L'élevage, une composante essentielle de l'activité humaine depuis des millénaires, a pris des formes diverses selon les époques et les régions. Cet article explore l'histoire de l'élevage, en partant du cas spécifique de la lagune vénitienne et en élargissant la perspective aux pratiques agricoles modernes et à l'apiculture.

L'Élevage dans la Lagune Vénitienne: Un Système Nourricier

Jusqu’au XVIIe siècle, les produits de la mer présents sur les étals proviennent en grande partie de la lagune, zone de référence pour les activités de pêche qui s’y développent à partir de l’Antiquité. La lagune vénitienne, un espace de marécage transformé en centre urbain, a toujours été intimement liée à l'élevage et à la pêche. Envisagée comme un centre de production important, la lagune serait ainsi l’élément qui aurait permis aux activités commerciales vénitiennes de se développer et de s’étendre rapidement à l’échelle méditerranéenne à partir du XIIe siècle. Ses nombreuses îles sont par exemple des lieux de culture de fruits et de légumes consommés régulièrement par les habitantes et les habitants. Elles abritent également des zones d’élevage qui fournissent viandes et produits laitiers. Enfin, ses canaux et ses marécages permettent aux pêcheurs de capturer et de vendre de nombreuses prises sur les marchés locaux.

Organisation et Contrôle de la Pêche

Au XVIIIe siècle, deux magistratures vénitiennes organisent la pêche lagunaire. Les membres des Savi ed Esecutori alle Acque (Sages et Exécuteurs des eaux) sont chargés de l’ensemble des activités de la lagune depuis le début du XVIe siècle. Les pêcheurs peuvent avoir affaire à cette institution pour des questions d’usages, par exemple lorsqu’ils posent des filets qui gênent la circulation de barques, ou lorsqu’il s’agit de déterminer les limites de leurs zones de capture. La pratique de ce métier est soumise au contrôle de la Giustizia Vecchia. Au XVIIIe siècle, les membres de cette institution renforcent progressivement leur droit de regard sur les activités de pêche, dont dépend en partie la quantité de produits de la mer disponibles sur les étals à cette époque.

La "Materia del Pesce": Définition et Diversité

Les produits de la mer occupent fréquemment les magistrats de la Giustizia Vecchia parce qu’ils sont un pillier de l’alimentation vénitienne. Ils apparaissent dans les sources sous le nom de « vittuaria del pesce » (victuailles de poisson), « pesce » (poisson), « pesce popolo » (poisson peuple) ou « materia del pesce » (matière du poisson). Le terme pesce, pour les autorités comme pour les pêcheurs ou les poissonniers, englobe une réalité large : il s’agit davantage de l’ensemble des produits de la mer consommés par les Vénitiens que de poisson stricto sensu. Dans le dictionnaire du dialecte vénitien de référence écrit entre la fin du XVIIIe et le début du XIXe siècle, Giuseppe Boerio définit le mot pesse ou pesce ainsi : « nom générique de tous les animaux qui naissent et vivent dans l’eau ». En ce sens, l’utilisation de pesce au singulier définit un type de ressource non quantifiée, similaire au bois ou à l’eau : dans le vocabulaire utilisé par les acteurs, le poisson prend la forme d’une ressource naturelle, renouvelable et nécessaire à la société vénitienne.

Au XVIIIe siècle, les prix des poissons sont définis en 1707, puis réévalués en 1737 et en 1760. Le détail de ces prix, affichés sous forme de listes placardées sur les marchés, donne accès aux espèces vendues : la matière du poisson prend corps peu à peu. Sur les étals, des rougets, des anguilles, des soles, et des esturgeons côtoient des crevettes, des crabes ou encore des poulpes.

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Les Vénitiens utilisent eux aussi un vocabulaire vernaculaire varié pour désigner les différentes espèces, pourtant la catégorie juridique utilisée les englobe sans distinction. En l’occurrence, les produits de la mer sont tous taxés par un seul et unique droit d’entrée perçu par les autorités, appelé le dazio del pesce fresco, armato e gallume, c’est-à-dire la « taxe sur le poisson frais, crustacés et coquillages ». La catégorie juridique « pesce » est donc créée non pas à partir de critères biologiques que les Vénitiens identifient parfaitement par ailleurs, mais elle s’appuie plutôt sur des règles identiques de production et de distribution, et donc sur la pratique. Les spécimens sont ainsi pêchés et vendus par les mêmes acteurs et selon les mêmes modalités.

Une très forte diversité des poissons est présente sur les étals, inondant les places et les canaux. Les listes de prix publiées en 1707, 1737 et 1760 font état d’une soixantaine de produits différents en moyenne, et leur nombre augmente au cours du siècle. Esturgeons, thons, daurades, loups, soles, raies, turbots, mulets, sardines, anchois, anguilles, rougets, rascasses, ou encore seiches figurent sur ces listes, comme si l’ensemble était vendu régulièrement.

Au cœur de la materia del pesce coexistent aussi des poissons d’eau douce et d’eau salée, vendus sur les mêmes étals. La salinité des eaux varie en effet d’un marécage à l’autre selon qu’ils sont situés plus ou moins près d’un cours d’eau arrivant du Dominio da Terra ou près de la mer. Ainsi, les espèces d’eau douce peuvent être pêchées dans les eaux stagnantes aux frontières de la lagune et de la terreferma, pendant que des espèces d’eau salée sont capturées dans les grands canaux près de l’île du Lido. Quel que soit le lieu, l’ensemble se vend de la même manière.

Sur les étals de poisson est parfois notée la présence de gibier. Les osselami, ces canards sauvages qui vivent dans la lagune, sont parfois inclus dans les textes institutionnels comme appartenant au marché du poisson vénitien. La pêche et la chasse sont deux activités pensées comme complémentaires au Moyen Âge.

Le Poisson Salé: Un Produit d'Importation Distinct

À la fin de l’époque moderne, cette denrée consommée dans la ville est en grande partie un produit d’importation venant de l’Atlantique ou encore d’Europe du Nord. Le hareng, le saumon et surtout la morue, connue à Venise sous le nom générique de baccalà, sont des produits omniprésents dans la consommation des Vénitiens. Pourtant, ces marchandises empruntent un circuit de commercialisation bien différent, celui des produits d’importation, et ne font pas partie de la materia del pesce. Ces denrées sont en grande partie transportées par des navires anglais, parfois flamands ou hollandais, moins fréquemment français. Les marchands étrangers les vendent ensuite aux membres de la corporation des salumieri, des boutiquiers chargés de vendre les viandes et poissons salés ou autres produits conditionnés, les salumi.

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Diversification des Pratiques d'Élevage à Travers le Monde

Si la lagune vénitienne offre un exemple spécifique d'élevage et de pêche, d'autres régions du monde présentent des pratiques diversifiées, adaptées à leurs environnements et cultures.

L'Agnelage: Un Moment Clé dans l'Élevage Ovin

La mise-bas chez les brebis, connue sous le nom d'agnelage, est une période décisive pour les éleveurs d'ovins. L'éleveur doit surveiller et aider chacune des mises-bas de ses brebis. Après cinq mois de gestation, une naissance peut se faire en dix minutes à peine. Dans certaines exploitations, le public est invité à découvrir l'agnelage au plus près des animaux, donnant les premiers soins et les premiers biberons.

L'Apiculture: Un Secteur en Développement, Essentiel pour l'Écosystème

Au Sénégal, l’apiculture gagne en importance. A l’image d’autres pays africains comme le Kenya, berceau d’une apiculture tournée vers l’autonomie de ses abeilles évoluant dans des ruches troncs et en ciments. Les abeilles ont un intérêt écologique majeur car sans leur travail de pollinisation indispensable, l’écosystème mondial en viendrait à s’effondrer. Or, aujourd’hui, ces dernières sont menacées d’un grave déclin par les dérives de l’activité humaine, comme l’usage de pesticides ou la perte d’habitats due à l’artificialisation des espaces naturels. L’apiculture, en favorisant la pollinisation alentours et en produisant du miel peut offrir des bénéfices économiques mais également écologiques si le miel est produit à échelle humaine et de façon responsable.

Mamadou Ly est un apiculteur notoire au village Niaga, à côté du lac Rose. Naturaliste convaincu, il pratique l’apiculture dans des lieux protégés tels que la forêt classée de Mbao, située dans la capitale de Dakar. Il sensibilise les habitants du Sénégal à l’art de l’apiculture, hommes et femmes, en donnant des formations gratuites pour créer des micro-entreprises apicoles.

Oumar Diallo Al Foutiyou est lui aussi un passionné des abeilles. Il a suivi des formations avec ferveur ayant Mamadou Ly comme professeur. Pour lui, l’apiculture est essentielle : « Comme l’a surligné Mamadou Ly, nous avons au Sénégal une diversité importante de paysages : des rives, des forêts, des arbres mellifères. Il sait à quel point l’apiculture comme l’agriculture durable permettent de mieux faire face aux sécheresses fréquentes du côté de la frontière Sahélienne.

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L'Agriculture Cistercienne: Un Modèle d'Autonomie et d'Efficacité

Fondée au Moyen Âge par les moines cisterciens, la grange de Vaulerand est à l’origine une grange cistercienne, dépendant de l’abbaye de Royaumont, fondée en 1228 par Louis IX. Chez les cisterciens, l’agriculture occupe une place centrale : travailler la terre est à la fois une nécessité économique et une discipline spirituelle. Les moines mettent alors en place un réseau de granges agricoles confiées à des frères convers, capables d’assurer la production de céréales, l’élevage, mais aussi la transformation des ressources. Vaulerand s’inscrit dans ce système rationnel, fondé sur l’autonomie et l’efficacité. Le cœur du domaine reste la grange monumentale médiévale, dont les volumes impressionnants témoignent de l’importance des récoltes stockées sur place.

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