L'expression "doudou sauthon patachon" évoque une certaine légèreté, une insouciance, voire une vie de plaisirs et d'aventures. Dans le contexte politique belge, elle prend une connotation particulière, mêlant critique sociale, sarcasme et une certaine désillusion face aux élites. Cet article se propose d'explorer cette expression à travers une analyse des textes de référence, en les confrontant aux réalités politiques et sociales contemporaines.
Tocqueville revisité: Un libéralisme dévoyé?
Nombreux sont ceux qui, à l'instar de Didier Reynders et du clan Michel, se réclament d'Alexis de Tocqueville, notamment de son ouvrage majeur "De la démocratie en Amérique". Cependant, la question se pose de savoir si leur interprétation de Tocqueville ne serait pas une version édulcorée, expurgée des éléments qui pourraient remettre en question leur vision libérale. L'admiration de certains pour l'édition de 1857 d'Eugène d’Eichtal, "Alexis de Tocqueville et la démocratie libérale", un livre de chevet de trois générations de bourgeois francs-maçons, soulève des interrogations quant à la fidélité à la pensée originale de Tocqueville.
Car le Tocqueville que l'on découvre en profondeur est bien différent des interprétations simplistes que l'on en fait souvent. Il ne partage ni la primauté accordée à l'industrie et au productivisme par Auguste Comte, ni l'horreur de l'accumulation capitaliste de Marx. Ce qui l'intéresse avant tout, c'est le fait démocratique. Il est convaincu que les sociétés démocratiques peuvent évoluer de différentes manières, certaines devenant libérales, d'autres despotiques.
Tocqueville, en tant qu'économiste et sociologue, a très bien perçu les dérives potentielles issues des rivalités entre le capital et le travail. Il est fort probable qu'il n'aurait pas été le libéral que certains prétendent qu'il est aujourd'hui, compte tenu du déséquilibre actuel en faveur du capital. Pour Tocqueville, l'objectif principal du gouvernement n'est pas de donner à la nation le plus de force et de gloire, mais de procurer à l'ensemble de la population le plus de bien-être et de lui éviter le plus de misère. La démocratie, pour lui, est synonyme d'égalisation des conditions, de solidarité et d'accès égalitaire aux professions.
Il est donc essentiel de se rappeler, à l'instar de Raymond Aron, que Tocqueville, comme Montesquieu, cherchait à rendre l'histoire intelligible, non à la supprimer. Il voulait s'en servir pour déterminer les orientations possibles en tirant les leçons du passé. C'est une invitation à Charles Michel, Didier Reynders et Olivier Maingain à faire de même, en se souvenant que la démocratie s'est construite grâce à des avancées sociales telles que la semaine de vacances en 36, les 40 heures et les grèves de 60-61 et mai 68, plutôt que par des traités comme celui de Lisbonne ou des mesures d'austérité pour rembourser la dette des États. Il ne faut pas oublier, dans ce contexte de déclin de la social-démocratie, les privatisations, la dégradation des conditions de travail et le chômage massif.
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La saga belge: Entre frivolité et corruption
La Belgique, avec son histoire politique souvent rocambolesque, semble parfois avoir besoin d'une nouvelle saga, d'une histoire galante qui allie légèreté et modernité. L'ère du Viagra et des communications électroniques pourrait offrir un terreau fertile à ce type de récit. Cependant, le manque de journalistes indépendants, capables de révéler les dessous de la vie politique et de dénoncer les abus de pouvoir, se fait cruellement sentir.
Les comiques, bien que présents, sont-ils réellement en mesure de s'attaquer aux puissants sans compromettre leur carrière? Sont-ils prêts à risquer leur position confortable à la RTL ou à la RTBF pour un mot vraiment impertinent qui démasquerait la morgue et la suffisance des élites? Le vulgaire et le graveleux ne suffisent pas à remplacer l'esprit critique et l'impertinence.
L'affaire des SMS torrides d'Yves Leterme à une certaine madame M., qualifiée de folle par un policier anversois, aurait mérité d'être brocardée sur scène par un Desproges ou un Bedos jeune. Cet événement, parmi d'autres, révèle une certaine hypocrisie au sein de la classe politique, où les professions de foi vertueuses contrastent souvent avec les comportements privés.
Le fait qu'Yves Leterme ait une "vie de patachon" prouve au moins qu'il n'est pas un homme à problèmes d'érection et qu'il ne fréquente pas les sorties de lycées. Il est essentiel d'avoir en politique des hommes normaux, qui ne cachent ni leurs intentions, ni leurs désirs essentiels, plutôt que des Tartufes se glorifiant d'une morale dont ils se moquent en privé.
Dans un état de vérité, avec une humilité non feinte, il est détestable de fouiller dans les ordures et d'encombrer les feuilles spécialisées d'éjaculations rapportées pour vendre du papier. Il est tout à fait légitime pour un homme amoureux de mettre sa maîtresse à l'abri du besoin. S'il y a autour de cette nécessité un petit tour de passe-passe, une anomalie légère, il serait vain de vouloir demander des comptes à quiconque.
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Personne n'est dupe de la version officielle selon laquelle nous avons une société exemplaire, une démocratie avancée, qui veut le bonheur des peuples. Au contraire, nul ne croit que ces messieurs veulent l'épanouissement du plus grand nombre. S'ils le voulaient, ils nous auraient débarrassés des banquiers faillis en 2008, des salaires honteux des grands patrons et de la veulerie des politiciens éhontés, alors que la misère galopante nous saute au cœur en nous sautant aux yeux, que les usines sont des petits bagnes et qu'il faut être fou pour croire qu'une carrière de cadre moyen rend la vie de l'employé, accomplie et heureuse.
Alors, un couple clandestin qui fait l'amour sur le coin d'un bureau au 16 ou dans un ministère proche, un amoureux que l'on croit plongé dans des dossiers et qui envoie des SMS à sa chérie, n'est-ce pas frais et délicieux? Un gros chéri qui tempête au téléphone pour que M. entre immédiatement en fonction. Quoi de plus naturel? Leterme n'a pas forcé Madame M à le câliner pour un emploi. On n'en est pas à la névropathie d'un compulsif invétéré qui bondit sur tout ce qui bouge dans un hôtel new-yorkais! Alors, qu'on lui foute la paix à notre premier ministre intérimaire. Je l'absoudrai dorénavant de ses velléités à me faire la morale. Je saurai qu'il n'en pense pas un mot.
Grèves et prisons: Les maux de la société
Les grèves sauvages, comme celles des bus au dépôt de Robermont, sont souvent perçues comme des perturbations de l'ordre social. Cependant, elles sont parfois le seul moyen pour que la direction des TEC s'intéresse à un conflit. Il est important de noter que ce sont souvent ceux qui n'empruntent jamais les transports en commun qui râlent le plus, à cause des bouchons dus à la pléthore de voitures privées.
Anne Demelenne, de la FGTB, explique que la grève est parfois la seule issue pour que la direction des TEC s'intéressât à un conflit. Elle oublia de dire que la grève sauvage est parfois le seul moyen pour qu'Anne Demelenne s'intéresse au personnel. De son intervention, le téléspectateur peut en déduire que la direction des TEC, de caractère libéral, aime voir pourrir les conflits. Ainsi les usagers s'en prennent à ceux qui font grève. Comment ne pas voir que cette idée de privatisation est dans l'air de l'Europe! L'Haut-lieu ne pense qu'à ça! De cette droite qui fait l'Europe contre les gens, il faut s'en méfier comme de la peste. Elle est la première responsable du délitement actuel, non seulement en matière de transport (voir la situation des chemins de fer anglais privatisés) mais des autres industries stratégiques qui ont disparu pour s'implanter ailleurs.
La situation des prisons est également préoccupante, avec une surpopulation carcérale importante. Quel besoin a la justice de garder au chaud autant de prévenus en attente de procès! Sachant qu'il est impossible d'incriminer une mauvaise surveillance des prisons quand un prévenu n'est pas dans une cellule, mais dans la rue, cela rendrait l'honneur perdu aux maisons d'arrêt passoires! Pour ceux qui se plaignent que 40 % des prisonniers sont des étrangers, ce serait l'occasion de montrer discrètement aux prévenus une porte de sortie, en leur laissant la bride sur le cou, dans l'espoir que l'amour de la patrie d'origine soit le plus fort. Quitte à les remplacer par nos gros fraudeurs, coutumiers du pot-de-vin, banquiers véreux, enfin tous ceux qui, en général, ont vocation d'y envoyer les autres, parfois à leur place.
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Missions royales et arrangements politiques: Un spectacle désolant
Les missions royales, censées résoudre les crises politiques, sont devenues tellement peu intéressantes que les articles de journaux qui leur sont consacrés se raccourcissent. On ne sait plus si l'artiste florentin est préformateur ou formateur. De toute manière on s'en fout. Geert Bourgeois, vice-président N-VA du gouvernement flamand, lui-même s'y perd. L'illustre Flamand met un peu d'animation dans le landerneau, histoire d'intéresser la presse flamande. Ce que voyant Rudy Demotte se hausse sur ses talonnettes au Cercle de Lorraine, place Poelaert, afin de s'étonner des critiques de Geert Bourgeois à propos du travail du formateur, alors que ce dernier vient à peine de commencer sa mission. Au cercle de Lorraine, après un déjeuner arrosé, les convives s'endormaient pris de vin des propos du Robespierre en herbe. Il se haussait du col place Poelaert, lui, le petit socialiste, dans les salons de la Chose patriote, pas comme Beaumarchais à remonter les pendules! Non, pour s'y faire reluire. Mais quand même, qu'est-ce qu'ils ont tous à détester les femmes de chambre en faisant semblant de les aimer? Que vont-ils admirer chez les Beaux-du-Bide et les « Madam Manhattam » retirées de la gare du Nord, actionnaires et douairières de ce haut lieu de la gentrification urbaine? Ce ne serait pas plus mariole d'aller défendre le patron du PS dans la rue, parmi les prolos qui pensent que ça commence à bien faire, ces rendez-vous de la belle phrase qui virent en co…
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