L'échec d'une fécondation in vitro (FIV) est une expérience émotionnellement et physiquement éprouvante pour les couples. Cependant, il est important de savoir qu'un échec de FIV ne signifie pas nécessairement la fin de l'espoir de concevoir un enfant. De nombreuses femmes tombent enceintes naturellement après une FIV, qu'elle ait été réussie ou non. Cet article explore les raisons possibles de ces grossesses naturelles "miraculeuses", les facteurs influençant les chances de conception après une FIV, et les conseils pour maximiser ses chances de grossesse naturelle.
Grossesse naturelle après FIV : réalité et chiffres
Il est important de noter que la FIV n'est pas une démarche à prendre à la légère, car elle peut s'avérer très exigeante physiquement et émotionnellement, et ce même si le traitement est efficace. En cas d'échec, les couples peuvent être désemparés. Une étude publiée dans la revue Human Reproduction, menée sur les taux de conception des couples après un échec de FIV, révèle que 17% des femmes dans ce cas ont obtenu un bébé naturellement, sans traitement, dans les cinq ans qui ont suivi. Cette étude a analysé les données de 2 133 femmes ayant reçu un traitement de FIV entre 1998 et 2011 à Aberdeen. Parmi ces femmes, 1 060 ont réussi à avoir un bébé grâce à la FIV, et 15% de celles-ci ont mené à bien une nouvelle grossesse naturelle dans les cinq ans suivant la FIV. Une thèse menée en 2013 sur le devenir des couples traités par fécondation in vitro nous apprend que 17% des couples qui sont devenus parents suite à une FIV ont ensuite conçu naturellement un enfant.
Les raisons d'une conception naturelle après une FIV
Plusieurs facteurs peuvent expliquer la survenue d'une grossesse naturelle après une FIV :
- Subfertilité plutôt qu'infertilité : D'après les experts, il s'agirait de couples "subfertiles", qui ne sont donc pas infertiles mais qui mettent plus de temps que la moyenne à avoir un enfant. Au bout d’environ un an de tentatives, ils préfèrent se tourner vers des solutions alternatives comme les FIV ou l'adoption "au cas où".
- Diminution du stress : Le lien entre l’anxiété et l’infertilité reste difficile à établir, mais le stress peut jouer un rôle. Les parcours d'AMP sont éprouvants et les échecs répétés peuvent être difficiles pour les patientes et les couples.
- Amélioration du mode de vie : Avant de s’inquiéter, le couple peut revoir dans quelles conditions il a passé cette première année d’essai, si sa vie a pu être perturbée par un ou plusieurs événements, si son mode de vie est favorable à l’arrivée du bébé. Nous pouvons imaginer les temps de recul, de vacances, les réaménagements des rythmes professionnels, des temps de loisirs et des temps de partages conjugaux, l’écoute de ses rythmes biologiques, le simple fait de se donner du temps pour prendre soin de soi… qui ont favorisé la mise en route des grossesses naturelles rapportées dans de nombreuses études.
- Prise en compte des aspects psychologiques : Déjà le fait de parler, d’être entendu, reconnu dans ses difficultés, est un premier pas vers la thérapeutique. Tant que l’on ne tiendra pas compte non plus des inquiétudes des futurs parents, de leurs peurs, on passera à côté de causes d’hypofertilité : il peut s’agir d’une peur parfois difficilement avouable d’être enceinte, d’accoucher, ….de peurs dont l’origine peut être un événement vécu ou entendu par la personne elle-même ou transmise par l’histoire familiale.
- Effets de la stimulation ovarienne : La stimulation ovarienne peut avoir un effet bénéfique sur la fertilité.
- Impact de gestes médicaux : Le fait de pratiquer un geste utérin (ici la biopsie) très précisément en fenêtre implantatoire a provoqué une meilleure maturation des cellules immunitaires pour le cycle suivant. Cela a potentialisé, au niveau de l’utérus, l’expression des molécules qui favorisent l’adhésion. Oui ! Nous avons également observé des grossesses spontanées pendant le cycle suivant le test thérapeutique dans certains cas de sur-activations. Environ 5% des femmes tombent enceinte de façon naturelle pendant un parcours d’AMP, ce n’est pas négligeable. Jusqu’à ce que nous ayons ces informations sur la réceptivité utérine, on ne comprenait pas bien le mécanisme.
Infertilité inexpliquée : un diagnostic à nuancer
Un couple est dit en « infertilité inexpliquée », selon le terme utilisé en France par les médecins, à partir du moment où le bilan de base de fertilité ne révèle pas d’obstacle à la procréation. Il ne s’agit pas d’une réelle infertilité, encore moins de stérilité, mais plutôt d’un retard d’arrivée de grossesse par rapport à une moyenne. Ce terme « d’infertilité inexpliquée » peut donc inquiéter à tort. Les couples en infertilité inexpliquée depuis plusieurs années, dont beaucoup passent par des protocoles de PMA, perdent confiance en la possibilité d’une grossesse spontanée. On scrute les cellules au microscope, décortique l’ADN des spermatozoïdes ou celui des embryons en formation, explore les organes de la femme par tous les moyens.
Facteurs influençant le succès de la FIV et les chances de grossesse naturelle
Plusieurs facteurs peuvent influencer le succès d'une FIV et, par conséquent, les chances de grossesse naturelle après un échec :
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- Âge maternel : L'âge de la femme est un facteur déterminant. Le taux de grossesse par ponction passe de 24% à 30 ans, à 14% à 40 ans et 2% à 43 ans. L’effet de l’âge avancé entraîne une baisse du nombre et de la qualité des ovocytes.
- Cause de l'infertilité : La cause de l'infertilité, qu'elle soit unique ou multiple, joue un rôle. Dans les infertilités masculines, le taux de nidation est plus élevé, du fait qu'en général dans ces cas, les conjointes sont normalement fertiles.
- Durée de l'infertilité : Elle intervient uniquement dans les cas d'hypofertilités (tubaires, inexpliquées et masculines) où plus la durée d'infécondité est longue, plus les chances de nidation sont réduites. Dans les stérilités tubaires, la durée d'infécondité n'a pas de valeur pronostic, puisqu'il n'y a généralement jamais eu de fécondation spontanée.
- Antécédents de grossesse : Le taux de nidation est plus important chez les femmes ayant déjà eu auparavant une ou des grossesse(s) spontanée(s) ou par FIV, menée(s) ou non à terme. Ce sont en effet des femmes "plutôt fertiles".
- Rang de la tentative de FIV : Plus le rang de la tentative s'élève, plus les chances de nidation diminuent. L'explication est que les femmes faisant la 5ème-6ème tentative ou plus sont évidemment moins fertiles que celles qui ont obtenu une grossesse à la 1ère ou la seconde FIV (c'est une sorte de sélection par l'échec).
- Indice de masse corporelle (IMC) : Chez la femme, l’IMC idéal se situe entre 19 et 30. Leurs écarts, en particulier l’IMC> 30, peuvent conduire à un faible taux de fécondation et de grossesse. Dans ce cas, elles ont tendance à avoir des problèmes ovulatoires et un risque accru d’avortement. Chez les hommes, l’obésité affecte également négativement leur système reproducteur et il a été observé qu’elle tend à augmenter les niveaux d’œstrogènes et à réduire les niveaux de testostérone.
- Facteurs toxiques : Les habitudes de consommation de substances nocives, telles que le tabac et l’alcool, ainsi que l’environnement, nuisent aux résultats du traitement.
- Facteur ovarien : Selon la façon dont la réponse ovarienne a été dans un cycle précédent, nous pouvons modifier et / ou personnaliser une nouvelle tentative en fonction de certains niveaux d’hormones. Aussi, les taux de progestérone peuvent nous aider à savoir si la réceptivité endométriale est optimale.
- Facteur endométrial : Anomalies dans la cavité intra-utérine, endomètre peu proliféré, endométrite, facteurs immunologiques et thrombophilies; sont les causes d’échecs répétés d’implantation.
- Qualité séminale : Bien que l’on puisse réaliser une ICSI avec un faible nombre de spermatozoïdes, il existe certains paramètres qui pourraient principalement influencer les taux de fécondation et qui doivent être pris en compte dans une nouvelle tentative.
- Qualité embryonnaire : Les embryons qui atteignent le stade blastocyste sont classés selon leur degré d’expansion et la qualité de leurs cellules. Par conséquent, un embryon de bonne qualité aura un taux de prédiction de grossesse plus élevé.
- Contrôle de la qualité en laboratoire : Cette catégorie comprend la qualité de l’air, le pH, le type et les caractéristiques des incubateurs, l’utilisation de faible éclairage et le type de milieu dans lequel les embryons sont cultivés.
- Anomalies chromosomiques : 25 à 30% des ovocytes et 10 % des spermatozoïdes portent des anomalies chromosomiques, 10 % des oeufs sont polyspermiques ou parthénogénétiques. Il y a donc au moins 50 % d’embryons porteurs d’anomalies chromosomiques. Ces embryons peuvent avoir la même forme, le même aspect et la même vitesse de développement (au cours des premiers stades) que les autres ; le taux d’anomalies chromosomiques est en revanche très élevé chez les embryons dont la forme est tout à fait atypique.
- Immaturité ovocytaire : Les premiers stades de développement embryonnaire nécessitent la présence de substances élaborées par l’ovocyte avant l’ovulation, pendant sa phase de maturation. Si la maturité est imparfaite, ces substances font défaut et le développement sera compromis. L’immaturité ovocytaire peut aussi être cause d’anomalies chromosomiques.
Optimiser ses chances de grossesse naturelle après un échec de FIV
Voici quelques conseils pour maximiser ses chances de grossesse naturelle après un échec de FIV :
- Adopter un mode de vie sain :
- Alimentation équilibrée : Vérifiez vos habitudes alimentaires pour les améliorer si nécessaire.
- Exercice physique régulier : Intégrez une activité physique à votre routine.
- Sommeil de qualité : Assurez-vous d'avoir un sommeil réparateur.
- Arrêt du tabac et de l'alcool : Évitez les substances nocives.
- Gestion du stress :
- Techniques de relaxation : Pratiquez la méditation, le yoga, ou d'autres techniques de relaxation.
- Soutien psychologique : N'hésitez pas à consulter un thérapeute ou à rejoindre un groupe de soutien.
- Connaissance du cycle menstruel :
- Suivi de l'ovulation : Utilisez des tests d'ovulation ou surveillez votre température basale.
- Rapports sexuels réguliers : Ayez des rapports sexuels réguliers pendant la période fertile.
- Prendre soin de sa santé mentale :
- Écoutez votre corps et laissez-le fluir : Donnez-vous le temps de digérer la situation, tout le monde a besoin d’un rythme différent. Laissez les émotions émerger au fur et à mesure qu’elles viennent, sans les juger, sans attendre de ressentir d’une manière spécifique, laissez-les couler et que votre énergie s’ajuste progressivement. Prenez soin de vous en écoutant ce que votre corps vous demande.
- Focalisez l`attention sur vous-même : Observez vos sentiments, vos émotions et réalisez des activités génératrices de tranquillité. Essayez de ne pas recréer le temps dans des pensées de ce type: « Qu’est-ce que j’aurais pu faire de mal? », « Si je n’avais pas fait une telle chose … » parce qu’elles s’accompagnent de culpabilité, et elles peuvent générer de l’inconfort.
- Connectez-vous avec le présent : Après un b-hcg négatif, il n’est pas nécessaire de prendre des décisions, ni de se poser de futures questions en termes absolus comme «et si je ne deviens jamais mère?» Au contraire, il est temps de bien canaliser votre énergie en fonction du jour pour jour, réorientez votre réflexion vers « aujourd’hui j’ai des possibilités, je vais continuer à essayer … »
- Ayez confiance en vous même : Ayez confiance en vous, à votre corps, aux professionnels choisis et aux possibilités que la FIV nous permet comme opportunités.
- Préparez-vous à un nouveau bienvenue : Analysez si vous êtes prête pour le prochain transfert. Vérifiez vos habitudes alimentaires, exercice physique, sommeil, hygiène mentale … pour les améliorer si nécessaire. Ils vous aideront à vous sentir mieux.
- Discussion avec votre médecin :
- Bilan de fertilité approfondi : Discutez avec votre médecin de la possibilité de réaliser des examens complémentaires pour identifier d'éventuelles causes d'infertilité non détectées.
- Alternatives à la FIV : Explorez les autres options de traitement de l'infertilité, telles que l'insémination intra-utérine.
- Décisions éclairées : Après quelques jours, et avec une explication médicale de votre diagnostic, il est temps de prendre des décisions.
Quand réessayer après une FIV négative ?
Il est recommandé de laisser s’écouler 2 à 3 mois. Alternativement et sans aucun doute, il n’est pas nécessaire d’attendre ces mois si le plan est de réaliser un cryotransfert après une FIV négative. Dans ce cas, les ovaires ne sont pas nécessaires et avec la menstruation, l’endomètre sera complètement régénéré.
Soutien émotionnel après un échec de FIV
Après des FIV négatives, une multitude d’émotions parcourent notre corps. crains de ne jamais pouvoir y parvenir. Il est essentiel de rechercher un soutien émotionnel auprès de son partenaire, de sa famille, de ses amis, ou d'un professionnel.
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