Les réveils nocturnes chez les enfants, particulièrement autour de l'âge de 3 ans, sont une préoccupation fréquente pour de nombreux parents. Ces interruptions de sommeil peuvent être source de fatigue et d'inquiétude, mais il est important de comprendre que, dans la plupart des cas, il existe des solutions. Cet article explore les causes potentielles de ces réveils nocturnes et propose des pistes pour aider votre enfant à retrouver un sommeil paisible.
Les Besoins en Sommeil d'un Enfant de 3 Ans
Il est essentiel de connaître les besoins en sommeil d'un enfant de 3 ans pour évaluer si ses réveils nocturnes sont réellement problématiques. Selon Florian Lecuelle, psychologue clinicien spécialiste du sommeil pédiatrique, un enfant de cet âge a généralement besoin d'environ 12 à 13 heures de sommeil par jour. Cependant, il est important de noter que ces besoins varient d'un enfant à l'autre et qu'il faut également tenir compte de la génétique.
Quand Parler de Troubles du Sommeil ?
On peut évoquer un trouble du sommeil chez un enfant à partir de 6 mois, s'il survient au moins deux nuits par semaine. Il peut s'agir de difficultés d'endormissement, de réveils nocturnes fréquents ou d'un réveil très matinal. Chez l'enfant, l'insomnie se manifeste souvent à travers la plainte des parents. À partir de 6 mois, si les réveils nocturnes persistent en dehors des besoins alimentaires, on peut commencer à parler d'un trouble du sommeil. Et pour que ce soit considéré comme tel, ces difficultés doivent durer depuis au moins un mois.
Causes des Réveils Nocturnes chez l'Enfant de 3 Ans
Les causes des réveils nocturnes chez les enfants de 3 ans peuvent être multiples. On distingue trois grandes catégories :
- Causes psychologiques : Bien que rares avant 6 ans, le stress et l'angoisse peuvent apparaître vers 3-4 ans avec l'entrée à l'école ou d'autres changements de vie.
- Causes organiques : Environ 20 à 30 % des troubles sont liés à des causes organiques, comme des douleurs récurrentes, des otites à répétition, des reflux gastro-œsophagiens ou d'autres conditions médicales sous-jacentes. Il est donc indispensable de consulter un professionnel de santé pour éliminer cette possibilité.
- Causes comportementales : La majorité (70 à 80 %) des troubles sont comportementaux, liés aux habitudes de sommeil. Un enfant habitué à s'endormir dans les bras aura du mal à s'endormir seul par la suite. Cela peut créer un cercle vicieux.
Phases Critiques et Facteurs de Risque
Certaines phases de la vie d'un enfant sont plus critiques pour le sommeil. Les grands changements de vie, comme l'entrée à l'école, l'arrivée chez la nounou, un déménagement ou la naissance d'un petit frère ou d'une petite sœur, peuvent entraîner une stagnation de l'apprentissage du sommeil. Les premières séparations, comme le dépôt à la crèche, sont souvent accompagnées de pleurs.
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Impact des Troubles du Sommeil
Un mauvais sommeil peut avoir un impact significatif sur le développement cognitif de l'enfant, affectant la mémoire, les capacités d'apprentissage et l'humeur. Il existe également un lien avec la santé globale : un enfant qui dort mal est plus vulnérable aux maladies, présente un risque accru d'obésité, des performances cognitives diminuées et une tendance à l'hyperactivité plus fréquente.
Les répercussions sur les parents sont également importantes, pouvant mener à de l'épuisement, des tensions conjugales, voire à des situations de maltraitance. Le lien entre insomnie infantile, burn-out parental et dépression est bien établi. De plus, un trouble du sommeil chez l'enfant, s'il n'est pas pris en charge, tend à persister et peut favoriser, plus tard, des troubles du sommeil chez l'adulte.
Solutions et Conseils pour Améliorer le Sommeil de l'Enfant
Face aux réveils nocturnes de votre enfant, plusieurs solutions peuvent être envisagées :
- Consulter un spécialiste : Il est préférable de consulter des spécialistes médicaux du sommeil. En cas de doute, ils peuvent orienter directement des patients vers l’hôpital.
- Mettre en place un rituel du coucher : La base du traitement, c'est effectivement le rituel de sommeil : avoir un rythme régulier, avec des horaires fixes pour les levers, les couchers et les siestes, sept jours sur sept. C'est ce qu'on appelle la chronothérapie. Cela permet déjà de stabiliser le rythme.
- Adapter la thérapie à chaque enfant : Il n'existe pas de méthode universelle. Le but est de rendre le processus le plus doux possible. Les pleurs, qu'on ne cherche pas à éviter à tout prix, sont une réaction normale de l'enfant, qu'ils soient dus à la douleur, au stress ou au changement des habitudes.
- Apprendre à s'endormir seul : Du point de vue occidental, on tend à dire qu'il est nécessaire que l'enfant s'endorme seul. La vraie question est : qu'en est-il quand l'enfant va à la crèche ou chez d'autres ? Peut-il s'endormir seul ? Et quel impact cela a-t-il sur la santé physique et mentale de la maman, surtout si elle se réveille plusieurs fois par nuit ?
- Travailler sur la motivation de l'enfant : À partir de 2 ans et demi ou 3 ans, l'enfant peut sortir de sa chambre et négocier. L'objectif n'est pas d'entrer dans un conflit, mais de travailler sur sa motivation. Par exemple, on peut introduire une tierce personne, comme un ange ou le marchand de sable, pour l'aider à rester dans son lit. D'autres méthodes incluent les laissez-passer ou les bons points.
- Limiter l'exposition aux écrans : Même une télévision éteinte dans la chambre peut avoir un effet, tout comme la quantité d'écrans. Chaque minute d'écran correspond à une minute de sommeil en moins, et de mauvaise qualité. L'accumulation de ces moments d'écran a un impact significatif sur leur développement cérébral et leur sommeil. Il faut aussi prendre en compte l'impact de la lumière bleue émise par les écrans, qui perturbe la sécrétion de mélatonine, l'hormone du temps.
- Impliquer le père : Le sommeil du jeune enfant se porte mieux lorsque le père s'investit dans la gestion du sommeil.
- Conserver une ambiance de nuit : Conserver une ambiance de nuit est alors indispensable. « Je suis devenue une adepte de l’ASMR* et je chuchote, sans même prononcer de vrais mots… Mon langage de nuit apaise les pleurs de ma fille de 3 ans ! » Il est vrai qu’en pleine nuit, les longs discours éducatifs n’ont pas lieu d’être.
- Adopter les bons gestes : Prendre son enfant dans ses bras n’est pas recommandé car le moment de les lui faire quitter est ensuite très délicat. Pour les cas d’incursion nocturne dans la chambre des parents, quand la décision des parents consiste à ne pas accueillir le petit dormeur dans leur lit, là aussi la posture est importante. « J’ai mon rituel, explique un papa. Une fois dans le lit, je presse, pétris l’un après l’autre ses quatre membres en disant lentement et à voix basse “dors petit bras, dors bonne jambe”.
- Gérer les cauchemars : Il est important de montrer à son enfant que nous aussi avons déjà vécu cela. « Il m’arrive de temps en temps de faire des cauchemars, je sais que ça fait très peur », dit un parent, qui va ensuite lui demander d’inventer une fin heureuse à son mauvais rêve, afin de l’évacuer. Pour rassurer mais aussi faire rire, un parent a proposé à son enfant de triompher du dragon qui le poursuivait en lui pinçant les fesses !
- Créer un environnement propice au sommeil : La température de la pièce ne doit pas dépasser 19°C. La chaleur tout comme les estomacs surchargés sont propices aux cauchemars. Le simple fait de changer le lit de place peut aussi rendre les nuits moins agitées. Il faut aussi penser aux éléments décoratifs, leur silhouette dans l’obscurité peut parfois être terrifiante.
- Gérer les terreurs nocturnes : L’enfant en proie à une terreur nocturne est la plupart du temps en train de dormir profondément, même s’il a les yeux ouverts. Il ne faut donc surtout pas le réveiller pour le laisser évacuer ses pleurs. S’il se réveille, inutile non plus de prendre un air affolé. L’expression de ces terreurs est marquante et troublante. Mais dans ses moments-là, on ne peut rien faire d’autre que rester près de son enfant et chercher à évacuer le stress qui nous gagne.
- Être ferme et cohérent : A presque 3 ans il est assez facile d’être ferme avec son enfant. Car votre fille comprend tout. Vous pouvez lui dire que vous ne voulez plus vous lever et que, si elle veut vous voir elle peut venir jusqu’à vous pour vérifiez que vous êtes bien là et retourner ce coucher.
Remèdes Naturels pour Favoriser le Sommeil
Certaines plantes peuvent aider à favoriser le sommeil de l'enfant :
- Tilleul : Largement connu en Europe pour son odeur réconfortante et ses tisanes apaisantes, l’arbre du tilleul agit sur les difficultés d’endormissement. Ce remède pédiatrique possède des propriétés sédatives et des vertus calmantes. Laisser infuser une pincée de tilleul dans une petite tasse d’eau tiède permet à l’enfant de retrouver rapidement son calme.
- Camomille : Grâce à ses molécules d’apigénine, ce végétal permet de soulager l’agitation nerveuse et de réduire l’insomnie mineure. C’est principalement la variété de la camomille sauvage, aussi appelée camomille vraie ou camomille allemande qui agit efficacement. Pour l’enfant, prévoyez une demi-cuillère à café de fleurs de camomille pour 25 cl d'eau tiède.
- Aubépine : Cet arbuste aux propriétés apaisantes permet de réduire l'anxiété avant un retour à l’école ou durant une période émotionnellement éprouvante. Les baies et les feuilles séchées de ce buisson épineux agissent particulièrement efficacement en cas de troubles du sommeil chez les petits.
- Mélisse : Originaire du bassin méditerranéen, on confond fréquemment la mélisse avec la citronnelle. Le goût de la mélisse plaît généralement aux enfants. Et cela tombe bien, car son infusion a pour objectif de relaxer et apaiser. Prévoyez 3 grammes de feuilles sèches dans une tasse d’eau.
- Fleur d’oranger : Issue des fleurs fraîches du bigaradier, la fleur d’oranger offre de nombreuses propriétés médicinales.
Il existe également en pharmacies et parapharmacies des solutions de phytothérapie adaptées à l’enfant qui associent ces différentes plantes.
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Refus d'Aller se Coucher
Le refus d’aller se coucher peut être secondaire à l’installation progressive de mauvaises habitudes de sommeil. Parfois aussi, l’horaire de coucher est inadapté : trop tôt, votre enfant peut avoir du mal à s’endormir et peu à peu craindre cette attente pendant laquelle il s’ennuie… trop tard, il a pu lutter contre le sommeil, ce qui peut aboutir à un certain énervement qui n’est pas propice à l’endormissement. Dans les insomnies dites « conditionnées », les enfants n’ont pas appris à s’endormir seuls. En exprimant des peurs, ils s’assurent accompagnement et réconfort au moment du coucher.
Parasomnies
Les parasomnies sont des comportements anormaux survenant pendant le sommeil. Elles peuvent être moteurs (le sujet bouge), verbales (il parle) ou sensorielles et sont classées en fonction du moment de leur apparition au cours du cycle de sommeil. Les cauchemars (mauvais rêves) peuvent apparaitre tôt entre 1 ou 2 ans. Ils surviennent souvent en milieu ou fin de nuit. Les terreurs nocturnes, les éveils confusionnels et le somnambulisme sont des troubles très fréquents chez l’enfant.
Réveil Trop Matinal
On parle de « réveil trop matinal » si votre enfant se réveille avant 6 heures du matin. Les enfants sont naturellement plus matinaux que les adultes.
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