La vaccination pendant la grossesse est un sujet qui suscite de nombreuses interrogations chez les futures mamans. Cependant, plusieurs vaccins sont essentiels pendant cette période, notamment ceux contre la grippe, la COVID-19, la coqueluche et la bronchiolite. Cet article se concentre sur la vaccination contre la coqueluche pendant la grossesse, en abordant ses avantages, son efficacité, son calendrier et les dernières données disponibles.
Coqueluche : une menace pour les nourrissons
La coqueluche est une infection respiratoire très contagieuse causée par la bactérie Bordetella pertussis. Elle se transmet par les gouttelettes de salive émises lors de la toux. Bien que la coqueluche puisse toucher tout le monde, elle est particulièrement dangereuse pour les nourrissons de moins de six mois, dont le système immunitaire n'est pas encore complètement développé. Chez les nourrissons, la coqueluche peut provoquer des quintes de toux sévères qui entravent la respiration et peuvent entraîner des complications graves, nécessitant une hospitalisation en réanimation.
Une recrudescence des cas de coqueluche a été constatée en 2023 et 2024, après quelques années de circulation limitée en Europe. En France, des augmentations de cas très significatives ont été observées au premier trimestre 2024, ce qui souligne l'importance de la prévention, en particulier chez les nourrissons.
Vaccination maternelle : une protection efficace pour le nourrisson
La vaccination des femmes enceintes contre la coqueluche est une stratégie efficace pour protéger les nourrissons dès leur naissance. En effet, la vaccination permet à la mère de fabriquer des anticorps qui sont ensuite transmis au fœtus à travers le placenta. Ces anticorps maternels offrent une protection passive au nouveau-né pendant les premiers mois de sa vie, avant qu'il ne puisse être vacciné lui-même. La vaccination des femmes enceintes est pratiquée dans une trentaine de pays depuis plus de 10 ans.
Recommandations et calendrier de vaccination
En France, la Haute Autorité de Santé (HAS) recommande depuis avril 2022 que la vaccination contre la coqueluche soit effectuée chez toutes les femmes enceintes à partir du deuxième trimestre de grossesse, en privilégiant la période entre 20 et 36 semaines d’aménorrhée (SA). Cette mesure vise à optimiser le transfert transplacentaire des anticorps maternels et à assurer une protection maximale du nourrisson dès la naissance. La HAS préconise également que la vaccination soit effectuée à chaque grossesse, même si une vaccination a déjà eu lieu auparavant. Le Ministère de la Santé et des Services Sociaux (MSSS) du Québec estime que l’administration du vaccin dès 13 SA est possible sur une base individuelle (par exemple, avant un départ à l’étranger). Il n’est pas nécessaire de revacciner plus trad durant cette grossesse. Les données disponibles sur l’efficacité et la sécurité du vaccin sont moins nombreuses, ce qui n’en fait pas le moment privilégié pour offrir le vaccin dTPca. Pour le MSSS du Québec et le Comité consultatif américain sur les pratiques de la vaccination, il n’est pas nécessaire de revacciner plus trad dans la grossesse. Pour l’Agence de Santé et de Sécurité du Royaume-Uni (UKHSA) au contraire, la dose doit être répétée afin d’optimiser le taux d’anticorps maternels dont une fraction sera transférée au fœtus.
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Il est important de noter que la vaccination contre la coqueluche n'est pas efficace immédiatement chez le nourrisson. La vaccination débute au 2e mois et n’est pas efficace immédiatement. Cela signifie que le risque d’attraper une coqueluche sévère existe chez tous les nourrissons de moins de 5 mois si la mère n’a pas été vaccinée.
Efficacité et sécurité de la vaccination
Des études menées dans plusieurs pays, tels que le Royaume-Uni et les États-Unis, ont démontré que la vaccination des femmes enceintes contre la coqueluche est sûre et très efficace. Ces études ont montré une protection des nourrissons contre les formes sévères et les décès de plus de 90 %. L’expérience anglaise par exemple, la réduction de la mortalité par coqueluche, des nourrissons de moins de 2 mois, nés de femmes vaccinnées, est d’environ 95%.
Les données disponibles sur l'efficacité et la sécurité du vaccin sont rassurantes en termes de sécurité maternelle, fœtale et néonatale après vaccination dTP ou dTPca des femmes enceintes. La comparaison d’évènements médicaux d’enfants de 0 à 6 ans, dont la mère avait été vaccinée au cours de sa grossesse par rapport à des enfants du même âge dont les mères n’avaient pas été vaccinées, apporte des données rassurantes en termes de risque de maladies infectieuses, d’asthme, de troubles sensoriels ou de troubles du spectre de l’autisme.
Vaccins disponibles
En France, le vaccin contre la coqueluche n’existe pas seul. Toutes les formules existantes sont tétravalentes et l’associent au minimum aux 3 vaccins DTP (diphtérie polio tétanos). Sous cette forme, il a pour nom commercial Repevax®️ ou Boostrixtetra®️. Pour les enfants, les formules associent 5 ou 6 vaccins en même temps : on parle de vaccins pentavalents ou hexavalents. Les noms des vaccins hexavalents contre la coqueluche sont : Hexyon®️, Infanrix Hexa®️ ou Vaxelis®️. En vaccin pentavalent, on trouve Infanrix Quinta®️ et Pentavac®️.
Prise en charge financière
Toute femme enceinte bénéficie d'une prise en charge à 100 %, au titre de l'assurance maternité, à partir du premier jour de son 6ème mois de grossesse (24 semaines d’absence de règles) et jusqu'à 12 jours après l'accouchement. Le vaccin contre la coqueluche est remboursé à 65 % par l’Assurance maladie. Le montant restant est généralement remboursé par les complémentaires santé (mutuelles).
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Étude Epi-Phare : une couverture vaccinale en progression
Une étude Epi-Phare a examiné le taux de vaccination contre la coqueluche chez les femmes enceintes en France sur la période 2023-2024. Les résultats de cette étude sont encourageants :
- Le taux de vaccination contre la coqueluche chez les femmes enceintes a atteint plus de 60 % sur la période étudiée.
- Parmi les 386 712 femmes ayant débuté leur grossesse entre le 1er août 2023 et le 31 mars 2024, 63,2% avaient été vaccinées contre la coqueluche.
- Plus de 90% des femmes vaccinées l'avaient été entre la 18ème et la 34ème semaine de grossesse.
- Parmi les 304 534 femmes ayant atteint au moins 34 semaines de grossesse à la date de fin de suivi, fixée au 1er octobre 2024, le taux de vaccination s’élevait à 65,4%.
Ces chiffres témoignent d'une forte progression de la couverture vaccinale contre la coqueluche chez les femmes enceintes en France. Selon les données du registre Epi-Mères, les taux de vaccination étaient respectivement d’environ 41%, 12%, et 2% pour les années 2023, 2022, et 2021. La forte augmentation de ce taux de couverture élevé semble témoigner de l’efficacité des actions de sensibilisation de l’Etat et de l’Assurance Maladie auprès des femmes enceintes.
Disparités régionales et socio-économiques
L'étude Epi-Phare a également mis en évidence des disparités régionales et socio-économiques en matière de vaccination contre la coqueluche chez les femmes enceintes.
- De très fortes disparités régionales ont été observées concernant la couverture vaccinale contre la coqueluche parmi ces femmes. En effet, les taux étaient nettement supérieurs à la moyenne nationale dans les régions situées dans le nord et l’ouest de la France telles que les Pays de la Loire (80,9%), la Bretagne (80,3%), la Normandie (79,9%), la Nouvelle-Aquitaine (75,4%) e les Hauts-de-France (72,5%).
- Par ailleurs, les indicateurs socioéconomiques mettaient en évidence un léger déséquilibre entre les femmes ayant été vaccinées contre la coqueluche pendant leur grossesse et celles qui ne l’avaient pas été. En effet, les femmes vaccinées bénéficiaient moins de la complémentaire santé solidaire (16,7% vs. 32,1%), avaient moins recours à des consultations auprès de services de PMI (3,9% vs.4,4%), étaient plus souvent issues de communes plus favorisées (FDep 1er quintile (moins défavorisé) : 22,1% vs. 16,6%) et vivaient dans des communes offrant une meilleure accessibilité potentielle localisée aux médecins généralistes (APL MG 4ème quartile : 26,2% vs.
Ces disparités soulignent la nécessité de mettre en place des actions de sensibilisation ciblées afin d'améliorer la couverture vaccinale dans les régions et les populations les plus vulnérables.
Autres vaccinations recommandées pendant la grossesse
Outre la vaccination contre la coqueluche, d'autres vaccinations sont recommandées pendant la grossesse pour protéger la mère et le nouveau-né.
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- Grippe : La vaccination contre la grippe est recommandée pour toutes les femmes enceintes, quel que soit le terme de la grossesse. La grippe peut entraîner des complications graves chez les femmes enceintes et les nourrissons. La vaccination de la mère permet de diminuer le risque de donner la grippe à son bébé après sa naissance. Par ailleurs, les anticorps transmis par la mère le protègent contre des formes sévères plus fréquentes avant l’âge de 6 mois.
- COVID-19 : Les femmes enceintes sont plus susceptibles de développer une forme grave de la COVID-19. La vaccination contre la COVID-19 est donc fortement recommandée pendant la grossesse. La vaccination de la mère permet aussi de diminuer le risque d'infection du bébé après sa naissance et d'éviter des hospitalisations.
- Bronchiolite : La vaccination contre la bronchiolite est pratiquée dans de nombreux pays depuis 2023. Le but est de protéger le nourrisson de la bronchiolite grâce à la transmission des anticorps fabriqués par sa mère 14 jours après sa vaccination.
Vaccinations contre-indiquées pendant la grossesse
Certains vaccins sont contre-indiqués pendant la grossesse, car ils s’appuient sur des virus vivants atténués. Il s'agit notamment des vaccins contre la rougeole-oreillon-rubéole (ROR), la tuberculose et la varicelle. En cas de doute, il est important de consulter un professionnel de santé.
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