Après une interruption volontaire de grossesse (IVG), la question de la contraception est primordiale. La fertilité revenant très rapidement, il est essentiel de mettre en place une méthode contraceptive adaptée dès que possible. Cet article explore les différentes options contraceptives disponibles après une IVG, en mettant l'accent sur l'efficacité de la pilule et d'autres méthodes, afin d'aider les femmes à faire un choix éclairé.
Reprise rapide de la fertilité après une IVG
Après une IVG, qu'elle soit médicamenteuse ou chirurgicale, la fertilité de la femme revient très rapidement. Il est donc impératif d'envisager une contraception si une nouvelle grossesse n'est pas souhaitée. L'objectif est d'éviter une grossesse non programmée et de permettre à la femme de choisir le moment opportun pour une future grossesse.
Importance de la contraception post-IVG
La contraception après une IVG est cruciale pour plusieurs raisons :
- Prévention d'une nouvelle grossesse non désirée: La reprise de l'ovulation est rapide après une IVG.
- Opportunité de choisir une contraception adaptée: L'IVG est un moment propice pour reconsidérer sa méthode contraceptive et opter pour une option plus adaptée à son mode de vie et à ses besoins.
- Prévention de la répétition des IVG: Une contraception efficace réduit le risque de grossesses non désirées et, par conséquent, le recours à de nouvelles IVG.
Quand et comment débuter la contraception après une IVG ?
La contraception peut être mise en place très rapidement après une IVG. En effet, la possibilité d’une nouvelle grossesse existe immédiatement après l’intervention. Il est donc nécessaire d’utiliser un moyen contraceptif juste après l’intervention si vous en avez besoin.
Contraception hormonale : pilule, patch, anneau, implant, injection
- Pilule combinée ou progestative : Elle peut être prise le jour même ou le lendemain d’une IVG instrumentale ou le jour de la prise de misoprostol pour une IVG médicamenteuse. Lorsque la plaquette de pilule est débutée le premier jour du cycle (c’est-à-dire le premier jour des règles), elle est efficace immédiatement. Sinon, il faut compter 7 jours avant d’être protégée.
- Patch ou anneau vaginal : Ils peuvent être débutés le jour de l’IVG.
- Implant progestatif : L’implant peut être posé le jour de l’IVG. L’efficacité dure 3 ans ou 2 ans en fonction du poids. Un implant contraceptif peut être retiré à la demande de la patiente ou parce que les effets secondaires, toujours possibles, sont mal tolérés.
- Injection intra musculaire: Peut être débutée dès la réalisation de l'IVG.
Dispositif intra-utérin (DIU) ou stérilet
Le DIU au cuivre ou hormonal peut être posé immédiatement après la réalisation de l’IVG instrumentale (sauf en cas d’épisode infectieux) ou lors de la visite de suivi en cas d'IVG médicamenteuse, après vérification de la vacuité utérine ou si le taux de BHCG est très faible et en cas de doute aux règles suivantes. Le DIU doit être proposé et inséré de manière préférentielle immédiatement au décours d’une IVG instrumentale (grade A), de même que l’implant (grade B). En cas d’IVG médicamenteuse, l’implant peut être inséré à partir du jour de la prise de mifépristone, le DIU dès la confirmation échographique de l’absence de grossesse intra-utérine (grade C).
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Le stérilet, ou dispositif intra-utérin, est un petit dispositif placé à l’intérieur de l’utérus. Il en existe deux sortes, un au cuivre et un à la progestérone, dans des tailles adaptées aux femmes ayant eu des enfants et à celles qui n’en ont pas eu. La pose du stérilet et le stérilet sont remboursés.
Contraception barrière
- Préservatifs : Les préservatifs externes (dits masculins) ou internes (dits féminins) peuvent être utilisés dès la reprise des rapports sexuels. Ce sont les seuls contraceptifs qui protègent des infections sexuellement transmissibles, dont le VIH-Sida.
- Autres méthodes : Seuls les moyens de contraception nécessitant des manipulations vaginales (anneau vaginal, cape cervicale, etc.) ne sont pas recommandés immédiatement après l’intervention, pendant le premier cycle suivant l’IVG.
Contraception d'urgence
La contraception d’urgence, ou pilule du lendemain, est une contraception à part entière. Elle permet de gérer les prises de risques de grossesse et les aléas des contraceptions. Elles sont légales pour les hommes et les femmes depuis 2001.
Efficacité de la pilule après 7 jours
Lorsque la plaquette de pilule est débutée le premier jour du cycle (c’est-à-dire le premier jour des règles), elle est efficace immédiatement. Sinon, il faut compter 7 jours avant d’être protégée.
Choix de la contraception après une IVG
Le choix de la contraception après une IVG est une décision personnelle qui doit être prise en accord avec les attentes et le mode de vie de la femme. Il est important de prendre en compte les avantages et les inconvénients de chaque méthode, ainsi que les contre-indications éventuelles.
Facteurs à considérer
- Efficacité : Certaines méthodes contraceptives sont plus efficaces que d'autres. Les méthodes réversibles à longue durée d'action (DIU et implant) sont généralement plus efficaces que la pilule, car elles ne dépendent pas de l'observance quotidienne.
- Facilité d'utilisation : Certaines méthodes sont plus faciles à utiliser que d'autres. La pilule, par exemple, nécessite une prise quotidienne, tandis que le DIU et l'implant sont des méthodes "oubliées".
- Effets secondaires : Toutes les méthodes contraceptives peuvent entraîner des effets secondaires. Il est important de discuter de ces effets secondaires potentiels avec un professionnel de santé.
- Réversibilité : Certaines méthodes, comme la stérilisation, sont irréversibles. Il est important d'en tenir compte lors du choix de sa contraception.
- Prévention des IST : Seuls les préservatifs protègent contre les infections sexuellement transmissibles (IST). Si le risque d'IST est présent, il est important d'utiliser un préservatif en plus de sa méthode contraceptive principale.
Contraception réversible à longue durée d'action (LARC)
Les méthodes contraceptives réversibles à longue durée d’action, dispositifs intra-utérins et implant, pourraient être privilégiées (grade C) car elles n’engendrent pas de problème d’adhésion et pourraient ainsi mieux prévenir la répétition des IVG (NP3).
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Aspects psychologiques de la contraception post-IVG
Le choix d'une contraception après une IVG peut également être influencé par des facteurs psychologiques. Certaines femmes peuvent se sentir plus à l'aise avec une méthode qu'elles contrôlent quotidiennement, tandis que d'autres préféreront une méthode "oubliée" pour éviter de penser constamment à la contraception. Il est important de prendre en compte ses propres préférences et de choisir une méthode avec laquelle on se sent à l'aise.
Examens médicaux après une IVG
Après l’IVG les examens médicaux ont pour objectif de vérifier que la grossesse est bien interrompue. En plus de l’examen clinique qui peut être réalisé, si la consultation est en présentiel, le médecin ou la sage-femme pourra vous proposer de réaliser une prise de sang pour doser les β-hCG ou une échographie. Tous ces examens et consultations sont pris en charge à 100% par l’Assurance maladie sans aucune avance de frais que vous soyez majeure ou mineure.
Le contrôle de l’efficacité de l’IVG médicamenteuse est indispensable car il existe entre 1 à 5% d’échec et ou de complications. Ce contrôle peut se faire par une échographie de contrôle ou par une prise de sang de dosage d’hormones de grossesse (Bêta HCG). Le résultat de cette prise de sang sera encore positif même si l’IVG a fonctionné. La vérification du fonctionnement de l’IVG médicamenteuse peut se faire par comparaison des dosages BHCG pré et post IVG. Lorsque le taux de Bêta HCG (dosage d’hormones de grossesse dans le sang), est inférieur à 2000 mUI/ml 2 semaines après l’IVG cela veut dire que l’avortement à fonctionné. Si le taux de Bêta HCG est supérieur au taux initial : la grossesse est évolutive et l’ivg par médicament n’a pas fonctionné.
Remboursement de la contraception
Sont remboursables par l'Assurance maladie :
- certaines pilules contraceptives ;
- les implants contraceptifs hormonaux ;
- les progestatifs injectables ;
- les dispositifs intra-utérins (DIU) ou stérilets ;
- les diaphragmes ;
- certaines marques de préservatifs externes (masculins).
Pour les femmes de moins de 26 ans avec une couverture sociale, ces contraceptifs sont délivrés en pharmacie sur prescription médicale avec une prise en charge à 100% et sans avance de frais. Concernant les préservatifs externes, ils sont pris en charge à 100% pour tous et toutes jusqu'à 26 ans, sans ordonnance. Le parcours de contraception pour toutes les personnes mineures est protégé par le secret.
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Pour les femmes de plus de 26 ans, ces contraceptifs sont remboursés à 65 % par l'Assurance maladie dans les conditions habituelles.
Les centres de santé sexuelle (anciens centres de planification et d’éducation familiale) délivrent à titre gratuit des médicaments ou dispositifs contraceptifs aux mineures désirant garder le secret et aux personnes ne bénéficiant pas d’une couverture sociale.
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