L'acquisition de la propreté est une étape importante dans le développement d'un enfant. Cependant, il arrive que certains enfants de 3 ans ne soient pas encore propres, ce qui peut être une source d'inquiétude pour les parents. Il est essentiel de comprendre les causes possibles de ce problème afin de pouvoir mettre en place des solutions adaptées.

Acquisition de la propreté : un processus individuel

Comme pour l'apprentissage de la marche, l'âge de l'acquisition de la propreté varie d'un enfant à l'autre. Il est donc important de ne pas comparer son enfant aux autres et de respecter son rythme. "L’acquisition de la propreté : Des conseils axés sur l’enfant" publiée par la revue Paediatrics & Child Health montre que la propreté diurne ne dépend pas de l’âge de l’enfant, mais de sa réceptivité à devenir propre. Les pédiatres recommandent d'oublier les anciennes recommandations qui fixaient un âge précis pour l'apprentissage de la propreté et de se concentrer sur l'observation du développement de l'enfant.

Avant deux ans environ, un enfant ne sait pas contrôler ses sphincters, il n’a pas la sensation « d’organes pleins », et il risque de ne pas être prêt physiologiquement, et psychologiquement. Si un enfant sait monter et descendre seul les marches d’un escalier, c’est un des signes disant qu’il peut être prêt. Acquérir ce défi psychomoteur prouve qu’il commence à maitriser son corps, ses sphincters, et qu’il peut passer à l’étape du pot. Mais en dehors de l’aspect physiologique, il faut surtout que l’enfant ait envie de passer au pot. Est-ce qu’il aime planquer des trucs dans ses couches, comme des cailloux (oui), des jouets ? C’est un signe. Est-ce qu’il maitrise bien les jeux de transvasement ? C’en est un autre. Est-ce qu’il prête ses jouets de lui-même à un autre enfant ? Si c’est le cas, c’est qu’il a la maturité nécessaire pour passer à cette grande étape.

Les causes possibles du manque de propreté à 3 ans

Plusieurs facteurs peuvent expliquer pourquoi un enfant de 3 ans n'est pas encore propre :

  • Immaturité physiologique : l'enfant n'a pas encore acquis le contrôle de ses sphincters.
  • Immaturité émotionnelle : l'enfant n'est pas prêt psychologiquement à abandonner les couches.
  • Manque d'envie : l'enfant n'a pas envie d'apprendre à être propre.
  • Pression parentale : les parents mettent trop de pression sur l'enfant, ce qui peut le bloquer. Dans la famille de Teresa, les enfants reçoivent un pot avec leurs cadeaux pour leur deuxième anniversaire, c’est une tradition depuis trois générations. « Quand j’étais enfant, je pensais que c’était comme ça dans toutes les familles, raconte-t-elle en riant. Mais, derrière ce rituel en apparence rigolo, il y a quelque chose de l’ordre de l’injonction, on dit à l’enfant : “Allez hop ! Tu as deux ans, tu te débrouilles comme tu veux, mais les couches, c’est terminé !” Quel stress, quand même ! »
  • Événements stressants : un changement important dans la vie de l'enfant (déménagement, naissance d'un frère ou d'une sœur, rentrée à l'école) peut entraîner une régression de la propreté.
  • Constipation : une défécation douloureuse due à une constipation peut rendre les enfants inquiets à l’idée de recommencer, ce qui les incite à se retenir.

Régression de la propreté : faire face aux facteurs

En tant que parent d’un jeune enfant, vous avez changé des milliers de couches. Vous avez surmonté avec votre enfant tous les aléas de l’acquisition de la propreté. Au fil du temps, les accidents se font de plus en plus rares. Vous avez réussi ! Un beau jour, en regardant le paquet de couches, vous vous dites enfin : Je ne vais plus en avoir besoin… Mais au bout de quelques semaines, les accidents se répètent : la nuit, pendant la sieste, dans la voiture, à l’école. Votre enfant, qui était pourtant propre, a besoin ou veut de nouveau porter une couche. Plusieurs facteurs peuvent expliquer cette régression de la propreté.

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La rentrée à la maternelle est déjà, en elle-même, une étape qui peut les inquiéter. Comment faire face aux facteurs de la régression de la propreté ?

Comment aider un enfant de 3 ans à devenir propre ?

Voici quelques conseils pour aider un enfant de 3 ans à devenir propre :

  • Soyez patient et compréhensif : ne mettez pas de pression sur votre enfant et respectez son rythme. Rien ne sert de gronder, de s’énerver en cas d’accident, ça ne fera que le stresser et le bloquer.
  • Créez un environnement positif : faites en sorte que l'apprentissage de la propreté soit une expérience agréable et amusante.
  • Utilisez des outils adaptés : proposez à votre enfant un pot ou un réducteur de toilettes adapté à sa taille et à ses besoins. Le pot peut être effrayant et intrigant pour une petite personne qui a toujours utilisé des couches. La première chose à faire serait de le laisser s’approprier l’objet, en lui présentant, en lui expliquant à quoi ça sert, et en le laissant même jouer avec. S’il a envie de s’assoir tout habillé dessus, c’est ok, s’il a envie de mettre ses doudous dessus, c’est ok aussi, s’il a envie de faire ses besoins dans sa couche tout en étant assis dessus, pourquoi pas ! Le pot doit devenir un objet familier, qu’il retrouve dans les toilettes, là où ses parents s’assoient également plusieurs fois par jour (et il le sait très bien, puisque comme tous les enfants du monde ou presque, il est toujours là à vous mater quand vous déposez une offrande au dieu des égouts). D’ailleurs, vous pouvez aussi lui laisser la possibilité de choisir le pot qu’il veut, en lui montrant des modèles sélectionnés pour l’impliquer complètement.
  • Mettez en place une routine : proposez à votre enfant d'aller aux toilettes à des moments réguliers de la journée (après les repas, avant la sieste, avant de sortir). Surtout, il est primordial de ne rien imposer. Proposez-lui régulièrement le pot à heures plus ou moins fixes, ou du moins à « évènements réguliers ». Avant la sieste, après ou avant de manger, avant de sortir en balade… Vous pouvez lui demander s’il a envie de faire pipi, lui proposer de s’installer sur le pot pour essayer, et si ça vient, c’est bingo. On félicite, et on passe à autre chose. Si ça ne vient pas, on n’insiste pas, et on passe à autre chose aussi.
  • Félicitez votre enfant : encouragez-le et félicitez-le lorsqu'il réussit à faire ses besoins aux toilettes. Le féliciter parce qu’il a réussi à faire ses besoins, oui, mais surjouer ou le récompenser avec une sucrerie, par exemple, n’est pas la meilleure des solutions. L’enfant doit être propre pour lui-même, pas pour vous faire plaisir ou pour avoir quelque chose en échange.
  • Expliquez-lui : C'est le moment de verbaliser ce qui se passe, de lui expliquer pourquoi il doit essayer de faire ses besoins sur le pot - parce qu’il est un grand, parce que c’est plus agréable pour lui, le tout sans lui foutre la pression. Ce n’est pas franchement la peine de lui dire une phrase du genre « il faut que tu sois propre pour aller à l’école » parce qu‘il risque de stresser sous la pression, et de développer des problèmes relou, se constiper, se retenir à outrance, etc. De la mesure, de la nuance, et de la patience sont les maitres mots.
  • Utilisez des livres jeunesse : Si vous voulez vous appuyer sur des livres jeunesse pour vous aider, il y en a à profusion. Tout personnellement, ma fille avait une véritable passion pour ce petit couillon de Petit Ours Brun et son album Petit Ours Brun sur le pot, mais je vous recommande également Le grand voyage de Monsieur Caca ou encore le classique Qu’y a-t-il dans ta couche de Guido Van Genechten.
  • Culottes d'apprentissage : Si votre enfant commence à piger un peu le concept de la propreté et que vous supprimez progressivement les couches tout en priant pour qu’il ne se fasse pas dessus dès que vous êtes en extérieur, il y a aussi la solution géniale de la culotte absorbante de la marque Teed. Teed, c’est une marque de culottes d’apprentissage spécialement faites pour les enfants. Absorbantes, confortables et avec un design et une coupe soignés (et unisexes !), elles remplacent la couche, mais n’absorbent pas tout autant, pour accompagner l’enfant en douceur vers la continence. Concrètement, si pipi il y a, il y a le temps de filer se changer avant que tout le pantalon ne soit trempé. L’enfant comprendra qu’il est mouillé, que ce n’est pas ce qu’il y a de plus agréable, et que c’est mieux d’être dans des dessous propres et au sec.
  • Soyez attentif aux signes de constipation : Surveillez les selles de votre enfant et consultez un médecin si vous pensez qu'il est constipé. Expliquez-lui que notre corps fabrique des selles tous les jours et qu’elles ont besoin d’être évacuées. Des petits livres sur le sujet peuvent lui permettre de mieux comprendre ce qu’il se passe dans son corps. Laissez votre tout-petit décider du moment où il veut se rendre aux toilettes.Incitez-le à aller sur le pot, en lui proposant de compléter un calendrier ou un tableau de ses progrès avec des étoiles.L’utilisation de culottes d’apprentissage de la propreté comme les Huggies® Pull-Ups® pourra l’encourager à se soulager plutôt qu’à se retenir.Faites en sorte que le pot soit accessible en le gardant dans une pièce où il a l’habitude de jouer. Dans les premiers jours, ça peut lui servir de rappel visuel.Demandez à votre pédiatre de vous prescrire des laxatifs ou des émollients fécaux (pour ramollir les selles) si vous suspectez que votre enfant souffre d’encoprésie.Aidez votre tout-petit à se changer s’il a eu un accident. Faites-le rapidement, sans commentaires ni récrimination. Rappelez-vous que faire caca sur le pot, ou aux toilettes, peut demander un peu plus de temps que de réussir à y faire pipi. Un peu de patience et beaucoup d’encouragements aideront votre tout-petit à franchir cette nouvelle étape sans stress.

Encoprésie et constipation : quand consulter ?

Quand un enfant n'a pas encore de selles régulières, et qu'il commence à les retenir, le côlon peut alors se distendre et se boucher. L'enfant peut alors connaître des fuites de matière fécale ou bien, au contraire, avoir un bouchon qui lui fait mal quand il tente d’aller à la selle. Le traitement de l'encoprésie varie en fonction de sa cause et implique souvent l'utilisation de laxatifs pendant un certain laps de temps. C’est la raison pour laquelle il est important que les parents demandent conseils à leur pédiatre ou leur médecin, si leur enfant semble se retenir d’aller à la selle. Cela permettra de déterminer s’il s’agit d’un problème médical ou non et de trouver une solution au plus vite. Gardez en tête que la constipation peut également être une cause d’accidents urinaires en journée.

Si à quatre ans, il n’est toujours pas propre ou qu’il ne montre pas d’intérêt à l’être, n’hésitez pas à vous rapprocher de votre médecin qui pourra vous aider et vous aiguiller.

L'approche Montessori

Le site officiel de la Montessori Foundation (3) donne les clés de l’acquisition de la propreté selon la méthode Montessori. Il s’agit d’accompagner l’enfant, sans pression ni attente, dans l’acquisition de la propreté. Les pédagogues Montessori invitent les parents à encourager les enfants dans leur curiosité et leur envie d’être propres, en le mettant sur le pot s’ils en font la demande, même s’ils n’ont pas encore cette capacité, et en évitant toute pression liée à l’attente de résultats.

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Rentrée scolaire et propreté

La « propreté » d’un enfant avant sa rentrée à l’école est un des sujets bien stressants pour les parents. On vous donne quelques astuces pour aider votre héritier à passer le cap. Déjà, revenons un peu sur cette expression : « être propre ». Alors oui, un enfant se retrouve parfois le visage barbouillé de chocolat, de sauce tomate, de boue, de colle à paillettes (true story), mais ce n’est pas parce qu’il utilise encore des couches qu’il n’est « pas propre ». Pourtant, dans le vocabulaire collectif et le doux monde de la parentalité, un enfant qui ne sait pas aller aux toilettes pour se soulager n’est pas considéré comme « propre » et peut voir, selon les écoles, son entrée en maternelle décalée jusqu’à ce qu’il lâche ses couches. La rentrée approchant à grands pas, de nombreux parents commencent à flipper parce que leur chère tête blonde n’est pas du tout en phase avec la lunette de w.c.. Pas de panique ! On va vous donner quelques petites astuces pour l’aider, en douceur, et sans pression.

Il est essentiel de discuter avec lui sereinement. « Plus les parents seront détendus, plus les petits seront performants. Si les adultes sont anxieux, l’enfant pourrait le ressentir, ce qui pourrait davantage le bloquer. Il faut surtout lui faire confiance », explique Marielle Da Costa. « Dites-lui que désormais c’est un grand, et qu’il doit aller sur le pot ou les toilettes. Il peut aussi arriver que les enfants aient des petits maux de ventre, des petits problèmes intestinaux. Dans ce cas, il est essentiel de le rassurer, de dédramatiser la situation face à son enfant qui pourrait s’inquiéter », précise la spécialiste.

Pensez également à enlever la couche la journée, pendant les heures de réveil. « Les parents doivent emmener leur enfant aux toilettes avant et après la sieste. « C’est en prenant ce réflexe que les petits prennent conscience de ce qui se passe au niveau de leur corps », souligne Marielle Da Costa. « On commence graduellement, on enlève la couche lorsqu’il est éveillé, ensuite pendant la sieste et enfin pendant la nuit. » Votre enfant doit aussi se sentir à l’aise. S’il n’aime pas le pot, préférez un réducteur de toilettes sur lequel il se sentira peut-être plus stable. Pour aider votre bambin à devenir propre, mais également lui donner confiance, n’hésitez pas à l’encourager (sans trop en faire quand même). « Mis à part chez les enfants qui souffrent d’un problème physiologique, l’acquisition de la propreté peut se faire rapidement. Les petits sont déjà matures au niveau neurologique, leur cerveau est éduqué, il suffit juste de s’atteler aux rituels. Et puis, même inconsciemment, l’enfant se préoccupe de la propreté. C’est donc aussi aux adultes de faire un travail sur eux-mêmes en laissant davantage d’autonomie à leur enfant et se dire qu’il n’est plus un bébé.

Lors de l’apprentissage de la propreté, certains enfants auront tendance à se retenir. Dans ce cas, « il peut être intéressant de faire des jeux d’eau, en ouvrant et fermant le robinet, ou en remplissant et renversant des récipients dans le bain, par exemple. Au cours des premiers jours de l’acquisition de la propreté, les enfants peuvent parfois refaire dans la culotte. Une régression peut aussi se manifester à l’approche de la rentrée ou même durant les premiers jours d’école. Et pour cause, certains enfants peuvent tout simplement être stressés par ce nouvel environnement, d’autres sont séparés de leurs parents pour la première fois. Mais de petits accidents arrivent également lorsque les enfants sont trop absorbés dans leurs jeux. Dans tous les cas, il est essentiel de ne « pas s’énerver, d’accepter l’échec. Il est important de montrer aux petits qu’on a le droit à des faiblesses, tout en leur précisant que, la prochaine fois, ils devront penser à aller aux toilettes.

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