Sir Elton Hercules John, né Reginald Kenneth Dwight le 25 mars 1947 à Pinner, une petite ville anglaise du Middlesex, au nord-ouest de Londres, est une figure emblématique de la musique mondiale. Auteur-compositeur-interprète de renom, il a marqué l'histoire de la pop avec plus de 300 millions de disques vendus en plus de cinquante ans de carrière. Son talent exceptionnel et sa longévité impressionnante en font l'un des artistes les plus marquants de son époque. Si sa carrière musicale est jalonnée de succès et de récompenses, son enfance, elle, fut plus contrastée, marquée par des difficultés familiales et personnelles.

Les premières années : Reginald Kenneth Dwight à Pinner

Reginald Kenneth Dwight passe son enfance à Pinner. Son père, Stanley Dwight, est pilote de la Royal Air Force, et sa mère, Sheila Eileen, est employée de bureau. La musique est présente à la maison, notamment le jazz que son père affectionne et dont il joue à la trompette. Cependant, l'ambiance familiale est souvent tendue en raison de la relation conflictuelle entre ses parents.

Face à ces difficultés, le jeune Reginald trouve refuge dans la musique. Il se passionne pour le piano, instrument qu'il apprend très tôt, encouragé par sa grand-mère. La musique devient ainsi son "réconfort et moyen d'évasion", d'autant plus qu'il est fils unique.

Révélation d'un talent précoce : l'Académie Royale de Musique

Reginald se révèle très doué pour le piano. À l'âge de 11 ans, il décroche une bourse à l'Académie Royale de Musique de Londres, où il étudie avec acharnement. En 1964, il remporte le Premier Prix de piano, confirmant son talent exceptionnel.

À l'âge de 11 ans, sa maîtrise du piano était telle qu’il a décroché le prix de la Royal Academy of Music.

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Une enfance difficile : entre tensions familiales et moqueries

Celui qui s'appelait à la naissance Reginald n'a pas eu une enfance très heureuse, et cela a marqué sa vie. Il a été élevé par des parents qui s'entendaient extrêmement mal. Le père a déserté le foyer assez tôt, après avoir pourri régulièrement son enfant, pendant un sacré paquet de temps. Le père a ensuite refait sa vie, s'est remarié. Il a eu d'autres enfants avec qui il était extrêmement gentil.

Le petit Reginald est en plus un enfant régulièrement moqué et chahuté par ses camarades : "il n'est pas aussi sylphide que ses petits camarades. On se moque un petit peu de lui et de son embonpoint. C'est pas facile, il est mal sapé en plus."

On sait aussi que sa mère s'est occupée de lui, mais elle était très stricte. Elle est décrite comme une personne compliquée, et très dure à bien des égards, dans son autobiographie, "Moi, Elton John". Par exemple, quand il fera son coming-out - assez tard dans sa vie -, elle ne répondra pas avec bienveillance.

Dans une nouvelle interview accordée au «Times» ce 12 mai, Elton John revient sur son enfance et l'éprouvante relation qu'il entretenait avec son père. Né Reginald Kenneth Dwight , le chanteur de 68 ans révèle en effet avoir été totalement rejeté par son père et ce, dès ses premiers accords. Une exclusion particulièrement douloureuse pour un garçon en manque de reconnaissance.

Vétéran de la Seconde Guerre mondiale, son père Stanley Dwight était une figure intolérante, en rupture totale avec la personnalité de son fils. Une prise de distance que ce dernier tente toujours de comprendre. «Mon père s’est toujours tenu à l’écart de mon talent et je n’ai jamais su pourquoi, a-t-il raconté. Était-ce de l’ho­­mo­­pho­­bie ? De la peur ? Ce fut une perte doulou­­reuse pour moi. Mais ce fut aussi une perte doulou­­reuse pour mon père, je crois. "Le problème, c'était moi»Et c'est avec regrets qu'il poursuit : «Il était dur et ne montrait pas d’émo­­tion. Auto­­ri­­taire. De la Royal Air Force. Il était dédai­­gneux, déçu et fina­­le­­ment absent. J’au­­rais juste voulu qu’il recon­­naisse ce que j’avais accom­­pli. Mais il ne l’a jamais fait», déplore la star aux 400 millions de disques vendus. Un rejet dont il se sent pleinement responsable, plus de vingt-trois ans après la disparition de son père, mort en 1991. «Le problème, ce n’était pas qu’il ne savait pas y faire avec les enfants. Il nous a quit­­tés, il s’est rema­­rié et il a eu une autre famille. Il fut un bon père avec eux à tout point de vue.

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La rencontre déterminante avec Bernie Taupin

En juin 1967, Reginald Kenneth Dwight, qui se fait déjà appeler Elton John, répond à une petite annonce parue dans le New Musical Express. Il cherche quelqu'un pour écrire des paroles, car il sait très bien chanter et composer, mais pas écrire des paroles. Le producteur le met alors en contact avec le parolier Bernie Taupin ; c'est le début d'une grande amitié et d'une très longue collaboration entre les deux artistes.

Lorsqu’il le rencontre pour la première fois, Reg Dwight se présente sous le pseudonyme d’Elton John, un nom de scène en forme de clin d’œil aux musiciens de son 1er groupe Bluesology, Elton Dean et Long John Baldry (il adopte officiellement ce patronyme en 1972). De cette rencontre va naître une grande amitié et une collaboration fructueuse qui se poursuit toujours.

L'ascension fulgurante d'une star

En 1970, c'est le début du succès avec la chanson d'amour "Your Song" qui fait le tour du monde entier. Elton John devient très rapidement une icône pop, connue pour son rock joyeux, ses costumes excentriques, son incroyable présence sur scène et sa très belle voix. Il exige d'être entouré de musiciens disposant d'une formation solide et s'installe majoritairement aux États-Unis.

Elton John, artiste très prolifique, arrive à suivre la cadence de deux albums par an imposée par son label. Ainsi, il sortira 17 albums en 9 ans ! Sept d'entre eux seront en tête des charts aux États-Unis : "Honky Château", "Don't Shoot Me I'm Only the Piano Player", "Goodbye Yellow Brick Road", "Caribou", "Greatest Hits I", "Captain Fantastic and the Brown Dirt Cowboy" et "Rock of the Westies". Elton John enchaîne également les tournées spectaculaires dans les pays du monde entier et fait salle comble à chaque concert.

Elton John produit moins dans les années 1980 et révèle des problèmes d'addiction aux drogues et à l'alcool. Pour autant la star enregistre toujours de nombreux succès avec les disques « Jump Up » (1982) comprenant le célèbre morceau « Blue Eyes », ou encore « Too Low for Zero » (1983). La chanson « I'm Still Standing » est d'ailleurs enregistrée pour montrer qu'il ne faut pas l'enterrer trop rapidement. Elton John démarre fort la décennie avec le tube absolu « Sacrifice », sur l'opus « Sleeping With the Past » (1990), qui s’écoule à plus de 10 millions d'unités. En 1992, après une cure de désintoxication, son album « The One » signe son grand retour. La sortie en 1994 du film Disney « Le roi Lion » lui donne l'occasion de briller encore, puisque la B.O. devient l'une des plus vendues avec 18 millions d'exemplaires. « Can You Feel the Love Tonight » repart avec un oscar en 1995. Le « Roi Lion » sera même adapté en comédie musicale ; un show qui a fêté ses 20 ans en compagnie d’Elton John à Broadway, à New York. Tout réussit au chanteur.

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Des tenues flamboyantes

Des plumes, des paillettes… Elton John osait tout pour le grand plaisir des yeux de ses fans. Pour Antoine Patinet, c'était aussi une façon de s'affirmer. Il explique : "Cette flamboyance et cette volonté de se démarquer, elle est aussi liée, je pense, avec sa construction en tant qu'homme gay, parce qu'on se rend compte qu'il a été très influencé d'abord par Tony King qui était producteur de musique, qui était hyper flamboyant, dont il admirait les looks, et il a alors commencé à s'habiller comme lui. Après Liberace a aussi été une inspiration pour lui, donc on sent qu'il y avait un truc d'acceptation de lui-même aussi à travers ses looks hyper flamboyants, les plumes et tout. Et je crois que ça l'a aidé aussi à s'accepter en tant que gay."

Une icône engagée

Elton John, précurseur à son époque et porté par une carrière qui explose, fait son outting dès 1976 en déclarant sa bisexualité au travers d’une interview avec le Magazine Rolling Stone. Les «coming out » étant très rares à cette époque, les réactions homophobes ont abondé, nombre de fans refusant peu après de continuer à acheter ses albums. La situation s’améliorera dans les années, 80, beaucoup plus conciliantes et tolérantes.

Elton John, qui n’assume pas son homosexualité et empreint par de vrais sentiments, épouse le jour de la Saint Valentin, le 14 février 1984, Renate Blauel (Une femme ingénieur du son allemande ayant travaillé notamment sur certains de ses albums. Le couple divorce en 1988. John déclarera plus tard assumer totalement et « confortablement » son homosexualité.

Après une période trouble où il se perd dans les drogues, touché par le courage du jeune Ryan White, infecté par le virus du sida, il se décide à se reprendre en main et suit une cure pour sortir des drogues en 1990. Il sera présent et chantera aux funérailles de Ryan White. Il trouve équilibre et accomplissement dans sa vie personnelle avec son compagnon David Furnish auquel il est uni depuis le 21 décembre 2005 (Depuis que la loi Britannique permet le Civil Partnership).

En plus d’être une légende vivante de la musique, Elton John est également considéré comme l’une des plus importantes personnalités « icone gay » des temps modernes.

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