Dorothée Olliéric, figure emblématique du journalisme français, est née à Nantes en 1966. Son parcours, marqué par une passion inextinguible pour l'actualité et un engagement sans faille envers son métier, la conduit à sillonner le monde et à couvrir les conflits les plus marquants de notre époque. Au-delà de sa carrière de grand reporter, Dorothée Olliéric est une femme, une compagne et une mère. Cet article se propose d'explorer les différentes facettes de sa vie privée, en s'appuyant sur ses propres témoignages et ceux de ses proches.
Formation et débuts professionnels
Après des études de langues étrangères appliquées (espagnol) à l'université de Nantes, Dorothée Olliéric obtient une licence. Durant ses années universitaires, elle collabore avec Presse Océan, ce qui lui permet de faire ses premiers pas dans le monde du journalisme. En 1990, elle décide de se réorienter et reprend des études de journalisme. Un stage à France 2 lui ouvre les portes de la rédaction et lui permet de participer au journal de l'émission Télématin.
Correspondante de guerre : 17 ans sur le terrain
Un voyage au Cambodge en 1992 marque un tournant dans sa carrière. Dorothée Olliéric devient correspondante de guerre pour France 2, un poste qu'elle occupera pendant 17 ans. Elle couvre alors de nombreux conflits à travers le monde, du Cambodge à l'Algérie, en passant par la Tchétchénie, le Rwanda, l'Afghanistan et le Kosovo. Son credo : raconter la guerre, à hauteur « d'hommes et de femmes ».
En 2002, elle est nommée chef adjointe du service politique de la chaîne.
Une vie privée rythmée par la passion
Côté vie privée, Dorothée Olliéric partage sa vie avec Philippe Vandel, également journaliste. Le couple, uni par une passion commune pour la musique, apprécie particulièrement le bon son. "La musique est un réconfort quand je suis à l'étranger", confie Dorothée Olliéric. Elle aime écouter "le hit local du moment" lors de ses voyages, souvent en pays en guerre. "Je me suis prise d'affection pour le titre Bakhmut Fortress du groupe metal ukrainien Antytila… Il parle de ces soldats prêts à tout pour leur mère patrie. De retour à Paris, je l'écoutais sans cesse. Ce qui énervait ma famille, mais me rattachait à ce que j'ai vécu là-bas", explique la maman de Castille et Félix.
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"Comme mes parents, j'aime les ambiances festives, les maisons ouvertes pleines de copains. Dans la nôtre à la campagne, avec Philippe (Vandel, NDLR), mon conjoint, on aime le bon son et que la musique soit à fond sur d'énormes enceintes", peut-on lire dans les pages de Point de Vue.
"Maman s'en va-t-en guerre" : un livre témoignage
Pour la sortie de son dernier livre, Maman s'en va-t-en guerre : Ma vie de grand reporter, Dorothée Olliéric s'est livrée dans la presse au sujet de ses passions et de son métier. Elle y raconte son parcours, ses motivations et les difficultés rencontrées pour concilier sa vie de reporter de guerre avec sa vie de famille.
L'ouvrage est né d'un échange difficile avec la professeure d'histoire-géographie de son fils. Cette dernière lui reprochait de ne pas être assez présente pour son enfant, la considérant comme une "aventurière baroudeuse". Dorothée Olliéric, blessée par ces propos, a ressenti le besoin d'expliquer son choix de vie et de partager son expérience.
Elle écrit : "Maman t'aime : c'est la dernière phrase que je dis à mes enfants quand je pars pour un reportage dans un pays en guerre. Des mots qui me retournent le coeur, et que j'adresse à Félix et Castille les yeux dans les yeux, comme si ma vie en dépendait. Et si je ne rentrais pas… J'écris ce livre pour eux, afin qu'ils comprennent pourquoi je pars - avec mon gilet pare-balles et mon casque lourd - aux quatre coins du monde : Tchétchénie, Afghanistan, Irak, Mali, Ukraine et autres terrains où l'existence est fragile, menacée."
Concilier vie professionnelle et vie familiale
Le quotidien de Dorothée Olliéric est rythmé par ses nombreux déplacements à l'étranger, souvent dans des zones de conflit. Concilier sa vie professionnelle et sa vie personnelle est un défi constant. Elle peut toutefois compter sur le soutien indéfectible de son compagnon, Philippe Vandel, pour préserver leurs enfants, Castille et Félix.
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"Quand je passais à la télé, Philippe les appelait seulement à la fin du reportage, une fois les images violentes diffusées, et ils accouraient pour regarder mon plateau quinze secondes", s'est souvenue la journaliste. Une petite attention qui permettait ainsi aux enfants du couple de ne pas être traumatisés par les images parfois choquantes qui étaient diffusées. "Il ne m'a jamais fait de reproches [sur son métier, ndlr] et m'a toujours dit : 'Quand je t'ai rencontrée, tu étais déjà reporter de guerre, donc je le savais'", a-t-elle ajouté.
Avant de quitter son domicile pour un reportage, Dorothée Olliéric veille toujours à répéter la même phrase à ses enfants : "C'est là que je dis à mes enfants 'Maman t'aime' avant de partir dans un pays en guerre. Si je ne reviens pas, c'est la dernière phrase qu'ils auront entendue, mon dernier regard, explique-t-elle, avant d'ajouter : C'est le moment le plus douloureux du reportage, ça me retourne le cœur."
Les dangers du métier
Être reporter de guerre est un métier dangereux. Dorothée Olliéric a failli mourir à plusieurs reprises. Elle se souvient notamment d'un simulacre d'exécution en 2013, où elle s'est retrouvée les yeux bandés face à un mur, avec des hommes armés prêts à tirer. "Dans 30 secondes, je suis morte", s'était-elle dit. "Bien évidemment, je pense à mes enfants avant toute chose."
Malgré les dangers, Dorothée Olliéric continue d'exercer son métier avec passion. "J'ai un besoin viscéral d'être là où l'actualité se passe. S'il y a un gros événement et que je n'y suis pas, j'ai mal au ventre, je suis malheureuse. J'ai vraiment ce besoin d'être là où l'histoire est en marche. Je suis témoin de l'actualité, de ce qui se passe et qui deviendra potentiellement la grande histoire."
Les rencontres et les émotions
Au cours de ses reportages, Dorothée Olliéric a rencontré des personnes extraordinaires et a été témoin de scènes bouleversantes. Elle se souvient notamment de son premier voyage en Afghanistan en 1996, où elle a été marquée par le courage des femmes afghanes qui dénonçaient le régime taliban. "Déjà, j'ai été marquée par le courage des femmes afghanes qui volontairement me disaient de filmer leur visage. Elles enlèvent la burqa et même le voile chez elles, pour défendre leur pays et la cause des femmes afghanes, disent-elles. Elles prennent des risques en étant face caméra et en dénonçant ce qui arrive. Je retrouve encore aujourd'hui ce courage chez de très nombreuses femmes afghanes."
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Elle évoque également des moments de douceur et d'émotion, comme ce mariage en Ukraine, à proximité de la ligne de front. "Il y a des princesses, il y a de l'amour dans l'air parfois."
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