C'est un apparent paradoxe. Alors qu’en France, la contraception est remboursée depuis 1974 et que la politique familiale, censée soutenir l’arrivée d’un enfant, représente chaque année près de 90 milliards d’euros dans le budget de l’État, le recours à l’IVG se maintient à un haut niveau et, même, augmente. Selon les derniers chiffres de la Drees, 232 200 IVG ont été pratiquées en France en 2019, soit 15 500 de plus que deux ans plus tôt. Quarante ans après la loi Veil qui faisait de l’IVG un « ultime recours », comment expliquer cette situation ? La réponse, complexe, se situe à la croisée de considérations économiques, sanitaires, intimes et psychologiques, expliquent sociologues et médecins. Un tiers des grossesses non désirées surviennent chez des femmes qui prennent une contraception, signe des ambivalences à l’œuvre.

Évolution du profil des femmes ayant recours à l'IVG

Ces dernières années, le profil des femmes qui demandent une interruption volontaire de grossesse a évolué. La Drees note dans un récent rapport, « On constate une nette baisse des taux de recours chez les femmes de 15 à 19 ans », alors que la demande augmente chez les plus de 25 ans. Une des explications est la hausse des IVG itératives : certaines femmes, ayant un mauvais accès à la contraception ou prenant une contraception inadaptée, peuvent avoir recours plusieurs fois dans leur vie à l’IVG. Laurent Toulemon explique : « Cela peut s’expliquer par la relative difficulté de la contraception orale qui suppose de ne pas l’oublier, mais aussi par l’arrêt de certains dispositifs comme la visite médicale post-IVG ». En effet, jusqu’en 2007, après l’intervention, chaque femme avait un rendez-vous avec une sage-femme pour parler de la contraception future. Ce n’est plus systématique aujourd’hui. « Or depuis, on constate un pic de demandes d’IVG quelques mois après un accouchement mais aussi après une précédente IVG », constate le démographe.

La pilule contraceptive : un choix de moins en moins populaire

De plus, la prescription de la pilule ne fait plus aujourd’hui consensus. Le docteur Gilles Grangé, gynécologue obstétricien à la maternité de Port Royal à Paris, reprend : « Elle n’est pas fiable à 100 % loin de là. On a beaucoup reproché aux médecins de ne pas suffisamment bien expliquer comment la prendre, mais le fait est que l’OMS lui reconnaît 8 % d’échec ». Surtout, de nombreuses femmes « refusent désormais de prendre des hormones », poursuit le médecin, conséquence notamment des alertes lancées ces dernières années sur les pilules de 3e et 4e générations. D’autres moyens de contraception s’en trouvent aussi disqualifiés, comme le stérilet hormonal. Laurent Toulemon prolonge : « Il peut arriver que certaines femmes se disent que, puisque l’IVG est un droit et un geste médicalement maîtrisé, elles préfèrent prendre ce risque que prendre des traitements hormonaux ».

Facteurs économiques et précarité

Pourtant, la question des grossesses non désirées ne se résume pas à l’accès à la contraception, expliquent unanimement les experts. Armelle Nollet, psychologue au Cler, explique : « Les psychologues ont coutume de dire que quand une grossesse non désirée se présente, quelque chose de plus fort que la contraception s’exprime ». Les explications sont multiples, avance-t-elle : « Certaines femmes peuvent avoir besoin de se réassurer par un début de grossesse. Elles peuvent vouloir tester qu’avec cet homme-là, ça peut marcher ou qu’elles sont fécondes. D’autres ressentent un surcroît d’existence quand elles sont enceintes tout en sachant qu’elles ne sont pas en mesure d’accueillir un enfant ». Notamment sur un plan matériel. La hausse des IVG s’inscrit ainsi dans un contexte plus global de baisse de la natalité depuis 2014, liée souvent à des considérations économiques. Magali Mazuy, sociologue à l’Ined, analyse : « Il se peut que certains couples renoncent à avoir des enfants, qu’ils se disent que leurs conditions matérielles ne sont pas réunies pour accueillir un enfant ». Une hypothèse corroborée par la Drees qui, pour la première fois en 2019, montre la corrélation entre les difficultés économiques des couples et le recours à l’IVG. Selon cette étude, celui-ci est 40 fois supérieur pour les femmes les plus pauvres que pour les plus aisées.

Angoisses contemporaines et perception de la maternité

À cette précarité financière, s’ajouteraient aussi désormais des angoisses plus diffuses, liées à l’époque. Armelle Nollet explique encore : « L’enfant est aujourd’hui programmé. Il doit arriver quand on le souhaite, à un moment compatible avec la carrière de l’un et de l’autre, quand les conditions matérielles sont réunies ». Problème : ce besoin d’un cadre rassurant et contrôlé est mis à mal par la précarisation des liens affectifs et l’angoisse de l’avenir.

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« On entend de plus en plus souvent des femmes expliquer qu’elles ne peuvent pas garder leur enfant car elles se demandent si dans dix ans, elles seront encore avec le père. D’autres se disent carrément : “Je préfère avorter plutôt qu’élever un enfant qui va souffrir dans un monde trop dur” ou qu’elles n’arriveront pas à protéger. Elles sont écrasées par le sentiment de responsabilité vis-à-vis de l’enfant ». Or cette angoisse des femmes face à leurs limites est largement sous-estimée, selon certains médecins.

Perception sociétale et vécu individuel de l'IVG

Le docteur Benoît de Sarcus, chef de la maternité du CHU de Nanterre, envisage : « Le chiffre d’IVG ne baisse pas, sans doute parce que personne ne le veut réellement. Du point de vue des pouvoirs publics, avoir un taux d’IVG haut peut être perçu comme le signe d’une société libre où les femmes font ce qu’elles veulent. Pourtant, quand on se place au niveau individuel, quand on interroge celles-ci sur leurs parcours de vie, la plupart disent que ça a été un moment difficile. Elles ne regrettent pas d’y avoir eu recours, mais elles avouent être passées par une étape de deuil. Ce que je perçois, c’est qu’elles auraient aimé faire autrement mais que la dureté de la vie les y a contraintes. »

Ce décalage est souligné par un récent sondage réalisé par Ipsos pour l’association Alliance Vita. La majorité des personnes interrogées (51 %) considèrent que le nombre d’IVG est préoccupant « car avorter reste un acte que l’on préférerait éviter ».

Aspects légaux et pratiques de l'IVG en France

En France, l’avortement peut être pratiqué jusqu’à la fin de la 14e semaine de grossesse, soit 16 semaines après le 1er jour des dernières règles. Il est important d’engager les démarches rapidement car elles peuvent prendre du temps, afin que les délais soient respectés. Seule la femme concernée peut en faire la demande. Qu’elle soit majeure ou mineure, toute femme enceinte ne souhaitant pas poursuivre une grossesse peut demander à un médecin ou à une sage-femme l’interruption de celle-ci. La décision revient à chacune, il s’agit d’un choix personnel, qui doit être fait sans pression et sans justification. C’est le droit à disposer de son corps. Libre à chacune d’en parler à son entourage, pour se faire accompagner.

IVG pour les mineures

Les mineures n’ont pas besoin d’une autorisation parentale pour avorter, mais elles doivent être accompagnées d’une personne majeure de leur choix. La loi permet à toute femme enceinte, y compris mineure, qui ne veut pas poursuivre une grossesse de demander à un médecin ou une sage-femme son interruption. Une jeune femme qui souhaite recourir à une IVG sans le consentement de ses parents doit se faire accompagner dans sa démarche par une personne majeure de son choix (membre de la famille, ami…). L’IVG pour les mineures est intégralement prise en charge sans avance de frais. Si vous en faites la demande, vous pourrez bénéficier de l’anonymat total pour pratiquer un avortement et ce, quel que soit le lieu de réalisation de l’IVG que vous aurez choisi.

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Anonymat et confidentialité

Dans tous les cas, la prise en charge de l'IVG est protégée par le secret. Cela signifie que ni l'acte d'IVG, ni les actes associés ne figurent sur le décompte de remboursement de la sécurité sociale afin de préserver la confidentialité vis à vis de l'entourage. Sur demande, l'IVG peut également être réalisée de manière anonyme.

Accès à l'IVG pour les femmes non françaises

Toutes les femmes qui le souhaitent peuvent bénéficier d’une IVG, en France. Il n’est pas nécessaire d’avoir la nationalité française. La prise en charge à 100% est valable pour les femmes bénéficiaires de l'aide médicale de l'État (AME). Pour les femmes résidant en France en situation irrégulière, non admises à l'AME, il existe une prise en charge des soins urgents (dont fait partie l’IVG) à l'hôpital (hospitalisation ou consultation en établissement de santé).

Nombre d'IVG autorisées

Il n'y a pas de nombre légal d'avortement maximum à ne pas dépasser. Il est possible d’avoir plusieurs fois recours à l’interruption volontaire de grossesse au cours de sa vie. L’IVG, même répétée, n’augmente pas le risque d’infertilité ultérieure ni de complications lors d’une grossesse future.

Contre-indications à l'IVG

Le professionnel de santé que vous consultez pour l’IVG évaluera si vous présentez des contre-indications lors de la première consultation pour vous proposer la méthode d’IVG adaptée à votre situation. La méthode médicamenteuse est contre-indiquée si on a diagnostiqué une grossesse extra-utérine (situation dans laquelle la grossesse se développe en dehors de l’utérus, par exemple dans une trompe). D’autres situations peuvent contre-indiquer cette méthode : les femmes présentant une allergie à l’un des deux médicaments utilisés, les femmes souffrant d’insuffisance rénale chronique ou de porphyrie héréditaire. Il n’existe pas de contre-indication à l’IVG instrumentale en tant que telle, seule l’allergie aux produits d’anesthésie peut constituer une contre-indication.

En cas de découverte d'une grossesse extra-utérine, la prise en charge n’est pas la même qu’une IVG. Le traitement repose soit sur un médicament spécifique, soit sur une intervention chirurgicale. L’objectif est de traiter cette situation à risque tout en préservant vos chances de grossesse dans le futur.

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Coût et remboursement de l'IVG

L’IVG, et tous les actes qui lui sont associés (consultations, prises de sang, échographies…), est prise en charge à 100% par l’Assurance maladie quelle que soit la méthode (médicamenteuse ou instrumentale), avec dispense totale d’avance de frais pour : toutes les femmes assurées sociales ; les mineures qui sont ayant-droit d'un assuré social ou d'une assurée sociale ; les femmes bénéficiaires de l'aide médicale de l'État (AME). Pour les femmes résidant en France en situation irrégulière, non admises à l'AME, il existe une prise en charge des soins urgents (dont fait partie l’IVG) à l'hôpital (hospitalisation ou consultation en établissement de santé).

Il est possible de bénéficier d’un arrêt de travail en cas d’IVG médicamenteuse ou instrumentale.

Témoignages et expériences personnelles

Une lectrice a décidé d’avorter à 29 ans alors qu’elle était dans une situation « presque parfaite » pour accueillir un enfant. Elle explique qu'elle ne voulait pas avoir d’enfant à ce moment-là, peu importe le contexte. Elle se voyait arrachée à sa vie, privée de ses choix, privée de tout contrôle sur sa vie pour au moins les vingt prochaines années. Elle a réalisé que quand son mari et elle parlaient d’avoir des enfants dans un futur relativement proche, elle était persuadée que ça ne pourrait pas arriver tout de suite. Avorter a été une expérience difficile et il lui a fallu du temps pour s'en remettre, pour dépasser ce jugement intérieur, et pour refaire confiance à son corps, avec qui elle a eu une relation assez conflictuelle les mois suivants. Elle souligne qu'il n'y a pas de raison qui tienne plus que d’autres : que même si plein de voyants sont au vert, si vous ne voulez pas de cette grossesse, alors vous êtes légitime à recourir à une IVG.

Un autre témoignage, celui d'un homme de 39 ans, vivant en couple, dont la compagne a décidé d'avorter. Il exprime sa douleur et son désarroi face à cette décision, qu'il ne comprend pas, tout en respectant le choix de sa compagne. Il se sent impuissant et craint que leur couple ne se remette pas de cette épreuve.

Réflexions et accompagnement

Face à une grossesse inattendue ou non-désirée, il est important de prendre le temps de réfléchir en profondeur avant de se décider. Quelle que soit votre décision, pour ne rien regretter, il est essentiel de ne pas céder aux pressions qui peuvent s’exercer sur vous : pressions professionnelles, pressions familiales, pressions du corps médical… Ne décidez pas dans l’urgence ou sous le coup d’une émotion qui vous submerge momentanément et que vous n’arrivez pas à contrôler.

Si vous hésitez à avorter, ou bien si votre mari ou votre conjoint hésite, prenez le temps nécessaire pour vous informer et réfléchir. Il est important de ne pas rester seule face à cette situation et de parler avec son conjoint, un ami, une personne de confiance ou un professionnel.

L'IVG : un droit fondamental

L’avortement est un droit fondamental. Chaque année, des millions de personnes y ont recours. Pourtant encore aujourd’hui, il continue d’être questionné, stigmatisé et criminalisé. L’avortement est un acte médical qui permet de mettre fin à une grossesse. Il s’agit d’un soin de santé courant auquel des millions de personnes ont recours chaque année.

En France, l’interruption volontaire de grossesse (IVG) est dépénalisée depuis le 17 janvier 1975, grâce à la loi Veil. Mais aujourd’hui, des mouvements « pro-vie » souhaitent revenir sur plus d’un demi-siècle de progrès. Sous couvert de protéger les valeurs familiales et les rôles de genre « traditionnels », ces mouvements diffusent la peur et la mésinformation, pour faire reculer l’accès à l’avortement et l’égalité.

Pourquoi l'IVG est un droit fondamental

  1. Pouvoir prendre soi-même les décisions concernant sa santé, son corps et sa vie sexuelle est un droit humain fondamental. Il constitutif de l’égalité entre les femmes et les hommes et d’une société plus juste.
  2. L’avortement, médicamenteux ou chirurgical, est une intervention simple qui peut être effectuée sans risque par un large éventail de professionnel·les de santé. Lorsqu’ils sont pratiqués ou accompagnés par un·e professionnel·le de santé qualifié·e dans de bonnes conditions d’hygiène, les avortements sont les actes médicaux les plus sûrs disponibles. Mais quand l’accès à l’avortement est restreint, les personnes sont contraintes de recourir à des avortements clandestins et dangereux.
  3. La criminalisation de l’avortement entraîne une tendance à le considérer comme une exception, artificiellement placée hors du champ des soins médicaux classiques. Les soins liés à l’avortement sont pourtant des soins de santé essentiels.
  4. Aujourd’hui, environ 45 % des avortements sont pratiqués dans de mauvaises conditions de sécurité selon l’OMS. Le manque d’accès, en temps opportun, à un avortement sécurisé, abordable et respectueux est un problème majeur de santé publique. En effet, les avortements pratiqués dans des conditions dangereuses sont la 3e cause de mortalité maternelle au monde. Les décès sont particulièrement courants dans les pays où le recours à l’avortement sûr est limité ou complètement interdit.
  5. Interdire ce droit ne fait pas baisser le nombre d’avortements. D’après l’Institut Guttmacher, le nombre d’avortements est significativement le même dans les pays qui l’interdisent ou le restreignent et dans ceux qui l’autorisent : 37 personnes sur 1 000 y ont recours dans le premier cas contre 34 sur 1000 dans le second.
  6. Ces dix dernières années, il y a eu des avancées législatives majeures en faveur du droit à l’avortement en Europe. Cependant, dans la pratique, l’accès à l’avortement est loin d’être une réalité pour tout le monde.
  7. La criminalisation de l’avortement et les obstacles persistants au droit à l’avortement touche de manière disproportionnée les groupes et les personnes déjà marginalisées. On pense notamment à celles qui ont de faibles revenus, les personnes réfugiées ou migrantes, les personnes LGBTIQ+ ainsi que les communautés racisées ou autochtones. C’est pourquoi nous appelons les États du monde entier à honorer leurs obligations de garantir le droit à l’avortement pour toutes les personnes, et à respecter et protéger le droit de toutes les personnes qui défendent le droit à l’avortement.

L'IVG dans la Constitution française

L’interruption volontaire de grossesse (IVG) a été promulguée dans la Constitution française, le 8 mars 2024. Un geste symbolique, mais fondamental, pour le droit des femmes. C’est donc un message fort adressé à tou.tes ceux.celles qui voudraient revenir sur ce droit en France. Il faudrait en effet désormais changer la Constitution, ce qui est bien plus compliqué que de défaire la loi.

Contexte européen et international

De nombreux pays en Europe ou dans le monde ont récemment remis en cause l’accès à l’IVG et donc des femmes à avoir la liberté de disposer de leur corps. C’est le cas en Pologne ou à Malte où l’IVG est interdite. En Hongrie, une femme qui souhaite avorter doit écouter battre le cœur du fœtus avant l’intervention. Aux Etats-Unis, depuis 2022, c’est une vingtaine d’Etats qui ont interdit ou fortement restreint le recours à l’IVG. Ce qui témoigne d’un net recul de ce droit fondamental.

Enjeux et perspectives

Pour autant, ça ne règle pas l’accès concret à l’avortement. Plus d’une centaine de centres d’IVG ont fermé leurs portes en France en dix ans. Toutefois, avec cette liberté garantie par la Constitution, le planning familial et les associations féministes pourront faire pression sur le gouvernement pour que les moyens suivent.

Dates clés de la lutte pour l'IVG en France

  • 1920 : Une loi contre la contraception interdit, y compris au médecin, de donner aux femmes le moindre conseil en matière de contraception.
  • 1956 : Création du planning familial (désormais centre de santé sexuelle).
  • 1971 : Le manifeste des 343 femmes témoignent de leur recours à l’avortement s’exposant à des poursuites pénales.
  • 1975 : Loi Veil dépénalise l’avortement.
  • 1982 : l’IVG remboursée par la Sécurité Sociale.
  • 2001 : Un délai allongé pour l’avortement, passant de 10 à 12 semaines. Ce délai passe à 14 semaines en 2022.
  • 2014 : Le texte de la loi Veil est modifié afin que les femmes qui ont recours à l’IVG n’aient plus besoin de justifier d’une situation de «détresse». L’IVG devient de ce fait accessible sans restriction à toutes les femmes qui ne souhaitent pas poursuivre une grossesse.

Procédure d'IVG en France

Une femme enceinte, y compris mineure, qui ne souhaite pas poursuivre une grossesse peut en demander l'interruption. La pratique de l'avortement est réglementée et plusieurs étapes doivent être respectées, avant et après l'intervention. Lors d’une consultation avec un médecin ou une sage-femme, la femme enceinte doit être informée sur les méthodes abortives et a le droit d'en choisir une librement en fonction du terme de la grossesse.

Méthodes d'IVG

Il existe 2 méthodes d'IVG :

  • L'IVG instrumentale (chirurgicale) est pratiquée obligatoirement en établissement de santé (hôpital ou clinique autorisé en gynécologie obstétrique ou chirurgie). Sous certaines conditions, elle peut avoir lieu dans un centre de santé autorisé ayant établi une convention avec un établissement de santé autorisé en gynécologie obstétrique ou chirurgie.
  • L'IVG médicamenteuse est pratiquée en établissement de santé (hôpital ou clinique), en cabinet de ville, en centre de santé sexuelle ou en centre de santé.

La technique d'avortement utilisée dépend de votre choix et du terme de votre grossesse. Ce choix peut être effectué avec l'aide du médecin ou de la sage-femme.

Étapes obligatoires avant la réalisation d'une IVG

Deux temps sont obligatoires avant la réalisation d'une IVG :

  1. La consultation d'information : Vous faites votre demande d'avortement. Vous recevez des informations orales et un guide sur l'IVG qui portent sur les différentes méthodes d’IVG, les lieux de réalisation et notamment le choix dont vous disposez mais aussi sur les effets indésirables possibles. Le médecin ou la sage-femme vous propose un entretien psycho-social (celui-ci est obligatoire si vous êtes mineure et doit être réalisé avant le recueil de votre consentement).
  2. Le recueil du consentement : Vous remettez votre consentement écrit de demande d'avortement au médecin ou à la sage-femme.

Il n'existe plus de délai de réflexion imposé en matière d'avortement.

Techniques d'IVG

  • IVG instrumentale (chirurgicale) : La technique instrumentale (chirurgicale) consiste en une aspiration de l'œuf, précédée d'une dilatation du col de l'utérus. L'intervention peut être réalisée sous anesthésie locale ou générale. L'hospitalisation dure en général quelques heures, mais l'intervention en elle-même dure une dizaine de minutes.
  • IVG médicamenteuse : La technique médicamenteuse consiste à prendre 2 médicaments (le 1er servant à interrompre la grossesse et le 2nd à provoquer l'expulsion de l’œuf). Les 2 médicaments sont délivrés par le médecin ou la sage-femme lors de la consultation ou par le pharmacien dans le cas où vous avez effectué une téléconsultation. Cette méthode ne nécessite donc ni anesthésie, ni intervention chirurgicale. Des médicaments antalgiques vous seront prescrits.

Prise en charge financière

Pour toutes les femmes assurées sociales (majeures ou mineures), l'avortement et tous les actes associés (consultations, échographies, prises de sang…) sont pris en charge à 100 % par l'Assurance maladie. Il n'y a aucune avance de frais et aucun dépassement d’honoraire possible.

Pour les femmes résidant en France en situation irrégulière et non admises à l'aide médicale de l'État (AME), il existe une prise en charge des soins urgents (dont fait partie l’IVG) à l'hôpital (hospitalisation ou consultation en établissement de santé).

Suivi post-IVG

Une consultation psycho-sociale est systématiquement proposée après l’IVG. Elle vous permet de parler de votre situation si vous en ressentez le besoin. Une visite de contrôle doit intervenir entre le 14e et le 21e jour après l'IVG instrumentale ou médicamenteuse. Elle permet de s'assurer qu'il n'existe pas de complication et que la grossesse a bien été interrompue. Lors de la consultation de contrôle, le médecin ou la sage-femme s'assure que vous disposez d'un moyen contraceptif adapté à votre situation si nécessaire.

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