L'infertilité est un défi majeur pour de nombreux couples, affectant environ 17 % des couples espagnols en âge de procréer, selon la Société espagnole de fertilité (SEF). La fécondation in vitro (FIV), qu'elle soit réalisée avec les propres ovules de la femme ou par le biais d'un don d'ovules (ovodonation), est souvent perçue comme l'option la plus prometteuse pour réaliser leur désir d'avoir un enfant. Cependant, un échec de FIV peut être une expérience émotionnellement dévastatrice. Cet article explore les causes possibles d'un échec de FIV, les options disponibles après un tel échec, et les stratégies pour faire face à l'impact émotionnel de cette expérience.
Causes possibles d'un échec de FIV
Un échec de FIV ne doit jamais être perçu comme un échec personnel. Les raisons sont variées, souvent médicales et complexes. Comprendre ces causes peut aider les couples à mieux appréhender la situation et à prendre des décisions éclairées pour l'avenir.
- Qualité des ovocytes : La qualité des ovocytes est un facteur déterminant pour le succès de la FIV. Elle peut diminuer avec l'âge maternel ou en raison de certains problèmes de santé. Un âge maternel avancé entraîne une baisse du nombre et de la qualité des ovocytes. La qualité des ovocytes influence directement la capacité de l'embryon à se développer. Si dans votre précédent traitement vous avez utilisé vos propres ovocytes, il peut être utile d’envisager d’utiliser les ovocytes fournis par une donneuse.
- Qualité du sperme : Des anomalies morphologiques ou une faible mobilité des spermatozoïdes peuvent compromettre la fécondation, même en laboratoire. Pour être efficace, les spermatozoïdes doivent être en nombre suffisant, avoir une apparence (morphologie) et une mobilité suffisantes. Bien que l’on puisse réaliser une ICSI avec un faible nombre de spermatozoïdes, il existe certains paramètres qui pourraient principalement influencer les taux de fécondation et qui doivent être pris en compte dans une nouvelle tentative.
- Développement de l'embryon : Tous les embryons ne se développent pas jusqu'au stade du blastocyste. Certains arrêtent leur progression sans raison identifiable. Les embryons qui atteignent le stade blastocyste sont classés selon leur degré d’expansion et la qualité de leurs cellules. Par conséquent, un embryon de bonne qualité aura un taux de prédiction de grossesse plus élevé.
- Implantation dans l'utérus : Parfois, l'endomètre n'est pas réceptif au moment du transfert, même si l'embryon est de bonne qualité. C'est ce qu'on appelle la "fenêtre d'implantation". Anomalies dans la cavité intra-utérine, endomètre peu proliféré, endométrite, facteurs immunologiques et thrombophilies; sont les causes d’échecs répétés d’implantation.
- Facteurs immunologiques ou génétiques : Plus rares, mais possibles. Le corps peut parfois rejeter l'embryon comme un corps étranger, ou des anomalies chromosomiques empêchent la poursuite de la grossesse.
- Facteurs liés au protocole : Le dosage hormonal, le moment du transfert, la technique utilisée… Parfois, un ajustement du protocole peut tout changer. Une analyse de cette tentative permettra de moduler la stimulation et de l’adapter à la réponse ovarienne lors d’une prochaine tentative. De plus, le protocole de stimulation de l’ovulation peut aussi être modifié. Enfin, la méthode d’assistance médicale à la procréation peut aussi être modifiée durant une tentative ultérieure. Si un taux faible de fécondation des ovocytes est repéré (paucifécondation) ou la pénétration de plusieurs spermatozoïdes dans un même ovocyte (polyspermie), le médecin pourra choisir de réaliser une ICSI au lieu d’une FIV.
Facteurs influençant le succès de la FIV
Plusieurs facteurs peuvent influencer les chances de succès d'une FIV, et il est important de les prendre en compte lors de l'évaluation des options après un échec.
- Âge maternel : L'âge de la femme est un facteur déterminant. En vieillissant, le nombre et la qualité de ses ovocytes diminuent, ce qui affecte négativement sa capacité à concevoir.
- Indice de masse corporelle (IMC) : Un IMC en dehors de la plage idéale (19-30 chez la femme) peut affecter la fertilité. Un IMC élevé peut entraîner des problèmes d'ovulation et un risque accru de fausse couche. Chez les hommes, l’obésité affecte également négativement leur système reproducteur et il a été observé qu’elle tend à augmenter les niveaux d’œstrogènes et à réduire les niveaux de testostérone.
- Cause de l'infertilité : La cause de l'infertilité, qu'elle soit unique ou multiple, peut influencer les chances de succès de la FIV. Il faut analyser les échecs avant cette 4ème et dernière tentative pour trouver des solutions médicales adaptées.
- Comptage des follicules antraux (CFA) : Le CFA est lié à l'âge maternel et aux valeurs de l'hormone antimullerienne (AMH). Avec un âge plus avancé, une diminution du nombre folliculaire et des valeurs d’AMH sera observée.
- Facteurs toxiques : La consommation de substances nocives telles que le tabac et l'alcool, ainsi que l'environnement, peuvent nuire aux résultats du traitement.
- Facteur ovarien : Selon la façon dont la réponse ovarienne a été dans un cycle précédent, nous pouvons modifier et / ou personnaliser une nouvelle tentative en fonction de certains niveaux d’hormones. Aussi, les taux de progestérone peuvent nous aider à savoir si la réceptivité endométriale est optimale.
- Qualité embryonnaire : Un embryon viable et sain n’est qu’une partie de l’équation globale.
- Contrôle de la qualité en laboratoire : La qualité de l’air, le pH, le type et les caractéristiques des incubateurs, l’utilisation de faible éclairage et le type de milieu dans lequel les embryons sont cultivés.
Que faire après un échec de FIV ?
Après un échec de FIV, il est essentiel de prendre le temps d'évaluer la situation et d'envisager les options disponibles.
- Bilan médical : Après plusieurs échecs, il est essentiel de réévaluer le protocole avec votre équipe. Avez-vous testé différentes stimulations ? Un bilan immunologique ou génétique a-t-il été réalisé ? Parfois, un changement d'approche (don d'ovocytes, don de sperme, transfert différé…) peut tout changer. Il est important que le couple apporte un maximum d’informations à la nouvelle équipe médicale notamment sur les tentatives antérieures.
- Pause et réflexion : Il est recommandé de laisser s’écouler 2 à 3 mois avant de retenter une FIV. Donnez-vous le temps de digérer la situation, tout le monde a besoin d’un rythme différent. Laissez les émotions émerger au fur et à mesure qu’elles viennent, sans les juger, sans attendre de ressentir d’une manière spécifique, laissez-les couler et que votre énergie s’ajuste progressivement. Prenez soin de vous en écoutant ce que votre corps vous demande.
- Cryotransfert : Alternativement et sans aucun doute, il n’est pas nécessaire d’attendre ces mois si le plan est de réaliser un cryotransfert après une FIV négative. Dans ce cas, les ovaires ne sont pas nécessaires et avec la menstruation, l’endomètre sera complètement régénéré.
- Changement de centre : Il est possible de changer de centre en cas d’échec répété. Un réexamen de toutes les étapes des tentatives échouées de FIV est une démarche importante permettant d’augmenter les chances de succès des prochaines tentatives. Dans cette logique, il peut être intéressant de changer de centre en apportant un regard neuf sur le dossier du couple.
- Don d'ovocytes : Si la qualité des ovocytes est un problème majeur, il peut être utile d’envisager d’utiliser les ovocytes fournis par une donneuse.
- Adoption : Après plusieurs échecs de traitement de FIV, certaines personnes choisissent de se tourner vers l’adoption, l’accueil d’enfant, ou parfois de redéfinir leur projet de vie autrement.
Soutien émotionnel après un échec de FIV
Un échec de FIV peut entraîner une multitude d'émotions difficiles à gérer. Il est crucial de prendre soin de sa santé mentale et émotionnelle pendant cette période.
Lire aussi: Bébé : couche propre, ventre plein ?
- Reconnaître et accepter ses émotions : Après un b-hcg négatif, il n’est pas nécessaire de prendre des décisions, ni de se poser de futures questions en termes absolus comme «et si je ne deviens jamais mère?» Au contraire, il est temps de bien canaliser votre énergie en fonction du jour pour jour, réorientez votre réflexion vers « aujourd’hui j’ai des possibilités, je vais continuer à essayer … »
- Se concentrer sur soi-même : Observez vos sentiments, vos émotions et réalisez des activités génératrices de tranquillité. Essayez de ne pas recréer le temps dans des pensées de ce type: « Qu’est-ce que j’aurais pu faire de mal? », « Si je n’avais pas fait une telle chose … » parce qu’elles s’accompagnent de culpabilité, et elles peuvent générer de l’inconfort.
- Avoir confiance : Ayez confiance en vous même, à votre corps, aux professionnels choisis et aux possibilités que la FIV nous permet comme opportunités.
- Préparation : Analysez si vous êtes prête pour le prochain transfert. Vérifiez vos habitudes alimentaires, exercice physique, sommeil, hygiène mentale … pour les améliorer si nécessaire. Ils vous aideront à vous sentir mieux.
- Ne pas rester isolé : Parler avec des proches de confiance, rejoindre un groupe de soutien (en ligne ou en présentiel), ou consulter un coach. L'isolement amplifie la souffrance.
- Accompagnement professionnel : Si les symptômes persistent, n'hésitez pas à consulter. Parfois, un soutien thérapeutique ou un suivi médical est nécessaire pour sortir de la spirale dépressive.
Symptômes après un transfert d'embryon : Attentes et réalité
La présence de certains symptômes similaires à ceux qui apparaissent en début de grossesse, proches de la réalisation de cette analyse, ne sont pas indicatifs du résultat. Les crampes, tensions dans la poitrine, ballonnements ou saignements légers peuvent tout autant être liés au traitement hormonal qu'à une possible implantation. Le corps est sous l'influence des hormones, et il réagit… mais pas toujours de façon claire. Seule l'analyse sanguine confirme ou non la grossesse.
Il est important de noter que des saignements vaginaux ne sont pas nécessairement un signe d'échec du traitement. De plus, cela peut même indiquer qu’une implantation a eu lieu. Chez les patients ayant subi un transfert d’embryons en cycle naturel, les règles arriveront généralement les jours habituels. Lorsque nous administrons un médicament hormonal, elles apparaîtront deux ou trois jours après le retrait du médicament.
Quand réessayer après une FIV négative ?
Traditionnellement, de nombreuses cliniques avaient l’habitude de conseiller une pause de trois mois entre 2 stimulations ovariennes, mais des recherches récentes suggèrent qu’il n’y a pas de différence appréciable dans les taux de réussite si un cycle de FIV ultérieur est effectué un mois ou trois mois après un échec du cycle. La réponse courte, par conséquent, est que cela dépend vraiment de votre santé physique et mentale après l’échec d’un traitement.
L'importance d'une approche personnalisée
Une évaluation personnalisée de chaque cas est nécessaire, afin d’établir un pronostic. Chaque couple est unique, et une approche individualisée est essentielle pour maximiser les chances de succès.
Lire aussi: Allaiter après un mois
Lire aussi: Tout savoir sur les caillots après une interruption de grossesse
tags: #apres #echec #fiv #que #faire #solutions
