La maternité est une période de transformation profonde pour la femme, tant sur le plan physique qu'émotionnel. Au-delà de la préparation médicale classique, des approches complémentaires comme le chant prénatal offrent un espace d'expression et de connexion privilégié avec soi-même et son enfant à naître. Elisa Boillot, spécialiste du chant prénatal, propose une approche holistique qui met l'accent sur le bien-être de la future maman et son rôle actif dans le processus de l'accouchement.
Qu'est-ce que l'accouchement physiologique ?
Elisa Boillot commence par rappeler la définition de l'accouchement physiologique. Cette notion est essentielle pour comprendre l'approche du chant prénatal, qui vise à accompagner la femme dans un processus naturel et respectueux de son corps. L'accouchement physiologique s'oppose à une médicalisation excessive de la naissance, où des interventions comme la péridurale, l'ocytocine de synthèse ou l'épisiotomie sont systématiquement utilisées.
Il est important de noter que ces interventions peuvent être nécessaires dans certaines situations, mais elles ne doivent pas être considérées comme la norme. Par exemple, percer la poche des eaux peut être utile pour déclencher le travail lorsque les contractions sont trop longues et que la mère et l'enfant s'épuisent. Cependant, il est essentiel de se rappeler que la poche des eaux joue un rôle d'amortisseur pour le bébé et protège le périnée de la mère.
De même, l'ocytocine de synthèse peut rendre le travail plus efficace, mais elle ne procure pas les mêmes bienfaits que l'ocytocine naturelle produite par le cerveau maternel. Pour compenser cette différence, il est recommandé de favoriser le contact peau à peau, les caresses et le massage aréolaire.
La péridurale, bien qu'elle puisse soulager la douleur, peut également ralentir la phase finale du travail en affectant la tonicité musculaire et le réflexe de poussée. L'épisiotomie, quant à elle, peut entraîner des complications et une cicatrisation plus difficile que la déchirure naturelle.
Lire aussi: Elisa Tovati : Un aperçu de sa vie privée
Pour éviter ces interventions inutiles, il est important de se préparer à l'accouchement en travaillant sur la mobilité du bassin et du coccyx, en adoptant des positions d'accouchement favorisant l'ouverture du bassin et en renforçant la confiance en sa capacité à accoucher naturellement.
Les bienfaits du chant prénatal
La première vocation du chant prénatal est de favoriser le bien-être des femmes enceintes pendant la grossesse. Ce bien-être peut également profiter aux accompagnants de la future maman s’ils le souhaitent.
Grâce à divers sons, jeux vocaux et exercices corporels, les participants peuvent affiner la perception de leur schéma corporel. Le chant invite à la mobilité du corps (bassin, colonne vertébrale), à la souplesse de la respiration ainsi qu’à la mobilisation de certains muscles (dans le relâchement ou l’action). Certains exercices se pratiquent en autonomie et d’autres à deux.
Le chant prénatal et la relation avec le bébé
Le fœtus, baigné dans le liquide amniotique, est enveloppé de multiples sons, dont la voix de sa mère. Il est capable de percevoir les sons par le “toucher”, par la peau, puis, son oreille interne en place dès le 5ème mois pourra commencer à être stimulée. Il n’ « entendra » finalement les sons que dans le dernier mois de gestation. Cependant, les mots, les sons qui auront été chantés pendant toute la grossesse entreront dans la mémoire profonde du corps du bébé comme une empreinte de sa prim’ identité.
Mais plus que l’audition, c’est le fait de nouer une relation avec le bébé qui nous paraît le plus important. La préparation physique et médicale est nécessaire et est pratiquée par des sages-femmes. Le chant prénatal est un plus à cette préparation.
Lire aussi: Contributions d'Elisa Chelle à la science politique
La grossesse n’est pas une maladie et la femme sera toujours, au bout du compte, la principale actrice de son accouchement. Le chant prénatal est une proposition pour faire de l’accouchement un moment pleinement vécu, et non pas un acte simplement médical.
Préparation physique et gestion de la douleur
Le travail du chant prénatal permet la localisation, la mobilisation et la détente des muscles qui entrent en jeu lors de l’accouchement ; muscles de la ceinture abdominale, muscles du diaphragme, périnée…
Les sons aident à accompagner les contractions et à traverser la douleur. Un son grave et équilibré permet à la femme d’exprimer ses sensations tout en massant le corps par les vibrations, en facilitant le relâchement musculaire et le « laisser-respirer ». La future maman chante son corps !
Le père, s’il a travaillé conjointement avec sa compagne pendant la grossesse, joue un rôle important en la soutenant dans l’émission des sons graves.
Le chant prénatal : un complément à la préparation à l'accouchement
Il est important de souligner que le chant prénatal n’est pas conventionné comme préparation à l’accouchement. Il intervient comme un complément à cette préparation. Il ne remplace pas le suivi médical et les cours de préparation à la naissance dispensés par les sages-femmes. Il s'agit d'une approche complémentaire qui permet à la femme de se connecter à son corps, à son bébé et à sa propre capacité à accoucher.
Lire aussi: La carrière d'Élisa Servier
tags: #elisa #boillot #chant #prénatal #bienfaits
