Introduction

Le doudou, un terme enfantin désignant un objet doux, est devenu un élément central dans la vie de nombreux jeunes enfants, particulièrement dans les sociétés occidentales. Initialement perçu comme un simple objet de réconfort, il est désormais intégré dans les pratiques d'accueil des écoles maternelles françaises. Cet article explore la complexité du rôle du doudou, en analysant son importance dans la socialisation de l'enfant, les différentes perspectives des acteurs impliqués (parents, professionnels de l'enfance) et les normes d'usage qui l'entourent. Nous aborderons également des conseils pratiques pour l'entretien de ces précieux compagnons.

L'Émergence du Doudou dans la Société Française

L'expression "doudou", un redoublement enfantin du mot "doux", est apparue relativement récemment dans la langue française (1985 selon le Petit Robert). Cependant, l'objet qu'elle désigne est utilisé depuis bien plus longtemps pour rassurer l'enfant dans les moments de peur ou de tension. Vincent Malone le décrit comme : « Il est tout mou, tout doux. Mais moi je l’emmène partout. C’est ma peluche, mon câlinou. Il a très mauvais goût. ».

La littérature jeunesse témoigne d'un intérêt croissant pour le sujet depuis une quinzaine d'années. Sa présence s'est tellement répandue dans les familles françaises qu'il est courant maintenant de lui prévoir une place en maternelle, notamment au moment de l'accueil et de la séparation avec les parents. Les enseignants ont pris l'habitude de parler des doudous et des tétines lors des réunions préparant à la première scolarisation, et ces objets sont souvent intégrés à l'organisation des classes des petits, par exemple dans les "rituels" du matin.

Pauline Kergomard, fondatrice de l'école maternelle française, constatait déjà en 1886 l'inquiétude et les pleurs de certains enfants au moment de l'entrée en classe et conseillait aux directrices de leur laisser apporter un objet rassurant : « L’acclimatation de l’enfant se ferait plus facilement s’il apportait son jouet à l’école maternelle. Le petiot qui sentirait sa petite charge de billes dans sa poche, celui qui aurait sa trompette en bandoulière, la fillette qui aurait sa poupée dans ses bras et sa petite provision de chiffons dans son panier, partiraient les uns et les autres de meilleur cœur le matin, et peut-être entendrait-on moins de pleurs pendant la première heure, peut-être verrait-on moins de petites poitrines soulevées par les sanglots, car il faut avouer que le cas est fréquent. L’enfant qui apporterait son jouet à l’école y viendrait avec plus de plaisir. »

Si les programmes de 2008 ne l’évoquent pas, le document d’accompagnement Pour une scolarisation réussie des tout-petits le mentionnait auparavant en ces termes : « Le “nounours” favori que l’on garde à l’école, le tissu serré dans sa main qu’on ne quitte pas peuvent constituer les éléments sécurisants des premières semaines d’école, le lien nécessaire pour passer d’un monde à l’autre. Une fois le monde de l’école accepté, ces objets ne seront plus nécessaires. »

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Doudou : Objet Privé, Enjeu Social

L'article vise à analyser l'articulation, parfois harmonieuse, parfois conflictuelle, entre la socialisation familiale et la socialisation scolaire autour du doudou. En effet, cet objet, bien que très personnel, est également profondément social.

Dans les sociétés occidentales contemporaines, l'attachement du jeune enfant à un objet matériel singulier (peluche, morceau de tissu, jouet) est largement répandu. Cet objet lui permet de gagner en assurance lors de la séparation progressive d'avec ses parents, en particulier sa mère. Pourtant, il est crucial de ne pas oublier la dimension culturelle et sociale de cet "objet transitionnel", comme souligné par Donald Winnicott en 1969. L'attachement à un doudou n'est pas universel. Dans de nombreux pays d'Asie, d'Amérique du Sud et d'Afrique, les parents privilégient la proximité physique (bercements, chants, allaitement, contact corporel) pour rassurer et endormir l'enfant. La présence d'un objet transitionnel est donc liée à des pratiques de maternage socialement orientées.

Nick Lee (2008) décrit les étapes des différentes interactions sociales autour du doudou : l’enfant rencontre d’abord un objet dont le contact lui est agréable, puis l’adulte qui s’occupe de l’enfant s’aperçoit de cette relation particulière et en tient compte, lui donnant l’objet pour le rassurer ou évitant de provoquer ses protestations en le lui enlevant, ce faisant il est obligé de considérer le point de vue de l’enfant en tant que personne. Le recours au doudou fait donc partie des montages « physio-psycho-socio-logiques de séries d’actes » analysés par Marcel Mauss (2009, p. 384) au cours desquels l’enfant fait l’apprentissage d’un rapport social à l’adulte et à soi-même.

L'École et le Doudou : Une Acceptation Progressive

L'intégration du doudou à l'école s'est faite progressivement, sous certaines conditions socio-historiques. L'émergence d'une "forme scolaire" (Vincent, 1980) a privilégié l'écrit, valorisé le savoir et entraîné la séparation de l'écolier par rapport à la vie adulte, imposant des règles et une discipline spécifiques. Dans ce contexte, un objet aussi personnel que le doudou ne pouvait être facilement reconnu par les professionnels de l'école.

L’école républicaine s’est construite en référence à la laïcité comme un espace en principe commun à tous les petits Français (Gautherin, 1999). Il va de soi que dans de telles conceptions, un objet aussi privé que le doudou ne pouvait pas être reconnu par les professionnels de l’école, au même titre que tout ce qui provenait des familles ou des particularismes communautaires. Mais les frontières du passé se sont modifiées et la forme scolaire est devenue poreuse à des comportements et des objets extérieurs (Bautier & Rayou, 2009).

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L'analyse des pratiques liées au doudou révèle les différentes normes auxquelles les enfants sont soumis, parfois contradictoires entre la socialisation scolaire et la socialisation familiale. L’école maternelle peut être considérée comme une « plaque tournante de la socialisation primaire » (Darmon, 2006, p. 61) dans laquelle les parents sont incités à entrer, mais qui représente un contexte et des enjeux différents de l’univers familial : même si elle a le souci de la sécurité affective de jeunes enfants qui peuvent s’attacher à un professionnel, elle n’en reste pas moins une école qui correspond à un projet institutionnel de société, avec un programme d’apprentissages clairement établi et des fonctions professionnelles définies face à un groupe d’enfants d’une même génération, séparés du reste de la société. C’est en ce sens que nous assimilons l’école à une sphère « publique », celle qui a reçu délégation via l’État d’un objectif d’éducation défini et encadré des enfants alors que les parents dispensent une éducation dans la sphère « privée » qui regroupe des fonctions plus larges que celles scolaires et non programmées institutionnellement : soin physique, nourrissage, affection, inculcation de normes et de valeurs, aide à l’entrée dans le monde… (Neyrand, 2010, p. 28). Si la pertinence de la forme scolaire de l’éducation en maternelle est abondamment discutée, notamment au regard d’autres conceptions des modes de garde et de l’éducation de la petite enfance sur le plan international (Brougère & Rayna, 2005 ; Brougère & Vandenbroeck, 2007), il n’en reste pas moins que les choix institutionnels français de ces dernières années confirment la prédominance de ce mode de socialisation en maternelle.

Le Doudou : Entre Choix Parental et Attachement Enfantin

Il est intéressant d'analyser les discours des parents dont les enfants n'ont pas de doudou. Les parents les plus conscients du travail de socialisation autour de cet objet sont souvent ceux qui s'y opposent. Certains ont toléré sa présence lorsque l'enfant était nourrisson, mais souhaitent marquer une séparation claire, parfois de manière abrupte. Le moment de l'entrée à l'école est souvent perçu comme une frontière symbolique pour se détacher du doudou. « Le doudou et la sucette on les a supprimés avant d’aller à l’école. J’ai pas été progressivement, j’ai enlevé clair et net, j’ai dit, c’est fini la sucette, le doudou, on a rangé ça dans un placard, il a pleuré deux jours ! Ça a été dur deux jours avec deux nuits, il les réclamait, il ne voulait pas dormir, mais là maintenant il les réclame plus du tout. » (parents ouvriers, d’origine algérienne).

Le choix des objets transitionnels est souvent fortement investi par les mères. Bien que les objets transitionnels soient investis semble-t-il davantage par les mères que par les pères, ils font quand même l’objet de discussions entre parents, par exemple dans les couples mixtes avec des habitudes culturelles différentes. Les parents ne sont pas les seuls à intervenir dans la socialisation de l’enfant au doudou. La famille élargie joue un rôle, mais pas toujours dans le sens souhaité notamment par la mère. Il existe des enjeux autour de la personne qui procure l’objet, qui choisit le doudou et autour des habitudes concernant ces objets. Une femme (marchandiseuse, conjoint artisan) nous explique ainsi qu’elle a tout fait pour que son enfant ne s’habitue pas au doudou offert par la grand-mère paternelle qu’elle n’apprécie pas spécialement, révélant des tensions classiques entre les femmes et leurs belles-mères (Attias-Donfut & Segalen, 1998). Elle a placé l’objet dans le lit de son fils, mais à un endroit plus éloigné que le doudou qu’elle-même avait choisi : « Je lui ai dit, à ma belle-mère, vous voyez, c’est lui, il ne l’a pas pris, je suis désolée [rire].

Les parents dont les enfants ont un doudou racontent son histoire de manière très affective, presque nostalgique, qui témoigne bien du fait que l’investissement n’est pas uniquement du côté des enfants. Les parents interviennent d’abord au niveau du choix de l’objet qu’ils placent à proximité de l’enfant. Certaines mères ont d’ailleurs acheté un doudou quand elles étaient enceintes ou à la naissance de l’enfant, alors que l’âge minimum du recours aux objets transitionnels est estimé à 6 mois par les psychologues (Cerutti, 2001). Le deuxième rôle important que jouent les parents concerne le rapport à l’objet. Ainsi les jeux de Rémi avec sa mère autour de son « doudou chien » l’ont conduit à le nommer « Popo », ce qui correspond au bruit qu’elle faisait avec la peluche pour faire rire son fils. Hormis le fait de les nommer, les doudous sont personnalisés par les enfants qui les reconnaissent par leur odeur et les dégradations qu’ils leur font subir.

Composition des Doudous : Un Choix Important

Le choix de la composition d'un doudou est crucial, car il est destiné à être manipulé, câliné et parfois même porté à la bouche par les enfants. Voici quelques options courantes et leurs caractéristiques :

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  • Polyester : Le polyester est une fibre synthétique souvent utilisée pour sa douceur, sa résistance et son prix abordable. Un tissu doudou en 100% polyester est réversible, très doux au toucher, chaud et avec de la tenue. Il est idéal pour les couvertures, plaids, coussins, robes de chambre, vestes, doublures de manteaux, snoods et écharpes. Il est généralement facile à entretenir et sèche rapidement.
  • Coton : Le coton est une fibre naturelle douce et respirante, adaptée aux peaux sensibles des bébés. Il est souvent utilisé dans les doudous biologiques ou certifiés Oeko-Tex Standard 100, garantissant l'absence de substances nocives.
  • Autres matières : On peut également trouver des doudous en velours, en microfibre ou en matières combinées pour offrir différentes textures et sensations au toucher.

Conseils d'Entretien pour un Doudou Durable

Un doudou est un objet précieux qui nécessite un entretien régulier pour garantir l'hygiène et prolonger sa durée de vie. Voici quelques conseils pratiques :

  • Lavage régulier : Il est recommandé de laver le doudou régulièrement, surtout s'il est souvent en contact avec le sol ou la bouche de l'enfant.
  • Techniques de lavage : Utilisez un sac à doudou et lavez Doudou dans un bain à 30° afin qu'il conserve sa douceur.
  • Séchage : Séchage naturel ou basse température.
  • Astuces supplémentaires : Pensez à acheter un deuxième doudou identique. Cela vous permettra de le remplacer rapidement lors d'une perte ou durant les lavages du doudou personnalisé de bébé.
  • Personnalisation et entretien : Offrez à votre petit ange un doudou personnalisé avec son prénom. Bébé pourra alors s'endormir paisiblement.

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