L'électroencéphalogramme (EEG) est un examen essentiel pour évaluer l'activité électrique du cerveau, particulièrement chez les nourrissons. Il joue un rôle crucial dans le diagnostic et le suivi de diverses conditions neurologiques, notamment l'épilepsie et les encéphalopathies. Cet article vise à expliquer en détail ce qu'est un EEG chez le nourrisson, comment il est réalisé, et quelles peuvent être les causes et les interprétations d'un tracé plat, tout en tenant compte des spécificités de cet âge.
Qu'est-ce qu'un électroencéphalogramme (EEG) ?
L'électroencéphalographie est l'examen qui permet d'enregistrer l'activité électrique spontanée des neurones du cerveau. L’EEG, ou ElectroEncéphalogramme, est un examen permettant d’enregistrer l’activité électrique du cerveau en temps réel par le biais d’électrodes placées sur le cuir chevelu. L’EEG peut être réalisé quel que soit l’âge du patient, à la fois chez l’enfant et l’adulte. Il s'agit d'un outil diagnostique précieux pour évaluer la fonction cérébrale et identifier d'éventuelles anomalies.
Comment se déroule un EEG ?
Pendant un EEG, des électrodes (au nombre de 10 à 20), constituées d'un alliage argentique, sont réparties sur le scalp de façon symétrique. Elles peuvent être maintenues par un casque en caoutchouc, ou collées à l'aide d'une pâte. L'appareil dessine 5 à 10 tracés les uns sous les autres. Chaque tracé est formé d'ondes successives caractérisées par leur forme (pointe ou onde), leur fréquence, l'effet des stimulations. L'examen se déroule dans un cabinet médical ou à l'hôpital. L'EEG standard du sujet éveillé dure environ 20 minutes au cours desquelles sont enregistrés successivement trois à quatre montages. Il s'agit d'un examen indolore. Un tracé de repos est obtenu dans le calme, les yeux fermés. Chez le nourrisson et l'enfant jusqu'à 4 ou 5 ans, il est souhaitable d'enregistrer en routine un EEG de sommeil.
En plus des électrodes disposées sur le cuir chevelu, l’activité cardiaque (électrocardiogramme) est également enregistrée à l’aide d’électrodes autocollantes posées sur le thorax. Cet examen nécessite donc un temps de préparation (environ 20- 30 minutes). L’enregistrement lui-même dure environ 20 minutes pour un examen standard. Dans certaines circonstances, des examens plus prolongés peuvent être demandés par le médecin (par exemple, avec enregistrement d’une sieste). L’examen est réalisé dans une pièce au calme, les yeux fermés la plupart du temps, en position semi-assise sur un fauteuil ou en position allongée.
Préparation à l'EEG
Il est important de noter qu'il ne faut pas arrêter vos traitements médicamenteux avant de passer un électroencéphalogramme.
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EEG de longue durée et vidéo-EEG
Dans certaines situations, un EEG de plus longue durée peut être nécessaire. Vous vous interrogez sur la manière dont se passe un EEG (électro-encéphalogramme) lorsqu’il a lieu sur plusieurs jours ? Vous ne savez pas ce que vous allez devoir faire si l’EEG a lieu chez vous, à la maison ?
L’enregistrement vidéo permet d’enregistrer le comportement du patient tout au long du tracé EEG. Par le biais de cette caméra, le patient est enregistré et surveillé par l’équipe paramédicale pendant toute la durée du séjour. Il doit donc veiller à rester au maximum dans le champ de la caméra (donc ne pas rester trop longtemps dans la salle de bain). La réalisation de cet examen nécessite un temps de préparation pour la mise en place d’électrodes de surface - entre 21 et 64 électrodes-cupules - réparties uniformément à la surface du cuir chevelu, remplies de pâte conductrice puis reliées par un fil à un boitier d’enregistrement. La pose des électrodes s’effectue à l’arrivée du patient. Dans certains cas, une diminution du traitement anti-épileptique peut être effectuée par le médecin. Il ne faut pas réduire de soi-même son traitement avant l’hospitalisation, sauf prescription médicale. Le patient dispose d’une sonnette pour prévenir l’équipe soignante de la survenue d’une crise ou d’autres sensations diverses ressenties. A la fin de l’hospitalisation, les électrodes sont retirées. Un shampooing permet de retirer la pâte conductrice qui aurait pu rester sur le cuir chevelu. Attention, lorsqu’une diminution de traitement anti-épileptique a été effectuée durant le séjour, il y a un risque de majoration des crises les quelques jours qui suivent la reprise du traitement.
EEG chez les enfants
Oui, les enfants peuvent réaliser un EEG. On enregistre alors systématiquement le sommeil pour ces jeunes patients. Chez le nourrisson et l'enfant jusqu'à 4 ou 5 ans, il est souhaitable d'enregistrer en routine un EEG de sommeil. Chez le tout-petit, la phase de sommeil post-prandial peut être utilisée. Néanmoins, il est nécessaire que le patient soit coopérant. Une fois que la pâte adhésive est posée, le patient ne doit plus toucher sa tête ni bouger. Pour dormir durant l’EEG, vous devez être fatigué. La veille, vous vous couchez tard. Le matin de l’EEG, vous vous levez tôt.
Que recherche-t-on sur un EEG ?
L'EEG enregistre des ondes cérébrales ou "activités EEG" qui sont caractérisées par leur fréquence, leur amplitude, leur stabilité, leur morphologie, leur topographie, leur réactivité. les rythmes alpha. les rythmes bêta. Ils correspondent aux ondes bêta dont la fréquence est comprise entre 13 et 30 Hz. L'EEG permet d'enregistrer des activités pathologiques (anormales), paroxystiques ou non, permanentes ou intermittentes, diffuses sur l'ensemble du scalp ou localisées à une région seulement, rythmiques ou non, périodiques ou pseudo périodiques.
Il reste un examen irremplaçable pour le diagnostic et le traitement des épilepsies. Au cours de l'épilepsie, les anomalies EEG sont différentes selon que l'enregistrement a lieu au cours d'une crise (EEG critique) ou en dehors des crises (EEG inter critique). L’EEG permet notamment de diagnostiquer une maladie appelée épilepsie, mais aussi d’autres troubles neurologiques comme une encéphalite ou une maladie du sommeil (syndrome d’apnée du sommeil). Il peut être réalisé suite à un coma, un état de confusion, un accident vasculaire cérébral (AVC).
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Interprétation d'un EEG plat chez le nourrisson
Un électroencéphalogramme plat révèle une mort cérébrale (destruction encéphalique). En France, la loi demande la démonstration de 2 électroencéphalogrammes espacés de 4 heures pour attester d’une mort cérébrale.
Mort cérébrale
Un EEG plat, également appelé tracé isoélectrique, indique une absence totale d'activité électrique cérébrale. Chez un nourrisson, cela est généralement interprété comme un signe de mort cérébrale. La mort cérébrale est définie comme l'arrêt irréversible de toutes les fonctions cérébrales, y compris celles du tronc cérébral, qui contrôle les fonctions vitales comme la respiration et le rythme cardiaque.
Causes d'un EEG plat
Plusieurs conditions peuvent conduire à un EEG plat chez un nourrisson, notamment :
- Encéphalopathie hypoxique-ischémique (EHI) sévère : Il s'agit d'une lésion cérébrale causée par un manque d'oxygène et de sang au cerveau, souvent survenant pendant la période périnatale (avant, pendant ou après la naissance). L’objectif de ce travail est de préciser, en se référant au nouveau-né bien portant, les apports actuels de l’électroencéphalogramme chez le nouveau-né à terme souffrant d’encéphalopathie hypoxo-ischémique.
- Hémorragie intracrânienne massive : Un saignement important dans le cerveau peut endommager les tissus cérébraux et interrompre l'activité électrique.
- Infections graves : Certaines infections, comme la méningite ou l'encéphalite, peuvent provoquer des lésions cérébrales sévères.
- Traumatismes crâniens graves : Un traumatisme crânien sévère peut entraîner des lésions cérébrales irréversibles.
- Malformations cérébrales congénitales : Dans de rares cas, certaines malformations congénitales du cerveau peuvent entraîner une absence d'activité électrique.
- Médicaments et anesthésie : Certains médicaments, en particulier les anesthésiques, peuvent temporairement supprimer l'activité cérébrale. Cependant, cet effet est généralement réversible une fois que le médicament est éliminé du corps.
Confirmation du diagnostic de mort cérébrale
Il est crucial de noter qu'un EEG plat seul n'est pas suffisant pour diagnostiquer la mort cérébrale. D'autres examens et critères cliniques doivent être pris en compte, notamment :
- Examen clinique neurologique complet : Pour évaluer l'absence de réflexes du tronc cérébral (réflexe pupillaire, réflexe cornéen, réflexe oculocéphalique, etc.) et l'absence de respiration spontanée.
- Tests d'apnée : Pour vérifier l'absence de respiration en réponse à une augmentation du taux de dioxyde de carbone dans le sang.
- Imagerie cérébrale : Des examens comme l'artériographie cérébrale ou l'angioscanner cérébral peuvent être utilisés pour confirmer l'absence de flux sanguin cérébral. Lors d’une artériographie cérébrale, on injecte un produit de contraste pour opacifier les vaisseaux du cerveau et visualiser les artères et les veines du cerveau. Comme pour l’artériographie cérébrale, l’angioscanner cérébral permet de mettre en évidence l’absence de vascularisation dans le cerveau. Il repose également sur l’injection d’un produit de contraste, puis le patient est allongé sur la table du scanner.
- Répétition de l'EEG : En France, la loi exige la réalisation de deux EEG plats espacés d'au moins quatre heures pour confirmer la mort cérébrale.
Autres anomalies détectables par l'EEG chez le nourrisson
Outre l'EEG plat, d'autres anomalies peuvent être détectées par l'EEG chez le nourrisson, notamment :
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- Anomalies épileptiques : L'EEG est un outil essentiel pour diagnostiquer l'épilepsie chez les nourrissons. Il peut révéler des pointes, des ondes pointues ou d'autres anomalies caractéristiques de l'activité épileptique.
- Hypsarythmie : Il s'agit d'un tracé EEG très désorganisé, caractérisé par des ondes lentes de grande amplitude et des pointes multifocales. L’hypsarythmie est un aspect intercritique qui comporte une abolition de toute organisation physiologique, des ondes lentes de grande amplitude et des pointes ondes de différentes morphologie, durée et localisation. Elle est souvent associée au syndrome de West, une forme d'épilepsie infantile.
- Ralentissement de l'activité de fond : Un ralentissement généralisé de l'activité électrique cérébrale peut indiquer une atteinte cérébrale diffuse, comme une encéphalopathie.
- Asymétries : Des différences significatives dans l'activité électrique entre les deux hémisphères cérébraux peuvent suggérer une lésion localisée.
- Tracés discontinus : Des périodes d'activité électrique entrecoupées de périodes de silence peuvent être normales chez les prématurés, mais peuvent également indiquer une atteinte cérébrale chez les nourrissons à terme.
Spasmes épileptiques
Les spasmes épileptiques (SE) sont avant tout des crises épileptiques du nourrisson qui surviennent dans le cadre du syndrome de West où ils sont associés à une hypsarythmie et à une régression psychomotrice. En effet, ils s’inscrivent dans 90 % des cas dans le cadre d’une encéphalopathie du nourrisson, le syndrome de West. Ce syndrome débute classiquement entre 3 et 7 mois et associe des ES, un arrêt ou une régression du développement psychomoteur et une hypsarythmie. La vidéo-électroencéphalographie (EEG) permet de poser le diagnostic de SE avec certitude, sur le plan clinique et électrique. Ce sont des crises habituellement plus longues qu’une myoclonie et plus courtes qu’une crise tonique. La décharge associée au spasme est un potentiel triphasique de grande amplitude, surchargé ou non d’une brève décharge rapide ; sur le myogramme, la contraction musculaire est typique avec un aspect en diamant.
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