L'attente de jumeaux est un événement marquant, synonyme de bonheur mais aussi de questions. Cet article vise à informer de manière exhaustive sur les grossesses gémellaires, en abordant leurs causes, leur suivi médical spécifique, les particularités du développement des jumeaux, les défis pour les parents et les risques potentiels.

Causes et facteurs de risque d’une grossesse de jumeaux

Plusieurs facteurs peuvent augmenter la probabilité d'une grossesse gémellaire.

  • Hérédité : Un couple ayant des antécédents de jumeaux dans sa famille, surtout du côté maternel, a plus de chances d'avoir des jumeaux dizygotes ou monozygotes. Il s’agit d’une prédisposition génétique.
  • Âge de la mère : Les femmes de plus de 30 ans ont une probabilité plus élevée d'avoir des jumeaux, car avec l'âge, la libération de plusieurs ovules est plus fréquente, surtout à l'approche de la préménopause.
  • Traitements contre l’infertilité : Les traitements stimulant les ovaires pour produire plusieurs ovules augmentent le risque de grossesses multiples. De même, la fécondation in vitro (FIV) avec implantation de plusieurs embryons accroît les chances de concevoir des jumeaux.
  • Antécédents de grossesses multiples : Une femme ayant déjà eu des jumeaux ou des triplés a plus de chances d’attendre à nouveau des jumeaux, voire plus.
  • Luminosité : En stimulant une glande hormonale située dans le cerveau, la lumière provoquerait la poly-ovulation! On constate un nombre plus élevé de naissances gémellaires entre janvier et avril, donc conçus pendant les mois les plus lumineux.

Types de Jumeaux

On distingue deux types principaux de jumeaux :

  • Jumeaux dizygotes (faux jumeaux) : Ils résultent de la fécondation de deux ovules différents par deux spermatozoïdes distincts. Chacun a son propre placenta et sac amniotique. Ils peuvent être de sexes différents et ne partagent pas plus de similitudes génétiques que des frères et sœurs classiques.
  • Jumeaux monozygotes (vrais jumeaux) : Ils proviennent d’un seul ovule fécondé qui se divise en deux embryons distincts. Ils partagent le même patrimoine génétique et sont donc de même sexe. Ils peuvent partager le même placenta et parfois le même sac amniotique. La naissance de jumeaux identiques survient environ une fois sur 250 naissances. S’ils sont du même sexe, il faudra attendre la naissance pour déterminer s’ils sont monozygotes ou hétérozygotes !

Déroulement et suivi médical spécifique

La présence de jumeaux peut être détectée dès la fin du deuxième mois de grossesse par échographie. Cet examen permet également de déterminer la chorionicité, c’est-à-dire le nombre de placentas.

  • Grossesse bichoriale : La future maman a deux placentas. Une échographie est réalisée tous les mois dès la 12e semaine d’aménorrhée (SA). Un accouchement peut être réalisé dès la 38e SA si la grossesse ne présente pas de complications.
  • Grossesse monochoriale : La future maman a un seul placenta. Une échographie est généralement requise tous les 15 jours dès la 12e SA. Un déclenchement est recommandé dès la 36e SA.

Le parcours de suivi pour une grossesse gémellaire implique des rendez-vous plus réguliers et une attention particulière par rapport à une grossesse singleton.

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  • Premiers mois (1 et 2) : L'annonce d'une grossesse gémellaire est suivie rapidement par une confirmation médicale via des tests sanguins et une première échographie pour déterminer le nombre de fœtus. Vous débutez une prise de vitamines prénatales pour soutenir le développement optimal de vos bébés.
  • Troisième mois : Un examen échographique du premier trimestre est réalisé pour évaluer la croissance et surveiller d'éventuelles complications précoces.
  • Quatrième mois : Les visites chez l'obstétricien ou le spécialiste des grossesses gémellaires deviennent mensuelles. Une échographie du deuxième trimestre détaillée pour examiner l'anatomie et la croissance des fœtus.
  • Cinquième mois : Suite du suivi mensuel et test de diabète gestationnel (ou glycosurie de grossesse), effectué en raison du risque accru dans les grossesses multiples.
  • Sixième mois : Maintien des visites mensuelles et échographie du troisième trimestre pour contrôler la croissance fœtale et la quantité de liquide amniotique.
  • Septième et huitième mois : Le suivi devient bihebdomadaire ou hebdomadaire pour une surveillance accrue, surveillance de la pression artérielle pour prévenir les risques de prééclampsie, puis discussion sur le plan d'accouchement et anticipation d'un possible accouchement prématuré.
  • Neuvième mois : Visites hebdomadaires pour surveiller de près les signes de travail prématuré, plus courants dans les grossesses gémellaires.

Particularités du développement des jumeaux

Les jumeaux dizygotes résultent de la fécondation de deux ovules différents par deux spermatozoïdes distincts. Chacun dispose de son propre placenta et de son propre sac amniotique. Les jumeaux dizygotes peuvent être de sexes différents.

Les jumeaux monozygotes se développent à partir d’un seul ovule fécondé qui se divise en deux embryons distincts. Ils partagent le même placenta, voire le même sac amniotique !

Le développement des organes et des sens est identique à celui d’un seul fœtus. La croissance s’accélère au deuxième trimestre, période pendant laquelle les jumeaux prennent le plus de poids.

Jumeaux : défis et adaptation pour les parents

L’annonce d’une grossesse gémellaire peut être complexe sur le plan émotionnel : charge de travail accrue, complications médicales, coût financier, manque de sommeil, craintes quant à l’accouchement… Les futurs parents doivent se préparer à l’achat en double des affaires pour les bébés et aux bouleversements pratiques que cela implique. Un suivi psychologique peut être nécessaire.

Grossesse Gémellaire Bichoriale ou Monochoriale: Quelle différence?

La chorionicité, déterminée lors de l'échographie du premier trimestre, est essentielle pour le suivi de la grossesse en raison des risques de complications spécifiques à chaque type.

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Le cas d’une grossesse gémellaire monochoriale

Une grossesse gémellaire monochoriale est une grossesse où les jumeaux partagent le même placenta. Les consultations médicales incluent une échographie doppler toutes les 2 semaines (au lieu des visites trimestrielles ou mensuelles habituelles). Cette mesure est adoptée en raison du risque accru de complications dans ce type de grossesse.

Parmi celles-ci figurent :

  • le retard de croissance intra-utérin de l'un des fœtus ;
  • le syndrome transfuseur-transfusé caractérisé par un déséquilibre des échanges sanguins entre les fœtus ;
  • le syndrome d'anémie polycythémie (Twin anemia polycythemia syndrome - TAPS) résultant d'une transfusion de sang d'un fœtus à l'autre.

Ces complications exigent une surveillance rapprochée pour prévenir tout risque pour les bébés.

Dans les cas encore plus rares de grossesses monochoriales monoamniotiques, c’est-à-dire où les jumeaux partagent également un seul sac amniotique, une attention particulière est nécessaire pour prévenir l'enchevêtrement des cordons ombilicaux. Ce phénomène représente un danger significatif de mortalité fœtale.

Le cas d’une grossesse gémellaire bichoriale

Avec une grossesse gémellaire bichoriale, chaque jumeau est connecté à la mère via son propre placenta, permettant la distinction entre jumeaux identiques (monozygotes) ou fraternels (dizygotes). L'avantage principal de cette configuration est l'absence de complications liées aux échanges sanguins entre les fœtus, typiques des grossesses monochoriales. Cependant, il est essentiel de surveiller attentivement le développement et la croissance de chaque bébé. Un suivi échographique mensuel effectué par un spécialiste en gynécologie-obstétrique, dans un environnement médical adéquat comme un hôpital ou une clinique, est vivement recommandé. Ces échographies permettent non seulement de réaliser les contrôles standards mais aussi de vérifier la croissance de chaque fœtus, en mesurant notamment leur taille et leur poids.

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Risques et complications possibles en cas de grossesse gémellaire

Une grossesse gémellaire présente des risques accrus pour la mère et les bébés.

Risques pour la mère :

  • Anémie : Besoins en fer plus élevés entraînant fatigue intense et engourdissements.
  • Hypertension artérielle et prééclampsie : Une pression artérielle élevée peut être un signe de prééclampsie, une complication grave de la grossesse qui peut survenir plus fréquemment dans les grossesses gémellaires. Un gonflement excessif des mains, des pieds, du visage ou d'autres parties du corps peut être un signe de prééclampsie ou d'autres problèmes de santé associés à la grossesse. Des maux de tête sévères ou persistants peuvent être un symptôme de prééclampsie et nécessitent une évaluation médicale.
  • Diabète gestationnel : Surveillance accrue indispensable.
  • Hémorragie : Risque accru notamment lors de l'accouchement.
  • Œdèmes : Rétention d'eau plus fréquente.
  • Douleurs lombaires : Augmentation de la pression sur la colonne vertébrale.
  • Prise de poids excessive : Liée aux besoins nutritionnels accrus.
  • Césarienne plus fréquente : En raison de la position des bébés ou de complications.
  • Fatigue et essoufflement accrus : L'augmentation du débit cardiaque nécessaire à la vascularisation due à la présence de deux placentas et un utérus plus gros peut entraîner une fatigue et un essoufflement accrus.
  • Risques de sciatique de grossesse plus importants.

Risques pour les fœtus :

  • Prématurité : Les femmes enceintes de jumeaux accouchent en moyenne un mois plus tôt. Un accouchement est considéré comme prématuré s'il se produit avant 35 semaines d'aménorrhée (contre 37 pour un enfant unique). En moyenne, la moitié des mamans accouchent prématurément ! Heureusement, il s’agit généralement d’une prématurité modérée : c’est-à-dire, entre 35 et 37 semaines.
  • Faible poids de naissance : Les jumeaux ont souvent un poids inférieur à celui d’un enfant unique au même terme.
  • Retard de croissance intra-utérin ou hypotrophie : On parle de retard de croissance quand le poids est inférieur au poids normal pour le terme.
  • Syndrome transfuseur-transfusé (STT) : Dans le cas d’une grossesse monochoriale, le flux sanguin peut être inégalement réparti entre les bébés, ce qui peut les mettre en danger. Une intervention chirurgicale sous anesthésie locale est généralement nécessaire afin de séparer le placenta en deux.
  • Souffrance fœtale : Manque d'oxygène pendant le travail ou l'accouchement.
  • Syndrome d'anémie polycythémie (TAPS): Résultant d'une transfusion de sang d'un fœtus à l'autre.
  • Enchevêtrement des cordons ombilicaux : Dans les grossesses monochoriales monoamniotiques, ce phénomène représente un danger significatif de mortalité fœtale.

Symptômes à surveiller en priorité :

  • Saignements vaginaux : Tout saignement de grossesse, en particulier s'il est abondant ou accompagné de douleur, nécessite une évaluation médicale immédiate.
  • Contractions prématurées : Des contractions régulières et douloureuses avant 37 semaines de grossesse peuvent indiquer un début de travail prématuré, ce qui est plus fréquent dans les grossesses gémellaires.
  • Diminution ou absence de mouvements fœtaux : Si vous remarquez une diminution significative des mouvements de vos bébés ou si vous ne les sentez pas bouger pendant une période prolongée, cela peut être un signe de problème et nécessite une évaluation médicale.
  • Douleurs abdominales : Une douleur au bas-ventre en grossesse sévère ou persistante peut indiquer des problèmes comme la prééclampsie, une rupture prématurée des membranes ou d'autres complications.

Accouchement de jumeaux : quelles spécificités ?

Pour une grossesse gémellaire monochoriale biamniotique, il est couramment conseillé de déclencher l'accouchement à 36 semaines d'aménorrhée (SA) ou, au plus tard, à 38 SA et 6 jours, avec une surveillance accrue.

Dans le cas plus spécifique d'une grossesse monochoriale monoamniotique, une vigilance renforcée est nécessaire dès 27 à 30 SA. Cette surveillance peut se dérouler au sein d'une maternité de niveau III, équipée d'un service de réanimation néonatale, ou en externe, mais toujours en coordination avec une telle structure. Les spécialistes recommandent généralement un accouchement entre 32 SA et avant 36 SA.

Pour toutes les grossesses gémellaires, un arrêt de travail anticipé est souvent préconisé pour limiter les risques d'un accouchement très prématuré (avant 33 SA), qui pourrait compromettre la santé des nourrissons. Concernant le congé pathologique de grossesse, la durée minimale recommandée est de 12 semaines avant la date prévue de l'accouchement et de 22 semaines après, pour une grossesse gémellaire.

En général, dans le cas d'une grossesse gémellaire, l'accouchement est donc déclenché afin de prévenir tout dysfonctionnement placentaire potentiel. En effet, le placenta a tendance à vieillir plus rapidement dans les grossesses multiples. Le choix de la maternité revêt une importance capitale, car elle doit être équipée pour faire face à toutes les éventualités. Il est recommandé de choisir une maternité disposant d'un service de néonatologie pour les prématurés, ainsi que d'un anesthésiste et d'un obstétricien disponibles en permanence.

L'accouchement de jumeaux ne se solde pas nécessairement par une césarienne, bien que cette option soit souvent privilégiée par l'équipe médicale pour des raisons de sécurité. La décision d'opter pour une césarienne ou un accouchement par voie basse revient à la patiente, après qu'elle a été informée des risques associés à chaque option par l'équipe médicale.

L'issue de l'accouchement dépend principalement de la position des bébés le jour J. Si le premier bébé se présente en céphalique et que la différence de croissance entre les deux est faible, un accouchement par voie basse peut être envisagé. Dans ce cas, des manœuvres intra-utérines seront effectuées par l'obstétricien pour placer le deuxième bébé dans une position favorable. En revanche, si le premier bébé se présente par le siège, la césarienne est souvent recommandée pour la grossesse gémellaire.

La péridurale est recommandée, en raison du risque plus élevé de césarienne et de « manœuvres » obstétricales. Le second bébé se présente souvent la tête en bas. La naissance du second jumeau suit très vite celle du premier ; ils sont tous deux accueillis par une équipe étoffée - obstétricien, sages-femmes et pédiatres.

Compte tenu du risque accru de complications, l'accouchement de jumeaux nécessite généralement une surveillance médicale plus étroite qu'un accouchement simple.

Trois conseils pour avoir une bonne grossesse gémellaire

  • Avoir un bon suivi correspondant à la chorionicité de la grossesse. De manière générale, il est préférable d’être suivi par la maternité où vous avez décidé d’accoucher.
  • Savoir s’arrêter de travailler. Le congé maternité est plus précoce pour une grossesse gémellaire : vous serez arrêtés 12 semaines avant la date du terme (au lieu de 6 pour une grossesse classique). Vous bénéficierez de 18 semaines après l’accouchement (au lieu de 10 pour une grossesse classique). La fédération « Jumeaux et plus » milite pour un arrêt de travail précoce. L’idée est de s’arrêter dès que le besoin s’en fait ressentir. Cela permet de limiter de retarder l’échéance des accouchements prématurés.
  • Se rapprocher d’une association départementale telle que « Jumeaux et plus » pour être rassurée, bien informée, et échanger avec d’autres parents.

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