L'assistance médicale à la procréation (AMP), et plus particulièrement la fécondation in vitro (FIV), a révolutionné la prise en charge de l'infertilité. Si elle offre de nouvelles perspectives aux couples souhaitant concevoir, elle peut également réserver des surprises, notamment la survenue de grossesses gémellaires monozygotes après le transfert d'un seul embryon. Cet article explore ce phénomène, ses causes, ses implications et les témoignages de femmes concernées.

Grossesses gémellaires : généralités

Une grossesse gémellaire se caractérise par le développement simultané de deux fœtus dans la cavité utérine. Sa fréquence est d'environ 1,2 %. On distingue deux types de grossesses gémellaires :

  • Grossesses dizygotes (faux jumeaux) : Elles résultent de la fécondation de deux ovules distincts par deux spermatozoïdes différents. Les jumeaux dizygotes partagent environ 50 % de leurs gènes, comme des frères et sœurs nés de grossesses différentes.
  • Grossesses monozygotes (vrais jumeaux) : Elles proviennent de la division d'un seul ovule fécondé (zygote) en deux embryons distincts. Les jumeaux monozygotes partagent le même patrimoine génétique.

Grossesses gémellaires et FIV

La FIV est une technique d'AMP qui consiste à féconder un ovule par un spermatozoïde en laboratoire. L'embryon obtenu est ensuite transféré dans l'utérus de la femme. La probabilité d'avoir des jumeaux après une FIV est plus élevée qu'en cas de conception naturelle. Cela est dû en partie à la pratique du transfert de plusieurs embryons pour augmenter les chances de succès. Cependant, même avec le transfert d'un seul embryon (TEU), des grossesses gémellaires peuvent survenir.

Monozygotisme et transfert d'un seul blastocyste

Le transfert d'un seul blastocyste (embryon cultivé pendant 5 jours après la fécondation) est devenu une pratique courante en FIV pour réduire le risque de grossesses multiples. Pourtant, des cas de grossesses gémellaires monozygotes sont rapportés après le TEU. Plusieurs facteurs pourraient expliquer ce phénomène :

  • Manipulation embryonnaire : La manipulation de l'embryon lors de la culture in vitro, notamment au stade de blastocyste, pourrait favoriser sa division.
  • Facteurs liés à l'âge maternel : L'âge de la femme au moment de la FIV pourrait également jouer un rôle, une polyovulation étant plus probable avec l'âge.
  • Culture prolongée des embryons : La culture prolongée des embryons jusqu'au stade de blastocyste pourrait être propice à la division du zygote.

Types de grossesses gémellaires monozygotes

Le type de grossesse gémellaire monozygote dépend du moment où la division de l'embryon se produit :

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  • Grossesse mono-choriale biamniotique : La division a lieu entre le 4ème et le 8ème jour après la fécondation. Les jumeaux partagent le même placenta (monochoriale) mais ont chacun leur propre sac amniotique (biamniotique). C'est le type de grossesse gémellaire monozygote le plus fréquent (environ 70 % des cas).
  • Grossesse mono-choriale monoamniotique : La division a lieu après le 8ème jour. Les jumeaux partagent le même placenta et le même sac amniotique. Ce type de grossesse est plus rare (1 à 2 % des grossesses gémellaires monozygotes) et présente un risque plus élevé de complications.
  • Jumeaux conjoints : La division est très tardive et incomplète. Les jumeaux sont reliés par une partie de leur corps. C'est une situation extrêmement rare (1 cas pour 30 000 à 100 000 naissances).
  • Grossesse bi-choriale biamniotique : La division a lieu dans les 3 premiers jours après la fécondation. Les jumeaux ont chacun leur propre placenta et leur propre sac amniotique.

Dans le cas d'une grossesse monozygote, il est important de déterminer si la grossesse est monochoriale ou bichoriale, car les grossesses monochoriales présentent un risque plus élevé de complications, telles que le syndrome de transfusion fœto-fœtale.

Témoignages et expériences

De nombreuses femmes ayant eu recours à la FIV témoignent de leur surprise et de leur joie d'apprendre qu'elles attendaient des jumeaux après le transfert d'un seul embryon. Certaines expriment leur étonnement face à la rareté de la situation, tandis que d'autres partagent leurs inquiétudes quant aux risques potentiels liés à une grossesse gémellaire.

  • Une femme raconte avoir découvert qu'elle attendait des jumeaux mono-bi amniotiques après le transfert d'un seul blastocyste congelé.
  • Une autre témoigne d'une grossesse bi-bi après un TEC d'un embryon congelé, expliquant qu'il s'agissait d'une grossesse naturelle en même temps qu'un TEC.
  • Une autre encore partage son expérience d'une grossesse mono-bi après le transfert d'un blastocyste frais, soulignant la surprise et le bonheur ressentis.

Ces témoignages illustrent la diversité des situations et des émotions vécues par les couples confrontés à une grossesse gémellaire inattendue après une FIV.

Risques et complications des grossesses gémellaires

Les grossesses gémellaires, en particulier les grossesses monozygotes monochoriales, sont associées à un risque accru de complications :

  • Prématurité : Les jumeaux ont tendance à naître plus tôt que les bébés uniques.
  • Faible poids à la naissance : Les jumeaux ont souvent un poids de naissance inférieur à celui des bébés uniques.
  • Syndrome de transfusion fœto-fœtale (STFF) : Cette complication survient dans les grossesses monochoriales et se caractérise par un déséquilibre de la circulation sanguine entre les deux fœtus.
  • Autres complications : Les grossesses gémellaires augmentent également le risque de pré-éclampsie, de diabète gestationnel, d'anémie et de complications lors de l'accouchement.

Une surveillance prénatale attentive est essentielle pour détecter et gérer ces complications.

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Impact psychologique et social

L'annonce d'une grossesse gémellaire peut susciter des réactions diverses : joie, surprise, inquiétude, stress. Les parents peuvent se sentir dépassés par la perspective d'élever deux enfants en même temps. Il est important de les soutenir et de les informer sur les ressources disponibles :

  • Soutien psychologique : Un suivi psychologique peut aider les parents à gérer leurs émotions et à faire face aux défis de la grossesse et de la parentalité gémellaire.
  • Associations de parents de jumeaux : Ces associations offrent un espace d'échange et de partage d'expériences.
  • Aide à domicile : Une aide à domicile peut soulager les parents dans les tâches quotidiennes.

Réduire le risque de grossesses gémellaires

Bien qu'il ne soit pas possible d'éliminer complètement le risque de grossesses gémellaires après une FIV, certaines mesures peuvent contribuer à le réduire :

  • Transfert d'un seul embryon (TEU) : Le TEU est la stratégie la plus efficace pour réduire le risque de grossesses multiples.
  • Sélection rigoureuse des embryons : Le choix d'un embryon de haute qualité pour le transfert peut augmenter les chances de succès tout en réduisant la nécessité de transférer plusieurs embryons.
  • Amélioration des techniques de culture embryonnaire : Des techniques de culture embryonnaire optimales peuvent favoriser le développement d'embryons sains et réduire le risque de division embryonnaire.

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