La procréation médicalement assistée (PMA) et la fécondation in vitro (FIV) représentent un espoir pour de nombreuses personnes et couples confrontés à des difficultés pour concevoir un enfant. Ce documentaire explore les parcours individuels, les aspects médicaux et les implications sociétales de ces techniques.
Un témoignage poignant : Du désir à la réalité grâce à la FIV
Le témoignage de Laura et Corentin illustre le parcours émotionnel et médical de la PMA. Après plusieurs tentatives infructueuses de concevoir naturellement, ils se sont tournés vers la FIV. Laura décrit les étapes du processus, de la stimulation ovarienne à la ponction, puis l’attente angoissante des résultats.
"Puis la biologiste m’appelle à J+3, et à J+5. Le résultat est là : 7 beaux embryons ! Dans le processus classique, un embryon est inséminé à J+5. Mais avec l’hyperstimulation, les embryons sont congelés puis décongelés après un traitement médicamenteux ( encore un ! Le 19 Juillet c’est le jour de l’insémination. Tout se passe bien; maintenant il faut attendre. 10 jours passent avant la première prise de sang, celle qui me dira si ça a fonctionné ou non. Puis le vendredi 29 juillet arrive, je fais la première prise de sang. La matinée est longue, si longue ! On sort se balader sur notre pause déjeuner, et je vois sur mon téléphone que les résultats sont prêts. Sans même les avoir consulté, je pleure déjà. « Oh putain, ça veut dire que ça a fonctionné ? J’attends l’appel de la clinique qui me dira quelques minutes plus tard, que ma prise de sang est basse et que bien souvent 48h après il n’y a plus rien. Il faut que je refasse une prise de sang dans 2 jours, mais nous sommes vendredi et je dois attendre jusqu’au lundi ! Lundi 1er Août, je fonce faire la seconde prise de sang. Les résultats sont multipliés par 5, puis le mercredi ils sont multipliés par 6 par rapport au lundi. Ça a marché."
L'annonce de la grossesse, suivie de l'échographie de datation, a été un moment de joie intense.
"Mes vacances d’été ont une autre saveur, j’en profite pleinement. On garde le secret, mais mon état d’esprit est léger, je me sens bien. Fin août, nous faisons une échographie de datation. Celle-ci permet de voir si le coeur bat. Petit état de stress mais qui s’évapore très vite une fois que l’on voit notre petit bébé au creux de mon ventre. Nous annonçons ma grossesse à notre entourage. On fait l’échographie du 1er trimestre en septembre et on découvre encore plus de détails sur notre petite « myrtille ». Ça a été son surnom pendant 5 mois ( jusqu’à temps de savoir le sexe ). Cette première écho s’est bien passée, alors par la suite on m’inscrit en maternité, et on déclare ma grossesse à la CPAM. Début décembre, on organise une gender reveal, cela me tenait à coeur. Pendant tout notre parcours, nous n’avons jamais eu de surprise, tout est calculé à la minute près. J’avais envie d’avoir une surprise moi aussi. C’est donc le parrain de Marceau ( qui ne le savait pas à ce moment là) qui fait l’animation. Deux jours avant, ma gynéco avait écrit le sexe sur un papier que nous avons donné à notre ami. Nous attendons un petit garçon, pour notre plus grand bonheur."
Lire aussi: Un documentaire captivant sur les pommes
Le récit de l'accouchement, malgré les difficultés initiales, témoigne de la force et de la beauté de ce moment.
"Le soir du jeudi 6 Avril 2023, je me couche comme d’habitude. Mais nous ne dormirons pas comme d’habitude. Je perds les eaux. La nuit est longue, je souffre beaucoup de « fausses contractions » qui ne me permettent pas d’avoir la péridurale. Je dois attendre jusqu’au vendredi midi, pour qu’elle soit enfin posée et que je sois soulagée. Pendant tout ce temps, on est calmes, pas stressés. On se demande comment il va être, blond brun ou roux. On se dit qu’on va être responsables de ce petit être qui arrive. A midi, je suis ouverte à deux, et à 16h30 je suis à dilatation complète. L’accouchement est parfait, j’accouche sur le côté comme je l’avais imaginé, tout se fait dans le calme, dans l’accompagnement et sans douleur. Me retrouver avec mon bébé sur moi, j’en pleure de joie. Comme dit Corentin, à ce moment-là on oublie tout, les piqures, les traitements, tout est derrière nous. On réalise que notre bébé est enfin là."
Corentin souligne l'importance du soutien et de la présence du partenaire tout au long du processus. Il insiste sur le fait qu'il faut être présent coûte que coûte et jouer le rôle de punching-ball pas toujours justifié.
"De manière générale l’intégralité de ce parcours PMA n’est pas vécue de la même manière pour l’homme et pour la femme. De mon côté, j’étais moins impatient d’avoir un enfant et devenir papa et j’avais un plus grand recul (qui me sera bénéfique pour la suite) sur la situation. Première injustice de l’histoire, l’homme n’a pas cette fameuse horloge biologique qui tourne et nous presse (nous oppresse, vous oppressent vous mesdames). La femme quant à elle a une date butoir qu’il est important de ne pas rater pour concevoir un enfant, naturellement ou non d’ailleurs. De plus ce que l’homme doit faire et traverser médicalement est bien dérisoire au regard de ce que doit subir la femme. En effet, sur ces 2 ans de parcours j’ai réalisé en tout et pour tout : 3 spermogrammes (j’aurai pu n’en faire que 2 mais quand on aime…), 1 prise de sang (pendant laquelle je suis tombé dans les pommes !) et une échographie des testicules (ai-je besoin de détailler ? Laura avait cette volonté de devenir maman. Elle ressentait de plus en plus la pression sociale de quelques personnes de la famille qui lui sortaient régulièrement : « Et toi, c’est pour quand ? ». Si on nous avait donné 1€ à chaque fois que l’on nous a sorti cette phrase, les études de notre fils seraient déjà payées ! En revanche nos proches, les vrais amis et nos parents ont toujours eu ce respect ou cette pudeur de ne jamais poser cette question ô combien pesante. Et je les remercie pour ça. Ajoutez à cela les rendez-vous de contrôle chez le gynéco tous les 2 jours, les prises de sang à jeun tous les 2 jours, les ponctions, les anesthésies et les hospitalisations qui vont avec, les résultats pas toujours très bons… Et nous obtenons deux courbes émotionnelles ( celle de Laura et la mienne ) qui ne se croiseront presque jamais durant ces deux années de parcours. Mon rôle de futur papa est assez limité mais hyper simple : être présent coûte que coûte ! Jouer le rôle de punching-ball pas toujours justifié, d’épaule solide pour se reposer parfois, de bras pour les câlins de réconfort souvent."
Le couple souligne l'importance d'être bien entouré et de ne pas laisser la PMA envahir leur vie sociale.
Lire aussi: Tout savoir sur l'ours brun : un voyage pour les jeunes explorateurs
"Cette épreuve, ce combat ou ce parcours appelez-le comme vous voulez, aura duré 2 ans et étonnamment je n’en garde pas un mauvais souvenir. C’est facile à dire après coup mais on oublie vite, en tout cas j’ai vite oublié cette période. C’est surtout lié au fait que la grossesse de Laura se soit super bien passée. Pas de nausée, pas de maladie, pas d’envie de femme enceinte, pas chiante pour un sous ! Je lui disais même souvent qu’elle était « moins chiante enceinte que pas enceinte » 😉 On profite bien plus qu’on ne l’aurait pensé : vacances dans les landes, voyage en Guadeloupe, préparation de notre mariage, travaux dans la maison, EVG et EVJF des copains. Clin d’œil à celles et ceux qui nous ont dit ou se sont entendus dire « Profitez car après vous ne pourrez plus faire tout ça… » Foutaises ! Et SPOILER : je n’ai jamais fait autant la fête que depuis que je suis papa. Alors oui, on a toute notre famille et nos amis à côté, on a la chance d’être extrêmement bien entourés mais on s’était toujours promis que cet enfant ne serait pas un obstacle à notre vie sociale et nous avons tenu parole. On s’organise pour ça."
Leur photographe, Laura, témoigne de la confiance et de la générosité du couple.
"Je tiens à remercier Laura et Corentin pour la confiance totale qu’ils m’ont accordé. Pendant plus de 15 mois ils m’ont ouvert les portes de leur intimité, avec l’espoir d’un jour raconter leur belle histoire. Merci pour votre générosité, envers moi et envers toutes les personnes qui découvriront ce récit. Ce reportage veut donner espoir mais aussi témoigner d’une histoire humaine, celle d’un parcours exceptionnel, dur, exigeant, et qui est pourtant devenu banal dans notre société moderne. C’est un hommage à ce que beaucoup de femmes, hommes et couples traversent. J’admire votre courage; comme j’ai admiré le courage dont Laura & Corentin ont fait preuve tout du long."
Comprendre les techniques de PMA : La FIV en détail
La Fécondation In Vitro (FIV) est une technique de PMA qui consiste à féconder un ovocyte avec un spermatozoïde en laboratoire, puis à transférer l'embryon ainsi obtenu dans l'utérus de la femme.
Les étapes clés de la FIV
- Stimulation ovarienne: Un traitement hormonal est administré pour stimuler le développement de plusieurs follicules, afin de prélever plusieurs ovocytes. Ce traitement est surveillé par échographies et dosages hormonaux.
- Ponction ovarienne: Les ovocytes sont prélevés par voie vaginale sous contrôle échographique, sous anesthésie ou analgésie. Les liquides folliculaires contenant les ovocytes sont transmis au laboratoire.
- Recueil et préparation du sperme: Le sperme est recueilli par masturbation et préparé en laboratoire. Dans certains cas, des spermatozoïdes congelés peuvent être utilisés.
- Fécondation in vitro: Les spermatozoïdes sont mis en contact avec les ovocytes dans une boîte de culture. Un seul spermatozoïde fécondera l'ovocyte. Dans certains cas, la technique d'ICSI (injection intracytoplasmique de spermatozoïde) est utilisée, où un spermatozoïde est directement injecté dans l'ovocyte.
- Culture embryonnaire: Les ovocytes fécondés (zygotes) deviennent des embryons, qui se divisent en plusieurs cellules.
- Transfert embryonnaire: Un ou plusieurs embryons sont transférés dans l'utérus de la femme à l'aide d'un cathéter fin et souple.
- Congélation des embryons surnuméraires: Les embryons non transférés qui présentent des critères de développement satisfaisants peuvent être congelés pour une utilisation ultérieure.
Les risques et les complications possibles
Malgré les précautions, des complications peuvent survenir :
Lire aussi: La vie secrète des fourmis
- Altération de la qualité du sperme, des ovocytes ou des embryons
- Effets indésirables des traitements hormonaux
- Hyperstimulation ovarienne (augmentation de la taille des ovaires, douleurs abdominales, nausées, vomissements, diarrhée)
- Risques liés à la ponction ovarienne (saignements, infection)
- Grossesse multiple (si plusieurs embryons sont transférés)
- Grossesse extra-utérine
Le suivi après le transfert
Un test de grossesse est réalisé environ deux semaines après le transfert embryonnaire. Une échographie est effectuée un mois après le transfert pour confirmer la grossesse. Des saignements légers peuvent survenir au cours des premiers mois, nécessitant une consultation médicale.
PMA : Au-delà des frontières de l'hétérosexualité ?
La France a connu une évolution significative en matière de PMA. Aujourd'hui, plus de 25 000 enfants naissent chaque année grâce à la PMA en France. La loi de 2021 a ouvert l'accès à la PMA aux couples de femmes et aux femmes célibataires, une avancée sociétale majeure.
Les enjeux éthiques et sociétaux
La PMA soulève des questions éthiques complexes, notamment en ce qui concerne la sélection des embryons, le don de gamètes et la gestation pour autrui.
PMA à l'étranger : Un choix pour certains
Certaines personnes ou couples se tournent vers l'étranger pour accéder à des techniques de PMA non autorisées en France, comme la FIV avec don de sperme ou d'ovocytes.
L'évolution des mentalités et des désirs
La légalisation de la pilule en 1967 a marqué un tournant dans la perception de la parentalité. Les techniques médicales permettent désormais de maîtriser la fécondité, donnant naissance à de nouvelles formes de désir d'enfant.
La congélation d'ovocytes : Un temps de réflexion ?
La possibilité pour les femmes de congeler leurs ovocytes, ouverte par la loi de 2021, offre une nouvelle perspective. Elle permet aux femmes de se libérer de l'horloge biologique et d'interroger leurs désirs de maternité.
tags: #documentaire #fiv #pma
