Parmi la multitude d'illustrateurs féeriques, Brian Froud se distingue par sa capacité à nous transporter au-delà du Miroir, puisant son inspiration et son énergie dans la nature, un amour partagé par son épouse, Wendy. Son œuvre, riche et variée, a marqué durablement le monde de l'illustration et du cinéma, influençant de nombreux artistes contemporains.

Faeries : Un Livre de Vérité

En collaboration avec Alan Lee, Brian Froud a créé le livre "Faeries" (Les Fées), un ouvrage qui a marqué un tournant dans la représentation du Petit Peuple. À l'occasion du 30e anniversaire de ce livre, il est intéressant de revenir sur sa genèse et son impact.

Initialement, les éditeurs souhaitaient une suite au succès du livre “Gnomes”. Ils ont donc approché Alan Lee et Brian Froud pour illustrer un livre sur les fées. Tous deux, passionnés par la mythologie nordique et possédant une vaste documentation sur les fées, ont accepté avec enthousiasme. Cependant, les éditeurs ont été surpris par le contenu de l'ouvrage.

Fidèles aux descriptions folkloriques, Froud et Lee ont dépeint les fées comme des créatures dangereuses et malicieuses, loin des images mignonnes et amusantes auxquelles on s'attendait. Ils ont rendu aux fées leurs pouvoirs originels, montrant qu'elles font partie intégrante de la vie quotidienne des gens. Selon Froud, "Alan et moi-même n’avons rien ajouté - c’est un livre de vérité. C’est peut-être pourquoi les gens ont accroché. C’était comme s’ils revenaient chez eux."

L'Universalité des Fées et l'Influence Victorienne

"Faeries" souligne le caractère universel des fées, tout en reconnaissant l'influence de l'imagerie victorienne et des illustrations de livres du début du siècle. Cette floraison d'images a popularisé et fixé les idées sur les fées celtes et européennes, leur attribuant souvent une image douce et gentille. Cependant, Froud insiste sur l'absence de notion de "méchante" ou "gentille" fée, car cette distinction n'existe pas dans leur monde.

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Lady Cottington et les Méchantes Fées : Un Renouveau de l'Intérêt

Après "Faeries", Brian Froud a rencontré des difficultés à publier une suite. L'idée préconçue selon laquelle les fées sont un sujet pour enfants persistait. Ce n'est qu'en désespoir de cause, en proposant un livre sur les "méchantes fées", qu'il a reçu un avis positif d'un éditeur.

La découverte des carnets de Lady Cottington et ses fées pressées a également relancé l'intérêt pour un livre sur les fées. Froud avait remarqué le comportement des gens lors des dédicaces : ils tenaient son livre comme un bien précieux, l'embrassant même avant de le tendre. De là est née l'idée d'un livre tactile, manipulable, réversible, reflétant la dualité des fées. Au milieu du livre, des visages et des formes ambigus renforcent cette idée.

Le Cinéma et l'Influence des Créatures de Brian Froud

Brian Froud a également marqué le cinéma de ses créatures, notamment grâce à sa collaboration avec Jim Henson. Il considère comme un privilège d'avoir travaillé avec Henson, dont l'approche ouverte et enthousiaste de la créativité fut très inspirante. "L’amour des monstres de Jim m’a donné toute liberté et joie pour créer des créatures aussi étranges que merveilleuses."

Les personnages de Froud, très marqués, ont exercé une influence considérable sur les illustrateurs féeriques contemporains. Il puise son inspiration dans la nature, cherchant à découvrir les ressemblances intérieures et les formes spirituelles. Ses créatures les plus réussies semblent familières, comme si on les avait déjà vues quelque part.

Froud explore également l'imagination de manière moins rationnelle, s'inspirant des tâches et fissures sur les murs, comme le faisait Léonard de Vinci. Il griffonne des lignes sur un carnet de croquis, laissant apparaître des formes féeriques, explorant ainsi le subconscient.

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Le Lien Entre Nature et Petit Peuple

Le lien entre la nature et le Petit Peuple est très fort dans l'œuvre de Brian Froud. Les champignons, en particulier, ont une connexion énorme avec la féerie, partageant l'ambiguïté et le mystère. Leurs formes étranges et leur capacité à se cacher sous la surface du sol, transformant la matière organique, les rendent fascinants. Leur apparition soudaine, "comme par magie", renforce ce lien.

Goblins! : Des Peluches pour Tous

Contrairement à une idée reçue, les peluches tirées de l'ouvrage "Goblins!" ne sont pas destinées uniquement aux enfants. Froud souligne qu'elles sont pour tous, et spécialement pour les adultes. Il aime voir grandir les mondes qu'il crée, considérant que l'imagination est souvent oubliée car elle est perçue comme quelque chose d'inventé et non réel. Il rappelle qu'Einstein insistait sur le fait que l’imaginaire était la plus importante et la plus profonde des activités humaines.

La Découverte des Fées : Un Cheminement Personnel

Brian Froud a découvert les fées en lisant des livres sur le folklore, en observant les peintures victoriennes et les illustrations des artistes de contes de fées. Il a ensuite trouvé sa propre voie pour exprimer ce qu'il avait expérimenté dans le monde, en accordant de l'attention aux messages internes de la nature, en regardant avec le cœur et en faisant confiance à son intuition.

Il évoque également la possibilité que les fées soient issues d'une mémoire collective de peuples ayant existé par le passé, comme les Pictes du nord. Les fées qui vivent sous les collines creuses, faisant la fête et vivant avec les morts, sont liées à nos ancêtres et à notre passé.

Les Figurines de Fées : Un Désir de Connexion

En Angleterre, les figurines de fées sont très présentes, tant dans les maisons que dans les jardins. Bien que certains les considèrent comme kitsch et enfantines, cette tradition témoigne peut-être d'un désir de se connecter, de manière naïve et enfantine, à un monde magique. La décoration de jardin sous forme de nains, très commune dans les jardins anglais, est une autre manifestation de ce désir de connexion à la nature et aux esprits du lieu.

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L'Énergie des Créations : Un Devoir d'Artiste

L'artiste de poupées, dont le témoignage est inclus dans l'article, a commencé à fabriquer des poupées dès l'âge de 5 ans, encouragée par ses parents artistes. Elle a toujours été fascinée par la façon dont les hommes, depuis les origines de l'humanité, ont créé de petites images imprégnées d'une sorte de vie ou d'énergie. Elle croit fermement à l'idée d'imputer une énergie à chacune de ses créations, et les gens lui disent souvent qu'ils peuvent sentir cette énergie et que ça les aide. Elle considère que les artistes et créateurs ont le devoir d'insuffler un maximum de bonne énergie dans les univers qu'ils conçoivent, car les poupées sont particulièrement expressives.

Elle a grandi avec les fées, sa mère lui ayant appris à croire aux esprits de la nature et à communiquer avec eux. Elle privilégie la performance réelle à la performance numérique, estimant que la spontanéité d'une marionnette n'a pas encore été atteinte avec le numérique.

Doudou Ours Blanc Fait Main : Un Objet de Transmission

Dans l'univers des peluches artisanales, le doudou ours blanc fait main Petit Frenchie occupe une place particulière. Sa silhouette douce et stylisée rappelle les jouets d'antan, tandis que sa fabrication 100 % bretonne incarne un savoir-faire rare et précieux.

Ce doudou ours blanc, au style rétro et minimaliste, est fabriqué entièrement à la main dans un atelier de peluches en Bretagne. Chaque exemplaire est cousu avec soin par des couturières expertes, héritières du savoir-faire français dans la confection de peluches d'exception. Son format compact (environ 20 cm) le rend facile à manipuler pour les petites mains. Léger, souple et délicatement moelleux, il accompagnera bébé dans tous ses moments : siestes, balades, jeux ou gros chagrins.

Le Petit Frenchie, cousin du célèbre “Ours Français”, a été imaginé comme un doudou de transmission. Il est aussi apprécié des adultes qui recherchent un objet symbolique, un souvenir d’enfance ou un cadeau affectif. En choisissant ce doudou ours blanc fait main, on soutient une production locale, éthique et artisanale, loin des standards industriels.

La Locomotive : Un Jouet Désirable et Multifacette

Un article tente d'expliquer comment une machine industrielle lourde et noire comme la locomotive peut devenir l'un des jouets les plus désirables, une compagne, une alliée et une héroïne de livres pour enfants. Il cherche à identifier ce qui est à l'œuvre dans un tel retournement.

Libérée de ses attaches utilitaires et mercantiles, miniaturisée et immortalisée sous une forme obsolète, la locomotive reste cependant fondamentalement liée au monde du travail et aux activités humaines en général, comme c'est le cas pour de nombreux jouets. Elle combine puissance et régularité, continuité, l'inconnu, l'aventure et la sécurité. On la pousse, on la tire et elle nous tire à son tour, nous projetant dans le futur sans nous forcer à renier nos rêves d'enfant.

Le plaisir de se faire photographier avec son jouet préféré est indéniable. Un cliché de Bruno Munari montre une petite fille en manteau d'hiver, une locomotive posée sur ses genoux, sa main gauche effleurant délicatement le toit de la cabine. Dans la gare du Hameau aux Ours, Kumata se fait prendre en photo devant une locomotive à vapeur noire et une petite diesel verte, comme pour immortaliser un moment passé avec un ami cher. Un garçon et sa locomotive partagent le même oreiller, endormis en pleine page de titre. Quant à Florentin Brindille, le mathématicien rêveur et bricoleur, il aimait les locomotives à un tel point que les grandes personnes trouvaient cela un peu bizarre.

Qu'une locomotive soit un être doué de vie, il semble qu'il faille être particulièrement obtus ou de mauvaise foi pour en douter. Dès les débuts de son histoire, on lui donne des petits noms : Puffing Bill, Tom Pouce, Stourbridge Lion, Sans Pareil, Best Friend of Charleston, John Bull… Dans les livres pour enfants, elles se nommeront Juliette, Henriette, Emma.

Certes, les locomotives ne possèdent pas beaucoup d'intelligence, mais elles sont très sensibles. Elles peuvent se vexer, s'effaroucher, s'émouvoir. Selon les circonstances, elles font montre de courage, d'opiniâtreté. Autant de locomotives, autant de caractères différents, comme on peut le voir en lisant cette vieille histoire américaine, The Little engine that could.

Pour clore toute discussion sur la vie des locomotives, on peut évoquer la naissance de Molly, fille d'Emma, qui termine la première partie des aventures de Lucas et de Jim Bouton. L'aspect maternel de la machine ne nous avait pas échappé, sa bienveillance, sa générosité, son aspect protecteur et rassurant.

La question du sexe des locomotives reste ouverte, leur forme carénée oblongue représentant pour certains le symbole phallique le plus clair qui soit. La raison en est qu'elles sont yin et yang, s'apparentant au dragon chinois, symbole de fertilité, qui unit dans sa danse le ciel et la terre.

Si la personnification va de soi, c'est que la machine locomotive est autonome, qu'elle a la faculté de se déplacer par elle-même, qu'elle ne dépend de rien. Elle a donc sa vie propre, traîne ses wagons mais peut aussi bien décider de rouler seule quand l'envie lui en prend. Surprendre une locomotive seule au fond d'un bois fait partie des expériences les plus émouvantes qui soient.

Pourtant, la promenade se finit parfois en drame et c'est esseulée, au bout d'une voie désaffectée, qu'échoue la petite locomotive de l'album de Virginia Lee Burton, Choo Choo, qui a refusé un jour de tirer son chargement pour jouir de son indépendance.

Une curieuse image ouvre ce livre : en guise de dédicace, l'auteur a dessiné son fils agenouillé en train de jouer au circuit, pris dans un faisceau lumineux, alors qu'autour de lui se déroule une histoire de la locomotive depuis le petit chariot jusqu'au « streamliner », créant un parallèle entre la croissance de l'enfant et l'évolution technique.

Si l'enfant s'identifie à la machine, c'est de préférence à l'une de ses formes anciennes. Il se tournera vers cette silhouette familière et pittoresque qui laisse tout voir de ses secrets : la chaudière et le fourneau, les bielles, la plate-forme et la cabine, le chasse-pierres, la cheminée bien haute et la cloche, le dôme de vapeur… La toute petite locomotive que fabrique Florentin Brindille est ainsi, elle est celle dont tout le monde rêve, « belle comme une gravure », carrée plus qu'allongée, mignonne à croquer.

Détachées du monde du travail, dépouillées de leur caractère utilitaire, les locomotives tirent des wagons emplis d'enfants, de jouets, de bonbons. C'est bien ce qu'observe Marcel, le petit garçon des Enfantines, une fois rendu attentif aux locomotives, il voit « qu'elles ne sont pas, comme on pourrait croire, des grandes personnes sérieuses et ennuyées. Elles savent jouer. L'une après un grand roulement de tambour, part à cloche-pied sur une courbe.

Échapper à sa condition, au travail dans les mines, c'est ce que tente la petite loco de Ratatatam. Florentin Brindille l'a fabriquée à partir de pièces détachées qu'il récupère dans l'usine à locomotives, elle est ce qu'on appelle une « bricole », un petit ouvrage que les ouvriers réalisent plus ou moins clandestinement. De par sa nature-même, elle ne peut se laisser capturer, échappe à tout enregistrement, se frayant un passage « entre ce qu'une époque réalise et ce à quoi elle rêve, libérant un champ, celui d'une utopie qui reste à penser ». C'est pour cela qu'elle est blanche comme neige, elle est le fantôme de quelque chose qui est encore à venir, un ange gardien qui nous suit et nous précède.

Cette année au pied du sapin, Julien a la surprise de trouver une locomotive en bois, peinte en bleue et rouge. Dès le premier regard, c'est le coup de foudre. De façon subtile et tendre, l'histoire met en scène le moment délicat où l'enfant grandit et perd peu à peu ses croyances, sans pour autant cesser d'être un enfant. Tout se joue là dans la façon dont peuvent s'articuler grâce à Juliette le passé et l'avenir, les aspirations enfantines, la maturité, les désirs et le rêve.

Les jouets de transport, l'une des grandes familles du monde des jouets, existent depuis l'Antiquité. On les tire, on les pousse, ils favorisent l'apprentissage de la marche, et ce sont eux qui nous tirent à leur tour.

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