négatifs.
Les répercussions au sein de la famille sont également importantes, avec un épuisement des parents qui les amène souvent à consulter. Les enfants TDAH sont en opposition et expriment des idées parfois suicidaires.
Prise en Charge du TDAH
Prise en charge multimodale : Elle signifie qu’il faudra allier plusieurs prises en charge pour aider l’enfant à compenser ses difficultés. La prescription de psychostimulants a démontré son efficacité. Les effets bénéfiques des thérapies comportementales ont été décrits.
La prise en charge psychologique des enfants atteints de ce trouble est indispensable. La thérapie cognitive et comportementale (TCC) montre de bons résultats. Celle-ci vise à modifier le comportement de l’enfant en lui apprenant à fixer son attention et à réfléchir avant d’agir, lui qui est souvent impulsif. C’est aussi un bon moyen pour les parents d’apprendre à gérer les comportements pas toujours faciles de leur enfant.
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En plus d’un suivi psychologique, il est également recommandé de réaliser un suivi avec un psychomotricien. Il entera, quant à lui, de réguler son impulsivité.
Un médicament permet de traiter l’hyperactivité, il s’agit du traitement par Méthylphénidate (commercialisé sous le nom de Ritaline®, Concerta®, Quasym®, Medikinet®). Celui-ci permet d’améliorer l’attention et les performances de certains enfants. Pour autant, elle ne permet pas de guérir, mais elle stimule le système nerveux central en augmentant la concentration. Sa prescription se fait uniquement avec l’aide d’un spécialiste (neurologue, pédiatre ou psychiatre) aux enfants de 6 ans et plus en complément des prises en charge psychologique, éducative et sociale.
Et si les Réflexes Archaïques Étaient en Cause ?
Les réflexes archaïques sont des réactions automatiques présentes chez les nourrissons, comme le réflexe de succion ou de grasping. Par exemple, le réflexe de Moro est activé par une sensation de chute. Il provoque une extension brusque des membres suivie d’un resserrement (c'est pour cela qu'on parle aussi de réflexe de l'embrassade). Le réflexe parachute est celui qui permet de tendre les bras lorsque le buste penche vers l'avant. Ces réactions sont normales à la naissance et jouent un rôle crucial dans les premiers mois de vie.
Mais si ces réflexes persistent au-delà de la période attendue, qu'ils sont trop fortement présents ou au contraire n'ont pas été assez présents, ils peuvent considérablement perturber le développement moteur, cognitif, émotionnel et même social de l'enfant ! Un réflexe archaïque non intégré agit comme un programme dépassé, mais encore actif dans le cerveau de l’enfant. Cela peut créer des mouvements parasites qui vont entrainer des difficultés d’attention ou des problèmes moteurs. Ainsi, un enfant ayant un réflexe parachute non intégré pourrait sembler maladroit ou se fatiguer rapidement. Un enfant qui a un réflexe de Moro persistant, pourrait quant à lui est très facilement stressé, car sans cesse sur le qui vive par le déclenchement excessif du système sympathique qu'induit l'activation de ce réflexe. Enfin, le réflexe de Galant provoque une flexion latérale du tronc lorsqu'on stimule le bas du dos du nourrisson. Et vous le devinez surement mieux à présent, tout cela peut donc avoir des conséquences sur les capacités de votre enfant à se concentrer, à apprendre ou à rester calme et immobile de longs moments, comme sur sa chaise à l'école !
Impacts des Réflexes Archaïques Non Intégrés sur l’Enfant
- Symptômes : attention, agitation et troubles d’apprentissage. Un enfant avec des réflexes archaïques non intégrés peut présenter divers symptômes. Ces problèmes d’attention peuvent avoir des conséquences sur le travail scolaire et la confiance en soi de l’enfant. Un enseignant pourrait interpréter ces comportements comme un manque de discipline, alors qu’ils reflètent un besoin profond de mouvement pour soulager une tension interne.
- Conséquences sur la posture, la motricité et l’énergie. Les réflexes archaïques non intégrés affectent aussi la motricité et la posture. Un réflexe de Galant non intégré peut rendre un enfant plus agité, car la stimulation involontaire de son dos entraîne des mouvements réflexes incontrôlés. Ces troubles génèrent souvent une fatigue accrue, car l’enfant doit fournir un effort supplémentaire pour accomplir des tâches simples. Au lieu de vivre le mouvement avec plaisir, il peut ressentir de la frustration ou de l’inconfort, ce qui complique davantage son quotidien.
Accompagner son Enfant Grâce à des Exercices Adaptés
La bonne nouvelle, c’est que les réflexes archaïques non intégrés peuvent être pris en charge. Des exercices spécifiques permettent de les réintégrer dans le cerveau et de restaurer un fonctionnement plus harmonieux. Ces mouvements, inspirés des étapes naturelles du développement de l’enfant, aident à recréer les connexions neuronales appropriées. Ces activités, réalisées dans un environnement accueillant et tranquille, permettent à l’enfant de progresser sans pression.
Autres Causes Possibles de l'Agitation
Outre le TDAH et les réflexes archaïques non intégrés, d'autres facteurs peuvent contribuer à l'agitation chez un enfant :
Facteurs environnementaux : Un cadre familial particulier, « il peut arriver que les dysfonctionnements familiaux créent des troubles d’attention et de l’hyperactivité, car si par exemple il y a un parent dépressif, il peut arriver que l’enfant essaye de mettre son parent “en vie”, donc il s’agite.
Sur-stimulation : Les bébés sont de plus en plus stimulés, même avant leur naissance. Les parents souhaitent parfois entrer en contact avec leur futur enfant via l’éveil prénatal. Dès qu’il est né, on le laisse de moins en moins se reposer dans une chambre au calme. En grandissant, l’enfant est attiré par les écrans (TV, tablette, ordinateur, smartphone…). Il participe à de nombreuses activités et a rarement le temps de s’ennuyer.
Besoin d'attention : Si toutefois, il n’arrive vraiment pas à rester tranquille plus de dix minutes d’affilée, vous devez vous poser la question : ne fait-il pas simplement « l’intéressant » pour que vous vous occupiez plus de lui. A tort ou à raison, il se sent peut-être sur la touche.
Anxiété : Un enfant qui reste turbulent après 8-10 ans, n’est pas seulement doté d’une sacrée vitalité. Il est normalement entré dans ce que l’on appelait autrefois l’âge de raison, qui correspond effectivement à un véritable tournant sur le plan de la maturité intellectuelle et psychologique. Il peut donc avoir besoin de s’agiter pour ne pas trop réfléchir à des choses qui lui font peur.
Comment Aider un Enfant Turbulent ?
Plusieurs stratégies peuvent être mises en place pour aider un enfant turbulent à mieux gérer son énergie et son comportement :
Créer un cadre de vie structuré : Il a besoin d’un cadre de vie clair et simple pour être tranquille. Pour l’inciter à être moins agité, il est idéal de lui proposer certaines règles à suivre. après l’école, on va faire 30 minutes d’activité au choix. Notons qu’une activité relax (exercices de respiration abdominale ou yoga) est parfaite pour l’apaisement. On oublie tout ce qui est écran après l’heure du souper : leur luminosité a tendance à “réveiller le cerveau”.
Encourager l'expression des émotions : Si l’enfant fait preuve d’impulsivité, de turbulence, de troubles d'hyperactivité ou qu'il vit une période difficile, il est nécessaire de le faire parler. Lui lire une histoire aide à le questionner sur les émotions qu’il ressent. Faire parler les personnages en lui demandant comment il se sentirait dans la situation du livre contribue à l’expression de ses pensées. Enfin PEDIAKID® Nervosité associe des principes actifs naturels efficaces (Passiflore, Houblon, Mélisse, fleurs d’Oranger) pour réduire l’agitation et les petits déséquilibres émotionnels des enfants tels que la mauvaise humeur et la nervosité qui peuvent être entretenus par le rythme effréné de la vie moderne.
Proposer des activités physiques régulières : Il veut du physique, de l’action ? Il faut lui en donner, même si les après-midi au square ne sont pas votre tasse de thé. Le garder enfermé un après-midi à la maison est la pire des punitions pour un petit garçon de cet acabit. S’il n’a pas de problèmes de croissance, n’hésitez pas à l’inscrire très tôt à une activité sportive régulière (découverte du judo, du foot…) qui va le défouler tout en lui apprenant à contrôler ses mouvements.
Favoriser les moments de calme et d'ennui : Si votre enfant est turbulent, demandez-vous si vous lui laissez la possibilité de se poser de temps en temps. Souvent, on rentre de l’école, on fait les devoirs, on prend la douche, on mange, on joue une demi-heure et au lit. Or, les enfants ont besoin de s’ennuyer.
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