L'intérêt pour la consommation du placenta après l'accouchement, connue sous le nom de placentophagie, suscite un débat croissant en France. Bien que formellement interdite, cette pratique gagne en popularité, alimentée par des témoignages vantant ses prétendus bienfaits, notamment en matière de récupération post-partum et de prévention de la dépression postnatale. Cet article explore les tenants et aboutissants de la loi concernant le placenta en France, les raisons de l'engouement pour la placentophagie, les risques potentiels pour la santé et les alternatives légales et sûres pour les jeunes mamans.

La Placentophagie : Une Tendance Controversée

La placentophagie, qui consiste à consommer le placenta après l'accouchement, est une pratique ancestrale observée chez de nombreux mammifères. Chez l'humain, elle a été popularisée par des célébrités américaines, suscitant un intérêt grandissant à travers le monde. Les adeptes de la placentophagie affirment que le placenta, riche en nutriments, vitamines et hormones, possède des vertus thérapeutiques, notamment pour améliorer l'humeur, augmenter la production de lait maternel et favoriser la récupération physique après l'accouchement.

Kim Kardashian, par exemple, a témoigné sur son blog des bienfaits qu'elle a ressentis en consommant son placenta sous forme de gélules, affirmant ressentir un regain d'énergie et un bien-être général. Calvin Harris a également documenté l'encapsulation du placenta de sa compagne sur son compte Instagram, contribuant à la médiatisation de cette pratique.

Le placenta, organe vital assurant la transmission des nutriments et de l'oxygène de la mère au fœtus, est naturellement riche en composants essentiels. Cette composition séduit les femmes adeptes de la placentophagie, qui y voient une source naturelle de bienfaits psychologiques et hormonaux. Claudia Booker explique que l'abondance d'hormones dans le placenta pourrait stabiliser les niveaux sanguins et hormonaux, contribuant ainsi à lutter contre la dépression post-partum. Michele Liot assure même avoir combattu sa propre nature dépressive grâce à la consommation de son placenta.

Les consommatrices de placenta rivalisent d'ingéniosité pour le déguster. Il peut être encapsulé par une infirmière ou une sage-femme spécialisée, moyennant un coût d'environ 240 euros. Le processus comprend le nettoyage, le pressage, la cuisson à la vapeur, le tranchage, la déshydratation, le broyage et l'encapsulation du placenta. Certaines femmes plus audacieuses se tournent vers l'homéopathie de placenta.

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La Législation Française : Interdiction et Statut du Placenta

En France, la loi est claire : le placenta est considéré comme un "déchet de soin à risque" et doit être incinéré conformément au Code de la santé publique. Il est donc illégal de ramener son placenta chez soi. Cette interdiction vise à protéger la santé publique en raison des risques potentiels d'infection liés à la manipulation et à la consommation du placenta.

Une circulaire de 2012 stipule que le placenta est juridiquement considéré comme un déchet médical. Il ne peut être conservé qu'à des fins scientifiques ou thérapeutiques, et ce, uniquement avec le consentement écrit de la mère. Le gynécologue souligne que, même s'il sort du corps de la mère, le placenta ne lui appartient pas. L'objectif est d'éviter les risques bactériologiques et de prévenir toute dérive commerciale.

Le ministre de la Santé a réaffirmé le statut du placenta face à la popularité croissante de la placentophagie et à la création d'entreprises proposant de transformer le placenta en gélules contre rémunération.

Risques Sanitaires et Absence de Preuves Scientifiques

Malgré les témoignages positifs, aucune étude scientifique n'a validé les bienfaits de la placentophagie chez l'humain. L'American Journal of Obstetrics and Gynecology a publié une étude en 2016 concluant qu'il n'existe aucune preuve scientifique d'un quelconque bénéfice clinique de la placentophagie humaine.

De plus, les scientifiques mettent en garde contre les risques d'infection liés à la consommation du placenta, notamment si la chaîne du froid n'est pas respectée. Une jeune maman américaine et son nourrisson ont été victimes d'une grave infection respiratoire après que la mère ait consommé des capsules de placenta séché contaminées.

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Le professeur Damien Subtil, chef du pôle femme, mère et enfant au CHU de Lille, souligne qu'il n'existe aucune preuve scientifique que l'absorption du placenta puisse être bénéfique. Bien qu'il contienne du fer et des protéines, comme la viande rouge, rien ne prouve des effets au-delà de la simple nutrition. Il rappelle également que le placenta passe par le vagin lors de l'expulsion, qui abrite des milliards de microbes.

Alternatives Sûres et Légales

Pour les femmes souhaitant améliorer leur récupération post-partum et prévenir la dépression postnatale, il existe des alternatives sûres et légales à la placentophagie. Une alimentation équilibrée, riche en poissons gras, légumes verts, fruits, noix et graines, peut fournir les nutriments nécessaires à la récupération physique. Le repos et le sommeil sont également essentiels pour lutter contre la fatigue et le baby blues.

Il est également possible de se tourner vers des professionnels de la santé, tels que des sages-femmes, des psychologues ou des psychiatres, pour bénéficier d'un accompagnement personnalisé et adapté à ses besoins.

La Placentophagie à Travers l'Histoire et les Cultures

La consommation du placenta n'est pas un phénomène nouveau. Des récits médiévaux vantaient déjà ses vertus pour la fertilité et la vitalité post-partum. En Chine, sous la dynastie Ming, des textes médicaux lui prêtaient des effets nutritifs et anti-âge. Cependant, il est important de noter que ces pratiques ancestrales ne sont pas basées sur des preuves scientifiques solides.

Le médecin rappelle qu'il est peu probable qu'un organe absorbé une seule fois, même avec des cellules jeunes, puisse prolonger la jeunesse. Les cellules sont détruites dans le système digestif.

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