Tout parent se retrouve un jour démuni face aux pleurs et aux gémissements de son bébé. Comprendre pourquoi bébé pleure et comment l'apaiser est essentiel. Cet article explore les différentes facettes des pleurs de nourrisson, offrant des outils et des astuces pour décoder ce langage unique et répondre aux besoins de votre enfant.

Pourquoi Bébé Pleure-t-il ? Un Réflexe Vital

Dès sa naissance, le premier cri de bébé est un réflexe de survie. Ne sachant pas encore parler ni se déplacer, il est totalement dépendant de ses parents et son seul moyen de communiquer est d’utiliser sa voix. Les pleurs de bébé sont tout à fait normaux : un nourrisson pleure en moyenne 2 heures par jour. Un quart d’entre eux pleure même plus de 3 heures par jour, surtout pendant les 3 premiers mois de sa vie.

À chaque pleur, bébé exprime un besoin. Contrairement aux idées reçues, les bébés n’essayent pas de manipuler ou de faire du chantage. Ils ont besoin de quelque chose ou de votre présence et ils vous le font savoir. Voilà pourquoi il est préférable de ne pas ignorer les pleurs. Même si cela ne calme pas bébé immédiatement, vous savoir près de lui le rassurera.

Au cours des 5 premiers mois environ, il va trouver sa voix et utiliser des variations d’intensité pour exprimer ses besoins ou ses émotions. Ces variations ont été modélisées par une « courbe des pleurs » définie par le Dr Ronald Barr, directeur du Centre de recherche en santé infantile de l'Université de Colombie-Britannique, qui met en évidence des similitudes pour tous les bébés. L’intensité et la quantité des pleurs augmentent à partir de 2 semaines de vie, avec un pic vers 2 mois.

Les Différents Types de Pleurs : Décoder le Langage de Bébé

Au départ, il est souvent compliqué pour les jeunes parents de décoder les pleurs de leur bébé. Pas de panique ! Vous parviendrez progressivement à les identifier et les différencier : sons émis, intensité des pleurs, expressions du visage… Tant de signes auxquels vous fier pour vous aider à mieux comprendre votre enfant et à calmer ses pleurs. En fonction de la raison de ses pleurs, votre enfant exprimera son besoin différemment : pleurs à chaudes larmes, cris et hurlements stridents, sons aigus et courts… rappelez-vous que ces cris et pleurs ne sont en aucun cas volontaires ! Votre bébé s’exprime, tente de vous faire part de ses émotions, ressenties à l’instant présent.

Lire aussi: Les Services de Pédiatrie

Le Dunstan Baby Language (DBL) : Une Méthode de Décodage

Depuis quelques années, des méthodes ont vu le jour et contribuent à aider les professionnels de la petite enfance ainsi que les parents à entrer en communication avec les bébés. Le principe Dunstan Baby (DBL) aide à comprendre les gémissements et les pleurs de bébé selon leur sonorité.

C’est l’histoire d’une maman, Priscilla Dunstan, chanteuse lyrique australienne, douée de ce que l’on appelle « l’oreille absolue ». Comme beaucoup de parents, elle s’est retrouvée démunie face aux pleurs de son enfant et a décidé, en 1998, d’utiliser son don pour tenter de décrypter les sons de son bébé. Elle a consigné dans un journal tous les sons ainsi que ses gestes, ses postures et les réactions de son bébé. Elle s’est aperçue qu’elle pouvait ainsi répondre aux pleurs de son bébé et par conséquent retrouver la sérénité pour elle et lui. Puis elle s’est aperçue, en faisant ses courses au supermarché, que les autres bébés émettaient les mêmes sons !

Avec l’aide du père de son enfant, le professeur Max Dunstan de l’Université de Sydney, ils ont lancé un protocole de recherche scientifique pour valider le Dunstan Baby Language. Après 13 ans d’étude, les conclusions laissent sans voix : tous les bébés du monde entier émettent les mêmes sons entre 0 et 5 mois ! Ils ont donc donné naissance à une méthodologie internationale pour enseigner l’identification des pleurs de bébé qui puisse être utile tant aux parents qu’aux professionnels de la petite enfance pour comprendre les besoins des bébés et pouvoir répondre rapidement à leurs besoins.

Tous les parents n’ont pas l’oreille absolue, c’est pourquoi il existe une formation spécifique pour les parents de bébés âgés de 0 à 5 mois afin de les aider à décoder les besoins de leur enfant selon 5 pleurs « universels ». Il existe plusieurs types d’ateliers menés par des instructrices ou des instructeurs dans toute la France, en présentiel ou à distance en visio.

Les 5 Mots Universels du DBL

Voici 5 des 10 mots universels (appelés «réflexes sonores») des nourrissons :

Lire aussi: Comparaison des laits pour nourrissons

  • Neh : « j'ai faim » Bébé utilise ce réflexe sonore pour communiquer sa faim. Ce son est produit lors du déclenchement du réflexe de succion, la langue monte vers le palais et il fait des bruits de bouche.
  • Owh : « j'ai sommeil » Ce son, comme un bâillement audible, indique qu’il est fatigué. Sa bouche prend une forme ovale et s’en suivent quelques gestes indiquant sa fatigue.
  • Heh : « j'éprouve de l'inconfort » Bébé indique qu’il est stressé, dans l’inconfort ou il veut être changé. Le son peut s’accompagner d’un réflexe cutané : sueur ou démangeaisons.
  • Eairh : « j'ai mal au ventre » Ce son guttural indique que bébé est stressé à cause de flatulences ou des troubles digestifs et réclame un massage ou une autre position (son ventre en appui sur l’avant de votre bras par exemple).
  • Eh : « j'ai besoin de roter » Bébé a besoin de libérer l’air, ce son haleté peut être émis après son repas. Il peut se tortiller sur le dos.

Autres Types de Pleurs et Leurs Significations

  • Faim : Votre nourrisson fait des petits mouvements de succion avec sa bouche, qui vous alertent sur son besoin de téter. Sa langue touche son palais, l’air sortant de sa bouche provoque des sons particuliers, semblables à un « nèh ». Lorsque vous le caressez près de la bouche, il tournera la tête pour tenter d’attraper le sein de sa maman pour téter. Il peut aussi se mettre à sucer ses petits poings.
  • Inconfort lors de l'alimentation : Si votre bébé est nourri au biberon, les pleurs survenant lors de la prise des biberons expriment souvent un sentiment d’inconfort. Vérifiez alors le débit de la tétine : il peut être trop lent ou trop rapide.
  • Besoin de roter : Si ses cris correspondent à une série de petits sons brefs et saccadés « Èh ! Èh ! Èh ! » et que votre bébé se tortille, il a sans doute tout simplement besoin de faire un rot !
  • Fatigue : Plusieurs signes accompagnant ses pleurs, au son proche d’un « Aoh » qui vient du réflexe de bâillement, permettent de savoir lorsque votre bébé est fatigué ! Il peut bailler, fermer les yeux par intermittence, se les frotter ou frotter ses oreilles, regarder dans le vide, ne plus répondre aux stimuli. Il peut aussi sembler irrité ou excité sans raison.
  • Douleur : Des troubles digestifs et notamment une constipation, peuvent être douloureux et causer des crises de pleurs chez votre enfant. Les cris se font alors plus stridents et plus longs, avec un son du type « Eerh ».
  • Transition entre les cycles de sommeil : Dans certains cas, votre bébé semble agité et pleure pendant son sommeil, sans se réveiller : il s’agit du passage d’un cycle de sommeil à un autre. C’est un événement tout à fait normal qui ne relève pas de troubles du sommeil.
  • Pleurs du soir : Les pleurs du soir surviennent entre 18h et minuit, et durent en moyenne 3 heures. Pendant ces « pleurs du soir », votre bébé semble souffrir, son visage est rouge, il a les poings serrés, son ventre est ballonné et son front plissé. On parle souvent de « pleurs de décharge » qui peuvent être un moyen pour votre enfant de faire part à ses parents des différentes émotions ressenties dans la journée.
  • Poussées dentaires : « Guèn » : pleurs liés aux poussées dentaires.
  • Besoin d’interaction : « Lelaol » : pleurs liés à un besoin d’interaction.
  • Soif : « Nah » : pleurs liés à la soif.
  • Colère ou incapacité à gérer les émotions : « Ouin » : pleurs liés à ce qu’on définira dans le langage commun comme une « colère », plutôt synonymes d’une incapacité à gérer un trop-plein d’émotions.

Les Pleurs Inexpliqués et les Coliques du Nourrisson

Vous trouvez que votre bébé pleure beaucoup ? Rassurez-vous, c’est tout à fait normal ! En moyenne, un nourrisson pleure environ deux heures par jour. Les experts s’accordent à dire que c’est surtout durant les trois premiers mois que les pleurs sont les plus intenses. Autant de micro-événements et de stimuli qui troublent son cerveau et sa sphère émotionnelle encore immatures. Très souvent, ces pleurs ne durent pas plus d’un trimestre. Ils disparaissent comme ils sont venus. Néanmoins, cela peut être éreintant. Surtout, ne restez pas seul·e et parlez-en à votre pédiatre ou auprès de votre PMI pour avoir des conseils avisés.

Les pleurs du bébé sont souvent associés aux coliques, un phénomène assez courant chez les nourrissons. Vous remarquerez alors que votre bébé se tortille, devient tout rouge, serre les poings et pleure de façon intense et prolongée, souvent à la même heure chaque jour.

Aïe, Bébé a Mal… et Pleure !

Quand les pleurs sont excessifs et récurrents durant la journée ou arrivent avant, pendant ou après le repas, il est conseillé de consulter votre pédiatre. En effet, il souffre peut-être d’une pathologie particulière, d’une allergie ou d’un reflux gastro-œsophagien. Un peu plus grands (vers 3 mois), les enfants peuvent commencer à avoir des poussées dentaires : la gencive se prépare pour accueillir de jolies quenottes ! Certains en souffrent beaucoup, d’autres non. Dans tous les cas, si les pleurs de votre bébé semblent traduire une souffrance, c’est que quelque chose ne va pas. Discutez-en avec votre pédiatre pour définir ensemble un protocole à mettre en place. La consultation avec un ostéopathe pourra aussi être envisagée.

Lors de douleur, les pleurs sont plus stridents, différents. Les pleurs liés à la douleur sont souvent plus stridents et aigus. Ils peuvent être accompagnés de signes comme une grimace, une raideur corporelle ou des mouvements brusques. Si bébé pleure après avoir été nourri, changé et câliné, il est possible qu’une douleur soit en cause.

3 Astuces pour Réconforter Bébé

Vous aimeriez tant avoir une baguette magique pour effacer ses sanglots ! Voici quelques astuces pour apaiser votre bébé :

Lire aussi: La fécondation chez les organismes aquatiques

  1. Rester calme et serein·e : La bienveillance envers les autres commence avec soi. Pour protéger votre bébé et lui apporter toute l’attention dont il a besoin, vous devez prendre soin de vous avant tout. Si vous voyez que le stress ou la fatigue vous submerge, posez l’enfant dans son lit en sécurité et isolez-vous quelques minutes pour vous recentrer, respirer et apaiser vos propres émotions. Attention, un bébé ne doit jamais être secoué !
  2. Accompagner sans crier : La seule conséquence que vous pourrez observer si vous criez, est la montée en puissance des pleurs. Votre nourrisson est une véritable « éponge » émotionnelle et affective. Il va ressentir votre stress, votre énervement, etc. Accompagner son enfant, c’est lui montrer qu’on est présent, c’est le prendre dans les bras et le bercer, paisiblement. N’hésitez pas à lui murmurer une mélodie que vous aviez l’habitude de fredonner pendant la grossesse.
  3. Utiliser les bruits blancs : Ce sont tous ces bruits de fond qui font partie de notre vie de tous les jours. Ils ont un pouvoir extraordinaire sur les enfants (voire même sur les adultes) ! Ils facilitent l’endormissement et offrent une sensation de bien-être.

Autres Méthodes pour Calmer Bébé

  • Le portage : Le portage permet au bébé de se sentir en sécurité et rassuré par la chaleur et le rythme cardiaque de l’adulte.
  • Le bercement et les mouvements doux : Bercer doucement votre bébé peut l’aider à se détendre et à s’endormir.
  • La musique et les bruits blancs :
  • La mise en place d’un environnement serein :
  • Le peau à peau : Le contact peau à peau est bénéfique pour les bébés. Il favorise le lien affectif, régule la température corporelle et apaise les pleurs.
  • La création de routines :

Comprendre les Pleurs : Plus qu'un Instinct, une Apprentissage

L’équipe de Nicolas Mathevon, professeur de neurosciences et bioacoustique à l’université de Saint-Étienne, a montré que rien, dans la sonorité des pleurs, ne permet de distinguer un « j’ai faim » d’un « ma couche est pleine ». En revanche, il pourrait s’y trouver des indices révélant l’intensité de la douleur que ressent le petit.

Les pleurs présentant une certaine régularité, avec peu de fluctuations, correspondaient à de l’inconfort. En revanche, les pleurs dits « non linéaires » - relativement peu harmonieux, avec des sauts d’intensité importants - étaient perçus comme exprimant de la douleur. Pour savoir si un nourrisson a mal, il faut donc guetter à la fois un pleur plus sonore et plus irrégulier, voire chaotique.

Les travaux de l’équipe de Nicolas Mathevon permettent d’en savoir plus sur les liens communicationnels entre parents et enfants. Ils ont notamment montré que les parents sont plus aptes à quantifier la souffrance des bébés que les autres personnes… Signe que cela s’apprend ! Ils ont aussi montré que femmes et hommes ont la même capacité à identifier un bébé par ses pleurs, de même qu’à analyser le niveau de douleur qu’il exprime. Plus que l’instinct maternel, ce serait donc l’attention portée par un parent qui compterait.

tags: #differents #types #de #pleurs #nourrisson

Articles populaires: