Introduction
La procréation médicalement assistée (PMA) est un ensemble de techniques médicales conçues pour lutter contre l'infertilité, définie par l'Organisation Mondiale de la Santé comme « une incapacité à concevoir un enfant après plus de douze mois de rapports sexuels réguliers sans utilisation de moyen de contraception ». Face à ce trouble de la fertilité, la PMA offre un éventail de procédures, dont les plus courantes sont l’insémination intra-utérine (IIU) et la fécondation in vitro (FIV). Cet article vise à explorer l'efficacité de la PMA en fonction des différentes causes d'infertilité, en mettant en lumière les techniques les plus adaptées et les facteurs influençant les chances de succès.
Diagnostic de l'infertilité : une étape cruciale
Avant d'entamer un parcours de PMA, il est essentiel de réaliser un bilan de fertilité complet pour identifier les causes de l'infertilité. Ce bilan implique généralement une consultation avec un gynécologue, au cours de laquelle les antécédents médicaux, chirurgicaux et familiaux des deux membres du couple sont discutés. Des examens complémentaires sont ensuite prescrits, tant pour la femme que pour l'homme.
Chez la femme, les examens peuvent inclure :
- Un examen sanguin pour analyser le fonctionnement du système endocrinien et évaluer la réserve ovarienne (compte de follicules antraux (CFA) et dosage de l'AMH).
- Une hystérosalpingographie, un examen radiographique permettant d'analyser l'utérus et les trompes à l'aide d'un produit de contraste.
Chez l'homme, l'examen principal est le spermogramme, une analyse biologique du sperme évaluant le volume du recueil, le nombre, la mobilité, la viabilité et l’aspect morphologique des spermatozoïdes. Un spermocytogramme, consistant à étudier la qualité du sperme après coloration des spermatozoïdes, et une recherche d'infections bactériennes dans le sperme peuvent également être réalisés.
Une fois les résultats des tests de fertilité obtenus, les causes de l'infertilité (masculine, féminine ou mixte) peuvent être déterminées. Dans certains cas, cependant, les causes peuvent rester inexpliquées, aucune anomalie ou pathologie n'ayant été mise en évidence lors du test de fertilité.
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L'insémination artificielle (IA) : une technique de première intention
L’insémination artificielle (IA) fait partie des techniques d’AMP (assistance médicale à la procréation) aux côtés de la FIV (Fécondation In Vitro) avec ICSI ou non, et de l’accueil ou transfert d’embryon. C’est la plus ancienne et la plus simple à mettre en œuvre. Elle consiste à déposer le sperme du conjoint ou d’un donneur directement dans l’utérus de la femme, au moment de son ovulation. On parle d’insémination artificielle in vivo car la fécondation a lieu dans l’utérus. L’insémination artificielle reproduit donc les conditions d’un rapport sexuel naturel, mais sous contrôle médical en optimisant les chances de fécondation. En effet, elle est généralement précédée d’un traitement de stimulation de l’ovulation pour la femme. Peu invasive et facile à réaliser, l’insémination artificielle réunit toutes les conditions pour rapprocher au maximum l’ovocyte et le spermatozoïde.
Indications de l'IA
Selon les résultats des différents examens du bilan de fertilité, l’insémination artificielle peut être proposée aux couples hétérosexuels, aux femmes célibataires et aux couples de femmes. Plus précisément, elle peut être envisagée dans les situations suivantes :
- Infertilité masculine légère ou modérée : anomalies modérées du sperme (avec au moins un million de spermatozoïdes mobiles).
- Troubles de l'ovulation chez la femme : la stimulation ovarienne associée à l'IA permet d'améliorer l'ovulation et d'en contrôler le timing.
- Altération de la glaire cervicale : la glaire cervicale est une sécrétion produite par les glandes du col de l’utérus qui, en période d’ovulation, facilite le passage des spermatozoïdes. Une altération de cette glaire peut entraver la fécondation.
- Absence de partenaire masculin : la femme est soit célibataire soit en couple avec une autre femme. Dans ce cas, une insémination artificielle avec le sperme d’un donneur est réalisée.
- Infertilité inexpliquée : lorsque les causes de l'infertilité ne sont pas clairement identifiées, l'IA peut être proposée comme traitement de première intention.
- Homme porteur d’une maladie génétique héréditaire ou souffre d’azoospermie, détectée par le spermogramme.
Déroulement de l'IA
L’insémination artificielle suit un processus en plusieurs étapes visant à optimiser l’ovulation chez la femme et à faciliter le cheminement des spermatozoïdes de l’homme jusqu’à l’ovocyte :
- Stimulation ovarienne : à partir du 3ème ou du 5ème jour du cycle, la femme reçoit quotidiennement pendant 10-12 jours un traitement médicamenteux par injection sous-cutanée afin de stimuler le développement d’1 à 3 follicules.
- Surveillance folliculaire : à partir du 10ème jour du cycle, les effets de la stimulation de l’ovulation sont suivis toutes les 24-48 h avec prises de sang et échographie pour surveiller la maturation des follicules. L’ovulation sera déclenchée par une injection d’hormone hCG lorsqu’ils auront atteint la bonne taille.
- Préparation du sperme : le sperme du conjoint est recueilli par masturbation au laboratoire, 2 h avant l’intervention et préparé pour l’insémination artificielle. S’il s’agit d’un don de sperme, les paillettes sont décongelées. La préparation du sperme en laboratoire consiste à recréer les modifications naturelles observées lorsque les spermatozoïdes traversent la glaire cervicale lors d’un rapport sexuel.
- Insémination : l’insémination elle-même ne fait pas mal, elle est réalisée sans hospitalisation et ne nécessite pas d’anesthésie. Le médecin dépose les spermatozoïdes à l’intérieur de l’utérus par les voies naturelles grâce à un cathéter très fin.
Taux de réussite de l'IA
Technique la plus utilisée en France, l’insémination intra-utérine est pourtant loin d’être la plus efficace ! Seuls 5 868 bébés sont nés suite aux 49 367 inséminations artificielles réalisées en 2017. Ce type de procréation médicalement assistée présente donc un taux de réussite avoisinant les 12%. De très nombreux paramètres jouent un rôle sur les chances de réussite, notamment l’âge, l’état de la réserve ovarienne, le profil médical et le nombre de tentatives. Il faut laisser au moins un cycle de repos entre chaque tentative. En général, on considère qu'il est raisonnable de réaliser 3 à 6 tentatives d'IA avant d'envisager d'autres techniques de PMA.
La fécondation in vitro (FIV) : une solution pour les infertilités plus complexes
La fécondation in vitro (FIV) est une technique de procréation médicalement assistée (PMA) utilisée pour traiter l’infertilité avec un bon taux de réussite. Elle consiste à prélever des ovules chez la femme, les féconder en laboratoire avec des spermatozoïdes et à implanter les embryons ainsi obtenus dans l’utérus de la femme.
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Indications de la FIV
La FIV est généralement proposée lorsque l'IA a échoué ou lorsque l'infertilité est due à des causes plus complexes, telles que :
- Infertilité masculine sévère : anomalies importantes du sperme (oligospermie sévère, asthénospermie sévère, tératospermie sévère).
- Obstruction ou absence des trompes de Fallope : les trompes de Fallope sont les canaux qui relient les ovaires à l'utérus. Leur obstruction empêche la rencontre entre l'ovocyte et le spermatozoïde.
- Endométriose : cette maladie se caractérise par la présence de tissu endométrial (le tissu qui tapisse l'utérus) en dehors de la cavité utérine. Elle peut entraîner des douleurs, des troubles de la fertilité et d'autres complications.
- Troubles de l'ovulation sévères : lorsque la stimulation ovarienne ne permet pas d'obtenir une ovulation de qualité.
- Échec répété des IA : après plusieurs tentatives d'IA infructueuses, la FIV peut être envisagée.
- Infertilité inexpliquée : lorsque les causes de l'infertilité ne sont pas clairement identifiées et que l'IA n'a pas fonctionné.
Déroulement de la FIV
La FIV se déroule en plusieurs étapes :
- Stimulation ovarienne : Les ovaires de la femme sont stimulés par l’administration d’hormones pour produire plusieurs ovules matures. Le bon déroulement de la stimulation ovarienne est crucial pour la suite du parcours PMA. Les chances de succès dépendent en grande partie de cette phase. Les erreurs de traitement sont fréquentes ! La phase de stimulation ovarienne a une durée moyenne de 2 à 3 semaines. Il n’y a pas de durée précise de traitement, cela dépend essentiellement de la réponse de la patiente aux hormones. Le bon déroulement de cette phase est contrôlé à partir du dixième jour, toutes les 48 heures par le gynécologue. L’échographie permet de quantifier le nombre de follicules en croissance dans l’ovaire. Chacun d’entre eux renferme un ovocyte pouvant être fécondé par un spermatozoïde. Les taux de LH sont mesurés afin de s’assurer que l’ovulation n’a pas eu lieu spontanément. Le 17β-œstradiol est également dosé : cette hormone ovarienne est le reflet de la maturation des follicules. En fonction des résultats du monitorage ovarien, votre traitement est adapté par le gynécologue.
- Ponction ovocytaire : Lorsque les follicules ovariens ont atteint une taille suffisante et que les taux d’hormones sont jugés optimaux, l’ovulation est déclenchée. Une heure précise sera communiquée à la patiente par l’équipe médicale. Il est très important que vous respectiez précisément l’heure indiquée par votre médecin pour le déclenchement de l’ovulation. En effet, celle-ci aura lieu 36 à 40 heures suivant votre injection. La ponction ovocytaire sera réalisée 36 heures après le déclenchement. Elle a lieu au bloc opératoire, sous anesthésie locale ou générale. La ponction est réalisée sous contrôle échographique par voie transvaginale. Le liquide folliculaire dans lequel baigne les ovocytes est prélevé par une sonde. Les ovocytes sont trop petits pour être visibles au cours de la ponction. Il faudra attendre l’analyse au laboratoire pour que vous puissiez prendre connaissance du nombre exact d’ovocytes recueillis. Il est fréquent que ce nombre ne corresponde pas exactement au nombre de follicules visibles à l’échographie.
- Fécondation in vitro : Alors que la patiente subit la ponction ovocytaire, son conjoint réalise le recueil de sperme. Celui-ci est réalisé par masturbation après 2 à 5 jours d’abstinence sexuelle. Lors d’une FIV, 50 000 spermatozoïdes sont placés au contact d’un ovocyte : la fécondation est spontanée. Dans le cas d'une FIV-ICSI (injection intracytoplasmique de spermatozoïdes), un seul spermatozoïde est injecté directement dans l'ovocyte.
- Culture embryonnaire : Au cours des cinq jours suivants, le développement des embryons issus de la fécondation est suivi. Un score est attribué à chacun d’eux en fonction de leur morphologie.
- Transfert embryonnaire : Le transfert a lieu au centre de procréation médicalement assistée. Il se déroule en position gynécologique: le(s) embryon(s) sélectionnés pour le transfert sont placés dans un tube souple (un cathéter). Le transfert de(s) embryon(s) peut avoir lieu deux jours ou cinq jours après la fécondation. De plus en plus fréquemment, un seul embryon sera transféré afin de réduire le risque de grossesse multiple. Cependant, en fonction des caractéristiques du couple (âge, antécédents, pathologies…), il est possible que deux embryons soient transférés.
- Test de grossesse : La réussite de la FIV est confirmée par un test de grossesse positif, généralement 2 semaines après le transfert des embryons.
Taux de réussite de la FIV
En permettant de maximiser les chances de fécondation, la FIV et la FIV-ICSI affichent un taux de succès supérieur à l’insémination intra-utérine. En effet, 18% des tentatives se concrétisent par une naissance ! Ces deux protocoles permettent également d’avoir recours au don de spermatozoïdes ou au don d’ovocyte en cas d’une infertilité sévère de l’un des deux partenaires.
Transfert d'embryons congelés
Suite à une FIV ou une FIV-ICSI, il n’est pas rare que plusieurs embryons soient considérés comme ayant un haut potentiel d’implantation. L’un des embryons est donc choisi pour le transfert : on parle de transfert d’embryon frais. Les embryons à haut potentiel d’implantation non-sélectionnés pour le transfert embryonnaire sont congelés dans de l’azote liquide (-196°C). Lors de la décongélation, les agents cryoprotecteurs sont remplacés peu à peu par de l’eau. Les embryons sont ensuite placés à 37°C et observés au microscope. Le transfert d’embryons congelés est un protocole moins lourd qu’un nouveau transfert d’embryons frais. En effet, le TEC permet d’éviter une nouvelle phase de stimulation ovarienne et de ponction ovocytaire à la patiente. Lors d’un transfert d’embryon congelé sur cycle naturel, la patiente est suivie par son gynécologue qui réalise des échographies et des dosages hormonaux. Lors d’un transfert d’embryon congelé sur cycle artificiel, le gynécologue prescrit à la patiente un traitement hormonal à base d’œstrogènes, dès le début du cycle menstruel. Vers le quatorzième jour, une échographie est programmée afin de mesurer l’épaisseur de l’endomètre. Le transfert d’embryon congelé a lieu au centre de PMA. Il se déroule de la même manière qu’un transfert d’embryon frais.
Facteurs influençant l'efficacité de la PMA
L'efficacité de la PMA dépend de nombreux facteurs, notamment :
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- L'âge de la femme : La PMA est généralement plus efficace chez les femmes de moins de 35 ans, car la réserve ovarienne et la qualité des ovocytes diminuent avec l'âge.
- La cause de l'infertilité : Certaines causes d'infertilité répondent mieux à certaines techniques de PMA que d'autres.
- La qualité du sperme : La qualité et la quantité des spermatozoïdes sont des facteurs importants pour la réussite de la fécondation.
- L'état de la réserve ovarienne : Une faible réserve ovarienne peut réduire les chances de succès de la PMA.
- Le profil médical des deux partenaires : Certaines conditions médicales peuvent affecter la fertilité et l'efficacité de la PMA.
- Le nombre de tentatives : Les chances de succès augmentent généralement avec le nombre de tentatives, mais il est important de prendre en compte les aspects émotionnels et financiers.
- Le centre de PMA : L'expérience et l'expertise du centre de PMA peuvent influencer les résultats.
- Le mode de vie : Le tabagisme, la consommation excessive d'alcool et l'obésité peuvent réduire la fertilité et l'efficacité de la PMA.
Soutien émotionnel et psychologique
Le parcours de PMA peut être long et éprouvant sur le plan émotionnel. Il est donc important de bénéficier d'un soutien psychologique adéquat. De nombreux centres de PMA proposent des consultations avec des psychologues ou des conseillers spécialisés dans la fertilité. Il est également important de maintenir une bonne qualité de vie, de ne pas tout sacrifier pour le suivi de la PMA et de se faire accompagner par ses proches.
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