Introduction
Dimitri Yachvili, né le 19 septembre 1980 à Brive-la-Gaillarde, est une figure emblématique du rugby français. Ancien demi de mêlée international, Yachvili a marqué le rugby français de son empreinte grâce à son talent, sa précision et son leadership. Cet article explore sa vie, sa carrière, son héritage familial et ses activités après le rugby.
Jeunesse et Premiers Pas dans le Rugby
Né dans une famille où le rugby est une tradition, Dimitri Yachvili a grandi avec un ballon ovale. Son grand-père, Alexandre Markarian, était talonneur au CA Brive dans les années 50, et son père, Michel Yachvili, est un ancien troisième ligne de Tulle et du CA Brive.
Paradoxalement, Dimitri a d'abord été attiré par le football. Entre 8 et 12 ans, il joue ailier à l'OGC Nice, suivant les mutations professionnelles de son père. Cependant, l'appel du rugby familial est trop fort, et il rejoint les équipes de jeunes du CA Brive. Malgré ses efforts, il ne parvient pas à s'imposer dans l'équipe première.
L'Ascension en Angleterre et l'Éclosion à Biarritz
En 2001, Dimitri Yachvili prend un nouveau départ en rejoignant le Gloucester RFC en Angleterre. Cette saison outre-Manche est un succès, puisqu'il remporte le championnat anglais.
C'est à l'été 2002 que sa carrière prend un tournant décisif lorsqu'il signe au Biarritz Olympique. Au sein du club basque, Yachvili s'épanouit pleinement et devient un joueur clé.
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Les Succès en Club avec Biarritz
Dimitri Yachvili est indissociable du Biarritz Olympique, où il a passé douze saisons. Il est l'un des joueurs emblématiques du club basque. Avec le BO, il remporte deux titres de champion de France (2005 et 2006) et le Challenge Européen (2012). Il atteint également deux finales de Coupe d'Europe (2006 et 2010).
Yachvili se forge une réputation d'artilleur au pied, faisant le bonheur de son club grâce à sa précision et sa capacité à marquer des points importants. Yachvili arrive au moment où Biarritz vient de renaître de ses cendres en remportant le championnat de France, chose qui n'était pas arrivé depuis 1939 aux basques. Il se forge alors sa réputation d'artilleur au pied qui va faire les joies de son club et de l'Equipe de France.
La Carrière Internationale
Dimitri Yachvili a connu une longue et riche carrière internationale avec le XV de France, de 2003 à 2012. Malgré une forte concurrence à son poste avec des joueurs comme Fabien Galthié, Jean-Baptiste Elissalde et Morgan Parra, Yachvili est régulièrement sélectionné. Le Briviste est appelé en équipe de France dans la foulée, dans le rôle du remplaçant de l'emblématique Fabien Galthié.
Il participe à deux Coupes du monde (2003 et 2011), bien qu'il ait été écarté de la sélection pour le Mondial 2007 par Bernard Laporte. Yachvili remporte également quatre fois le Tournoi des VI Nations, contribuant de manière significative aux succès de l'équipe de France. Son jeu au pied précis et sa capacité à marquer des points cruciaux font de lui un élément essentiel du XV de France. Les Anglais se souviennent encore de sa fameuse botte, notamment lors des matchs de 2004 et 2005. En 2004, il inscrit 19 des 24 points français contre l'Angleterre. En 2005, alors que la France est menée 17-6 à la mi-temps, il marque 12 points supplémentaires, assurant la victoire de son équipe par un point. A trois reprises il va faire des merveilles contre les meilleurs ennemis des bleus : - En 2004 où il inscrit 19 des 24 points français. - En 2005 où alors que la France est mené 17-6 à la mi-temps, il marque 12 points de plus, la totalité du score de son équipe pour victoire d'un petit point.
Drôle de carrière internationale que celle de Dimitri Yachvili, quatrième meilleur réalisateur de l'histoire du XV de France (304 points, voir la liste), tour à tour doublure de Fabien Galthié, émule de Jean-Baptiste Elissalde et de Pierre Mignoni sous Bernard Laporte, puis énième choix, donc, de Lièvremont, bouchant les trous laissés vacants par la jeunesse en devenir et glanant au total 26 titularisations seulement sur 50 sélections. Le voilà candidat plus que sérieux au poste de demi de mêlée titulaire à la prochaine Coupe du monde, ce serait sa première dans cette situation-là (voir sa bio).
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Style de Jeu et Qualités
Dimitri Yachvili évoluait au poste de demi de mêlée. Bon technicien, il possède une très bonne passe et un jeu au pied remarquable qu'il a d'ailleurs travaillé avec l'ancien footballeur et journaliste Jean-Michel Larqué. Il était reconnu pour sa technique, sa très bonne passe et son jeu au pied remarquable, qu'il a d'ailleurs travaillé avec l'ancien footballeur et journaliste Jean-Michel Larqué.
Son ancien entraineur biarrot, Patrice Lagisquet, le faisait d'ailleurs remarquer dernièrement : Yachvili a éliminé ses pas de côté avant de passer, redonnant ainsi à l'attaque un temps d'avance sur la défense. Il a par ailleurs conservé sa science du jeu au pied (éduqué au football), grâce à laquelle il sait maîtriser le tempo d'une rencontre, et semble en abuser moins qu'il ne le fit par le passé.
Fin de Carrière et Reconversion
Après douze saisons à Biarritz, Dimitri Yachvili annonce sa retraite sportive en avril 2014, un an avant la fin de son contrat. Il évoque une lassitude mentale et physique comme raisons principales de sa décision. Vous avez mis un terme à votre carrière l'année où Biarritz a fini lanterne rouge du Top 14. Cette descente en Pro D2 était-elle inéluctable, notamment pour des raisons économiques ?D.Y.: Si nous sommes descendus, ce n'est pas une question de moyens économiques. Il y avait eu deux ou trois alertes les années précédentes. Nous avons failli sportivement lors de cette dernière saison. Nous n'avons pas pris des "roustes" tous les week-ends mais il nous a manqué quelque chose. Au vu de la saison, c'était quelque part normal qu'on descende.
Avant même la fin de sa carrière, Yachvili anticipe sa reconversion. En 2010, il devient propriétaire d'un camping sur la côte basque, en s'associant à sa belle-famille. À quoi ressemble votre quotidien aujourd'hui ?D.Y.: Je me suis engagé avec BeIN Sports et je prends beaucoup de plaisir à commenter des matchs avec Rodolphe Pirès. J'ai aussi pris pas mal de recul cet été. Je me suis reposé, j'ai profité des miens et je me suis aussi occupé de mon camping à Biarritz. Bref, je peux dire que j'ai passé un très bon été. Je suis désormais derrière la barrière et je m'y sens très bien
Depuis 2012, il est également commentateur et consultant TV lors de différents matchs de rugby, notamment la finale du TOP 14 et la Champions Cup. Je me suis engagé avec BeIN Sports et je prends beaucoup de plaisir à commenter des matchs avec Rodolphe Pirès.
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En septembre 2021, il intègre l'équipe dirigeante de la structure amateur du Biarritz Olympique, aux côtés de ses anciens coéquipiers David Couzinet (élu président), Imanol Harinordoquy (vice-président) et Jérôme Thion (trésorier).
Observateur éclairé depuis sa récente retraite, l'ancien demi de mêlée des Bleus, Dimitri Yachvili, espère que le XV de France montrera du caractère. Des bruits ont circulé quant à votre éventuel retour à la compétition. Qu'en est-il exactement ?D.Y.: Je n'ai jamais évoqué un retour. Ce ne sont que des commentaires et ce n'est pas au programme. J'ai pris du recul par rapport au terrain, je suis désormais derrière la barrière et je m'y sens très bien. Quant à une éventuelle proposition pour intégrer un staff, je n'ai à ce jour pas été approché à ce sujet.
L'Héritage Familial et les Origines Géorgiennes
L'histoire familiale de Dimitri Yachvili est riche et complexe. Son grand-père paternel, Chalva Yachvili, est né en Géorgie. Combattant pour l'Armée soviétique pendant la Seconde Guerre mondiale, il est fait prisonnier par la Wehrmacht, mais s'échappe et devient résistant dans le Limousin, où il s'installe définitivement après la fin de la guerre.
Dimitri est également le fils de Michel Yachvili, joueur de rugby international. Il a aussi deux frères, Gregoire Yachvili et Charles Edouard Yachvili, qui ont également joué au rugby. De plus, sa mère est d'origine arménienne.
Dimitri Yachvili et le XV de France Actuel
Vous comptez une soixantaine de sélections en équipe de France. Est-ce que son déclin depuis deux saisons vous touche ?D.Y.: Cela m'affecte surtout car il n'y a pas de résultats. C'est cela qui m'attriste. Qu'importe la manière, j'ai envie que l'équipe de France gagne. Comment expliquer que le XV de France ne puisse plus rivaliser avec les nations du sud, l'Angleterre, l'Irlande ou encore le pays de Galles ?D.Y.: Plusieurs facteurs entrent en jeu. L'effectif a beaucoup évolué depuis la dernière Coupe du monde, mais cela fait déjà trois ans. Pal mal de joueurs ont pris de l'expérience et nous devrions avoir un jeu et une philosophie bien définis et un état d'esprit de la gagne. Il faut qu'on retrouve cela à tout prix.
À armes égales, je préfère un Français pour le XV de France. L'ouverture de la sélection aux joueurs étrangers est-elle une bonne ou une mauvaise idée pour relancer le XV de France ?D.Y.: On verra les résultats que cela apporte. Si ce sont les meilleurs actuellement, qu'ils peuvent apporter leur expérience, leur talent, leur philosophie de jeu différente et faire gagner l'équipe de France, tant mieux. Maintenant, à armes égales, je préfère un Français, issu d'une formation amateur, qui a grandi dans la filière fédérale puis professionnelle, comme cela se fait depuis des années. On parle actuellement de deux ou trois joueurs étrangers. Il ne faudrait que cela devienne la moitié ou les trois-quarts de l'équipe. Les ouvreurs français de très haut niveau ne sont pas légion dans le Top 14. C'est beaucoup moins le cas en ce qui concerne les demis de mêlée…D.Y.: C'est important d'avoir des joueurs français à la charnière, ne serait-ce que pour communiquer et s'imprégner des systèmes de jeu. Des dix, il y en a aussi. Au poste de demi de mêlée, il y a énormément de concurrence, comme il y en a toujours eu. Maintenant, est-ce qu'on se projette jusqu'à la Coupe du monde ou est-ce qu'on fait jouer ceux qui affichent le meilleur état de forme du moment ? C'est un débat à ouvrir. Avant, il fallait faire une voire deux saisons pleines et être régulier pour pouvoir espérer toucher l'équipe de France. Maintenant, tu fais deux bonnes actions, tu marques un essai et voilà.
Justement, quel avis portez-vous sur la politique de "l'homme en forme" pratiquée en ce moment par le staff tricolore ?D.Y.: Disons que les mentalités ont beaucoup changé ces derniers temps. Avant, il fallait faire une voire deux saisons pleines et être régulier pour pouvoir espérer toucher l'équipe de France. Maintenant, tu fais deux bonnes actions, tu marques un essai et voilà. Ce qui est un peu délicat, c'est que le niveau international est supérieur au Top 14 et à la coupe d'Europe. Pour pouvoir s'y affirmer, il faut d'abord avoir prouvé.
À votre poste, Morgan Parra et Maxime Machenaud ne se sont jamais vraiment imposés en sélection. En plus du talent, le caractère est-il une condition indispensable pour écarter la concurrence chez les Bleus ?D.Y.: C'est valable à tous les postes. Après, la charnière est un fusible facile à faire sauter lorsqu'une équipe et son système de jeu ne fonctionnent pas. Lorsqu'il y a de la concurrence, on a tous envie de prendre le dessus et d'être le meilleur. Moi, je n'aimais pas perdre ni être second. J'ai toujours voulu être acteur et non consommateur. Le poste veut qu'on a besoin de gérer et de commander et qu'on ne peut pas être qu'un simple soldat. C'est peut-être ce qui manque un peu à l'équipe de France en ce moment. On a envie de la voir plus agressive, qu'il y ait aussi un peu de rébellion, que cela vive et que les joueurs soient acteurs et non consommateurs.
Les Bleus démarrent samedi leur tournée d'automne. Comment les voyez-vous, à un an de la Coupe du monde ?D.Y.: J'espère déjà qu'ils vont gagner les trois tests. Ce sera plus facile pour préparer la suite, mais il y a aura pas mal de pression sur leurs épaules. Physiquement, on n'est pas trop mal.
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