Une nouvelle grossesse après un accouchement prématuré est une situation anxiogène pour la femme enceinte mais aussi pour son gynécologue. En effet, un antécédent d’accouchement prématuré est un facteur prédictif important de récidive pour une prochaine grossesse. Cet article aborde les risques associés à une deuxième grossesse après un accouchement prématuré, les facteurs à considérer, et les mesures à prendre pour assurer une grossesse sereine et un bébé en pleine forme.

Accouchement Prématuré : Définition et Causes

Un accouchement est considéré comme prématuré lorsqu'un bébé naît avant la fin de la 37e semaine de grossesse. Une grossesse normale dure environ 40 semaines. Les causes d'un accouchement prématuré sont variées et souvent multifactorielles. Parmi les causes possibles, on retrouve :

  • Infections, notamment les parodontites (inflammation des tissus de soutien des dents).
  • Complications de la grossesse, comme le décollement placentaire ou la pré-éclampsie.
  • Grossesses gémellaires, qui ont tendance à être plus courtes.
  • Facteurs liés au style de vie, tels que le tabagisme, la consommation d'alcool ou de drogues.
  • Stress important.
  • Facteurs héréditaires.
  • Antécédents de naissance prématurée ou de fausse couche.

Risques Associés à une Deuxième Grossesse Après un Accouchement Prématuré

Une nouvelle grossesse après un accouchement prématuré est souvent une situation anxiogène pour la femme enceinte. En effet, un antécédent d’accouchement prématuré est un facteur prédictif important de récidive pour une prochaine grossesse. Plusieurs risques sont à considérer :

  • Récidive de la prématurité : Le risque qu'une femme ayant déjà accouché prématurément accouche de nouveau prématurément est plus élevé.
  • Complications maternelles : Les grossesses trop rapprochées (moins de 6 mois d'intervalle) sont associées à un risque accru de pré-éclampsie, de petit poids de naissance et de retard de croissance intra-utérin.
  • Fatigue maternelle : Mener une deuxième grossesse à peine un an après la dernière peut être épuisant pour le corps de la mère, qui n'a pas toujours eu le temps de se remettre complètement.
  • Anémie : Une anémie, fréquente après un accouchement, peut persister plusieurs mois et affecter le bon déroulement de la grossesse.
  • Fragilisation de la cicatrice utérine : Si l'accouchement précédent a eu lieu par césarienne, une grossesse trop rapprochée peut fragiliser la cicatrice utérine.
  • Risque de fausse couche et de décès à la naissance : Augmenterait si l'intervalle entre deux grossesses est trop long (au-delà de six ans).

Délai Idéal Entre Deux Grossesses

En dehors de ces considérations importantes, le côté médical intervient lui aussi pour déterminer le meilleur intervalle. Ni trop tôt ni trop tard, pour vivre une grossesse sereine et donner naissance à un bébé en pleine forme. C’est ce qui ressort des conclusions de récentes études sur le sujet.

Il est crucial de considérer le délai entre les deux grossesses. Des études suggèrent qu'un intervalle trop court (moins de 12 mois) ou trop long (plus de 5 ans) peut augmenter les risques.

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  • Intervalle court (moins de 12 mois) : Augmente le risque de prématurité, de petit poids de naissance et de retard de croissance.
  • Intervalle long (plus de 5 ans) : Augmente le risque de fausse couche, de décès à la naissance, de pré-éclampsie et de diabète gestationnel.

Selon les chercheurs, le bon écart pour retomber enceinte, pour ne pas faire grimper la prématurité, se situerait entre douze et dix-huit mois. De nombreuses mamans attendent d'avoir retrouvé leur ligne avant d'envisager un nouveau bébé. Si vous choisissez de patienter entre 18 et 23 mois avant d’être à nouveau enceinte, vous êtes pile dans la bonne fourchette ! C’est en tout cas le laps de temps idéal pour éviter prématurité, petit poids et fausse couche. L’organisme a bien récupéré et bénéficie encore de la protection acquise lors de la première grossesse. Ce qui n’est plus du tout le cas quand l’écart dépasse cinq ans (59 mois pour être précis). D’autre part, une autre étude montrerait qu’attendre 27 à 32 mois diminuerait les risques d’hémorragie au 3e trimestre et d’infection urinaire.

Suivi Médical Renforcé

La surveillance d’une grossesse avec antécédent de prématurité dépend véritablement de votre parcours. Néanmoins, le suivi médical permet de repérer des situations à risques et de dépister le plus tôt possible des complications susceptibles de conduire à un accouchement prématuré.

Une grossesse après un accouchement prématuré nécessite un suivi médical renforcé. Ce suivi peut inclure :

  • Consultations prénatales plus fréquentes : Permettent de surveiller de près la santé de la mère et du bébé.
  • Échographies régulières : Pour surveiller la croissance du fœtus et détecter d'éventuelles anomalies.
  • Mesure de la longueur du col de l'utérus : Un col court peut être un signe de risque de prématurité.
  • Prophylaxie par aspirine : Pour les femmes ayant des antécédents de pré-éclampsie ou de retard de croissance intra-utérin.
  • Bilan auto-immun et de thrombophilie : En cas de retard de croissance intra-utérin et de pré-éclampsie sévère et/ou précoce.
  • Surveillance des contractions : Pour détecter les contractions précoces.

Importance de l'Écoute et du Soutien

Au-delà de l’aspect médical, il est essentiel de s’entourer d’une équipe soignante à l’écoute et disponible. Les rencontres et les examens réguliers apportent des éléments tangibles qui aident à nous rassurer tout au long du parcours.

La question d’une nouvelle grossesse après une naissance prématurée est délicate tant elle est chargée de peur, de doutes et d’espoir. Est-ce que l’expérience précédente va se renouveler ?

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Il est important de prendre en compte les aspects psychologiques et émotionnels liés à une nouvelle grossesse après une expérience de prématurité. La femme peut ressentir de l'anxiété, de la peur et un sentiment de culpabilité. Il est donc essentiel de :

  • Rechercher un soutien psychologique : auprès de professionnels ou de groupes de soutien.
  • Communiquer avec son partenaire : pour partager ses émotions et ses inquiétudes.
  • Prendre soin de soi : en pratiquant des activités relaxantes et en se reposant suffisamment.
  • S'entourer : d'amis et de famille pour bénéficier d'un soutien émotionnel et pratique.

Les Aspects Emotionnels et Psychologiques

Une grossesse donnant lieu à la naissance d’un bébé sans vie se situe au croisement de la clinique périnatale et de celle d’un deuil particulier auquel les soignants sont de plus en plus sensibilisés. Il est en revanche plus difficile de penser que la grossesse suivante, celle où la vie est supposée reprendre ses droits, est aussi entremêlée de la perte qui lui a précédée, enchevêtrée avec le processus de deuil. En consultation, les soignants font alors face à des problématiques moins habituelles et très mobilisatrices. La tentation d’escamoter le drame antérieur est grande et trop souvent mise en acte dans les maternités. Et pourtant la perte est bel et bien présente dans cette nouvelle grossesse, dans le psychisme de la mère mais aussi dans son corps, marqué à jamais d’avoir porté la mort en son sein.

La réactivation du processus de deuil à l’occasion d’une nouvelle gestation crée des mouvements psychiques inhabituels chez la femme. Les deux grossesses se mélangent, et en émerge un sentiment de confusion, « lors des consultations, la tristesse, le manque d’élation contrastent avec les grossesses habituelles ». Face à cette perte des repères, les soignants, tant psychistes que somaticiens, peuvent mettre en place des mécanismes de défense lésant ainsi un accompagnement contenant des familles. La compréhension des spécificités de cette grossesse suivante est donc primordiale pour tous les acteurs amenés à accompagner ces femmes et ces hommes, ainsi que l’enfant à venir.

Après avoir perdu un bébé la question se pose souvent rapidement pour les femmes de commencer une nouvelle grossesse. Parfois très vite comme une urgence pour survivre, parfois avec plus de retenue. L’ambivalence, plus ou moins consciente, est souvent très forte dans ce désir de grossesse.

Ce qui est moins commun et qui est proposé par Marie-José Soubieux, est l’idée que la réactivation du deuil ne soit pas problématique, mais que la grossesse enclenche un processus créatif permettant de poursuivre l’élaboration du deuil. D’autres auteurs ont également noté les aspects réorganisateurs de la nouvelle grossesse : « La grossesse apporte un espoir et lutte contre l’immobilisme psychique ». Un deuil figé pourra donc être réactivé puis élaboré au cours d’une grossesse.

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La nouvelle grossesse, à la fois porteuse de l’espoir de vie, signe aussi la virtualité d’un nouveau drame. Elle est alors souvent reçue par les couples avec cette ambivalence. Une grossesse après un décès périnatal est plus à risque de symptômes dépressifs et anxieux intenses qu’une grossesse sans antécédents. Les couples, primipares ou multipares, ne se sentent plus capables de mettre au monde un enfant bien portant. Ils ont peur de décevoir leurs familles une nouvelle fois et leur sentiment d’estime de soi est perturbé. Les affects de tristesse sont également très marqués.

Une recherche quantitative a mis en lumière la part importante de la honte et de la culpabilité dans le deuil prénatal. Dans le cas des IMG, la culpabilité de l’acte en lui-même est présente, mais elle apparaît aussi dans les morts fœtales in utero (MFIU) avec une culpabilité autour de la mort du bébé, dans les pensées comme « j’aurai dû me reposer comme l’avait dit le médecin ». La culpabilité et la honte peuvent avoir un rôle à jouer dans l’élaboration d’un traumatisme. Néanmoins, lorsque l’un ou l’autre envahit le psychisme, ne laissant la place à aucun autre vécu psychique, peuvent apparaître des effets délétères, qui viendront alors bloquer la pensée. Il apparaît que la question de la groupalité psychique est centrale dans le traitement de la honte et de la culpabilité.

Avec la nouvelle grossesse, c’est un autre bébé qui est à investir. Il est fréquent que, lors de la nouvelle grossesse, les représentations du fœtus mort se superposent avec celles, très pauvres, du bébé à venir. Dans d’autres cas le fœtus mort envahit tout le psychisme de la mère. Les images de la rencontre avec le fœtus mort, en l’absence d’accompagnement de l’équipe soignante et d’élaboration psychique, peuvent rester figées dans la psyché parentale. Le bébé mort peut aussi être idéalisé, ne laissant que peu de chance au nouveau bébé de se construire.

Elles réalisent tous les examens nécessaires, adoptent les comportements et les recommandations données par les soignants afin de donner les meilleures chances possibles à leur bébé et à elles-mêmes, mais simultanément, persiste dans leur esprit l’idée que la grossesse risque de ne pas aboutir.

Nous retrouvons chez de nombreuses femmes, en accord avec la littérature sur ce sujet, des freins importants à l’investissement de la grossesse et du bébé à venir. La capacité de rêverie maternelle est nettement diminuée, voire absente en début de grossesse. « C’est une période de blanc de fantasmes où l’anticipation et les rêveries sont entravées, voire impossibles ». La capacité de rêverie pourra réapparaître quand le fœtus bougera et que certaines dates anniversaires seront passées. Pourtant, les mouvements du fœtus n’éveillent pas la même vie imaginaire que lors des grossesses habituelles.

Pour mieux saisir quelle relation entre la mère et son fœtus se met en place dans ce contexte si particulier, intéressons-nous à la notion d’attachement prénatal. Le concept d’attachement prénatal, au croisement de diverses théories psychopathologiques, a été introduit en 1981 par la chercheur américaine Cranley. Elle le définit comme l’importance avec laquelle la mère s’engage dans des comportements reflétant une affiliation et des interactions avec son futur enfant. L’attachement au bébé commence tôt dans la grossesse, dès la dixième semaine. Il est favorisé par l’apparition des mouvements fœtaux et augmentera de façon progressive jusqu’à la fin de la grossesse. Les représentations maternelles de l’enfant à venir et le degré d’attachement prénatal sont prédictives du comportement maternel après la naissance, de l’attachement maternel post-natal à l’enfant et des interactions précoces mère enfant. Des études ont montré que l’attachement prénatal est diminué lorsque la grossesse fait suite à un deuil prénatal, et ce d’autant plus que l’anxiété de la mère est élevée.

Prévention

Dans certains cas, connaître la cause de la première naissance prématurée peut aider à mettre en place les surveillances nécessaires et un suivi spécifique.

Afin d'éviter un accouchement prématuré, il est recommandé de :

  1. Faire absolument les examens préventifs pendant la grossesse. Si vous avez une grossesse à risque, des mesures préventives peuvent être prises pour éviter un accouchement prématuré : Par exemple, l'administ…

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