L'obésité infantile est un problème de santé publique croissant dans de nombreux pays. Elle résulte d'un déséquilibre énergétique entre les apports alimentaires et les dépenses énergétiques, mais ses causes sont multifactorielles et complexes. Comprendre ces causes et les conséquences potentielles est essentiel pour une prise en charge précoce et efficace.
Causes de l'obésité infantile
L'obésité infantile, définie par un excès de masse grasse, résulte d'un déséquilibre de la balance énergétique. Plusieurs facteurs peuvent contribuer à ce déséquilibre :
- Mode de vie : La sédentarité, le temps passé devant les écrans, le manque de sommeil et un mode de vie mal adapté (voiture, bus) sont des facteurs importants. Le manque d'exercice physique entraîne une dépense énergétique insuffisante par rapport aux apports nutritionnels.
- Facteurs socio-environnementaux : L'éducation diététique, la précarité et l'environnement familial jouent un rôle crucial. Une mauvaise nutrition, liée à de mauvaises habitudes de vie provoquées par l'environnement familial, peut également contribuer à l'obésité.
- Facteurs individuels : L'âge, le sexe, l'hérédité et une prédisposition génétique peuvent influencer le risque d'obésité. L'obésité infantile est considérée comme une véritable maladie des centres régulateurs du poids, avec une forte héritabilité génétique.
- Troubles du comportement alimentaire : L'hyperphagie, la tachyphagie, la boulimie et les compulsions alimentaires peuvent entraîner une consommation excessive de calories.
- Facteurs psychologiques : La dépression, le stress, l'anxiété et les événements de vie traumatiques peuvent également jouer un rôle dans la prise de poids. Les jeunes qui sont taquinés ou ridiculisés à propos de leur poids peuvent accuser une augmentation de leur masse corporelle.
- Facteurs biologiques : Les maladies endocriniennes, les traitements médicaux et les perturbations du microbiote peuvent influencer le métabolisme et favoriser la prise de poids.
Il est important de noter que l'obésité n'est pas toujours due à la malbouffe. Les gènes, les perturbateurs endocriniens et des causes psychiques peuvent également être en cause.
Conséquences de l'obésité infantile
L'obésité infantile peut avoir des conséquences psychosociales et physiques importantes :
- Conséquences psychosociales : Moqueries, faible estime de soi, isolement, stigmatisation, manque de confiance en soi et troubles de santé mentale (dépression) sont des conséquences fréquentes. Les enfants et adolescents en situation de surpoids ou d'obésité sont généralement moins épanouis et ont une moins bonne image de leur corps.
- Conséquences physiques : Problèmes articulaires, essoufflement à l'effort, puberté précoce, pilosité, troubles glycémiques, dyslipidémies, syndrome d'apnée du sommeil, diabète, maladies cardio-vasculaires et certains cancers sont des complications possibles à long terme. L'obésité peut également entraîner des difficultés respiratoires, des troubles musculosquelettiques, un risque accru de fractures et une hypertension artérielle.
L'obésité et le surpoids des enfants peuvent avoir des répercussions tout au long de la vie de la personne. Les enfants en surpoids sont plus susceptibles de devenir obèses et de connaître des troubles comportementaux et émotionnels pendant leur jeunesse. À l'âge adulte, ils peuvent ensuite développer des maladies non transmissibles.
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Prise en charge de l'obésité infantile
La prise en charge de l'obésité infantile est médicale et doit être globale et multidimensionnelle. Elle doit être coordonnée, graduée et inscrite dans la durée pour être efficace. La Haute Autorité de Santé (HAS) a publié un guide pour optimiser le parcours de soins de l'enfant et de l'adolescent en situation de surpoids ou d'obésité.
La prise en charge comprend généralement :
- Dépistage : La mesure de l'indice de masse corporelle (IMC) est le point de départ du dépistage du surpoids et de l'obésité.
- Évaluation : L'évaluation doit prendre en compte les aspects médicaux, psychologiques et sociaux. Devant toute obésité sévère (IMC > 35) et/ou précoce (avant 6 ans), l'enfant doit être envoyé pour évaluation dans l'un des 37 centres spécialisés obésité (CSO). De même, en cas d'IMC > 30 avec une problématique psychosociale ou une comorbidité, l'adressage d'emblée est aussi recommandé.
- Intervention sur le mode de vie : L'intervention doit porter sur l'alimentation, l'activité physique et le sommeil. Il est important d'adopter une alimentation équilibrée, de limiter la consommation de boissons sucrées et d'aliments transformés, d'encourager l'activité physique régulière et de veiller à un sommeil suffisant.
- Soutien psychologique : Un soutien psychologique peut être nécessaire pour aider l'enfant et sa famille à faire face aux difficultés liées à l'obésité.
- Traitement médicamenteux : Dans l'obésité non liée à une maladie rare, seuls deux médicaments sont actuellement disponibles, pour les plus de 12 ans (liraglutide, sémaglutide). Leur prescription est réservée aux pédiatres et médecins nutritionnistes endocrinologues.
- Chirurgie bariatrique : La chirurgie bariatrique peut être envisagée dans les cas d'obésité sévère qui n'ont pas répondu aux autres traitements.
Il est important d'impliquer l'enfant dans sa prise en charge et de l'aider à adhérer au projet. Il est également essentiel d'impliquer la famille et de modifier les habitudes de vie de toute la famille.
Prévention de l'obésité infantile
La prévention de l'obésité infantile commence dès la petite enfance :
- Allaitement maternel : L'UNICEF et l'Organisation mondiale de la santé (OMS) recommandent un allaitement maternel exclusif durant les 6 premiers mois de vie du nourrisson, puis une poursuite de l'allaitement au moins jusqu'à l'âge de 2 ans.
- Alimentation diversifiée : L'enfant de 6 à 23 mois doit consommer des aliments complémentaires variés et nutritifs.
- Activité physique : Il faut encourager l'activité physique dès le plus jeune âge.
- Sommeil suffisant : Il faut veiller à ce que l'enfant ait un sommeil suffisant.
- Éducation diététique : Il faut éduquer les enfants et les familles à une alimentation saine et équilibrée.
- Limitation du temps passé devant les écrans : Il faut limiter le temps passé devant les écrans.
L'UNICEF agit contre l'obésité et le surpoids des enfants en misant sur la sensibilisation des populations. Ses programmes nutritionnels ont pour objectif la prévention de la malnutrition maternelle et infantile. L'UNICEF encourage des politiques, des stratégies et des programmes visant à prévenir l'obésité et le surpoids au cours de la grossesse jusqu'à l'adolescence.
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Conseils aux parents
Voici quelques conseils aux parents pour aider leur enfant à maintenir un poids sain :
- Servir d'exemple : Les parents doivent adopter une alimentation saine et équilibrée et pratiquer une activité physique régulière.
- Ne pas gronder l'enfant : Il ne faut jamais gronder l'enfant à propos de son poids.
- Ne pas supprimer inutilement des aliments : Il faut peu à peu que l'enfant adhère au projet.
- Établir un petit programme avec des objectifs simples et progressifs : La conduite à tenir n'est naturellement pas la même à tenir chez un garçon de 8 ans que chez une fille de 12 ans. Adapter.
- Dédramatiser : Si le jeune commence à être convaincu que perdre du poids est un bon objectif, lui donner des pistes.
- Aider l'enfant à cibler ses habitudes de vie pour les modifier avec lui : Durée canapé, durée jeux, durée effort, faire une partie du trajet-école à pied, etc.
- Augmenter les rations de viandes blanches, de poissons maigres (pas de saumon, pas de thon).
- Consulter régulièrement un professionnel de santé : Qu'il y ait un contrat de confiance entre lui et SON docteur.
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