L'interruption volontaire de grossesse (IVG) est un sujet complexe, entouré de considérations médicales, éthiques, sociales et personnelles. Cet article se propose d'explorer les différentes facettes de l'avortement, en s'appuyant sur des témoignages de professionnels de la santé et des études récentes. L'objectif est de comprendre les raisons qui motivent les femmes à recourir à l'IVG et les défis auxquels elles sont confrontées, tout en mettant en lumière le rôle essentiel des infirmières dans ce processus.
L'avortement : un acte aux multiples dimensions
L'avortement est souvent perçu comme un événement isolé, un "mal nécessaire". Cependant, il est crucial de le replacer dans le contexte plus large de la procréation et de la santé sexuelle des femmes. Comme le souligne un médecin généraliste travaillant dans un centre d'IVG depuis plus de 10 ans, il ne s'agit pas seulement de pratiquer des avortements, mais de prendre en compte l'ensemble des problèmes liés au contrôle de la procréation et de prévenir les maladies sexuellement transmissibles.
L'équipe de ce centre conçoit l'activité autour de l'avortement comme très complète, très globale. C'est un travail enrichissant, très important pour la santé des femmes et très utile. De plus, il y a un vrai travail d'équipe parce que l'ensemble du personnel a choisi de travailler ici et que tous les membres de l'équipe participent à l'ensemble du travail afin qu'il n'y ait pas de fragmentation de la prise en charge.
Il est essentiel de reconnaître que l'avortement est un acte volontaire, un choix de vie pour les femmes. Alors que l'avortement n'a pas trouvé une place dans le cadre de l'ensemble des événements de la procréation, il est resté un événement mal considéré.
Les raisons derrière l'IVG : précarité, information et choix personnels
Une étude de la Direction de la recherche, des études, de l'évaluation et des statistiques (Drees) a mis en évidence une corrélation entre le niveau de vie et le recours à l'IVG, les femmes les plus précaires y ayant sensiblement plus recours que les plus aisées. La peur de la précarité, un argument qui revient souvent, est une peur la plus souvent évoquée par les femmes enceintes.
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Le professeur Fernandez confirme ce dernier point : « Dans mon hôpital, où sont accueillies beaucoup de populations en situation de précarité, nous voyons bien que ces femmes enceintes sont parties avec un handicap dès le départ, explique le praticien. Parce qu’elles sont généralement moins éduquées, elles sont victimes d’un déficit d’information, concernant notamment l’accès à la contraception qu’elles n’ont par ailleurs pas toujours les moyens de se payer. »
Les femmes peuvent également choisir d'avorter pour des raisons personnelles, telles que des difficultés relationnelles, la perte d'un emploi ou des problèmes de santé. Il faut en tenir compte. Ce sont donc des grossesses qui ne sont vraiment pas possibles mais, je le répète, jamais par désinvolture, caprice ou légèreté.
Il est crucial de noter qu'aucune femme ne laisse passer le temps par négligence. Si les femmes demandent un avortement dans le second trimestre, c'est parce qu'elle se trouvent dans une situation extrêmement difficile, ce n'est pas parce qu'elles laissent passer le temps.
Le rôle des infirmières : soutien, information et accompagnement
Les infirmières jouent un rôle essentiel dans l'accompagnement des femmes qui envisagent ou ont recours à l'IVG. Elles sont souvent le premier point de contact pour les femmes et leur offrent un soutien émotionnel, des informations sur les différentes options disponibles et un accompagnement tout au long du processus.
Madeleine, une infirmière qui a travaillé dans un centre IVG dès son ouverture en 1977, témoigne de l'importance de ce rôle : « À Madagascar et en Centreafrique surtout, le contrôle des naissances était le grand souci des femmes. »
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Les infirmières sont également chargées de fournir des informations précises et objectives sur l'avortement, la contraception et la santé sexuelle. L’information est donc un chantier indispensable. Dans le dernier rapport parlementaire sur l’IVG, plusieurs mesures préconisent d’ailleurs de l’améliorer, notamment au travers des trois séances annuelles d’éducation à la sexualité et à l’égalité prévues dans le cursus scolaire. Informer pour que, quelle que soit la décision prise, elle soit faite en liberté.
Les défis et les enjeux de l'accès à l'IVG
Malgré la légalisation de l'avortement dans de nombreux pays, l'accès à ce droit reste un défi pour de nombreuses femmes. Les obstacles peuvent être de nature géographique, financière, culturelle ou politique.
En France, une très grande proportion des avortements sont faits dans le privé, les 2/3 selon les statistiques, et en fait beaucoup plus parce que certains ne sont pas déclarés dans le privé. Dans le public, une partie des avortements ont lieu dans les structures comme la mienne qui ont été créées au lendemain de la loi, des structures dites autonomes où une équipe se consacre à ce travail. Ces centres-là sont peu nombreux et pas du tout valorisés. Dans le cadre d'un hôpital, si on doit attribuer des moyens, on les donnera à des activités qui sont beaucoup plus prestigieuses comme les NTR. Et puis une très grande partie des avortements sont fait au sein du service de chirurgie obstétrique classique et, à ce moment là, l'avortement est toujours pratiqué en bout de course. D'abord, il y a une prise en charge de la femme qui est mauvaise, souvent elle est endormie sans même avoir pu discuter avec le médecin et puis elle se réveille dans une salle de réveil, c'est tout juste si on lui donne des conseils, une prescription en matière de contraception. Pour le médecin c'est pas mieux…
Aux États-Unis, la décision de la Cour suprême de remettre en cause le droit constitutionnel à l'avortement a entraîné une restriction de l'accès à l'IVG dans de nombreux États. Pour les femmes de la Bible Belt, l’Illinois est désormais l’Etat le plus proche où il est possible de recevoir les soins liés à la santé reproductive.
Ces restrictions ont des conséquences dramatiques pour les femmes, en particulier celles qui sont les plus vulnérables. Des femmes vont mourir à cause de ces lois.
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L'importance de la vigilance et de la mobilisation
La crise sanitaire liée à la pandémie de Covid-19 a mis en évidence la fragilité des droits des femmes, y compris le droit à l'avortement. Comme le souligne Simone de Beauvoir, « N’oubliez jamais qu’il suffira d’une crise politique, économique ou religieuse pour que les droits des femmes soient remis en question. Ces droits ne sont jamais acquis. Vous devrez rester vigilantes votre vie durant ».
Il est donc essentiel de rester vigilants et de se mobiliser pour défendre et promouvoir le droit à l'avortement pour toutes les femmes, quel que soit leur origine, leur situation ou leur lieu de résidence. La société civile internationale a d’ailleurs appelé au report et non à l’annulation de la Commission de la condition de la femme à l’ONU, la déclaration adoptée in fine en format resserré, avec la présence unique des représentations permanentes à l’ONU des États membres, étant très en deçà de la position de l’Union européenne qui affichait des objectifs ambitieux.
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