Jennifer Aniston, actrice américaine mondialement connue, est devenue, malgré elle, le symbole de la femme indépendante et sans enfants. Érigée en modèle de réussite comme célébrité child-free, elle a aussi été moquée pour ses périodes de célibat. Son parcours, marqué par des succès éclatants et des épreuves personnelles, témoigne d'une vie riche et complexe, scrutée par les médias et le public.
Une Enfance Marquée par l'Absence et le Jugement
Jennifer Aniston, toujours aussi jolie en couverture du nouveau Elle, a abordé quelques sujets inhabituels dans l'interview accompagnant cette une. L'actrice revient notamment sur son enfance et quelques mauvais souvenirs liés à ses parents. Baladée entre la Grèce (le nom de son père est Anastassakis) et les Etats-Unis jusqu'à ce que ses parents divorcent, la petite Jennifer Aniston s'établit à New York avec sa mère à l'âge de neuf ans.
"Je me souviens avoir demandé à ma mère, quand j'avais 7 ans, si j'étais aussi jolie que ma meilleure amie, Monique. Avec tout l'amour du monde, ma mère m'a regardée et a dit "Oh ma chérie, tu es tellement drôle'. Au moins, elle ne me mentait pas… Elle répondait aux questions sans répondre mais en m'expliquant ce qu'elle pensait être mes poins forts." Et outre cette relation assez directe avec sa mère, Jennifer Aniston ne pouvait pas trop compter sur son père… Ainsi, quand on lui demande quel est le pire souvenir de son enfance, elle répond sans hésiter : "Mon père qui s'en va et le fait de ne pas l'avoir vu pendant un an sans savoir où il était…"
Deux ans plus tard, elle s'inscrit à la Rudolf Steiner School et entreprend dès lors de devenir actrice. Étudiante sérieuse de la New York's High School of the Performing Arts (rendue célèbre par la série Fame) dont elle ressort diplômée en 1987, l'apprentie comédienne trouve de petits rôles dans des productions off-Broadway telles que For Dear Life ou Dancing on Checker's Grave.
L'Ascension d'une Star : De Friends à Hollywood
La jeune femme enchaîne alors les prestations télévisuelles de moindre importance et entre au cinéma par la petite porte avec un rôle dans la série Z horrifique Leprechaun en 1993. Mais la chance tourne rapidement pour l'actrice, enrôlée en 1994 pour incarner dans Friends le personnage de la gentiment capricieuse Rachel Green, qui lui rapportera l'Emmy de la Meilleure comédienne dans une série comique en 2002 et le Golden Globe dans la même catégorie l'année suivante. La notoriété est immédiate.
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Tout comme ses collègues qui font leur passage sur grand écran avec plus ou moins de réussite (Courteney Cox dans Scream, Lisa Kudrow dans Mafia blues), Jennifer Aniston retente l'aventure cinématographique avec la romance L'Objet de mon affection (1998), qui rencontre un succès timide. Profitant des pauses estivales entre les tournages des saisons de Friends, l'actrice trouve ainsi le temps de donner la réplique à Mark Wahlberg dans Rock Star en 2001, avant que la critique n'encense son rôle de femme mariée désenchantée dans le film indépendant The Good girl (2002).
Privilégiant les comédies, genre où elle excelle, Jennifer Aniston se retrouve à l'affiche en 2003 de Bruce tout-puissant face à Jim Carrey, puis en 2004 en petite amie fantasque de Ben Stiller dans Polly et moi avant d'incarner la fille du Lauréat dans La Rumeur court…. Depuis l'arrêt de la série Friends en mai 2004, la jeune femme se consacre entièrement au cinéma et a même fondé sa propre société de production, Plan B.
En 2005, elle aborde un rôle plus sombre avec le thriller Dérapage dans lequel elle côtoie Vincent Cassel et Clive Owen. Par la suite, l’actrice revient très vite vers la comédie, genre qui lui est familier, en décrochant les premiers rôles dans des films qui, comme La Rupture avec Vince Vaughn (2006), Marley & moi avec Owen Wilson (2009) ou Ce que pensent les hommes avec Ben Affleck (id.), rencontrent un très grand succès au box-office. En 2010, aux côtés de Gerard Butler, elle partage l'affiche du Chasseur de primes, mélange entre comédie romantique et film policier réalisé par Andy Tennant.
L'année suivante, Jennifer Aniston est à l'affiche de deux films, Le Mytho - Just Go With It où elle joue la fausse femme d'Adam Sandler et Comment tuer son Boss ? dans lequel elle campe l'un des boss du titre, une dentiste nymphomane qui rend la vie impossible à Dale (Charlie Day), son assistant. Lucratif, le film bénéficie d'une suite en 2014. Toujours au rayon comédie, elle tient le premier rôle féminin de Peace, Love et plus si affinités et retrouve, pour l'occasion, Paul Rudd, son partenaire de L'Objet de mon affection et Friends. Après un rôle remarqué dans la comédie déjantée Les Miller, une famille en herbe, Jennifer Aniston relève le défi en 2015 de jouer une femme dépressive et suicidaire qui tente de reprendre goût à la vie dans Cake.
La Pression de la Maternité : Un Combat Intime et Public
L'un des passages les plus forts de ce long entretien concerne la maternité. En effet, Jennifer Aniston fait partie des stars qui ne sont pas mères. L'actrice a tenu a expliquer pourquoi, ou en tout cas à répondre aux rumeurs qui circulent sur le sujet. "Ce sont des suppositions très indélicates. Personne ne sait ce qu'il se passe dans l'intimité d'un foyer. Personne n'imagine que cela soit un sujet douloureux pour moi et mon partenaire. Personne ne sait ce que j'ai traversé médicalement, et émotionnellement. Il y a une vraie pression sur les femmes pour qu'elles soient mères. Si elles ne le sont pas, elles ne sont bonnes à rien. Mais peut-être que ma destinée sur Terre n'est pas de procréer. Le message est clair. L'actrice laisse entendre que si elle n'a pas eu d'enfants, ce n'est pas forcément par choix.
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Jennifer Aniston n’a jamais eu d’enfant. Elle n’a jamais goûté à la maternité. À 56 ans, elle revient sur ce pan intime de sa vie dans une interview donnée au podcast Armchair Expert disponible en avant-première sur Wondery+. L’actrice y évoque ouvertement ses problèmes d’infertilité, ses nombreuses tentatives de fécondation in vitro - toujours infructueuses - et ce chemin difficile vers l’acceptation. Un deuil plus profond encore, puisqu’elle a aussi choisi de ne pas adopter : « Je veux mon propre ADN dans une petite personne. C’est la seule solution, égoïste ou non. Je l’ai toujours voulu », a-t-elle expliqué à Monica Padman, co-animatrice du podcast.
Face à la fin des traitements et à l’extinction des espoirs, l’Américaine assure pourtant avoir trouvé une forme de paix : « C’est tellement paisible… Il y a un moment où je ne peux plus rien faire. Je ne peux absolument rien y faire. » Un lâcher-prise qui ne nie pas l’émotion. Elle résume cette période avec un mélange de lucidité et de douceur : « Cela ne faisait tout simplement pas partie du plan, quel qu’il soit. […] C’est très émouvant, surtout au moment où ils disent “c’est fini”. C’est un moment étrange. » Mais aucun regret, assure-t-elle. Ni colère, ni sentiment d’injustice. Juste la vie, avec ses détours. « Me voilà aujourd’hui. Le navire a pris la mer », résume-t-elle. « Je ressens un certain soulagement maintenant, car il n’y a plus de “Est-ce que je peux ? Peut-être. Peut-être.” Je n’ai plus besoin d’y penser. » Libérée de ces questionnements, elle admet s’être souvent projetée dans la maternité, notamment avec ses anciens compagnons : « On se disait qu’on aurait fait de bons enfants… Mais ce sont des choses qu’on romance après, quand on est de l’autre côté. Parce que c’est hors de notre contrôle. »
À la suite de sa séparation avec Brad Pitt en 2005, la presse s'est beaucoup interrogée sur sa situation maritale et ses désirs de maternité. Une attention médiatique compliquée à gérer en parallèle : "Toutes ces années de spéculation… c'était vraiment dur. Je faisais des FIV, je buvais des thés chinois etc…" Elle dénonce le récit populaire qui la décrivait alors comme quelqu'un "d'égoïste", alors qu'elle se souciait simplement de sa carrière dit-elle : "Dieu interdit une femme qui réussit et qui est sans enfant". Jennifer Aniston dénonce également les "mensonges" qui lui collaient à la peau. Aujourd'hui, confie tristement Jennifer Aniston, "le bateau a coulé", elle ne peut plus avoir d'enfants biologiques. Pour autant, l'actrice de The Morning Show dit n'avoir "aucun regrets" de cette épreuve. Au contraire, assure-t-elle, "je ressens un petit soulagement désormais, parce qu'il n'y a pas plus cette question 'Je peux ? Peut-être'.
Il y a quelques mois encore, lors de l’épisode des retrouvailles de Friends, de nombreux tabloïds avaient à nouveau lancé des rumeurs sur une adoption en cours par la star de 52 ans. « Quand tu es dans la vie de tous les jours et que tu as un peu trop mangé ou que ton ventre est ballonné, tu te retrouves vite dans la lumière, l’estomac pointé du doigt, avec des rumeurs de grossesse circulant à ton sujet. C’est aussi une grossophobie latente qui permet ce genre d’analyses des moindres kilos supplémentaires.
Fallait-il alors combler ce vide autrement ? Peut-être. En septembre dernier, Jennifer Aniston a présenté Cook with Clydeo, un livre de recettes pour enfants, imaginé autour de moments à partager en famille : « Le livre est rempli de recettes amusantes à faire avec les enfants. Des enchiladas, des pancakes à la banane… Ce sont des plats très faciles à préparer », avait-elle confié sur le plateau du Late Show. Et puis il y a ses deux chiens, Clyde et Lord Chesterfield, à qui elle consacre une tendresse évidente. La star a avoué que les attaques la concernant la blessent beaucoup.
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Le Droit au Choix et l'Accomplissement Féminin
La pression que l’on met sur les femmes pour qu’elles aient des enfants est forte et constante, par le biais de questions et de réflexions du style « Alors tu t’y mets quand ? », « Avoir des enfants, c’est le plus grand bonheur qu’une femme puisse connaître »… Toutes ces phrases sous-entendent qu’une femme restant nullipare a loupé quelque chose, a égoïstement privilégié d’autres aspects de sa vie. C’est ce qui arrive depuis bien longtemps à l’actrice Jennifer Aniston, qui n’a pas eu d’enfant mais dont le ventre a été analysé sous toutes les coutures au moindre renflement et dont les choix de vie sont sans cesse critiqués. Fatiguée de toutes ces conjectures et accusations, elle vient de répondre dans une interview au Hollywood Reporter : non, elle n’a pas privilégié sa carrière à la maternité ! « Vous n’avez aucune idée de ce qui se passe personnellement, si médicalement je peux ou pas procréer. Puis-je avoir des enfants ? Ils ne savent rien, et c’était vraiment blessant et tout bonnement méchant. Cette possibilité d’avoir un enfant ne regarde que les couples ou les femmes en question et ne devrait pas être pointée du doigt par les tabloïds.
« Avoir un enfant, comme vous vous en doutez, est un sujet qui ne concerne que le couple ou la personne en question. Il faut dissocier le destin féminin d’un destin maternel. Pourquoi le fait qu’une femme n’ait pas d’enfant pose tant de problèmes aux autres ? On peut tout à fait être nullipare - volontairement ou non, être une femme accomplie et épanouie, et que cela ne soit pas un sujet. Être childfree peut tout à fait être un choix et non un pis-aller !
« Mon histoire m’a permis de comprendre l’énorme pression mise sur les femmes pour devenir mères, une pression que j’ai complètement intégrée et que je questionne aujourd’hui. Cette idée d’avoir une vie remplie, de tout avoir. Comme si nos vies ne pouvaient pas être complètes sans enfants. La pression, aussi, d’user de tous les moyens possibles pour avoir des enfants. [….] Nous sommes complètes, même si l’on ne coche pas toutes ces cases débiles.
« On a tous et toutes grandi avec l’idée que la relation de couple était l’ultime idéal amoureux, quel que soient notre genre ou notre sexualité. Ce modèle comporte des étapes censées nous mener au mariage, à la parentalité, à la propriété - ce qu’on appelle “l’escalator relationnel”. Qu’il s’agisse de monter un escalier ou de cocher des cases, la pression est toujours mise sur les femmes. « Les hommes peuvent être mariés autant de fois qu’ils le souhaitent, ils peuvent épouser des femmes plus jeunes, dans la vingtaine ou la trentaine. Les femmes n’ont pas le droit de faire ça. Par ces jugements continuels, il semblerait que les femmes soient toujours en faute, qu’elles aient des enfants ou non. Ces critiques ne prennent pas en compte ce qu’elles vivent au quotidien. D’un côté, on reproche aux femmes qui n’ont pas d’enfant de privilégier leur carrière, ô sacrilège ! Et d’un autre côté la maternité est un des freins principaux à l’évolution professionnelle. C’est donc un paradoxe qu’il est difficile de résoudre.
De plus en plus de militantes féministes - comme Fiona Schmidt ou Mona Chollet - se battent pour que les femmes puissent avoir le choix d’avoir ou non des enfants, et de ne pas subir pressions et inquisitions. « Cette décision n’appartient qu’à nous et à nous seules. Nous n’avons pas besoin d’être mariées ou mères pour être complètes. Nous pouvons déterminer de notre propre bonheur. Pour ma part, je refuse net les diktats sociaux qu'on impose aux femmes.
Dans cette interview, Jennifer Aniston a tenu à expliquer une fois pour toutes, qu'elle allait bien, et qu'elle n'avait pas "le cœur brisé" après sa séparation. Elle précise que pour elle, ses chiens sont devenus ses enfants. Elle reporte toute son affection sur eux, ainsi que sur les enfants de son groupe d'amis. L'actrice l'affirme, elle est heureuse aujourd'hui, bien dans sa peau de femme de 49 ans et épanouie. Après s'être réjouie de ne pas avoir été exposée sur les réseaux sociaux lors de son adolescence et sa jeunesse de star, Jennifer Aniston a confié qu'elle était tout de même bien mieux dans sa peau à 53 ans que lorsqu'elle était jeune adulte : "Entre mes 30 et 40 ans, j'ai traversé des épreuves très difficiles.
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