Introduction

L'article explore les questions complexes de la parenté et des relations qui émergent autour de la conception d'embryons in vitro, en particulier dans le contexte du don de gamètes et de l'implication des professionnels biomédicaux. Il examine comment ces acteurs sont perçus et quel rôle ils jouent dans la construction des liens de parenté.

La question de la paternité et de la maternité

La naissance d'Amandine, le premier enfant né en France grâce à la fécondation in vitro (FIV), soulève la question de l'identité du "père". Si l'on considère le père de filiation, il semble qu'il y ait également deux autres "pères", des scientifiques, qui ont joué un rôle essentiel dans le processus. Jacques Testart, biologiste, et René Frydman, gynécologue, ont participé aux premiers jours de l'assistance médicale à la procréation en France. De même, Louise Brown, née grâce à la FIV en Angleterre, dédie son autobiographie à ses parents, Lesley et John Brown, ainsi qu'à l'obstétricien Patrick Steptoe et au biologiste Robert Edwards, qu'elle considère comme "les quatre personnes qui m'ont conçue". Ces exemples mettent en évidence la complexité des relations et des rôles dans la parenté lorsqu'il y a intervention de professionnels biomédicaux.

La question de la paternité se pose également dans le cas des donneurs de gamètes. En 2012, il a été révélé que Bertold Wiesner, directeur d'une clinique de fertilité à Londres, aurait utilisé son sperme pour concevoir plus de 600 enfants. Il est désigné comme père, donneur de sperme, "super-papa", père biologique ou "bio papa", ce qui souligne son rôle central dans la création de ces enfants, même si sa qualification précise reste floue. Le don de gamètes est une réalité en Europe depuis des décennies, mais le rôle des donneurs vis-à-vis des enfants issus de cet acte suscite toujours des discussions publiques et privées.

La latéralité : une nouvelle forme relationnelle

Dans le contexte de la procréation médicalement assistée, donneurs, receveurs et professionnels biomédicaux participent à la conception d'embryons dans l'espoir d'une grossesse. Cependant, la question se pose de savoir si tous les acteurs de la conception sont pour autant des parents. La participation à la fabrication de liens de parenté à travers la conception d'embryons, que ce soit par l'utilisation de leur substance génétique ou par la réalisation des gestes procréateurs, inscrit-elle de facto ces personnes dans la parenté ?

La littérature sur la pluriparentalité a décrit l'ouverture de la famille à des acteurs qui ne sont pas issus du schéma traditionnel nucléaire, interrogeant ainsi de nouveaux statuts. Anne Cadoret explore le placement familial et souligne comment les familles d'accueil ne sont "ni" dans la consanguinité, "ni" dans l'affinité, tout en participant activement à l'établissement des liens parentaux. Martine Segalen démontre comment "les difficultés à 'nommer' expriment bien l'incertitude de leur place, un peu papa, un peu ami" à propos des beaux-parents. Jeanette Edwards et Marilyn Strathern évoquent la façon dont un enfant appartient à ses parents du fait d'un ensemble d'actions et d'acteurs qui dépassent largement la connexion génétique ou le projet éducatif, mais impliquent le parcours clinique, tout comme le soutien de la famille et des amis.

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Marilyn Strathern suggère de parler de "parenté dispersée" pour évoquer ces reconfigurations, qui dépassent les frontières de la famille nucléaire et élargie. Elle identifie ainsi "un ensemble de procréateurs dont la relation entre eux et avec le produit de la conception est contenue dans l'acte de la conception lui-même et non pas dans la famille en tant que telle". Irène Théry suggère de parler de "don d'engendrement" pour valoriser les revendications des enfants du don à connaître leurs origines procréatives et pour souligner comment l'acte du don ne se limite pas à la cession d'une partie du corps, mais consiste à offrir aux autres la possibilité d'engendrer.

S'intéresser à l'embryon comme ce "produit de la conception" permet de rendre compte de ces formes relationnelles inhabituelles à l'occasion des dons, tout en mettant aussi l'accent sur les professionnels biomédicaux. Charis Thompson a suggéré que la filiation a été "latéralisée" à travers l'engagement de multiples acteurs dans ce qui devient une "reproduction collective". Enric Porqueres i Gené évoque quant à lui la parenté comme ce qui "dérive d'un ensemble de représentations décrivant la proximité corporelle entre les êtres retenus parents".

Dans ce cadre théorique, il est essentiel d'interroger les relations qui s'établissent autour des acteurs qui participent à la conception d'un embryon in vitro, qu'ils fournissent des éléments de leurs corps, comme les donneurs de gamètes, ou que leurs actions techniques soient directement impliquées dans la fabrication des embryons, comme les professionnels médicaux. La "latéralité" est une forme relationnelle particulière qui consiste en une relation marquée par le questionnement même de son caractère parental. Elle s'anime dès la conception de l'embryon et peut se perpétuer dans le temps, bien après la naissance de l'enfant. Un moment latéral consiste à négocier le statut d'une relation qui a été rendue possible par la participation des donneurs ou des professionnels biomédicaux dans la conception embryonnaire.

Recevoir des embryons : réflexions et sentiments des parents

Giulia Zanini a rencontré une cinquantaine d'Italiens qui se qualifiaient de parents ou futurs parents d'enfants du don à travers des voyages procréatifs transfrontaliers. Les cas présentés ici illustrent les manières dont les embryons sollicitent la réflexion et les sentiments de celles et ceux qui envisagent de devenir parents et des parents-donneurs à propos des relations de parenté qui peuvent être suscitées ou dissimulées.

Martina, enceinte d'un bébé issu d'un transfert d'embryon en République tchèque, a évalué différentes options procréatives et comparé notamment le "double don" et "l'adoption d'embryons". L'usage de ces deux expressions suggère que les manières dont les embryons sont conçus impliquent des modes relationnels différents. Un "double don" suggère que des hommes et des femmes participent séparément à l'acte du don en tant que donneurs et donneuses, en suivant des parcours distincts et dans des régimes d'anonymat réciproque. En cas d'"adoption", au contraire, les embryons donnés sont issus des traitements de couples et mis à la disposition d'autres couples.

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Martina explique sa préférence pour un "double don" en soulignant que les deux options soulèvent des questions morales et socioculturelles diverses qui dérivent de la participation dans un même parcours procréatif d'acteurs multiples dotés d'histoires spécifiques. Les receveurs sont sensibles à ces différents parcours.

Les conséquences de l'IVG sur la santé des mères

L'interruption volontaire de grossesse (IVG) est un sujet complexe qui soulève de nombreuses questions d'éthique. Les conséquences de l'IVG pour la santé des mères peuvent être de trois ordres : physiques, psychosomatiques et psychiques ou psychiatriques.

Conséquences physiques

Le syndrome du cinquième jour concerne uniquement l'IVG par aspiration et se caractérise par des douleurs, de la fièvre, des saignements et/ou des caillots. Les risques infectieux, tels que les infections à chlamydiae et les endométrites post-abortum, sont les plus fréquents. Des études montrent que les femmes ayant déjà avorté ont un risque accru d'accoucher plus tard d'enfants prématurés.

Conséquences psychosomatiques

De nombreuses femmes témoignent de troubles psychosomatiques à long terme après un avortement, tels que des migraines, des troubles fonctionnels abdominaux, des douleurs abdominales, des troubles du sommeil et des troubles de la sexualité. Le Docteur Pascale Pissochet parle de "rupture du cheminement naturel maternel" pour exprimer le traumatisme de l'IVG.

Conséquences psychiques ou psychiatriques

Comme la fausse couche, l'avortement est la perte d'un enfant et entraîne un deuil. Les femmes ayant avorté présentent un risque accru d'être hospitalisées en psychiatrie et de souffrir de dépression. Elles sont également plus souvent sujettes à l'auto-mutilation et au suicide. Les troubles psychiques expérimentés par certaines femmes ayant avorté peuvent se manifester des années après l'acte et évoluer vers un état de stress post-traumatique.

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Certaines femmes peuvent éprouver des sentiments de honte, de remords, de culpabilité, voire des idées noires. Pour faire face à leurs souffrances psychiques, certaines tombent dans l'addiction à des substances anxiolytiques. La naissance d'un enfant ne compense pas un avortement passé.

Les blessures psychiques des femmes ayant avorté ont des répercussions sur leur vie de couple et leurs relations avec leur conjoint. Certains hommes sont indifférents à l'avortement de leur compagne, tandis que d'autres ont fait pression sur celle-ci pour qu'elle avorte.

Les frères et sœurs d'enfants avortés sont confrontés à la souffrance portée par leur mère et peuvent vivre le syndrome du survivant, entraînant des troubles psychologiques profonds.

Le cadre juridique du don d'organes en France

Le prélèvement d'organes sur une personne vivante ne peut être effectué que dans l'intérêt thérapeutique direct d'un receveur et sous certaines conditions de parenté. Le donneur doit exprimer son consentement devant un magistrat et ce consentement est révocable à tout moment. Aucun prélèvement d'organes ne peut avoir lieu sur une personne vivante mineure ou sur une personne vivante majeure faisant l'objet d'une mesure de protection légale, sauf dérogation pour le prélèvement de moelle osseuse sur un mineur au bénéfice de son frère ou de sa sœur.

Le prélèvement d'organes sur une personne décédée ne peut être effectué qu'à des fins thérapeutiques ou scientifiques et après que le constat de la mort a été établi. Ce prélèvement peut être effectué dès lors que la personne concernée n'a pas fait connaître, de son vivant, son refus.

Les prélèvements d'organes ne peuvent être effectués que dans des établissements de santé autorisés à cet effet par l'autorité administrative. Les transplantations d'organes sont effectuées dans les établissements de santé autorisés à cet effet.

La maternité pour autrui : un débat éthique complexe

La maternité pour autrui (GPA) est un sujet qui suscite de nombreux débats éthiques. En France, la GPA est interdite, mais certains couples se rendent à l'étranger pour y recourir.

Les conséquences de la GPA pour la mère porteuse, l'enfant et les parents intentionnels sont complexes et peuvent être sources de souffrances psychologiques. La GPA pose également la question de la marchandisation du corps humain.

Le Conseil d'État a été saisi d'un projet de loi relatif à la bioéthique qui aborde notamment la question de la GPA. Le projet de loi prévoit notamment de faciliter l'établissement de la filiation des enfants nés à l'étranger par GPA.

Le rêve comme élément central de la grossesse au Cambodge

Au Cambodge, le rêve est un élément central de la grossesse. Il est considéré comme une source d'informations sur le fœtus et comme un moyen de communication avec les ancêtres. Le rêve permet d'articuler le "biologique" et le "social" en participant à l'engendrement du fœtus par la parole et à sa socialisation.

Le rêve s'insère dans un contexte religieux, la "religion populaire khmère" mêlant bouddhisme et animisme. À travers le "retour de l'ancêtre", le rêve inscrit le fœtus dans une filiation mère-fœtus mais aussi ancêtre-fœtus, dans un contexte de magie féminine et d'ouverture.

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