La césarienne, une intervention chirurgicale consistant à extraire le bébé par une incision dans l'abdomen et l'utérus de la mère, est devenue une pratique courante. En France, environ un enfant sur cinq naît par césarienne. Bien que cette intervention soit aujourd'hui plus sûre qu'auparavant, il est important de comprendre les différents types de césarienne et les raisons pour lesquelles ils peuvent être pratiqués.
Indications de la césarienne
La césarienne peut être pratiquée dans diverses situations, soit en urgence, soit de manière programmée.
Césarienne en urgence
Une césarienne en urgence est décidée lorsque des complications surviennent pendant la grossesse ou l'accouchement et mettent en danger la santé de la mère ou du bébé. Les raisons courantes incluent :
- Souffrance fœtale : détection de signes de détresse chez le fœtus pendant le travail.
- Procidence du cordon ombilical : le cordon ombilical passe dans le vagin, ce qui peut réduire l'oxygénation du fœtus.
- Présentation anormale du fœtus : le fœtus se présente mal (par exemple, en siège) et l'accouchement par voie basse est jugé trop risqué.
- Hémorragie : Saignement excessif de la mère.
- Décollement placentaire : Le placenta se sépare de la paroi utérine avant la naissance.
Césarienne programmée
Une césarienne programmée est planifiée à l'avance lorsque des facteurs de risque rendent l'accouchement par voie basse difficile ou dangereux. Les indications courantes incluent :
- Antécédent de césarienne : bien qu'un accouchement vaginal après une césarienne (AVAC) soit possible, une césarienne programmée peut être recommandée dans certains cas.
- Présentation par le siège : le fœtus se présente par les fesses ou les pieds.
- Macrosomie fœtale : le fœtus est de taille importante, ce qui rend l'accouchement vaginal difficile.
- Présentation placentaire : le placenta recouvre partiellement ou totalement le col de l'utérus.
- Certaines conditions médicales chez la mère : par exemple, des problèmes cardiaques ou une infection active par l'herpès génital.
- Césarienne de convenance : la mère choisit de subir une césarienne sans indication médicale. Cette pratique est déconseillée en raison des risques accrus pour la mère.
Techniques de césarienne
Il existe plusieurs techniques de césarienne, chacune ayant ses avantages et ses inconvénients.
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Césarienne segmentaire transverse (technique de Pfannenstiel)
C'est la technique la plus couramment pratiquée aujourd'hui. Elle implique une incision horizontale d'environ 10 à 15 cm au niveau du segment inférieur de l'utérus, juste au-dessus de l'os pubien. Cette technique offre généralement une bonne cicatrisation et réduit le risque de rupture utérine lors de futures grossesses.
Césarienne classique (incision verticale)
Cette technique implique une incision verticale de l'utérus, généralement utilisée en cas d'urgence ou lorsque le fœtus est mal positionné. Elle permet un accès rapide au bébé, mais augmente le risque de complications, notamment de rupture utérine lors de grossesses ultérieures.
Césarienne extra-péritonéale
Cette technique, moins courante, consiste à accéder à l'utérus sans ouvrir le péritoine (la membrane qui recouvre les organes abdominaux). Elle est vantée pour ses avantages potentiels en termes de récupération post-opératoire, notamment une réduction des risques d'infection et une reprise plus rapide du transit intestinal. Cependant, elle est techniquement plus difficile à réaliser et moins pratiquée. La césarienne extra-péritonéale est une technique qui consiste à contourner le péritoine en repoussant la vessie, ce qui permet d'accéder à l'utérus sans inciser le péritoine.
La différence majeure entre la technique de césarienne extra-péritonéale et la technique de Cohen Stark, actuellement promue par le Collège des gynécologues obstétriciens, est l’ouverture du péritoine. La césarienne extra-péritonéale, parce qu’elle ne sectionne pas les muscles et qu’elle ne coupe pas le péritoine, semble être la césarienne la moins invasive et la moins douloureuse. Notons que si la première incision de la peau est horizontale, la deuxième incision, celle de l'aponévrose, membrane qui enveloppe les muscles, est verticale (alors qu’elle est horizontale dans la technique de Cohen Stark). Différence qui changerait tout au niveau de la mobilité postopératoire selon les gynécologues qui promeuvent cette technique, mais qui n’a pas été évaluée scientifiquement.
Sur ce point, la gynécologue-obstétricienne Bénédicte Simon n'est pas entièrement d'accord. Celle-ci rappelle qu'une étude scientifique est en cours en Israël et en France, et que les différentes techniques mises au point par le Docteur Denis Fauck pour la césarienne extra-péritonéale sont empruntées d'autres chirurgies, qui elles, ont fait leurs preuves. L'incision extra-péritonéale est ainsi empruntée à la chirurgie urologique, tandis que l'incision verticale de l'aponévrose est une technique empruntée à la chirurgie vasculaire.
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Si pour les cas d'urgence vitale, le Dr Simon reconnaît que la césarienne extra-péritonéale n'est pas recommandée, elle estime que l'allongement du temps opératoire, d'une dizaine de minutes seulement, est un faux problème lors d'une césarienne non urgente, pratiquée pour raisons médicales ou de convenance. Car la césarienne extra-péritonéale, dont l’idée est d’approcher le plus près possible d’un accouchement physiologique, s’accompagne souvent d’un petit embout en plastique (appelé “souffleur de Guillarme” ou “winner flow” ®) dans lequel la femme enceinte va souffler pour expulser le bébé par le ventre grâce à la contraction des abdos.
La seule chose qui est spécifique à la césarienne extra-péritonéale, c’est la technique d’incision. En bref, la césarienne extra-péritonéale semble pour l'heure diviser les gynécologues-obstétriciens : peu d'entre eux la pratiquent, certains sont sceptiques, d'autres ne voient pas son intérêt face à la technique classique. Rappelons que pour l’heure, cette technique demeure très peu pratiquée en France, dans des cliniques privées assez prisées et peu nombreuses.
Déroulement d'une césarienne
Quelle que soit la technique utilisée, la césarienne suit généralement les étapes suivantes :
- Préparation : La patiente est installée sur la table d'opération, et une anesthésie est administrée (généralement une péridurale ou une rachianesthésie). Une sonde urinaire est insérée pour vider la vessie.
- Incision : L'obstétricien pratique une incision dans l'abdomen et l'utérus.
- Extraction du bébé : Le bébé est extrait de l'utérus.
- Délivrance du placenta : Le placenta est retiré de l'utérus.
- Fermeture : L'utérus et l'abdomen sont refermés avec des sutures ou des agrafes.
Suites de couches après une césarienne
Après une césarienne, la mère est surveillée en salle de réveil pendant quelques heures. Elle reçoit des médicaments contre la douleur et des soins pour la cicatrice. La durée du séjour à l'hôpital est généralement de 5 à 7 jours.
Soins post-opératoires
- Gestion de la douleur : Des antalgiques sont prescrits pour soulager la douleur.
- Soins de la cicatrice : La cicatrice doit être maintenue propre et sèche. Il est important de surveiller les signes d'infection (rougeur, gonflement, écoulement).
- Mobilisation : Il est important de se lever et de marcher dès que possible pour favoriser la circulation sanguine et prévenir les complications.
- Alimentation : L'alimentation peut être reprise progressivement après l'intervention.
- Allaitement : L'allaitement est possible après une césarienne. Il est important de demander de l'aide pour trouver des positions confortables pour allaiter.
- Saignements vaginaux : Des saignements vaginaux modérés (lochies) sont normaux pendant plusieurs semaines après la césarienne.
Complications possibles
Bien que la césarienne soit une intervention sûre, elle comporte des risques de complications, notamment :
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- Infection : infection de la cicatrice, de l'utérus ou des voies urinaires.
- Hémorragie : saignement excessif après l'intervention.
- Thrombose : formation de caillots sanguins dans les jambes ou les poumons.
- Lésions d'organes voisins : blessure de la vessie, de l'intestin ou des vaisseaux sanguins.
- Complications liées à l'anesthésie : réactions allergiques, problèmes respiratoires.
- Rupture utérine : risque accru de rupture utérine lors de grossesses ultérieures, surtout après une césarienne classique.
- Détresse respiratoire du nouveau-né : risque accru si la césarienne est pratiquée avant 39 semaines d'aménorrhée.
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