L'apprentissage de la propreté est une étape cruciale dans le développement de l'enfant. Cependant, il arrive que des difficultés surviennent, notamment l'encoprésie, qui peut être source d'inquiétude pour les parents. Cet article aborde les causes possibles de l'encoprésie chez un enfant de 3 ans, les solutions envisageables et l'importance d'un accompagnement adapté.
Qu'est-ce que l'encoprésie?
L'encoprésie est un trouble de l'élimination fécale qui se manifeste par l'émission involontaire de selles dans des endroits inappropriés (culotte, vêtements, sol) chez un enfant de plus de 4 ans, âge auquel la propreté anale est généralement acquise. Toutefois, des accidents peuvent survenir chez les enfants plus jeunes, notamment autour de 3 ans.
Il est important de distinguer l'encoprésie de l'incontinence fécale. L'encoprésie est souvent liée à une constipation chronique, tandis que l'incontinence fécale peut avoir d'autres causes médicales.
Les différentes formes d'encoprésie
On distingue principalement deux formes d'encoprésie:
- Encoprésie primaire: Elle survient chez les enfants de moins de 4 ans, avant l'acquisition de la propreté.
- Encoprésie secondaire: Elle survient lorsque la propreté a été acquise pendant au moins un an avant d'être ensuite perdue. L'encoprésie secondaire est dite rétentionnelle dans environ 80 % des cas, c'est-à-dire qu'elle est secondaire à une constipation chronique avec accumulation de selles dans le rectum, ce qui provoque des débordements ou des fuites fécales involontaires.
Causes possibles de l'encoprésie chez un enfant de 3 ans
Plusieurs facteurs peuvent être à l'origine de l'encoprésie chez un enfant de 3 ans :
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Constipation
La constipation est une cause fréquente d'encoprésie. Lorsque l'enfant se retient d'aller à la selle, volontairement ou non, les matières fécales s'accumulent dans le rectum. Celui-ci se dilate progressivement et perd de sa sensibilité, ne signalant plus efficacement le besoin de défécation. Les selles stagnent alors dans le rectum qui continue de se remplir jusqu’à former un fécalome. Cette grosse masse d’excréments se durcit et irrite les parois du rectum. L’enfant ne peut alors plus retenir ses selles à cause de la double action de l’irritation rectale et du trop-plein de selles dans l’ampoule rectale. Il lui est alors impossible d’atteindre le pot ou les toilettes pour déféquer.
Facteurs psychologiques et émotionnels
L'encoprésie peut également être liée à des facteurs psychologiques ou émotionnels. Certains événements de vie peuvent causer de gros changements dans la vie d'un enfant, tels que le divorce des parents ou l'arrivée d'un nouveau bébé dans la famille. Ces changements peuvent provoquer une certaine anxiété ou un stress chez l'enfant qui peut se manifester sous forme d'encoprésie. Des rapports compliqués avec les parents ou les autres enfants peuvent également contribuer à ce trouble. Dans ce cas, l’enfant ne sait sincèrement consciemment pas pourquoi il fait si souvent dans sa culotte, et pourquoi malgré la gêne occasionnée et la colère de ses parents, ils ne stoppent pas cet étrange en symptôme en optant une fois pour toutes pour les toilettes ! L’enfant qui rencontre un souci psychique a rarement les mots pour le verbaliser et s’en sortir par la simple pensée. Ainsi, c’est souvent son corps qui parle, qui exprime une difficulté en « déchargeant » ses tensions internes.
Par exemple, l'arrivée d'un petit frère ou d'une petite sœur peut entraîner une régression de la propreté chez l'enfant aîné, qui cherche à attirer l'attention de ses parents.
Apprentissage de la propreté trop rigide
Un apprentissage trop rigide de la propreté peut également être à l'origine de l'encoprésie. Il est important de respecter le rythme naturel de l'enfant et de ne pas le forcer à devenir propre trop tôt. Une pression excessive peut entraîner des comportements de rétention, sources de constipation et, à terme, d'encoprésie.
Autres causes
Dans certains cas, l'encoprésie peut être liée à une cause physique, telle qu'une infection urinaire, une sensibilité de la vessie ou une malformation du tube digestif (maladie de Hirschsprung).
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Symptômes de l'encoprésie
Les signes les plus courants de l'encoprésie sont :
- Fuites de selles dans les sous-vêtements, en dehors des moments où l'enfant est censé aller à la selle.
- Présence de « paquets » de selles dans le slip ou le pantalon.
- Odeur persistante.
- Douleurs abdominales.
- Difficultés à aller à la selle.
- Constipation.
- Irritation de la région anale.
- Souffrance psychologique (honte, culpabilité, repli social).
Solutions et traitements
La prise en charge de l'encoprésie dépend de sa cause. Elle repose généralement sur une approche combinée :
Traitement de la constipation
En cas de constipation, le médecin prescrit le plus souvent un laxatif osmotique comme le macrogol, qui aide à ramollir les selles et à rétablir un transit régulier. Il est également important d'adopter une alimentation riche en fibres (fruits, légumes, céréales complètes) et de veiller à une hydratation suffisante au quotidien. Dans un premier temps, il est important d’en parler avec votre pédiatre. La consultation se fait avec l’enfant. Elle permet d’écarter les causes physiques de l’incontinence et de poser le diagnostic. Le diagnostic d’encoprésie peut être posé quand un certain nombre de critères sont réunis : ce comportement survient au moins une fois par mois depuis trois mois, chez un enfant d’au moins 4 ans (ou avec un niveau de développement équivalent) et n’est pas dû à une affection médicale générale. Avant toute chose, lorsque l’encoprésie est liée à une constipation chez l'enfant, son traitement est essentiel. Il permet de ramollir les selles et de faciliter leur expulsion. Il passe par un régime alimentaire adapté, une bonne hydratation et la prise d’un laxatif oral est souvent indispensables. Souvent mal supportés par les enfants, les suppositoires et les lavements sont à éviter mais ils peuvent se révèler parfois nécessaires. Ce traitement peut d’ailleurs être prolongé pendant plusieurs mois après la guérison. Le traitement est le plus souvent complété par une prise en charge psychologique, chez un psychologue ou un pédopsychiatre.
Accompagnement psychologique
Lorsque l'encoprésie est liée à un facteur psychologique ou émotionnel, un accompagnement psychologique peut être très bénéfique. Les thérapies cognitivo-comportementales (TCC) sont parfois proposées, notamment lorsque l'enfant a développé des comportements d'évitement, une peur des toilettes ou un sentiment de honte. En effet l’encoprésie et la constipation sont souvent intriqués et il convient de prendre en charge les 2 simultanément. Cette constipation fréquemment associée, peut être une conséquence de l’encoprésie, ou alors un facteur déclenchant. En consultation, on découvre souvent chez ces enfants une répression inconsciente de leur agressivité, notamment à l’égard du parent collé. C’est à dire, qu’ils ont tendance à vouloir être trop gentil, et à craindre excessivement les conflits, et être trop peiné par la colère parentale. Leur psychisme refoule alors leur agressivité, ils se permettent des caprices infantiles bien sûr, mais pas d’opposition de fond, de peur d’un conflit qui abimerait leurs parents ou leurs relations affectives.L’émission de selles intervient alors comme une décharge passive-agressive vis à vis de ce monde extérieur et de ces adultes qu’il pense devoir épargner de son agressivité consciente. Le jeu avec son sphincter anal lui procure aussi des sensations, et une impression de contrôle de lui même et des autres, une certaine toute puissance. Il est important en séance et à la maison d’accompagner ces enfants à élaborer leur agressivité et à appréhender les conflits avec moins de craintes. En pratique, il faut dédramatiser les disputes et les colères à la maison notamment ! « C’est normal d’être énervé, d’être jaloux, de vouloir parfois du mal aux gens qu’on aime. C’est normal de se disputer, ce n’est pas grave ! ». Fréquemment ces enfants évoluent dans une famille qui a elle même un souci avec l’agressivité, soit un parent trop colérique et impressionnant, soit le plus souvent des parents eux même « trop doux » et phobiques du conflit. N’hésitez pas à consulter un psy, c’est un trouble fréquent et qui se traite aisément lorsqu’il est bien pris en charge !
Mise en place de routines
Il est important de mettre en place des routines pour aider l'enfant à retrouver ses repères et à se sentir en sécurité. Vous pouvez ainsi proposer des passages aux toilettes à des moments clés (après le réveil, après les repas, avant d'aller dormir) et utiliser un petit rituel, comme une comptine ou une histoire, pour rendre ce moment plus agréable.
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Création d'un environnement sécurisant
Un enfant qui se sent en confiance est un enfant qui progresse sereinement. Pour éviter que des petits accidents ne se transforment en régression de la propreté, l'idée est de lui offrir un cadre stable et rassurant :
- Un rythme régulier : les routines du quotidien (lever, repas, sieste, coucher) l'aident à se repérer et à savoir quand aller aux toilettes.
- Un espace adapté : un pot à disposition ou un marchepied pour accéder aux toilettes facilement, ça change tout !
- Une approche détendue : si la propreté devient une source de stress, l'enfant risque de se braquer.
Encouragement et valorisation
Apprendre à être propre, c'est une grande étape dans la vie d'un tout-petit, et chaque petit progrès mérite d'être souligné ! L'encouragement joue ainsi un rôle clé dans sa motivation et sa confiance en lui. On insiste donc sur :
- Un mot doux après chaque réussite : « Bravo, tu grandis ! » ou « Tu es super fier, et moi aussi ! » suffisent à renforcer son envie de continuer.
- Des petites victoires célébrées : pourquoi ne pas mettre en place un tableau avec des gommettes pour chaque passage réussi aux toilettes ? Ludique et motivant !
- Zéro reproche en cas d'accident : au lieu de souligner l'échec, on relativise « Ce n'est pas grave, ça arrive.
Consultation médicale
En pratique le premier temps est TOUJOURS la consultation chez le pédiatre. Il réalisera un examen complet et posera le diagnostic adéquat. En cas d’encoprésie véritable il proposera une prise en charge conjointe pédiatrique et pédopsychiatrique.
Conseils aux parents
- Restez calme et patient: Face à une régression de la propreté, la patience est votre meilleure alliée. Votre enfant ne fait pas exprès d'avoir des accidents : il exprime quelque chose, à sa manière.
- Ne culpabilisez pas votre enfant: L'encoprésie est un trouble involontaire. Il est important de rassurer l'enfant et de lui expliquer qu'il n'est pas responsable de ce qui lui arrive.
- Ne le grondez pas et ne le punissez pas: La sévérité, les prières ou les récompenses sont sans effets positifs.
- Parlez-en avec lui: Il convient simplement de verbaliser ensemble le problème, sans le dramatiser, et de changer l'enfant tranquillement, de façon assez neutre, afin de ne pas entrer dans un jeu relationnel autour de ce symptôme.
- Consultez un médecin: Il est important de consulter un médecin pour éliminer toute cause médicale et bénéficier d'un accompagnement adapté.
- Soyez attentif aux signaux de votre enfant: Essayez de comprendre ce qui se passe dans sa vie et ce qui peut être à l'origine de son encoprésie.
- N'hésitez pas à demander de l'aide: Si vous vous sentez dépassé, n'hésitez pas à demander de l'aide à votre entourage ou à un professionnel.
Prévention de l'encoprésie
L’une des clés pour prévenir l’encoprésie est de respecter le rythme naturel de l’enfant dans l’acquisition de la propreté. L’apprentissage doit débuter lorsqu’il montre des signes d’intérêt : capacité à reconnaître qu’il a fait, ou va faire, dans sa couche, volonté d’utiliser le pot, ou encore capacité à rester au sec plusieurs heures. Il est important de ne pas forcer, gronder ou punir un enfant qui refuse ou tarde à devenir propre. Une pression excessive peut entraîner des comportements de rétention, sources de constipation et à terme d’encoprésie. Pour prévenir la constipation, il est essentiel d’instaurer une alimentation riche en fibres (fruits, légumes, céréales complètes) et de veiller à une hydratation suffisante au quotidien. Dès le plus jeune âge, il est utile d’apprendre à l’enfant à écouter les signaux de son corps. Lorsqu’il ressent l’envie d’aller à la selle, il ne faut pas reporter le moment, même si cela survient à un moment inopportun.
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