Le bruit, omniprésent dans notre environnement quotidien, est une superposition de sons purs perçus par l'oreille. Comprendre l'échelle du bruit, mesurée en décibels (dB), est essentiel pour évaluer son impact sur notre santé et notre bien-être. Cet article explore en détail la définition de l'échelle du bruit, son fonctionnement, ses effets sur la santé et les mesures de prévention possibles.
Qu'est-ce que le bruit ?
Le bruit est une vibration qui se propage dans l'air et provoque une sensation auditive. Cette sensation peut être agréable ou désagréable, voire dangereuse si le niveau sonore est excessif. Un son pur est une vibration de l'air caractérisée par sa fréquence (f), mesurée en Hertz (Hz), qui représente le nombre de vibrations par seconde. L'oreille humaine est sensible aux sons dont la fréquence est comprise entre 20 Hz (sons graves) et 20 000 Hz (sons aigus).
L'échelle des décibels : Une mesure logarithmique
Pour rendre compte de l'intensité perçue d'un son, on utilise l'échelle pratique des décibels (dB). Cette échelle est logarithmique, ce qui signifie que les décibels ne s'additionnent pas de manière arithmétique. Un décibel (1 dB) correspond à la plus petite différence d'intensité perceptible par l'oreille humaine.
La relation entre le niveau sonore (Lp) en décibels et la pression acoustique (peff) en Pascals (Pa) est donnée par la formule suivante:
Lp = 20 log (peff/po) en dB, où po est la pression de référence (2.10-5 Pa).
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Du fait de l’utilisation de cette échelle logarithmique, les décibels ne s’additionnent pas de façon arithmétique. Ainsi, lorsque deux sources sonores de même intensité s’ajoutent, le niveau augmente de 3 décibels. Par exemple, l’addition de 2 sons de 60 dB chacun n’équivaut pas à 120 dB mais à 63 dB.
Voici quelques exemples pour illustrer l'addition des décibels :
- Lorsque une source sonore est multipliée par 2, le niveau augmente de 3 dB.
- Multiplier par 10 la source de bruit revient à augmenter le niveau sonore de 10 dB.
- Lorsqu’il y a 10 dB d’écart entre 2 sources sonores, on ne perçoit que la source qui a le plus fort niveau. C’est « l’effet de masque ».
La sensation auditive ne varie pas de manière linéaire avec la variation du niveau sonore. Ainsi, une différence de 3 dB (énergie sonore multipliée par deux) sera perceptible mais il faudra un écart de 10 dB (énergie sonore multipliée par 10) pour avoir l’impression d’un bruit deux fois plus fort.
Perception des bruits et pondération fréquentielle
La sensibilité de l'oreille varie également selon la fréquence du son. L'oreille humaine perçoit les sons dans une gamme de fréquence qui va de 20 hertz (très grave) à 20 000 hertz (très aigu). Dans la gamme des niveaux sonores de la vie courante (30 à 80 dB), la sensibilité de l'oreille est la plus grande aux fréquences moyennes qui correspondent aux fréquences conversationnelles. Ainsi, à niveau équivalent, un son grave ou aigu sera perçu moins fort qu’un son médium.
Pour tenir compte de cette sensibilité différente de l’oreille selon les fréquences, une unité physiologique de mesure du niveau sonore a été créée : le décibel A ou dB(A) qui intègre une pondération des niveaux de bruit par bandes de fréquence (courbe de pondération A). Le dB(A) permet d’apprécier effectivement la sensation auditive et peut servir d’indicateur de gêne. La plus petite variation susceptible d'être perçue par l'oreille est de l'ordre de 2 à 3 dB(A).
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L'oreille humaine ne filtre pas les bruits de la même manière en fonction de leur intensité. On prend en compte cet effet en utilisant comme unité le décibel C, noté dB(C), notamment pour évaluer les bruits d'impact.
Impacts du bruit sur la santé
L'exposition au bruit peut avoir des effets néfastes sur la santé, tant sur l'audition que sur d'autres fonctions de l'organisme.
Effets sur l'audition
- Fatigue auditive: Suite à une exposition à un bruit intense, on peut souffrir temporairement de sifflements d'oreille, de bourdonnements (acouphènes) ainsi que d'une baisse de l'acuité auditive.
- Surdité: L'exposition prolongée à des niveaux de bruit intenses détruit peu à peu les cellules ciliées de l'oreille interne, conduisant progressivement à une surdité irréversible.
Effets non traumatiques
- Troubles cardiovasculaires: Les études épidémiologiques montrent que les troubles cardiovasculaires, en particulier l'hypertension, sont plus fréquents chez les travailleurs exposés au bruit.
- Troubles du sommeil: L'exposition au bruit pendant le travail a des conséquences négatives sur la qualité du sommeil.
- Stress: Le bruit peut constituer un facteur de stress au travail, entraînant insatisfaction, irritabilité, anxiété, voire agressivité.
- Diminution des performances cognitives: Le bruit détériore la performance des travailleurs dans les tâches cognitives, surtout lorsqu'elles sollicitent la mémoire à court terme.
Evaluation, actions et prévention
Agir sur l'environnement de travail
- Réduction du bruit à la source: Agir directement sur l'équipement de travail est le moyen le plus efficace de lutter contre le bruit.
- Limitation de la propagation du bruit: Plusieurs actions peuvent être envisagées, telles que l'éloignement des travailleurs des zones bruyantes, le traitement acoustique des locaux, le cloisonnement des équipements de travail et l'utilisation d'encoffrements.
Conception et normalisation
Une bonne conception du poste de travail peut limiter fortement l'exposition des travailleurs. La limitation des valeurs admissibles de puissance acoustique des engins de chantier par le législateur constitue également un moyen de prévention.
Mesures individuelles
Lorsque les mesures collectives ne suffisent pas à réduire l'exposition au bruit à des niveaux acceptables, il est nécessaire de recourir à des équipements de protection individuelle (EPI) tels que des bouchons d'oreilles ou des casques antibruit.
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