La colique et la colite sont deux affections abdominales qui peuvent toucher les chevaux et provoquer une douleur importante, voire la mort. Bien que leurs symptômes puissent se ressembler, leurs causes et leurs traitements diffèrent. Il est donc essentiel de bien les distinguer pour agir rapidement et efficacement.

Définitions et distinctions fondamentales

Il est important de noter que la colique n'est pas une maladie en soi, mais plutôt un ensemble de symptômes qui indiquent une douleur au niveau de l'estomac, des intestins ou d'autres organes abdominaux. En revanche, la colite est une inflammation de la muqueuse du côlon, la partie du gros intestin située entre le cæcum et le rectum. Les colites regroupent toutes les lésions du côlon.

La colique chez le cheval : une urgence fréquente

La colique est la principale cause de mortalité chez les chevaux. Elle est généralement liée à un ralentissement ou à un arrêt du transit digestif. Les symptômes de la colique se ressemblent, quelles que soient leurs origines. Un cheval atteint de colique peut regarder ses flancs, chercher à se soulager en se couchant ou en se roulant.

Il existe trois principaux types de coliques :

  • Colique par obstruction : un bouchon se forme dans le tube digestif.
  • Colique par dysmicrobisme : un problème de digestion perturbe l'équilibre de la flore intestinale.
  • Colique chirurgicale : une torsion accidentelle du viscère ou un retournement d'estomac nécessitent une intervention chirurgicale.

Causes spécifiques de la colique

La colique peut avoir différentes causes, selon la partie du système digestif touchée :

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  • Estomac : l'impaction (consommation excessive d'aliments, notamment de paille) et les ulcères gastriques (souvent liés à un mode de vie inadapté et à un stress important) sont les principales causes de colique liées à l'estomac. Les ulcères touchent 50% des chevaux de sport et jusqu’à 100% des chevaux de courses.
  • Intestin grêle : l'impaction de l'iléon (accumulation de résidus alimentaires), la hernie inguinale (déplacement de l'intestin à travers un anneau inguinal) et le foramen épiploïque (coincement de l'intestin dans un orifice de l'abdomen) peuvent provoquer une colique nécessitant une intervention chirurgicale.
  • Gros intestin (côlon) : l'impaction (surcharge alimentaire en aliments secs), le déplacement du côlon (à droite ou à gauche) et le volvulus du gros côlon (torsion du côlon sur lui-même) sont des causes fréquentes de colique. Le blocage de la vidange rectale, qui empêche l'évacuation des crottins, peut également provoquer une colique.

Diagnostic et traitement de la colique

Le vétérinaire commence par rechercher l'origine de la colique et la présence éventuelle de bouchons ou de déplacement du côlon. L'évaluation du reflux gastrique est importante et peut être réalisée par intubation naso-gastrique.

Dans certains cas, un simple traitement médicamenteux à base de morphine, de paraffine, d'antispasmodiques et d'AINS (anti-inflammatoires non stéroïdiens) est suffisant. Cependant, dans les cas les plus graves, un transfert dans une clinique spécialisée pour une opération chirurgicale est nécessaire. Dans tous les cas de colique, le cheval doit suivre une diète hydrique et une alimentation adaptée (généralement à base de petites quantités de son).

La colite chez le cheval : inflammation du côlon

La colite est une inflammation du côlon, qui peut être causée par différents facteurs. Elle peut être aiguë ou chronique, selon sa cause et son évolution.

Causes de la colite

  • Toxicité des AINS : la colite du côlon dorsal droit du cheval résulte principalement de la toxicité des anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS). Elle se caractérise par l'apparition d'ulcérations de la muqueuse, d'œdème et d'un épaississement de la paroi.
  • Colites ischémiques : liées à un arrêt de l’irrigation des tissus coliques par les vaisseaux sanguins. Si les causes de cette ischémie restent souvent obscures, les personnes atteintes de pathologies cardiovasculaires et les personnes de plus de 60 ans sont les plus touchées par cette forme de colite.
  • Colites infectieuses : provoquées par des agents pathogènes (bactéries, virus, parasites) infectant le côlon, et favorisées par la prise récente de médicaments antibiotiques (traitement antibiotique dans les 6 à 8 semaines précédant la colite). La forme la plus sévère de colite infectieuse est la colite due à Clostridium difficile, consécutive à la prise d’antibiotiques.
  • Colites ulcéreuses ou inflammatoires : dont la plus connue et la plus fréquente est la rectocolite hémorragique.

Diagnostic et traitement de la colite

Les symptômes digestifs, la durée des symptômes et le contexte clinique du patient orientent généralement le médecin vers une colite. La mise en évidence de lésions coliques permet de confirmer la colite, et la nature des lésions et des anomalies éventuelles associées permet de déterminer l’origine de la colite. La prise en charge de la colite dépend de sa nature (ischémique, infectieuse ou ulcéreuse) et de sa durée (aiguë ou chronique).

  • Colite du côlon dorsal droit : la gestion de l'alimentation fait face à de nombreuses controverses. Certains spécialistes favorisent le fractionnement de la ration avec des composants riches en fibres (au minimum 30%) ou bien des composants moins riches, mais additionnés à du fourrage durant une période de 3 mois au minimum. En général, le traitement médicamenteux suffit, mais lorsque l’analgésie n’est pas contrôlée, l’option chirurgicale est envisageable afin d’éviter l’euthanasie.
  • Colites infectieuses : le traitement principal associe un traitement antibiotique en cas d’infection bactérienne ou un traitement antiparasitaire en cas d’atteinte parasitaire.
  • Colites ulcéreuses : en particulier pour la rectocolite hémorragique, il n’existe actuellement pas de traitement curatif, la maladie reste chronique.

Focus sur la colite microscopique

La colite microscopique est une cause fréquente de diarrhée liquide non hémorragique chronique ou récidivante. Le diagnostic de la colite microscopique est posé histologiquement sur des biopsies étagées de la muqueuse colique qui est le plus souvent normale en endoscopie.

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Diagnostic de la colite microscopique

Pour diagnostiquer une colite microscopique, il est recommandé d’effectuer 2 à 3 biopsies par segment du colon : au niveau du colon droit, du transverse, du colon gauche, du sigmoïde et du rectum. A minima, 2 à 3 prélèvements par segment biopsié doivent être effectués au niveau du rectum et du colon gauche.

Traitement de la colite microscopique

La colite microscopique répond bien au traitement. Le pronostic à long terme de ces patients est bon. Il est recommandé, aujourd’hui, de traiter la colite collagène et colite lymphocytaire de la même façon. L’arrêt de tout traitement suspect est la première étape devant l’apparition récente d’une diarrhée liquide chronique. La majorité des patients répond rapidement au budésonide. Les anti-diarrhéiques, tel le lopéramide, peuvent être utilisés en association avec le budésonide vu leurs profils de sécurité et leurs bonnes tolérances.

La colite ischémique : une pathologie vasculaire

La colite ischémique est la pathologie vasculaire du tube digestif la plus fréquente. Les colites ischémiques sont souvent multifactorielles, sans atteinte aiguë des gros vaisseaux, la colite ischémique est dite non occlusive. Plus rarement, la colite ischémique est la conséquence d’une embolie ou d’une thrombose, elle est alors dite occlusive.

Diagnostic de la colite ischémique

Le diagnostic positif de colite ischémique repose actuellement exclusivement sur des explorations morphologiques. En effet, aucun marqueur biologique n’est spécifique de l’ischémie colique. La coloscopie est devenue l’examen de référence pour le diagnostic positif de colite ischémique et pour le diagnostic différentiel, car elle permet d’une part la visualisation de lésions muqueuses modérées, et d’autre part la réalisation de biopsies. Le scanner injecté est une modalité diagnostique très utilisée en pratique clinique quotidienne.

Colique chez le nourrisson

La colique du nourrisson va se caractériser par des crises de pleurs très fortes et assez soudaines, préférentiellement en soirée. L’enfant a des spasmes abdominaux, se crispe et semble très inconfortable. Son visage rougit et il peut s’arc-bouter. Parfois, les coliques s’accompagnent de gaz. La crise de colique peut durer jusqu’à trois heures. Les études montrent que près de 40% des enfants peuvent être touchés par la colique, sans qu’il y ait de réelles explications scientifiques. Les coliques sont moins fréquentes avec l’allaitement maternel.

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