L'échographie de la hanche est un outil d'imagerie médicale précieux, particulièrement chez les nourrissons, pour le dépistage et le suivi des anomalies de développement telles que la dysplasie de la hanche. Cet article explore en détail l'échographie de la hanche, en abordant sa définition, ses indications, la procédure, ses avantages, ses limites et l'importance cruciale du diagnostic précoce de la luxation congénitale de la hanche (LCH).

Qu'est-ce qu'une échographie de la hanche ?

Une échographie de la hanche est une procédure d'imagerie médicale qui utilise des ondes sonores à haute fréquence pour créer des images en temps réel de la région de la hanche. Ces images, appelées échographies, permettent aux professionnels de la santé de visualiser les structures internes de la hanche, telles que les os, les articulations, les tendons et les muscles. Contrairement aux radiographies, l'échographie n'utilise pas de radiations ionisantes, ce qui la rend particulièrement adaptée aux nourrissons.

Indications de l'échographie de la hanche chez le nourrisson

Il existe plusieurs raisons pour lesquelles un médecin peut recommander une échographie de la hanche chez un nourrisson :

  • Surveillance de la croissance et du développement de la hanche : L'échographie est utilisée pour évaluer la maturation de l'articulation de la hanche et détecter d'éventuelles anomalies.
  • Dépistage et surveillance de la dysplasie développementale de la hanche (DDH) : La DDH est une affection où la hanche ne se développe pas normalement. Elle peut varier d'une cupule peu profonde (dysplasie acétabulaire osseuse) à une luxation complète avec la tête fémorale entièrement sortie de l'acétabulum. L'échographie est un outil essentiel pour diagnostiquer et suivre la DDH, permettant une intervention précoce.
  • Évaluation des nourrissons présentant des facteurs de risque de LCH : Les facteurs de risque incluent la présentation par le siège, les antécédents familiaux de LCH au premier degré et les syndromes posturaux (torticolis, genu recurvatum, déformation sévère des pieds). D'autres facteurs de risque potentiels, bien que moins statistiquement prouvés, comprennent un gros poids de naissance, une grossesse gémellaire, la primiparité, l'oligoamnios et la césarienne.
  • Suivi après un traitement pour la DDH : L'échographie peut être utilisée pour surveiller l'efficacité du traitement et s'assurer que la hanche se développe correctement.

La procédure d'échographie de la hanche

Avant de subir une échographie de la hanche, il y a généralement peu d'étapes de préparation. Voici ce à quoi s'attendre :

  1. Préparation du nourrisson : Il est préférable que le nourrisson soit calme et détendu. L'alimentation avant l'examen peut aider à apaiser le bébé.
  2. Positionnement : Le nourrisson est généralement allongé sur le dos ou sur le côté.
  3. Application du gel : Le technicien appliquera un gel d'échographie transparent sur la peau de la hanche. Ce gel aide à assurer un bon contact entre la sonde et la peau.
  4. Acquisition des images : Le technicien déplacera doucement la sonde d'échographie sur la région de la hanche pour obtenir des images de différentes vues.
  5. Interprétation : Les images échographiques de la hanche sont immédiatement visibles et interprétées par un radiologue ou un médecin.

L'échographie de la hanche est généralement une procédure rapide et indolore.

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Avantages et limites de l'échographie de la hanche

Avantages :

  • Non invasive : L'échographie n'implique pas d'incisions ou d'injections.
  • Absence de radiations : Contrairement aux radiographies, l'échographie n'utilise pas de radiations ionisantes, ce qui la rend sûre pour les nourrissons.
  • Imagerie en temps réel : L'échographie fournit des images en temps réel, permettant une évaluation dynamique de la hanche.
  • Diagnostic précoce de la DDH : L'échographie est un outil précieux pour le diagnostic précoce de la DDH, permettant une intervention rapide et améliorant les résultats du traitement.
  • Guidage pour les interventions : L'échographie peut être utilisée pour guider les injections ou d'autres interventions dans la région de la hanche.

Limites :

  • Dépendance de l'opérateur : La qualité des images échographiques peut dépendre de l'expérience et de la compétence du technicien ou du radiologue.
  • Visualisation limitée des structures osseuses : Bien que l'échographie permette de visualiser les structures internes de la hanche, elle peut avoir des limitations dans la visualisation détaillée des structures osseuses par rapport à la radiographie.
  • Moins efficace après 4-6 mois : L'échographie est plus efficace pour évaluer la hanche chez les nourrissons de moins de 4 à 6 mois, car les structures cartilagineuses se développent et rendent l'imagerie plus difficile. Après cet âge, la radiographie peut être plus appropriée.

Importance du dépistage précoce de la luxation congénitale de la hanche (LCH)

La luxation congénitale de la hanche (LCH) est une pathologie congénitale du développement de la hanche, générée en période anténatale, qui se manifeste par une instabilité de l’articulation. Il existe une mobilité anormale entre le cotyle et le fémur. La tête fémorale sort, ou peut sortir, en partie ou en totalité de la cavité acétabulaire, alors qu’une hanche normale est stable.

La LCH a une faible prévalence, estimée entre 6 à 20 cas pour 1000 naissances, selon les données de la littérature en France. Le traitement de la LCH est simple et très efficace si le diagnostic est précoce. Par contre, une LCH non dépistée et donc non corrigée chez le nouveau-né peut entraîner une boiterie à la marche, et une atteinte dégénérative précoce de l’articulation.

Le diagnostic de la LCH repose initialement sur l’examen clinique, qui doit être systématiquement réalisé chez tous les nouveau-nés et nourrissons jusqu’à l’acquisition de la marche. Le pédiatre (de maternité et de ville) et le médecin généraliste sont en première ligne pour ce dépistage de la LCH. Il convient donc à ces derniers d’orienter les suspicions de LCH vers le radiologue et le chirurgien infantile pour assurer un dépistage précis.

Une étude récente de 2012 menée par la SOFOP (Société Française d’Orthopédie Pédiatrique) a montré que l’incidence des LCH découvertes après l’âge de 1 an était en augmentation en France depuis 2003.

Facteurs de risque de LCH

Les 3 facteurs de risque de LCH reconnus sont :

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  • La présentation par le siège (y compris tardive).
  • Antécédent familial de LCH au 1er degré.
  • Syndrome postural : torticolis, genu recurvatum, déformation sévère des pieds.

Signes cliniques de LCH

Le dépistage s’effectue tout d’abord par l’interrogatoire pour rechercher les facteurs de risque. Puis, dans un second temps, le dépistage se fait par un examen clinique rigoureux, réalisé avec un enfant calme, sans couche et nu, si possible après un biberon et sur un plan ferme. Il est nécessaire de rechercher les différents signes cliniques de la LCH, tel qu’un ressaut, le signe du piston, une limitation de l’abduction, une instabilité de hanche ou une hypertonie des adducteurs.

L'examen clinique comporte 3 temps :

  • L’inspection du bébé, qui apprécie la position spontanée des 2 membres inférieurs avec une possible déviation en coup de vent d’un côté définissant un « bassin asymétrique congénital ». De même, il pourra être utile de rechercher un raccourcissement apparent d’un membre inférieur.
  • L’étude de l’abduction est essentielle car elle a une très forte valeur d’orientation, même si elle ne signe pas formellement une luxation. Elle prend d’autant plus d’importance que l’enfant sera plus grand. Il faut rechercher une asymétrie d’abduction ou une limitation de son amplitude. Toute anomalie rend les hanches suspectes et obligera la recherche d’une instabilité ; si la hanche est stable, cette anomalie de l’abduction définit en tout état de cause un « facteur de risque » essentiel.
  • L’instabilité de la hanche, définition même de la luxation, doit être recherchée avec soin, par des manœuvres précises et délicates. Une instabilité est d’autant plus facile à percevoir que l’enfant est très jeune. Le signe du ressaut ou Ortolani est le plus classique, mais n’est retrouvé que dans un quart des instabilités environ. Le ressaut disparaît habituellement dans les premières semaines de vie. Le craquement, ou « click », n’est pas un signe clinique de LCH. L’autre signe, essentiel, est représenté par le test de Barlow. Cet examen de la hanche apprécie un déplacement de la tête fémorale, même en l’absence de ressaut.

L’HAS a édité une fiche mémo pour favoriser les conditions d’un dépistage précoce de la LCH. Cette dernière insiste sur les messages clés, l’examen clinique de la hanche, l’échographie et surtout la stratégie de dépistage de la LCH.

Échographie de hanche dans le dépistage de la LCH

L’échographie à 1 mois de vie est complémentaire de l’examen clinique dans le dépistage de la LCH. Les techniques les plus fréquemment utilisées en France sont la technique de Graf, également la plus répandue dans le monde, et la technique de mesure du fond cotyloïdien (FC), décrite par Couture, plus simple à réaliser et peut-être moins opérateur-dépendante.

La technique la plus fiable et reproductible est celle décrite par Couture. Elle permet la mesure du fond cotyloïdien (FC) et la mesure du pourcentage de couverture osseuse (CO). Le FC est mesuré entre le bord médial de l’épiphyse du fémur et le noyau osseux du pubis. Le seuil de normalité ou «cut-off point», définissant l’instabilité de la hanche pathologique, est une mesure de FC inférieure à 6mm.

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Traitement de la LCH

Si le diagnostic est précoce, un traitement orthopédique assez simple dit «ambulatoire» suffit à traiter la luxation congénitale de la hanche dans la grande majorité des cas. Il consiste à «réduire» la luxation en maintenant la tête fémorale dans la position où elle est la mieux pénétrée dans le cotyle (position de "centrage").

  • Dans les deux premiers mois de la vie, on utilise le lange CALIN.
  • Lorsque le traitement doit se poursuivre après la période du deuxième mois ou lorsque le dépistage est fait plus tardivement on utilise une culotte d'abduction, également souple, ou un harnais de Pavlik qui doivent être mis en place et surveillés par un chirurgien orthopédiste. Le harnais de Pavlik est un appareil très efficace. Il comprend une série de sangles permettant un réglage plus fin de la position des cuisses et une adaptation à l'évolution de la croissance de l'enfant, tout en empêchant certains mouvements nocifs.

Dans les cas de luxation de hanche dépistés tard ou pour améliorer la formation du cotyle qu'une croissance n'a pu effectuer (dysplasie), un traitement chirurgical s'impose. L'intervention consiste en une ostéotomie du bassin (section de l'os pour le réorienter) pour restaurer une bonne adaptation du couple tête fémorale/ cotyle. Elle est suivie du port d'un plâtre prenant la taille de l'enfant et descendant jusqu'aux orteils pendant plusieurs semaines.

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