Tous les enfants peuvent être confrontés à des phénomènes de tristesse passagère ou de colère intense. Cela peut être considéré comme « normal » dans le développement de l’enfant. Toutefois, lorsque ces émotions vives persistent dans le temps et qu’elles ne correspondent pas à des comportements habituels de l’enfant, il est possible de parler de dépression infantile. Bien évidemment, la définition et l’expression des symptômes de la dépression infantile ne peuvent être définis et compris de la même manière que chez l’adulte. Chez l’adulte, la dépression se traduit souvent par de l’abattement, de l’isolement, du repli sur soi, de la tristesse. Il est important de ne pas confondre la dépression infantile avec des épisodes de stress ou de repli sur soi d’un enfant qui pourrait qualifier de « normal ».
Introduction
La dépression chez le nourrisson, bien que rare, est une condition sérieuse qui nécessite une attention particulière. Initialement décrite par René Spitz dans les années 1940, cette forme de dépression se manifeste différemment de celle observée chez les adultes ou les enfants plus âgés. Cet article vise à explorer en profondeur les symptômes, les causes potentielles, les méthodes de diagnostic et les approches de prise en charge de la dépression du nourrisson.
I. Définitions et Généralités sur la Dépression
Pour bien comprendre la dépression du nourrisson, il convient de rappeler les définitions générales de la dépression :
- Épisode Dépressif Majeur (EDM): Durée des symptômes d’au moins 2 semaines.
- Trouble Dépressif Récurrent: Présence de 2 épisodes ou plus (alternance d’EDM et de phases de rémission).
- Trouble Dysthymique (adulte ++): Présence de symptômes dépressifs pendant une période d’au moins 1 an, mais moins sévères que dans l’EDM.
La dépression du bébé, de l’enfant et de l’adolescent a longtemps été niée, mais elle est actuellement objet d’un intérêt croissant. Les difficultés diagnostiques sont liées aux définitions et aux outils d’évaluation.
II. La Dépression du Nourrisson
A. Généralités
La dépression du nourrisson est plus rare de nos jours. Elle est souvent liée à une carence affective ou une carence en soins parentaux, caractérisée par une insuffisance quantitative ou qualitative d’interactions entre l’enfant et le parent (ou autre référent prenant soin de lui). La dépression est alors une réponse émotionnelle déclenchée par des expériences de manque ou de perte d’un lien affectif privilégié (perte de l’objet aimé mais aussi perte de l’état affectif de bien-être qui lui est étroitement attaché).
Lire aussi: Causes et symptômes de la dépression paternelle après l'accouchement
B. Historique et Premières Descriptions
R. Spitz en 1946 a décrit la “dépression anaclitique”, confirmée par J. Bowlby en 1969 (3 phases: protestation, désespoir, détachement).
C. Symptômes Cliniques
Les symptômes de la dépression du nourrisson peuvent se manifester de différentes manières :
- Expressions comportementales :
- Phase de protestation bruyante avec pleurs.
- Puis inertie motrice: bébé ne bouge pas et ne répond pas aux sollicitations, moins de babillage.
- Changement de comportement chez le nourrisson, avec désintérêt progressif pour la relation, pour les activités, pour les jeux, l’exploration est limitée.
- Expressions somatiques :
- Anorexie, mérycisme.
- Insomnie.
- Arrêt de croissance.
- Le retard de développement psychomoteur et langagier survient après quelques semaines.
- Un retard des acquisitions motrices.
Il est important de noter qu'un bébé ne peut pas exprimer son mal-être avec des mots, ce qui rend la détection plus complexe. Un parent ou un tuteur peut parfois ne pas reconnaître la dépression du nourrisson, pensant que le nourrisson est simplement très sage. Cependant, il n'est pas normal qu'un enfant n'interagisse pas avec son entourage.
D. Causes (Étiologie)
Plusieurs causes peuvent être à l’origine de la dépression du nourrisson :
- Lors d’une séparation prolongée.
- En cas de douleur chronique du bébé.
- Dépression maternelle.
- En cas de maladies congénitales.
- Si le couple parental est en souffrance.
- Le principal facteur de cette maladie est le manque d’interaction avec la figure d’attachement. L’adulte en charge du bébé peut répondre à ses besoins vitaux (changer ses couches, l’habiller, le nourrir…) sans pourtant créer de lien affectif avec lui. En effet, cette personne peut parfois rencontrer des problèmes de santé, financiers ou familiaux.
- Un enfant a besoin d’avoir une figure d’attachement active dans la relation. Les adultes ne sont pas obligés d’avoir une vie parfaite et d’être toujours dans la joie. Néanmoins, ils doivent être dans la communication avec le bébé en lui expliquant pourquoi ils pleurent ou sont tristes. L’absence de communication ainsi que le manque d’affect ont un impact néfaste sur le développement d’un enfant.
- L’environnement joue également un rôle dans l’apparition de la dépression du nourrisson. Un bébé se met en retrait lorsqu’il ressent que le milieu dans lequel il vit est hostile, voire agressif. Le placement en foyer, la précarité, la violence intrafamiliale et la maltraitance peuvent être les déclencheurs d’une dépression du nourrisson.
E. Évolution et Pronostic
- Bonne récupération dans les cas où la souffrance affective est brève et isolée.
- Dans les autres cas :
- Appauvrissement intellectuel et linguistique, retards développementaux.
- Sentiment d’insécurité avec angoisses d’abandon, donnant lieu à des attitudes de revendication affective maladroite.
- Risque de répétition de la carence affective à la génération suivante.
- En l’absence de prise en charge, la dépression du nourrisson peut persister chez l’enfant plus âgé. Cette maladie psychique peut causer des troubles psychomoteurs et de l’apprentissage.
F. Conduite à Tenir et Prévention
- Prise en charge transdisciplinaire, soignant et médical.
- Prise en charge de la relation parent-enfant (et autre personne prenant soin de l’enfant).
- Prévention :
- Aménagement de toutes les situations de séparation parent-enfant.
- Accompagnement psychologique spécialisé de l’enfant et de ses parents dans les situations à risque.
- Détection de la dépression parentale ou autre psychopathologie rendant le parent moins disponible aux besoins affectifs de son bébé.
III. La Dépression chez l'Enfant (1 à 12 ans)
Bien que cet article se concentre principalement sur la dépression du nourrisson, il est utile de brièvement aborder la dépression chez l'enfant plus âgé pour mieux comprendre l'évolution des troubles dépressifs.
Lire aussi: Symptômes et causes de la dépression chez les enseignants
A. Prévalence et Spécificités
La dépression touche environ 1% des enfants avant l’âge de 6 ans et 2 à 3% des 6 à 12 ans. Avant la puberté, elle est plus fréquente chez les garçons. La dépression chez l’enfant a des spécificités. Parce qu’ils ne savent peut-être pas encore exprimer leurs ressentis, surtout chez les plus petits, ce mal-être peut transpirer dans leur comportement et même dans les réactions de leur corps. Les manifestations dépressives peuvent être aussi très discrètes et bien cachées.
B. Symptômes Cliniques
Dans le cas d’une dépression chez l’enfant, on retrouve une diversité de signes qui peuvent être des signaux d’alerte :
- Ralentissement psychomoteur, inhibition, enfant trop sage, indifférent ou bien agitation, crise de colère.
- Perte de l’estime de soi.
- Sentiment de perte d’amour.
- Évitement, refus de travail scolaire.
- Troubles somatiques: troubles de l’appétit, du sommeil, maux de ventre, céphalées.
- Anxiété.
- Idées de mort ou de suicide.
- Douleurs physiques inexpliquées.
- Trouble du sommeil.
- Trouble alimentaire, perte ou prise de poids.
- Perte d’intérêt pour les jeux, pour les copains.
- Tristesse qui ne s’arrange pas.
- Isolement volontaire.
- Idées noires.
- Crises d’angoisse à répétition.
Il est important de retenir que l'apparition est progressive, qu'il y a une conjonction de signes, une permanence dans le temps (+ de 2 semaines) et une rupture nette du fonctionnement et du comportement. L'enfant est triste et/ou irritable-agressif.
C. Causes (Étiologie)
Souvent, des circonstances de séparation ou de perte sont en cause (deuil, séparation des parents, déménagement, éloignement d’un camarade, décès d’un animal domestique..). Les influences familiales et la maladie chronique de l’enfant peuvent également jouer un rôle.
D. Évolution et Pronostic
- Risque suicidaire: 2/3 ont des idées suicidaires, 1 % des enfants déprimés font une TS.
- Troubles des conduites, antisociales, transgressives (fugues, vol..).
- Désadaptation scolaire et sociale.
- Risque accru de dépression à l’adolescence.
- Conduites d’addiction à l’adolescence.
E. Que Faire ?
Tout d’abord, en tant que parent, vous avez un rôle à jouer. Celui de vigie, qui va repérer les signes et d’aidant qui va aider l’enfant à traverser cette mauvaise passe. Suivez votre instinct, soyez présent et à l’écoute. Si vous avez un doute et si vous constatez que l’état de votre enfant dure dans le temps, n’hésitez pas à consulter votre médecin de famille ou à faire appel à un professionnel de santé spécialisé dans la prise en charge des enfants. Votre centre de PMI (Protection Maternelle et Infantile) ainsi que le CMP (Centre Médico-Psychologique) de votre ville pourront également vous apporter de l’aide, du soutien et des réponses.
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IV. La Dépression chez l'Adolescent
La dépression chez l'adolescent présente des caractéristiques spécifiques liées aux défis de cette période de la vie.
A. Prévalence et Spécificités
La prévalence de la dépression chez les adolescents est de 5 à 10 %. Le sexe ratio est de 2 filles pour 1 garçon. Il existe une variabilité clinique de la symptomatologie dépressive à l’adolescence. Les problématiques de l’adolescence incluent la séparation, la rupture des liens, la perte, la fragilité narcissique, l’agressivité, l’ambivalence et la fluctuation de l’humeur.
B. Symptômes Cliniques
- Tristesse de l’humeur ou irritabilité.
- Douleur morale.
- Ralentissement psychomoteur.
- Inhibition intellectuelle, troubles de la concentration.
- Asthénie ou perte d’énergie.
- Désintérêt (aboulie) perte de plaisir (anhédonie).
- Cognitions négatives, auto-dévalorisation, culpabilité.
- Troubles de l’appétit, du sommeil, céphalées, douleurs abdominales, dorsalgies.
- Idées suicidaires, risque de passage à l’acte suicidaire.
C. Formes Cliniques Particulières à l’Adolescence
- Signes psychotiques: mélancolie délirante (forme rare, délire de négation ou de fonctionnement d’organe).
- Ralentissement psychomoteur peut être remplacé par la recherche de stimulation, hyperactivité, hypersexualité.
- Expression verbale de la colère et crises clastiques.
- Plaintes somatiques.
- Passages à l’acte, éventuellement répétés.
D. Causes (Étiologie)
Le rôle déclenchant de certains événements de vie (décès, alcoolisme, sévices, désaccords conjugaux des parents..) est important. Un épisode dépressif lié à une rupture sentimentale, à un échec scolaire ou professionnel peut avoir un rôle protecteur. Il est important de rechercher des antécédents familiaux.
E. Évolution et Pronostic
- Risque suicidaire.
- Conséquences psycho-sociales.
- Troubles associés : anxieux, troubles des conduites / addictions.
- Risque de récidives : 95 % de rechute à l’âge adulte.
- Évolution vers une maladie maniaco-dépressive.
- Mode d’entrée dans la schizophrénie.
F. Prise en Charge Thérapeutique
- Valeur thérapeutique de la reconnaissance empathique de la dépression.
- Abord psychothérapeutique (individuel ou en groupe): prendre du recul par rapport aux émotions vécues.
- Recours à un dispositif institutionnel: l’hospitalisation.
- Guidance parentale ou thérapie familiale.
- Antidépresseurs (pas en première intention et toujours associés à une psychothérapie).
V. Suicide et Conduites Suicidaires
A. Épidémiologie Générale et Définitions
- Suicide: issue fatale d’un acte délibéré pour provoquer sa propre mort (patient suicidé).
- 2e cause de décès des 15-24 ans (1 000 décès adolescents par an).
- 3 hommes pour 1 femme.
- Pathologie psychiatrique dans 90% des cas.
- Moyens: pendaisons, armes à feu.
- Tentative de suicide: échec d’un suicide (patient suicidant).
- 80 000 par an (15-25 ans) / 3 femmes pour 1 homme.
- 1/3 des adolescents suicidants récidivent.
- Risque de suicide x 60 comparé à un ado n’ayant jamais fait de TS.
- Absorption orale médicamenteuse, phlébotomie.
- A ne pas confondre avec l’idéation suicidaire (très fréquente, 15-25% des adolescents) et les équivalents suicidaires (mise en péril de la vie de manière inconsciente).
B. Caractéristiques Chez l’Enfant
- Tentatives de suicides plus rares chez l’enfant < 12 ans.
- Sex ration égal à 1.
- Contexte familial souvent difficile.
- Vécu de honte ou d’épuisement.
- Désir de punition.
- Troubles mentaux sous-jacents.
- Nécessité d’hospitalisation.
C. Caractéristiques Chez l’Adolescent
- Facteurs familiaux: familles séparées, perte précoce d’un parent, faible cohésion familiale, antécédents de troubles psychiatriques, abus sexuels.
- Facteurs sociaux: adolescents migrants dans des conditions difficiles.
- Facteurs individuels: problèmes de santé, maladies chroniques, comportements agressifs ou de délinquance, consommation de produits toxiques, échecs ou exclusion scolaires, sexe masculin.
- Communication à autrui d’une intentionnalité suicidaire.
- Antécédents de tentative de suicide (personnel ou familiaux).
D. Abord Psychopathologique
- “Court-circuit” dans les possibilités d’élaboration psychique.
- Différents sens: fuite, deuil, châtiment, crime, vengeance.
- Tentatives de suicides et suicide associés à une éthiologie psychiatrique (épisode dépressif majeur, schizophrénie ou troubles de la personnalité).
E. Degré d’Intentionnalité à Évaluer
- Échelle de Beck.
- Circonstances objectives de la TS.
- Propos rapportés par le patient.
VI. Passages à l’Acte et Pathologies de l’Agir
Les passages à l’acte et les pathologies de l’agir sont hétérogènes, allant du mensonge de l’enfant de 4 ans au voyage pathologique d’un ado schizophrène. Ils s’inscrivent le plus souvent en rupture du groupe social dans une dimension de transgression ou d’opposition. Le groupe social peut être représenté par la famille. Certaines classifications distinguent des troubles des conduites “intra ou extra-familiaux”.
A. La Fugue
- 47 000 fugues par an d’enfants de 13 à 17 ans.
- Départ volontaire, inattendu, sans prévenir et sans autorisation du lieu où l’enfant est censé être. L’absence est de durée suffisante.
- L’enfant fugue beaucoup plus rarement que l’adolescent, la fugue est de durée brève.
- Les adolescents peuvent faire des fugues prolongées et évitent de signaler leur présence.
Contexte psychopathologique de la fugue
- La fugue comme comportement d’évitement.
- La fugue de l’école comme refus scolaire.
- La fugue de l’enfant psychotique ou déficitaire.
- Le voyage pathologique.
- La fugue dans un contexte d’épilepsie (en cas de rupture de contact avec la réalité).
- La fugue hystérique.
Conduite pratique de l’IDE dans un contexte de fugue
- Prévenir les parents.
- Prévenir l’autorité éducative en cas de fugue d’une institution.
- Prévenir les autorités administratives de l’hôpital et déclarer la fugue.
- Faire un signalement à la police.
- Éviter de se substituer aux instances judiciaires et de porter un jugement moral ou une sanction d’emblée.
- Favoriser les conditions du dialogue au retour de la fugue.
- Inventaire au retour de fugue.
- Aider les parents ou l’institution à comprendre quel est le contexte de la fugue.
- Réfléchir à un cadre pour éviter les récidives.
B. Le Vol
- Délit le plus fréquent qui touche davantage les garçons que les filles. Sa fréquence augmente avec l’âge.
- Préalables: l’enfant doit avoir acquis la notion de propriété et avoir intériorisé l’interdit.
Contexte en fonction de l’âge
- Chez le petit enfant, la personne visée est la mère, le père ou la fratrie. Il existe peu de culpabilité et c’est en partie la réaction de l’entourage qui va conditionner la notion d’interdit.
- A l’âge scolaire, les vols peuvent s’étendre aux amis de la famille, aux voisins, au milieu scolaire.
- Avec l’adolescence et la pré-adolescence, apparaissent les larcins dans les lieux publics et les conduites délinquantielles.
Contexte psychopathologique
- Vols et carences affectives.
- Vols et tentative d’affirmation de soi.
- Vols et tendance psychopathique, manque de remords.
Conduite et pratique de l’IDE dans un contexte de vol
- Replacer le vol dans son contexte.
- Éviter la rigidité et la dramatisation excessive dans le cas d’un vol d’un enfant en bas âge ou dans un contexte névrotique.
- Éviter la tolérance et la banalisation excessive pour les enfants et les adolescents ayant un manque d’intériorisation des interdits.
- Travailler en collaboration avec les parents.
VII. Baby-Blues et Dépression Post-Partum
L’arrivée d’un bébé est un grand bouleversement dans la vie des parents. Il est donc essentiel de distinguer le baby-blues de la dépression post-partum.
A. Qu’est-ce que le Baby-Blues ?
Quelques jours après l’accouchement, la majorité des mamans traverse une période de déprime qu’on appelle " baby blues ". C’est une réaction causée par tous les changements physiques, hormonaux et psychologiques liés à l’accouchement. Il se traduit par :
- Une irritabilité.
- Des sautes d’humeur (la maman est heureuse un instant et pleure de façon incontrôlée à un autre).
- Des troubles du sommeil, de la fatigue.
- De l’anxiété, le sentiment d’être délaissée et la crainte de ne pas savoir s’occuper du bébé.
Le baby blues peut durer quelques heures ou quelques jours. Il est important de demander de l’aide à la maternité, à la sage-femme, au conjoint, à la famille et aux amis. Il est important de surveiller l’évolution de votre baby blues et consultez si le baby blues est très marqué ou si les symptômes persistent au-delà de deux semaines.
B. Qu’est-ce que la Dépression Post-Partum ?
La dépression post-partum (DPP) est beaucoup plus préoccupante que le baby blues. Il s’agit d’une dépression somme toute classique mais qui prend des formes légèrement différentes du fait qu’elle survient quelques semaines après la naissance d’un enfant. Beaucoup de dépressions post-partum ne sont pas identifiées et les personnes touchées ne reçoivent pas de soins.
Près d’un père sur dix traverse une dépression pendant la grossesse ou peu après la naissance de son bébé. C’est une période de changements qui peut être bouleversante pour les papas aussi.
C. Impact de la Dépression Post-Partum
Parce que certains symptômes peuvent être faussement attribués à la vie avec un jeune bébé (en particulier la fatigue, les troubles du sommeil ou l’anxiété), et parce que reconnaître que l’on est triste et indifférente après une naissance est difficile, la dépression post-partum est relativement souvent passée sous silence par la mère qui en souffre.
Une DPP qui n’est pas prise en charge médicalement représente un danger pour la mère comme pour l’enfant. En effet, les femmes qui ont souffert de dépression post-partum ont un risque plus élevé de développer un nouvel épisode de dépression dans les 5 années qui suivent. Pour les enfants, la détérioration de la relation mère/enfant en lien avec une DPP peut entraîner des troubles du développement social, émotionnel et cognitif. Des études ont montré que les nourrissons dont la mère traverse un épisode de dépression post-partum présentent davantage de troubles alimentaires et du sommeil, ainsi que des pleurs excessivement fréquents.
D. Que Faire en Cas de Symptômes de Dépression Post-Partum ?
La dépression post-partum est une maladie qui se soigne. Il est important d'en parler rapidement à un professionnel :
- Sa sage-femme.
- Son médecin traitant.
- Le centre de PMI.
- Un psychologue : avec le dispositif Mon soutien psy on peut bénéficier de séances d’accompagnement psychologique avec une prise en charge par l’Assurance maladie. On peut se renseigner sur le site ameli.fr.
- Voire l’hôpital dans une consultation de pédopsychiatrie périnatale.
Un traitement sera probablement nécessaire. Plus la dépression du post-partum est soignée tôt, plus les conséquences pourront être évitées. On peut aussi avoir envie d’en parler avec d’autres parents, par exemple dans un lieu d’accueil parent-enfant ou un groupe de parents. Pour vous comme pour votre enfant, il est important de ne pas rester isolé ou isolée.
E. Troubles Psychologiques Plus Rares Après l’Accouchement : L’Épisode Psychotique
La survenue d’un épisode psychotique est rare après l’accouchement, mais c’est une urgence psychiatrique.
F. Facteurs de Risque de la Dépression Post-Natale
- Une dépression qui était présente auparavant ou qui s’est développée durant la grossesse.
- Une dépression du post-partum lors d’une grossesse précédente.
- Des épisodes précédents de tristesse ou de dépression survenant à certains moments du mois (en relation avec le cycle menstruel) ou lors de la prise de contraceptifs oraux.
- Des proches souffrant de dépression (antécédents familiaux).
- Stress, notamment stress relationnel, difficultés financières ou éducation parentale sans partenaire.
- Le manque de soutien de la part du partenaire ou des membres de la famille.
- Des problèmes liés à la grossesse (comme un accouchement prématuré ou un bébé atteint d’anomalies congénitales).
- Sentiments ambivalents par rapport à la grossesse (par exemple, lorsque la grossesse n’était pas désirée ou que la femme avait envisagé de l’interrompre).
- Problèmes avec l’allaitement.
La chute soudaine du taux d’hormones (telles que les œstrogènes, la progestérone et les hormones thyroïdiennes) qui survient après l’accouchement ainsi que le manque de sommeil peuvent contribuer à la survenue d’une dépression du post-partum. La dépression post-partum a évidemment un impact sur la qualité de vie de la personne qui en souffre, et souvent sur sa relation de couple. La dépression peut aussi être un obstacle pour prendre soin de son bébé. Elle peut même parfois amener à une perte de goût à la vie, et dans les cas les plus extrêmes, à des pensées suicidaires.
VIII. Diagnostic de la Dépression
A. Critères Diagnostiques
La reconnaissance de symptômes dépressifs chez l’enfant est souvent contre-intuitive pour l’entourage familial ainsi que les professionnels de santé non spécialisés.
B. Présentation Clinique
Dans les années 40, René Spitz et Anna Freud décrivent les réactions de retrait chez des nourrissons placés en institution, séparés de leurs principaux donneurs de soin. Le terme de dépression anaclitique est forgé par Spitz, par analogie aux symptômes dépressifs observés chez l’adulte (ex : perte d’intérêt pour le contact, manque de sourire, apathie, stupeur). Dans les années qui suivent, Mélanie Klein, psychothérapeute pour enfants à la Tavistok Clinic de Londres, s’est intéressée aux affects dépressifs du nourrisson comme processus psychopathologique normal (position dépressive) venant témoigner de l’émergence de mécanismes de défense plus élaborés. Les études épidémiologiques conduites en population générale utilisant des critères standardisés du trouble dépressif ont confirmé l’existence de troubles dépressifs avant la puberté.
C. Évolution
Très rare, la dépression du nourrisson se traduit principalement par un bébé qui ne répond plus aux stimulations et se met en retrait. À l’instar de l’adulte, certains enfants peuvent connaître des mouvements dépressifs en fonction des aléas de la vie. « En revanche, la dépression caractérisée du nourrisson est une maladie durable, mais rare.
D. Examens de Suivi
Près de sept examens de suivi sont prévus entre les trois et dix-huit mois d’un bébé. Le pédiatre ou le médecin généraliste va notamment surveiller son développement psychomoteur. Ce praticien peut s’inquiéter lorsque le nourrisson ne réagit pas aux examens médicaux. En consultation, un enfant est généralement curieux. Il va s’intéresser aux instruments, soutenir notre regard, nous sourire. On va se poser des questions lorsque l’on constate qu’il est complètement absent plusieurs fois d’affilée.
Pour poser le diagnostic de la dépression du nourrisson, on va vérifier s’il a bien les acquis psychomoteurs en fonction de son âge et interroger les parents sur son comportement. C’est le travail des pédiatres de faire la distinction entre un retard psychomoteur d’origine organique ou lié à la dépression du nourrisson. Par exemple, un enfant qui ne babille pas ou ne tient pas assis à neuf mois peut être corrélé à ce trouble psychique.
IX. Approches Thérapeutiques
A. Psychothérapie
Dans un premier temps, il faut supprimer les facteurs qui peuvent entraîner la dépression du nourrisson. Pour ce faire, des travailleurs sociaux peuvent intervenir pour évaluer la manière dont vit la famille ou le couple. L’objectif est de trouver des solutions pour que chaque membre de la famille soit actif dans la relation avec le bébé. Dans les hôpitaux, il existe aussi des unités mère/bébé qui permettent de renforcer le lien entre la maman et son enfant. Pour bénéficier de cette prise en charge, les parents peuvent en faire la demande auprès du médecin traitant, d’un psychiatre ou d’un psychologue.
B. Importance de la Communication
La communication occupe une part importante de la détection d’une dépression infantile, l’enfant pourra utiliser des mots forts pour qualifier son mal-être. Il est donc essentiel d’y prêter attention pour comprendre la cause de sa colère ou de sa tristesse et définir si cela est épisodique ou durable.
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