Selon les enquêtes nationales périnatales, 15 à 20% des femmes enceintes en France vivent une grossesse prolongée. Arrivé à 40 semaines de grossesse, vous êtes sans doute dans une phase d’attente anxieuse, surtout si votre petit bout n’a pas encore pointé le bout de son nez. Bien que la durée moyenne d’une grossesse soit de 40 semaines, il est important de comprendre que seulement 5% des femmes accouchent à la date prévue. Si vous avez atteint ce cap des 40 semaines sans signe de votre bébé, pas de panique. C’est une situation courante, considérée comme normale. Que faire lorsque votre bébé n’est pas là le jour prévu ? Quand parle-t-on de dépassement de terme ? Quels sont les risques ?

Définition du Terme et du Dépassement de Terme

En France, on considère que la grossesse dure 41 semaines. Normalement, la grossesse dure environ 281 jours et l’accouchement se produit à la fin de la 40ème semaine de grossesse. La grossesse est dite prolongée au-delà de 41 semaines et le terme est considéré comme dépassé à partir de 42 semaines. En termes médicaux, on parle d’un dépassement de terme. Cela arrive dans 3 % des cas.

Le terme prévu de la grossesse, ou date prévue d’accouchement, est l’estimation de quand la grossesse devrait idéalement se conclure. Cette estimation repose sur l’idée que l’ovulation se déroule environ 14 jours après le début des dernières menstruations, avec une gestation durant près de 9 mois. En réalité, seulement 4% des femmes accouchent à leur date prévue.

Causes Possibles du Dépassement de Terme

Le dépassement de terme survient lorsqu’une grossesse s’étend au-delà de la 41ème semaine. Il y a des raisons multiples qui font que bébé tarde à pointer le bout de son nez. Plusieurs facteurs peuvent en être la cause. Il est difficile de calculer la date précise du terme. La grossesse n’a pas une durée fixe, mais une durée statistique moyenne de 266 à 273 jours à partir de la conception, et de 280 à 287 jours à partir de la date des dernières règles.

  • Variations individuelles: Certaines grossesses peuvent également se prolonger sans raison médicale évidente.

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  • Facteurs familiaux: Il semblerait que certaines familles soient plus promptes à avoir une grossesse prolongée. Si des membres de la famille, une grand-mère ou une tante, ont déjà eu un retard de l’accouchement dans le passé, il est alors logique que la maman expérimente aussi ce genre de situation. En effet, la durée de la grossesse est aussi déterminée par la génétique. Cette hérédité familiale est observée dans environ 20 à 30% des cas de grossesse prolongée.

  • Cycles menstruels longs: En effet, 30% des femmes ont des cycles de plus de 30 jours, influençant l’estimation de la date de conception et donc de l’accouchement. Lorsque les cycles menstruels durent plus de 28 jours (durée moyenne), il y a de fortes chances que la grossesse dure plus longtemps.

  • Erreur de datation: Autre cause : la datation reste aléatoire et le médecin peut s’être trompé de quelques jours. Parfois, ce qu’on considère comme un dépassement du terme de la grossesse n’est autre qu’une erreur de calcul. En effet, le calcul basé sur les 14 jours après le début du cycle n’est que théorique et peut induire en erreur sur la durée de la grossesse.

  • Influence de la contraception: Des études ont montré que le fait de tomber enceinte dans les 3 premiers mois qui suivent l’arrêt de la contraception hormonale exposait à un accouchement plus tardif. C’est aussi le cas des femmes qui prennent des contraceptifs oraux au cours d’un allaitement.

  • Médicaments: Les anti-inflammatoires non stéroïdiens, également appelés AINS (l’aspirine est le plus connu), repoussent la date de l’accouchement. À part leur capacité à réduire la douleur et l’inflammation, ces médicaments bloquent aussi la production de prostaglandines, des substances secrétées par le corps pour induire les contractions de l’utérus en vue de l’accouchement.

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  • Facteurs de risque: L'antécédent de dépassement de terme, la nulliparité et l'obésité sont les principaux facteurs de risque de terme dépassé. Les femmes de plus de 35 ans, celles en surpoids (IMC > 30), ou présentant un diabète gestationnel ont également plus de risques de dépasser le terme. Le surpoids et l’obésité prolongeraient également la grossesse par des phénomènes hormonaux.

Signes et Symptômes à Surveiller à 40 Semaines

À 40 semaines de grossesse, le corps subit des modifications notables préparant à l’accouchement.

  • Contractions: Vous pourriez ressentir des contractions, similaires aux contractions de Braxton Hicks mais plus intenses et régulières, signalant le début du travail.

  • Perte du bouchon muqueux: Une perte du bouchon muqueux, mélange de mucus et de sang, est également un signe que le col commence à s’effacer et à se dilater.

  • Autres symptômes: D’autres symptômes incluent une diminution de l’activité du bébé, des douleurs abdominales ou au bas-ventre, parfois accompagnées de diarrhée, nausées ou vomissements, indiquant une possible imminence de l’accouchement.

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À 40 semaines de grossesse, rester vigilant face à certains signaux d’alarme est essentiel.

  • Saignements vaginaux: Les saignements vaginaux, même légers, sont un signe préoccupant à signaler sans délai à votre professionnel de santé, car ils peuvent indiquer un problème grave.

  • Maux de tête sévères et troubles de la vision: Les maux de tête sévères, les douleurs abdominales intenses, ou les changements subits de la vision sont des symptômes alarmants pouvant signaler une hypertension ou d’autres complications nécessitant une attention médicale immédiate.

  • Autres signaux d'alarme: Une fièvre, une enflure généralisée, ou l’absence de mouvements du bébé après une période d’activité, sont également des signaux d’alarme.

Surveillance Médicale en Cas de Dépassement de Terme

Après la 40e semaine de grossesse, le suivi médical s’intensifie, avec des examens plus fréquents, souvent tous les deux jours. Quand bébé tarde à venir, un suivi médical renforcé doit être mis en place. Ces consultations permettent de surveiller de près votre santé et celle de votre bébé. On vous examinera tous les deux jours, voire tous les jours, pour s'assurer que votre bébé et vous-mêmes allez bien.

Quelques tests permettent de surveiller la fin de la grossesse. La surveillance à partir de la 39ème semaine de grossesse est régulière et considérée au besoin.

  • Monitoring: Le monitoring consiste en l’enregistrement des bruits du cœur de bébé et des contractions de l’utérus. Il est effectué au début de la 40ème semaine de grossesse. L’examen prend une vingtaine de minutes et les résultats sont enregistrés sur papier. Pendant la séance, la machine est reliée au ventre de la maman avec des sangles et des sondes. Si le travail ne progresse pas, le médecin refait une séance 48 heures après, et ainsi de suite. Le monitoring fœtal permet de contrôler la bonne santé du bébé. Le monitoring permet de détecter d'éventuelles anomalies du rythme cardiaque fœtal qui pourraient indiquer une souffrance fœtale.

  • Échographie: L’échographie est un examen classique des dernières semaines de la grossesse. Elle donne des détails sur l’état du placenta et le volume de liquide amniotique. L’échographie peut montrer une diminution du volume du liquide amniotique, ce qui indique un début d’hypoxie fœtale (manque d’oxygène).

  • Doppler: Le doppler est un examen échographique particulièrement axé sur les vaisseaux sanguins. Ainsi, il peut scruter le cordon ombilical et le placenta et voir si le flux sanguin de la mère arrive normalement au niveau du bébé. La séance dure une dizaine de minutes et elle est couplée à l’examen échographique classique de la 20ème semaine de grossesse. L’échographie doppler est ensuite réalisée à la 39ème semaine de grossesse. Cet examen est crucial car il peut révéler une insuffisance placentaire avant qu'elle ne devienne dangereuse pour le bébé.

  • Amnioscopie: Normalement, le liquide amniotique est clair et limpide. En cas d’anomalie, il peut changer d’aspect ou diminuer de volume. L’amnioscopie est l’examen qui vous rassure sur la qualité des échanges à ce niveau. Un tube en plastique transparent est introduit dans l’orifice du col de l’utérus au contact des membranes amniotiques (poche des eaux), afin d'observer la couleur du liquide amniotique. S'il est clair, tout va bien. Dans le cas contraire, le fœtus souffre. Le médecin insère une sorte de sonde appelée « amnioscope » dans le vagin et vérifie l’état du col de l’utérus.

Le volume de liquide amniotique, le rythme cardiaque et les mouvements du bébé sont scrutés pour s’assurer qu’il reçoit l’oxygène et les nutriments nécessaires. L’activité du placenta est également évaluée pour confirmer son bon fonctionnement.

Déclenchement de l'Accouchement : Quand et Comment ?

Le déclenchement de l’accouchement est une option envisagée au-delà de 40 semaines de grossesse. Chaque maternité a son protocole propre. Mais généralement, un accouchement qui ne survient pas naturellement dans les 3 jours qui suivent la 41ème semaine de grossesse entraîne une décision de déclenchement artificiel. Le médecin peut prendre la décision de déclencher l’accouchement : si le fœtus n'a toujours pas manifesté son envie de sortir à la fin de la 41e semaine, ou si l'amnioscopie indique que l'enfant souffre.

Des études indiquent que déclencher le travail entre 41 et 42 semaines diminue les risques de mortinaissance, de syndrome d’aspiration méconiale et de césariennes imprévues. La 42ème semaine d’aménorrhée est la durée maximale qu’on laisse atteindre si bébé se fait désirer. En l'absence d'anomalies, il n'y a pas d'indication formelle à déclencher le travail, tant que la date prévue du terme n'est pas dépassée d'au moins 6 jours.

Méthodes de Déclenchement Médical

Les techniques de déclenchement comprennent l’application de prostaglandine, la rupture artificielle des membranes, ou l’administration d’ocytocine.

  • Prostaglandines: Le médecin va introduire un gel de prostaglandines dans le vagin. Habituellement, 3 applications suffisent. Si le col n'est pas prêt pour l'accouchement, il faut dans un premier temps le faire mûrir grâce à des prostaglandines en ovule ou en gel placées localement. Elles vont faire mûrir le col et provoquer des contractions.

  • Rupture artificielle des membranes: Si aucune dilatation du col utérin ne se produit, il enchaîne par une rupture artificielle de la poche des eaux. Cet acte va produire plus de prostaglandines qui vont stimuler les contractions.

  • Ocytocine: S’il n’y a toujours aucune réponse du col de l’utérus, le médecin fait une perfusion d’ocytocine à la maman. Il s’agit d’une hormone qui fait contracter l’utérus et déclenche l’accouchement. Si le col est favorable, c'est-à-dire court, souple et centré, la maman est placée sous perfusion d'ocytocine, une hormone qui provoque des contractions dans les 30 minutes suivantes. On fait généralement une anesthésie péridurale pour faciliter le déroulement du travail et soulager la maman des contractions, particulièrement intenses avec ces médicaments.

Chaque méthode présente des avantages et des risques spécifiques. Il est important de discuter avec votre professionnel de santé pour choisir l’option la plus adaptée. Le processus de déclenchement peut prendre entre 12 et 48 heures selon la réceptivité du col de l'utérus. Quand toutes les méthodes médicamenteuses citées précédemment ne réussissent pas à déclencher l’accouchement, l’opération césarienne reste le dernier recours. En effet, pendant toute cette procédure, les examens peuvent finir par démontrer une souffrance chez le bébé. Le taux de césarienne en cas de grossesse prolongée est légèrement supérieur à la moyenne nationale (environ 25% contre 20% pour les accouchements à terme). Les équipes médicales sont formées pour passer rapidement d'un déclenchement à une césarienne d'urgence si nécessaire.

Méthodes Naturelles pour Encourager le Travail

La pratique d’activité physique légère et la marche sont souvent préconisées pour stimuler le début du travail. La marche, en particulier, peut favoriser la descente du bébé dans le bassin et l’activation des contractions. Des activités physiques douces telles que les étirements, les rotations de chevilles, ou les soulèvements de jambes peuvent aussi préparer le corps au travail. Il est important de souligner que l’activité physique doit rester modérée, surtout à un stade avancé de la grossesse.

L'activité sexuelle : Si vous dépassez le terme de votre grossesse, ne manquez pas d'essayer la méthode la plus naturelle pour provoquer l'accouchement : faire l'amour.

Diverses méthodes complémentaires peuvent aussi encourager le début du travail. L’acupuncture, qui implique l’insertion de fines aiguilles en des points spécifiques du corps, peut stimuler les contractions et préparer le col pour le travail. L’homéopathie est une autre option, avec des remèdes comme la caulophyllum ou le cimicifuga, recommandés pour stimuler les contractions. Cependant, il est important de consulter un professionnel de santé avant de débuter tout traitement homéopathique, en particulier pendant la grossesse.

Importance du Repos et de la Gestion du Stress

Le repos et la gestion du stress jouent un rôle clé dans le déclenchement du travail. Un corps reposé et un esprit serein sont mieux armés pour affronter les défis de l’accouchement. Le stress chronique peut retarder le travail en interférant avec les hormones et les processus physiologiques nécessaires. En prenant des pauses régulières, en aménageant un environnement de détente et en pratiquant des activités relaxantes, vous préparerez naturellement votre corps à l’accouchement.

Risques Potentiels du Dépassement de Terme

Le dépassement du terme peut poser des problèmes délicats. Le placenta, véritable usine d’échanges entre la mère et l’enfant, fournit jusqu’au terme les aliments et surtout l’oxygène indispensable au fœtus. Au-delà, cet organe commence à vieillir et fonctionne moins bien. Les apports du fœtus deviennent insuffisants.

Le dépassement du terme de grossesse n'est pas sans risque pour le bébé. Le risque de mortalité périnatale triple entre 41 semaines d'aménorrhée (SA) et 41 SA + 6 jours et est multiplié par six dès 42 SA. Dans certains cas, il peut y avoir des risques pour la santé du bébé. "Généralement, au-delà des 41 SA + 5 jours, le placenta se calcifie et les échanges avec le bébé se font moins bien. Le risque est donc la souffrance fœtale.

Il a été prouvé que les bébés qui restent dans l’utérus au-delà du terme de la grossesse ont un poids plus élevé que la moyenne. Leurs besoins nutritionnels sont donc plus grands. Ces bébés sont plus vigoureux et arrivent à téter plus facilement. Les premiers jours qui suivent la naissance, tous les bébés perdent naturellement du poids.

Aspects Psychologiques du Dépassement de Terme

Certaines femmes n'ont pas envie de ne plus être enceinte. "Parce qu'elles n'en ont pas assez profité ou simplement en mettant du temps à conscientiser leur grossesse. On peut tout à fait ne pas avoir peur de la grossesse et craindre la période post natale. "Mon corps a réussi à donner la vie, mais serais-je à la hauteur en tant que mère ? Parviendrais-je à le comprendre, à savoir quand il a faim, s'il a mal ? La maternité fait l'objet d'une pression sociale. Les idées reçues pèsent lourd sur les épaules des femmes…

Certaines femmes ont peur de mettre leur enfant au monde. "L'accouchement est un passage symbolique très fort, mais aussi une grande source d'inquiétude pour les femmes. D'autant que les questions de violences obstétricales sont très présentes ces dernières années. Il est normal de se demander comment se passera ce moment. La mère peut aussi tout simplement avoir peur d'être séparée de son enfant. "Lorsqu'on donne vie à son bébé, notre histoire personnelle et familiale se rejoue, notre couple aussi !

Témoignages et Préparation Mentale

De nombreuses femmes ont vécu l’expérience de dépasser les 40 semaines de grossesse. Leurs témoignages offrent un éclairage précieux et rassurant pour celles qui traversent la même situation. Valérie H., devenue mère à 43 ans, a décrit son parcours comme une série de montagnes russes, avec des complications telles que le diabète gestationnel et l’hypertension. Malgré ces défis, elle a souligné l’importance de rester positive et de s’appuyer sur le soutien de son entourage. Elles ont souvent insisté sur la nécessité de poser toutes les questions et de comprendre chaque étape du processus, ce qui aide à réduire l’anxiété et à se sentir plus en contrôle. Les témoignages montrent que chaque grossesse est unique.

Se préparer mentalement pour une grossesse dépassant les 40 semaines est important pour maintenir un état de bien-être général. Il est essentiel de rester informée mais sans se laisser submerger par les informations négatives. Créer un réseau de soutien est également vital. Parler avec des amies, des membres de la famille, ou rejoindre un groupe de soutien pour les femmes enceintes peut offrir un sentiment de communauté et de compréhension. Maintenir une routine quotidienne normale est également important. Continuer à faire des activités que l’on aime, comme lire, écouter de la musique, ou passer du temps à l’extérieur, peut aider à garder l’esprit positif et à se sentir plus connectée à sa vie habituelle.

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